Info sur le jeu
Plateforme
  • PC Windows
  • PlayStaion 5
  • Xbox Serie X/S
  • PlayStation 4
    Version de test
  • Xbox One
ÉditeurUbisoft
DéveloppeurUbisoft Montréal
Date de sortieNovembre 2020

Assassin's Creed Valhalla

Thématique
Invasion des Vikings
5 janvier
2021

La sortie d'un nouvel opus de la série des Assassin's Creed est toujours un évènement au sein de la communauté du jeu vidéo. Après deux ans sans nouveau jeu et deux précédentes aventures nous projetant au cœur de l'Antiquité égyptienne puis grecque, Ubisoft nous propose un nouveau volet à sa saga qui a conquis des millions de joueurs de par le monde.

Annoncé en avril dernier, c'est donc à la fin du IXème siècle de notre ère, au temps de l'Âge d'or des Vikings, que se déroule l'aventure ici proposée.

Pour ma part, ce choix d'époque me surprit du fait de l'essence même de la série des Assassin's Creed. En effet, alors qu'originellement la série propose de mener à bien des missions d'assassinat reposant sur la discrétion et l'infiltration, que penser du choix de nous faire incarner un guerrier viking, ces derniers n'étant pas vraiment réputés pour détenir les qualités nécessaires à la réalisation de telles missions...

Il n'en reste pas moins qu'étant fan de la série et un adepte de la période, je ne pouvais pas manquer un tel titre. Précision utile : j'ai testé ce jeu sur PS4 avec la version gold du jeu.

Revenons donc au jeu. Disons-le d'emblée, Assassin's Creed Valhalla reprend bien des mécaniques de ses deux prestigieux prédécesseurs. Néanmoins, un certain nombre d'améliorations de gameplay, visuelles et de bonnes idées scénaristiques... comme de moins bonnes sont de la partie.

Un monde immense, riche et varié

Valhalla est un jeu d'action-RPG qui nous plonge au cœur d'un monde ouvert qui ravira les fans du genre mais qui pourra surprendre les néophytes. Il demandera patience et persévérance et il faudra compter plus d'une centaine d'heures de jeu pour en venir à bout.

Pour plus d'info sur le monde ouvert et ce qui caractérise le genre des Assassin's Creed, je vous renvoie aux différents articles publiés sur notre site par Aymdef : Test d'Assassin's Creed Origins, Cas de Conscience sur Assassin's Creed Odyssey et Faut-il autoriser les quêtes principales dans les Open World ?)

Autant vous dire que les plus acharnés qui souhaiteront terminer le jeu à 100% n'ont pas fini d'arpenter l'immense carte qui nous est proposée, cette dernière couvrant la Norvège, une grande partie de l'Angleterre et une zone que je vous laisserai découvrir au fil de votre aventure afin de ne pas vous divulgâcher la chose.

Mais revenons à cet immense terrain de jeu. Là, il faut bien avouer que la géographie des régions, la diversité des effets climatiques et l'architecture des bâtiments des différentes cultures sont extrêmement bien travaillées. Le rendu visuel de cet opus est sublime. Ubisoft a su trouver un parfait équilibre entre ses deux précédents opus et les choix artistiques sont franchement réussis. Selon le type de mission que l'on effectuera, selon les lieux où nous serons, que l'on navigue entre représentation historique ou mythologique, les couleurs, les ambiances, les textures sont exceptionnelles et participent complétement à l'immersion du joueur. Que l'on soit face à une sublime aurore boréale, un épais brouillard typiquement britannique, ou face à un magnifique couché de soleil à travers le feuillage, le jeu est magnifique et l'immersion très réussie.

Assassin's Creed Valhalla  Assassin's Creed Valhalla
Assassin's Creed Valhalla  Assassin's Creed ValhallaQuelques paysages, pris sur la version PC

Je souligne ici que les arbres, dont les modèles (de près, comme de loin) avaient été clairement sacrifiés dans Odyssey, sont ici bien plus beaux. D'une manière générale, un gros travail a été fait sur l'aspect de la végétation pour cet opus. Choix judicieux et qui se comprend de par l'aspect fortement boisé de l'Angleterre à cette époque.

L'exploration apportera bien des surprises visuelles aux joueurs, que ce soit de jour ou de nuit. D'ailleurs, à ce propos, les nuits succéderont aux journées sans réel impact sur le jeu, si ce n'est quelques missions qui ne pourront avoir lieu qu'à certains moments précis. D'une manière générale, dans Valhalla, le temps s'écoule sans que l'on s'en rende compte, comme pour ses deux prédécesseurs.

Néanmoins, la rencontre de personnages historiques marquants tels les fils de Ragnar, Aelfred du Wessex, ou encore Harald à la belle chevelure, pour ne citer qu'eux, permettent de mieux situer le récit des aventures de notre personnage, Eivor.

La carte s'explorera au gré des envies du joueur. Ici, la notion de monde ouvert prend tout son sens. Le sentiment de liberté est immense. Entre les différentes tâches de la quête principale et les nombreuses quêtes annexes, l'on peut explorer les lieux plus ou moins dans l'ordre qu'on le souhaite. Seules certaines zones comme la Norvège ou un autre lieu que je vous laisse découvrir comme dit plus haut, ne seront disponibles qu'au fil de l'avancée au sein de la quête principale.

Assassin's Creed ValhallaLes points bleus, blancs et jaunes représentent des points d'intérêt

Le jeu vous fournira cependant des indications utiles quant au niveau de puissance conseillé de votre personnage avant de vous attaquer à l'exploration d'une zone ou du pillage d'un monastère. Autant vous prévenir de suite : tenter de piller un simple monastère de pieux et pacifistes moines sans un niveau approchant de celui conseillé relève du suicide !

Est à souligner ici un défaut constaté sur mon jeu, testé sur PS4 je le rappelle : des temps de chargement trop longs lors de l'utilisation des points de déplacement rapides lors de mes phases d'exploration de zones. Il semble s'agir d'un défaut dû à l'utilisation d'une console de la génération actuelle et qui n'existe pas sur les consoles de la nouvelle génération. Les nouvelles consoles étant dotées de disques durs SSD, les temps de chargement devraient théoriquement être bien plus court sur les versions d'Assassin's Creed Valhalla leur étant dédiées.

Fermons la parenthèse et revenons à ce vaste monde, peuplé de nombreux PNJ appartenant principalement soit aux Saxons chrétiens, originaires de l'île d'Angleterre ou aux « Danois » païens, nom générique du jeu pour l'ensemble des hommes venant des terres du Nord. Ce n'est pas parce que vous êtes « Danois » de Norvège que tous les autres Danois vous porteront dans leur cœur. Loin de là, même ! Et les accrochages avec les bandes danoises rivales seront légion au cours de votre aventure. De même, en sens inverse, de nombreuses alliances avec les Saxons seront judicieuses afin de parvenir à vos fins.

Ainsi, plusieurs activités seront possibles tout au long de votre aventure. Nombre de mini-jeux tels l'orlog, les joutes verbales ou quêtes annexes vous seront proposés par les habitants rencontrés au fil de la partie, ou lors de vos découvertes.

Le cœur de ce vaste monde peuplé et animé sera votre colonie. Elle est notre base tout au long de l'aventure à partir du moment où l'on mettra pied sur le sol anglais. Lieu de villégiature de votre clan, le clan du Grand corbeau, en ces terres hostiles, Ravensthorpe fera office de véritable havre de paix. Sachez par ailleurs pour la petite anecdote que c'est véritablement le nom d'une banlieue anglaise situé dans le Dewsbury.

Vous y trouverez alliés, matériaux et quêtes annexes permettant de renforcer l'effet d'immersion du jeu. Après moult périples et pillages, le retour à la colonie vous procurera l'apaisement et le sentiment de devoir accompli lorsque vous mettez à profit les matériaux rares glanés au cours de vos aventures pour développer vos bâtiments ou pour améliorer votre armement ainsi que votre navire. Les bâtiments de la colonie apporteront divers bonus pour votre personnage. Si certains sont anecdotiques, d'autres sont clairement intéressants, et permettront également d'ajouter de la vie à votre colonie.

Assassin's Creed ValhallaUne connaissance d'Origins...

Votre navire sera justement votre deuxième maison. L'Angleterre de Valhalla est traversée de très nombreux cours d'eau qui permettront à votre Langskip de voguer aux quatre coins de la carte sans difficulté. Ici, exit les combats navals entre navires de guerre saxons et danois, ou même entre navires danois, et c'est bien dommage. Tout juste a-t-on droit à des séquences scriptées impliquant les navires lors de débarquements dans le cadre de la quête principale. J'ai adoré les combats dans Black Flag et dans Odyssey qui ajoutaient un réel plus à ces jeux.

Bref, ici, point de combats de ce type mais un navire plein de vie où les chants des « Skalds » peuvent être remplacés par des récits d'aventures lors de la navigation avant que votre corne de guerre ne sonne l'assaut d'un monastère ou d'un village saxon croisé sur votre route. Cette corne de guerre vous servira également à appeler votre navire au cours de l'aventure soit pour naviguer sur les cours d'eau, soit pour appeler votre équipage en renfort lors d'une quête qui dégénère de manière imprévue. La coopération avec des membres de l'équipage sera d'ailleurs nécessaire pour ouvrir certains coffres, trop lourds pour notre seul personnage.

Votre navire et son équipage seront entièrement personnalisables au cours de votre aventure au gré de vos découvertes, de vos missions et des achats que vous effectuerez pour l'aspect visuel du Langskip.

Assassin's Creed ValhallaLangskip voguant sur une des nombreuses rivières de l'Angleterre

Une aventure épique au personnage haut en couleurs

Il est enfin temps de s'intéresser à notre personnage, Eivor, et à sa quête en ces temps sombres.

Toutes ces éléments relatifs à l'environnement du jeu, à l'aspect visuel, à notre personnage et tout ce qui s'y rapporte viennent servir une aventure au scénario plutôt réussi. Il sera ici question de prendre la tête, avec votre frère adoptif Sigurd, du clan du Grand corbeau épris de liberté et souhaitant vivre sa propre existence sur cette terre de promesse qu'est l'Angleterre à une époque où Harald, premier roi de Norvège, parvient à unifier sous sa bannière les différents clans norvégiens.

Cet idéal de liberté entraîne une existence périlleuse qui nécessitera pour notre héros de conclure diverses alliances avec les différents royaumes d'Angleterre et forces en présence afin d'assurer la survie de notre clan au sein de la colonie. Les choix que l'on est amené à faire tout au long de l'aventure entraîneront des conséquences quant à la suite de celle-ci et à nos relations avec les différents personnages. Si l'aventure proposée est épique, la fin de celle-ci l'est malheureusement beaucoup moins.

Assassin's Creed ValhallaSigurd et Eivor

Aussi, des compagnons de route bien mystérieux, de l'ordre de « ceux que l'on ne voit pas », nous accompagneront au cours de notre aventure et nous serons amenés à les aider dans leur combat contre « l'Ordre des anciens. » Destiné à faire le lien avec l'Assassin's Creed originel et de ses ordres s'y affrontant, le récit est ici assez bien mené pour que la jonction entre cet opus et l'originel se fasse sans heurter la cohérence globale du scénario.

Enfin, le parti pris d'Ubisoft d'intégrer nombre de références mythologiques à ses titres, particulièrement depuis Origins et Odyssey, est repris ici. Les liens entre Eivor et les dieux de la mythologie sont d'ailleurs récurrents tout au long de l'aventure, et particulièrement le lien avec Odin, notamment lors des phases de mise à mort des cibles importantes du jeu, voire au cours même de discussions pendant le jeu. Je tiens à souligner la justesse de nombre de références mythologiques rencontrées tout au long de l'aventure, le travail de recherche à ce sujet a été intense de la part d'Ubisoft et mérite d'être mis en avant puisque cela participe à une meilleure immersion des joueurs, même ceux adeptes de cette période et de cette culture nordique.

Assassin's Creed ValhallaAssaut par la mer d'une forteresse

Pour ce qui est maintenant de notre personnage : Eivor sera son nom quel que soit votre décision quant au sexe de celui-ci. Son apparence ne laissera que peu de choix quant à la personnalisation de celle-ci. Seuls la coupe de cheveux, de barbe et les différents tatouages seront, en effet, personnalisables.

L'équipement, quant à lui, sera améliorable au fil de l'aventure grâce aux matériaux découverts dans les coffres, dans des caches ou achetés auprès de commerçants. Ce système d'amélioration permet d'éviter de toujours courir après une nouvelle arme ou armure aux statistiques plus puissantes tout en ayant un set à la puissance qui suit celle de notre personnage. Dans l'équipement, notons d'abord une baisse du nombre d'armes disponibles, justifiée par la mise en place du système d'amélioration de celles-ci. Notons ensuite le retour du bouclier, comme c'était le cas dans Origins, et variante intéressante pour les combats : c'est l'utilisation possible de deux boucliers afin de combattre, ce qui donne des enchaînements intéressants et novateurs.

Mais que l'on se rassure de suite, pas de casques à cornes ou autres fantasmes romantiques quant à l'équipement de nos danois ici présents.

Mise à part cette innovation-là, les combats reprennent les mécanismes d'Odyssey et Origins. Que ce soit dans la prise en main où dans le type de cinématique de mise à mort, l'esprit est clairement là. Les ennemis seront variés et les mouvements de combats le seront tout autant. Seul bémol : une IA parfois incompréhensible qui nuira à l'immersion du combat.

Les phases de siège et d'assaut sont, je trouve, particulièrement bien réussies. L'immersion est intense, les images magnifiques et la tension palpable.

Assassin's Creed ValhallaSiège d'une autre forteresse

Mais quid des missions d'assassinat dont je parlais en début de ce test ? Autant les phases de combats purs sont aussi fidèles que ce que l'on pouvait attendre d'un tel jeu : la violence de celles-ci correspond bien à ce que l'on peut imaginer de ces gaillards venus du Nord. Autant les missions d'infiltration et de discrétion sont pour leur part aussi bien réalisées et ont réussi à casser mes préjugés de départ sur ce point : rien n'est plus grisant que de se mouvoir jusqu'à sa cible et d'éliminer celle-ci discrètement sans que cela ne nuise à notre image de danois pur jus. Est à noter ici le retour de la possibilité de se fondre dans la masse, sur un banc au milieu des locaux, sous sa cape, afin de passer inaperçu, comme ce qui se faisait dans les opus plus anciens que ceux des dernières années.

Il sera aussi possible de personnaliser quelque peu le style de combat et les caractéristiques dans la pure veine des RPG via un vaste arbre des talents. Trois styles de voies seront disponibles, sans être impératives, ni exclusives. Ainsi, un mix des compétences des différentes voies sera toujours possible. L'adéquation de talents débloqués avec l'équipement correspondant à la voie des talents en question permettra d'obtenir des bonus intéressants.

À ces talents s'ajoutent diverses compétences qui seront déblocables au fil de l'aventure lors de la découverte de documents vous les enseignant.

Talents et compétences sont autant de moyens de progresser dans l'aventure et de débloquer divers effets et techniques qui participent de l'immersion et du côté grand spectacle du jeu, dans la plus pure lignée des Assassin's Creed.

Mis en place depuis Origins, votre compagnon lors de vos explorations sera, non plus un aigle, mais un corbeau, ce qui sied bien plus à notre personnage membre du clan du Grand corbeau. Synin, de son petit nom, remplira l'office d'éclaireur lors de vos pérégrinations. Il représente bien le lien entre notre personnage, Eivor, et Odin dans le cadre mythologique évoqué plus haut. Cependant, les changements sont nombreux quant à son utilisation et à sa vision, ce qui n'est pas forcément pour le mieux. En effet, si ses manœuvres sont les mêmes, l'utilité du corbeau est somme toute relative de par les modifications de sa visée et l'on se surprend à carrément l'oublier bien souvent alors que notre compagnon à plume était essentiel par le passé.

Assassin's Creed ValhallaSynin, notre drone volant, bien inutile dans cet épisode.

Un gameplay déjà vu...

Enfin, au niveau gameplay, nous serons en terrain connu, puisque, là aussi, Valhalla reprend les mécanismes de ses prédécesseurs : la prise en main est relativement aisée pour que le jeu puisse s'adresser au grand public, même non initié.

Petite parenthèse sur ce côté « grand public » de Valhalla. Il faut souligner que notre personnage et son équipage sont de grands défenseurs des populations civiles dans le jeu. Je m'explique : alors que les raids vikings sont réputés pour leur violence, ici le jeu nous propose une vision très édulcorée de cette réalité des raids. En effet, tuer, même de façon involontaire, un civil, paysan ou moine entraîne une mise en garde immédiate par le jeu quant au risque de désynchronisation en cas de récidive. Si ce parti pris du respect des vies civiles s'entend complètement du point de vue de la volonté de s'adresser à un large public, il n'en demeure pas moins qu'historiquement parlant, cela biaise quelque peu la vision que le joueur peut avoir de la réalité de ces raids de ces hommes venus du Nord pour qui la mort était le quotidien.

Assassin's Creed ValhallaAlerte en cas de meurtre d'un civil

Bref, pour Valhalla, l'ascendance des deux précédents Assassin's Creed est très prégnante. Cependant quelques petites innovations sont notables comme le fait de pouvoir gérer indépendamment l'un de l'autre la gestion de la difficulté des combats et celle de l'exploration. Cet ajout, loin d'être anecdotique, permet au joueur de personnaliser la difficulté de sa partie selon ses envies.

Néanmoins, ce seul aspect pratique ne suffit pas à réellement renouveler l'expérience de jeu depuis Origins.

Pour ce qui est du moins bon, à ce que j'ai déjà pu soulever au cours de ce test, s'ajoutent quelques bugs constatés lors du déroulement des missions avec des objets de quêtes qui ne s'affichent pas, ou lors de l'exploration avec des soucis de textures ou d'animaux au comportement bizarre (par exemple, des corbeaux qui foncent sur les bâtiments et y restent bloqués).

Autre chose, je tiens à souligner ce qui est pour moi un premier bémol à ce titre : à trop vouloir en faire, les développeurs nous perdent ! La moindre cache au trésor demande un temps fou pour la dénicher. Les multiples quêtes annexes n'ont clairement pas toutes la même plus-value en termes d'intérêt : si certaines nous permettent de mieux plonger au cœur de cet âge sombre de l'Angleterre, certaines seront clairement une perte de temps et source de frustration.

De plus, le système de résolution d'énigmes, s'il est le plus souvent bien pensé et demandera de réfléchir un peu, est parfois bien trop complexe pour des récompenses qui ne valent clairement pas le temps passer à les résoudre... De quoi rebuter nombre de joueurs qui se sentiront lésés, tout en cassant parfois le rythme du jeu...

Assassin's Creed Valhalla  Assassin's Creed Valhalla
Assassin's Creed Valhalla  Assassin's Creed Valhalla

Avis de Zog

J'ai pour ma part eu le plaisir de tester cet opus sur sa version PC, dans laquelle j'ai eu la chance de ne rencontrer que très peu de bugs. Sans être le plus beau jeu de tous les temps, Valhalla reste très joli et ses graphismes vous mettront à plus d'une reprise de belles claques visuelles, dans la lignée de ce qu'a pu faire un titre comme « The Witcher 3 » il y a quelques années. Force est de constater que le moteur « Anvil », mis en place depuis le premier épisode, se défend encore plutôt bien !

L'immersion culturelle est incroyablement réussie et le travail colossal d'Ubisoft et des historiens ayant travaillé sur ce jeu sont ici à saluer, tant il parvient à tordre le cou à un bon nombre de clichés qui collent à la peau des Vikings. On découvrira ainsi de magnifiques sagas de nombreuses quêtes secondaires, parfois loufoques et riches en clin d'œil amusants, qui sauront mettre en évidence avec pertinence tel ou tel aspect de la société noroise. Les nombreux recours à la mythologie, avec parfois l'intervention d'éléments fantastiques, ne sont pour leur part pas trop dérangeants et viennent plutôt bien s'imbriquer dans cette fresque épique... au dénouement, hélas, décevant et bâclé.

En effet, si la plupart des quêtes annexes sont sympathiques, le scénario principal du jeu, somme toute très convenu et sans grande surprise majeure, vous offrira un dénouement pauvre et inabouti qui aura de quoi vous frustrer... Il faudra sans doute passer par la case des contenus téléchargeables payants pour en voir davantage concernant l'histoire d'Eivor, mais est-ce vraiment acceptable ? Pour ma part, je ne pense pas. Si les personnages présentés dans le récit de cet Assassin's Creed Valhalla sont intéressants, il n'en reste pas moins qu'en l'état, le jeu ne leur offre pas de véritable « fin » ... Un premier point noir qui vient ternir une copie plutôt bonne rendue par Ubisoft !

La frustration pourra par ailleurs venir de l'immense quantité d'activités disponibles en tout genre, souvent superflues, qui saturera votre minicarte de très (trop) nombreux marqueurs... De la même façon que le mieux est l'ennemi du bien, le « trop » est l'ennemi du « juste assez ». Je comprends bien la volonté des développeurs d'augmenter, même artificiellement, la durée de vie de leur jeu en ayant recourt à cet énorme ensemble d'activités...mais en l'occurrence, c'est clairement trop. La seule exploration de l'énorme carte à disposition, ainsi que la quête principale, vous prendront une quarantaine d'heures... Inutile d'en rajouter davantage en déployant des centaines de collectibles, pour la plupart inutiles, sur l'ensemble de la carte. J'ai, pour ma part, fini par lâcher prise au bout de 80 heures de jeu, renonçant à tenter le 100% par la même occasion.

Autre point négatif : ce recourt systématique à la seconde intrigue prenant part dans le présent, et qui n'a ni queue ni tête... Je ne comprends pas que les développeurs persistent dans cette voie...qui ne doit intéresser au final qu'un nombre anecdotique de joueurs, en plus de casser le rythme et la progression dans l'aventure. Notons également une intelligence artificielle des personnages neutres, et surtout des ennemis, à revoir... mais il semblerait que ce soit là un mal récurrent dont souffrent tous les jeux vidéo depuis quelques années...

Enfin, si Valhalla est dans l'ensemble un très bon jeu, est-il réellement pertinent de lui faire revêtir le nom d'« Assassin's Creed » ? L'insertion de la confrérie des Assassins et des Templiers, pardon, de « ceux que l'on ne voit pas » et de « l'ordre des Anciens », sonne faux et n'apporte strictement rien à l'intrigue... tout comme la mécanique de jeu des alliances avec les différentes provinces d'Angleterre, présentée comme incontournable et nécessaire. Si le postulat est, sur le papier, intéressant, lier des alliances avec la totalité des royaumes n'aura au final aucun impact majeur sur la quête principale, ainsi que sur son dénouement...

Assassin's Creed ValhallaL'orlog, un sympathique mini-jeu

Avis d'Aymdef

Valhalla est clairement un grand jeu, mais un grand jeu fait pour le grand public. Ce public peu exigeant acceptera plus facilement les nombreuses errances de gameplay d'Ubisoft et son manque de prise de risque. On sent qu'Ubisoft préfère d'avantage plaire à ce public, et a par conséquent omis le terme "innovation" dans son vocabulaire. À la vue du nombre de ventes, cela marche malheureusement.

Origins a été un chef d'œuvre en tout point à sa sortie. Il a clairement marqué un renouveau pour la franchise. Malgré ses défauts, Odyssey pouvait être considéré comme une version plus élaboré d'Origins. Pour moi, Valhalla est une regression, un retour en arrière d'Ubisoft, qui se repose trop sur ses lauriers, pour plaire à un public dans lequel je ne fais sans doute plus partie. À moins que ce soit à cause d'un certain Ghost of Tsushima, sorti quelques mois auparavant, qui a sublimé le genre ?

Pour moi, Ghost of Tsushima est clairement le véritable Assassin's Creed. Valhalla aurait très bien pu s'appeler "Vikings : Eivor's Saga", il n'y aurait rien eu de choquant, tant l'âme de la série a disparu, malgré le timide retour de quelques fonctionnalités désuètes, et inutiles, des premiers épisodes.

D'ailleurs, pourquoi Ubisoft ne créerait-il pas une nouvelle franchise de jeux à monde ouvert purement historique, avec des enjeux et un scénario ancrés dans une période définie de l'Histoire, en oubliant toute la mythologie des Isu et le combats entre Assassins et Templiers, et les retours pénibles dans le présent, qui nuisent à l'immersion et qui en agacent plus d'un. Il pourrait garder les Assassin's Creed en développant davantage les Isu, les Templiers et la Assassins dans un genre beaucoup moins ouvert et moins gigantesques, beaucoup plus basé sur l'infiltration et avec une IA davantage développée. Bref, engagez-moi Ubisoft, j'ai plein d'idées ! Mais ça ne sera pas pour le grand public...

Alors, oui, je m'éclate dans cet épisode. Oui, le jeu est magnifique, de loin surtout. Sur un gros PC, le jeu est extraordinaire. Mais, quand on regarde de plus près, et plus le temps passe, on finit par avoir une certaine lassitude. J'ai refait Origins et Odyssey quelques jours avant de commencer Valhalla, donc mon avis peut être biasié à ce sujet, vu que j'ai l'impression de faire tout le temps la même chose...

Cependant, on note tout d'abord la répétition de quêtes annexes toutes inutiles et peu intéressantes, à l'écriture souvent fainénante et naïve.

Il y a également ce feu, les explosions et la propagation des flammes, une aberration en 2020. Comment le studio derrière Far Cry 2, qui a su sublimer par le passé les incendies, peut les avoir autant raté dans Valhalla. D'autant que les incendies sont fréquents durant l'aventure.

Parlons de cet arbre de compétence... Au début, lorsque l'on tombe dessus, on se dit : "enfin, Ubisoft nous a fait un véritable Grand jeu de rôle à la Skyrim", tant cet arbre est immense et garni. Dans les faits, ce fut une cruelle désillusion. La plupart des compétences sont du remplissage. Les amateurs de theorycraft crieront à l'arnaque, vu que tous les points peuvent être remplis. Pourquoi diable s'obstiner à faire du RPG, si l'essence même du jeu de rôle n'est pas respectée ?

Pire, on monte trop vite en puissance. Si bien que l'on se retrouve très vite dans des régions où notre puissance est deux à trois fois supérieure à celle de nos ennemis. À quoi bon, à ce moment user de l'infiltration, si on peut tuer nos adversaires en deux trois coups de hache ? Cette progresssion est la pire qui soit dans un jeu qui se veut RPG. On est trop vite, trop fort, et forcément, on se lasse très vite.

Je terminerais mes lamentations en parlant des bugs, trop nombreux pour ma part. Entre les personnages qui lévitent, les personnages absents pour déclencher des quêtes, les bugs de colision, l'IA souvent invraisemblable, des civils au combien inutiles, et l'état d'ivresse à chaque chargement (merci les festivités de Yule qui ont rajouté de bugs), on est servi.

Mais bon, le jeu se vend, le Grand public est content, Ubisoft a les poches pleines et arrive même à nous sortir le lamentable Boost XP... Pourquoi changer une formule qui marche si bien ? Sur ce, j'y retourne malgré tout. Taper du Saxon, c'est sympa quand même.

8.5
Assassin's Creed Valhalla

Une saga épique
Valhalla est un titre magnifique qui nous plonge au cœur de la saga des hommes du Nord sans pour autant se perdre dans les caricatures véhiculées autour d'eux. Proposant une aventure immersive et épique, le titre nous perd cependant sur la longueur de par de (trop ?) nombreuses quêtes annexes parfois sans réel intérêt. Ce titre est visuellement magnifique mais ne renouvelle malheureusement pas assez l'expérience de jeu de la série et laissera un goût de déjà vue aux aficionados des derniers opus de la licence.
Intérêt historique :Même si elle est parfois malmenée pour les besoins du récit, l'Histoire est belle et bien présente tout au long de cet opus. Les références tant purement historiques que mythologiques sont là. Elles sont pertinentes et participent pleinement à l'immersion du joueur au cœur de l'Âge d'or des Vikings. De plus, les développeurs ont eu le bon goût de supprimer nombre de clichés pesant sur ces hommes du Nord.
  • +Un monde ouvert immense et magnifique
  • +Un vaste choix d'activités et de missions
  • +Une immersion totale au sein du IXème siècle angla
  • +Pléthore de références historiques et mythologiques
  • +La gestion de la colonie
  • +Retour d'un certain nombre de mécanismes classiques des Assassin's Creed
  • -Des temps de chargement trop longs sur PS4
  • -De trop nombreuses quêtes annexes, souvent peu intéressantes et inutiles
  • -Récurrence de petits bugs
  • -Une fin trop vite expédiée
  • -Un goût de déjà-vu
8.5
Graphisme

Sans être impressionnant (la période et le lieu s'y prêtent moins que pour ses prédécesseurs), cet opus est magnifique sur bien des aspects, notamment ses paysages lointains. Par contre, le feu est assez hideux et indigne de cette génération.

9
Ambiance

L'ambiance viking est au rendez-vous : violence des raids et des combats, exaltation des valeurs de la communauté, décors et objets sans faux pas, une navigation au son des chants des Sklads, rien à redire.

9
Jouabilité

Il est plaisant de devoir bien souvent réfléchir entre infiltration et le mode bourrin. Si les différentes combinaisons possibles pour les combats tant avec les animaux qu'avec les différents types d'ennemis rencontrés permettent de ne pas se lasser, l'infiltration offrira bien souvent des moyens tout aussi plaisants de parvenir à nos fins. Dommage que l'IA ne suive pas tout le temps.

7.5
Technique

Développé concomitamment sur les consoles de la génération actuelle et sur celles de nouvelle génération, le jeu testé ici sur PS4 souffre de temps de chargement bien trop longs lors de l'utilisation des déplacements rapides et lors de certaines cinématiques. Sur PC, le jeu a connu une sortie difficile, avec une multitude de bugs plus ou moins gênants. La sortie des Festivités de Yule en a rajouté une couche...

9.5
Durée de vie

De très nombreuses heures de jeu en vue sans compter les DLC à venir. Une grande variété de choses à faire et d'aventures à mener pour Eivor, parfois trop cependant de par les multiples quêtes annexes inutiles.

8.5
Scénario

Dans la plus pure veine des sagas nordiques, celle ici contée ravira tant les fans de la série des Assassin's Creed que ceux adeptes de la période. L'aventure est épique et on ne peut que se désoler d'une fin trop vite amenée.


  • HalionHalion Rédacteur, Chroniqueur
  • « L'imagination gouverne le monde » Napoléon Bonaparte