L'Appel de l'Histoire : Call of Duty d'antan

Ralta
Thématique
Seconde Guerre mondiale
11 décembre
2023

Dans cet article, j'ai décidé de revisiter le passé glorieux de cette série mythique afin de comprendre comment les développeurs de Treyarch et Sledgehammer ont pu trouver l'inspiration pour leurs jeux sur la Seconde Guerre mondiale, notamment CoD : World at War en 2008, CoD : WWII en 2017 et CoD : Vanguard en 2021.

Il est parfois douloureux de se remémorer ces temps lointains où Call of Duty n'était pas le monstre qu'il est devenu aujourd'hui, vendant des millions de copies simplement sur son nom. Certes, le volet le plus récent, CoD : Modern Warfare III, est actuellement critiqué pour sa campagne ridiculement courte et peu inspirée (même par rapport aux standards des dernières sorties) et est comparé à un simple contenu téléchargeable vendu au prix des jeux premium. Mais, il faut reconnaître aussi que cette franchise cible désormais surtout les adeptes du multijoueur.

Néanmoins, il fut une époque bénie où les Call of Duty avaient un brin de respect pour ceux d'entre nous qui préfèrent les campagnes solo. La nostalgie me gagnant, j'ai replongé avec plaisir dans ces vieux jeux, tout en me demandant comment on en est arrivé aux volets récents de la série.

L'Outsider : Call of Duty (2003)

Au début, l'équipe d'Infinity Ward, le développeur d'origine de la série Call of Duty, s'était positionnée comme concurrent de Medal of Honor, le premier volet étant sorti en 1999 sur PlayStation 1.

À l'origine, l'idée initiale de jeux de tir réaliste sur la Seconde Guerre mondiale provenait d'un certain Steven Spielberg, réalisateur mondialement connu du film Il faut sauver le soldat Ryan. C'est en regardant son fils jouer à James Bond Goldeneye sur la Nintendo 64 qu'il voulut encourager la création d'un jeu basé sur la période qui l'intéressait personnellement.

Certes, il existait déjà des jeux sur la Seconde Guerre mondiale (1942, Wolfenstein…), mais Spielberg souhaitait que ce projet soit autant éducatif que divertissant. Avec son appui considérable, Dreamworks Interactive développa Medal of Honor (1999), suivi par Medal of Honor : Underground en 2000.

Par la suite, l'éditeur Electronic Arts et le studio 2015 Inc. souhaitaient reproduire le succès de Medal of Honor en replongeant les joueurs dans les plus grandes batailles de ce conflit, celles que Spielberg nous avait montrées dans ses films. Le résultat fut Medal of Honor : Allied Assault sur PC, et c'est lors de sa première représentation vidéoludique qu'une partie de l'équipe du studio 2015 Inc. quitta pour former le studio Infinity Ward.

Selon l'un des designers d'Infinity Ward, Mackey McCandlish (voir la vidéo d'IGN à ce sujet), l'équipe avait commencé en imaginant un FPS de science-fiction ou un jeu d'époque médiévale. Pour leur premier jeu, Activision qui avait très vite jeté son dévolu sur ce studio, leur conseilla plutôt de faire ce qu'ils savaient déjà faire. Il fut donc décidé de parachuter les membres de la 101e Airborne sur les plages normandes, dans la nuit du 5 au 6 juin 1944.

Infinity Ward cherchait à rendre palpable l'intensité de la guerre et la camaraderie qui se développait entre combattants, entourant le joueur de nombreux personnages - chose qui avait manqué aux premiers Medal of Honor.

Comme attendu, Call of Duty s'inspira fortement des films de Spielberg, mais pas seulement. On y trouve aussi d'autres influences cinématographiques comme "Les briseurs de barrages" (1955, réalisé par Michael Anderson) ou même "Stalingrad" (2001, réalisé par Jean-Jacques Annaud). Même si le jeu est sorti en octobre 2003, il est devenu le 8e jeu le plus vendu aux États-Unis au cours de cette année, c'est-à-dire en 3 mois seulement.

Le jeu fait le pont entre les anciens jeux des années 90, avec des niveaux de difficulté réellement difficiles, et les nouveaux aménagements qui améliorent la vie du joueur des années 2000. On retrouve dans Call of Duty la boussole qui nous dirige vers les objectifs, comme dans Medal of Honor, mais la santé ne s'auto-régénère pas. Il faut trouver les packs de soin au fur et à mesure du jeu.

L'immersion voulue par les développeurs est très réussie, l'atmosphère ressentie par les parachutistes lors de leur mission est bien transmise malgré la qualité des graphismes de cette époque, rendant la vision de nuit quasi-impossible à cause de l'obscurité, comme illustré ci-dessous. On a vraiment peur de tirer sur ses coéquipiers par mégarde. C'était vraiment déconcertant, et je ne me rappelle pas d'un autre Call of Duty qui a rendu les missions de nuit aussi graphiquement sombres, surtout avec les lunettes à vision nocturne des volets plus modernes. Quand les sources de l'époque parlaient de 'black-out' durant la guerre, on comprend mieux les implications pratiques sur le terrain, à travers le travail fourni par les développeurs qui ont vraiment pris cela au pied de la lettre. C'est un point fort de ces anciens Call of..., même avec des graphismes qui peuvent, après vingt ans, paraître vieillots, les développeurs ont réussi à rendre l'atmosphère chaotique de la guerre, mais on ne l'affrontait jamais seul.

Call of DutyAllo ? Y'a quelqu'un ? Je ne vois rien…

La matinée arrive en portant des chargeurs pleins de cartouches et des sacs remplis de grenades. L'équipe de parachutistes débarque à Sainte-Mère-l'Église, et finalement, on peut voir les adversaires plus clairement, dans le blanc des yeux, au lieu des clignotements lumineux au niveau de leurs museaux. On se retrouve alors dans un véhicule traversant toutes sortes de champs du bocage normand, à côté de la RN13 – néanmoins, on ne le voit que très peu submergé par les eaux... – car on est en train de relier le QG. On nous envoie vers le manoir de Brécourt pour y détruire de féroces batteries d'artillerie.

On incarne alors le personnage représentant le Lt. Dick Winters accompagné de ses hommes de la Easy Company du 506e régiment d'infanterie parachutée américain. La mission est légèrement prolongée lorsque l'on nous demande de nettoyer les postes des mitrailleurs et de récupérer les renseignements cachés dans les bunkers. Cela reste fidèle à l'histoire de la Easy Company, en nous faisant détruire les canons qui rendaient la sortie 2 d'Utah Beach extrêmement difficile. Même la citation à la fin de la mission fait allusion à la mini-série de Spielberg, citant le passage d'Henry V de Shakespeare, au cours du discours de St. Crispin : « We happy few, we band of brothers… ».

Call of DutyVraiment, qui a besoin d'un parebrise ?

Ensuite, on se retrouve envoyé en Allemagne, dans les Alpes bavaroises, afin de libérer le célèbre Captain Price, personnage récurrent dans de nombreux Call of Duty. Ici, on retrouve notre chère amie l'obscurité qui a tendance à rendre chaque mission comme un véritable cauchemar. C'est encore un exemple des graphismes de l'époque conspirant avec les développeurs pour augmenter la difficulté des niveaux de jeux. Même si cela est un peu gênant après avoir pris l'habitude de jouer aux jeux actuels, j'avoue que cela me rend un peu nostalgique... mais pas trop quand même. Il ne faut pas exagérer non plus !

Puis, débute l'une de mes missions préférées de tous les Call of Duty sur la Seconde Guerre mondiale – l'assaut du Pegasus Bridge. Cet assaut sur l'un des ponts du canal à Bénouville fut mené par les hommes de la Compagnie D de la 6e division parachutée britannique, sous le commandement du Major John Howard. Ils s'infiltrèrent subitement grâce à des planeurs, juste après minuit, le 6 juin 1944. On ne suit certes pas le Major Howard, mais le Capitaine Price. Assez difficilement, faut-il le dire, en raison du manque de lumière et de la défense allemande du site qui passe en contre-attaque.

C'est l'une des missions les plus difficiles du jeu, ce qui m'a énormément plu. Néanmoins, ces deux missions (l'assaut sur Pegasus Bridge et surtout la riposte allemande) m'ont pris le plus de temps, et ce en raison de la manière dont les développeurs ont choisi d'augmenter la difficulté dans le jeu. Au lieu d'introduire des personnages non historiques, comme les élites – stratégie choisie par d'autres jeux moins regardant sur l'historicité – Infinity Ward décida de mettre en place un système de vagues d'ennemis, de plus en plus importantes en avançant dans le jeu – couplé avec un nombre de packs de santé très limité.

La mission devient compliquée à remplir, surtout après l'introduction des chars. Fort heureusement, on peut "libérer" des panzerfaust laissés par l'ennemi à côté du présumé Café Gondrée. La contre-attaque reste impitoyable et lorsque le compte à rebours arrive à son terme et signale l'arrivée des renforts alliés, on peut enfin souffler un peu. La seule chose qui manque dans tout ça, c'est la cornemuse de Bill Millin, le "Mad Piper" du Sword Beach (retrouvez sa biographie sur DDay Overlord), accompagnant Lord Lovat et le Commando Kieffer !

L'éclair frappera-t-il une deuxième fois ? Call of Duty II

Sorti deux ans plus tard, en 2005, Call of Duty 2 a fait exactement ce que son public attendait – prendre ce qui marchait dans le premier volet, c'est-à-dire les combats à grande échelle sur des champs de bataille connus, et les élargir en s'appuyant sur la 7e génération de consoles nouvellement sortie.

Disponible donc sur la Xbox 360 (et PC), Call of Duty 2 fut un titre phare de la nouvelle console de Microsoft. Il fut d'ailleurs bien accueilli, se vendant à plus de 250 000 exemplaires en une semaine ! Pour tout dire, environ 40% des Xbox 360 furent vendues avec une copie de CoD 2 !

Les graphismes gagnent clairement en qualité. L'obscurité, moins sombre, permet enfin de voir à deux mètres, les textures sont plus réussies et le champ de vision augmente. Des changements apparaissent aussi dans le gameplay avec l'introduction d'une barre de santé automatisée – plus besoin d'aller chercher des packs de santé – et le lancement de grenades par l'ennemi est indiqué par un signal au joueur. Il y a aussi des améliorations sur la jouabilité, avec l'introduction d'un système devenu "très populaire" dans les FPS, le verrouillage des cibles lors de la visée.

Call of DutyOh oh…vite, on fout le camp !

On retrouve ici certains des meilleurs niveaux de tous les Call of Duty, même si les graphismes sont un peu dépassés maintenant, il y avait, néanmoins, une nette amélioration de la qualité. Les niveaux sont plus larges, le parcours linéaire est toujours présent mais moins ressenti grâce aux grands espaces ouverts, même lors des combats urbains dans Stalingrad.

Il faut dire que l'on se retrouve souvent dans les mêmes lieux entre CoD I et CoD II, comme Stalingrad et la Normandie, mais dans le second, les décors sont plus soignés malgré tout. Ceci est possible grâce à l'absence de nécessité de rechercher des packs de santé, l'abondance de munitions sur le chemin et l'amélioration des mouvements du personnage et le ciblage assisté.

Call of Duty

L'Histoire, avec un grand H, est aussi mieux mise en avant dans le deuxième volet avec l'inclusion de vidéos d'époque ; premier essai pour cette série, renouvelé un peu dans CoD : World at War… dommage pour les grandes et les moins grandes figures qui combattaient pendant le conflit.

Certes, un studio préférera sans doute créer lui-même ses cinématographies, afin de montrer son savoir-faire et de faciliter la compréhension du déroulement de l'histoire, mais l'inclusion d'images d'époque rend, me semble-t-il, les actions plus vivantes, que ce soit en Russie, en Afrique du Nord ou en Europe de l'Ouest.

Comme dans le premier jeu, on incarne des personnages de nationalités différentes, russes, britanniques et américains, dans trois campagnes différentes, cumulant ainsi dix missions. Les Russes combattent à Stalingrad (avec le soldat de 2nde classe Vassili Koslov), les Britanniques en Tunisie, à El Alamein et en France (avec le Sergent John Davis et le Commandant David Welsh pour la mission "Les pelotons de chars") et les Américains (avec le Caporal Bill Taylor) à la Pointe du Hoc entre Omaha et Utah Beach avant de se lancer sur Beaumont-Hague le 14 juillet 1944.

Étrangement, la mission suivante nous renvoie au 11 juin, à Caumont, avec les Britanniques de la 7e division blindée qui cherchent à passer par le flanc ouest allemand afin de dégager une route vers Caen. Ici encore, on retrouve notre vieil ami, le Capitaine Price et sa moustache toujours aussi bien soignée. On repasse ensuite à l'Américain, le Caporal Taylor, pour tenter de s'emparer de la Colline 400, dans la forêt de Hürtgen.

Vu que CoD I s'était terminé par la prise du Reichstag à Berlin, le 2 mai 1945, par les Russes, les développeurs d'Infinity Ward ont décidé de finir le second avec les Américains, le 24 mars 1945, qui se préparent à traverser le Rhin. Cette mission consiste à prendre la ville de Wallendar – ville fictive malgré son homonyme allemand, Vallendar. Le combat urbain est divertissant mais décevant au regard de la prise du Reichstag dans le premier volet.

CoD II est une suite digne du nom de son prédécesseur selon les critiques et les joueurs, avec un score de 89 sur Metacritic. Les missions sont variées, tant au niveau de ce qui est demandé qu'au niveau géographique. Néanmoins, avec deux jeux qui reviennent sur les mêmes batailles, on sent bien que la formule qu'Activision et Infinity Ward semblaient vouloir implanter nécessitait un changement. Voyons voir si on le retrouve dans le troisième jeu ?

La troisième fois est-elle la bonne ? Call of Duty 3

La stratégie de sortie annuelle des Call of Duty débute, Activision ayant vu les chiffres de ventes importants pour ce qui était en train de devenir l'un de ses titres phares. Cela se ressent directement avec Call of Duty 3 qui est malheureusement un peu trop semblable à son prédécesseur dans les aspects qui auraient nécessité le plus de changement, tels que les missions, et elle a introduit des mécaniques de jeu qui deviendraient de vrais casse-têtes dans des titres qui vont suivre – l'introduction des QTE.

Ce troisième opus amène un changement de développeur, Infinity Ward s'occupant du développement de Call of Duty : Modern Warfare, c'est le studio Treyarch qui s'en occupe. Ceux-ci ont déjà fait leurs preuves en développant Call of Duty 2 : Big Red One sur Playstation 2, Xbox et GameCube, et sortie (quasiment) en même temps que CoD II sur Xbox 360. Et ça se voit quasiment dès le début.

Mis à part le petit tutoriel du début, on est vite pris par la main dès la cinématique au début de la bataille de Saint-Lô. Il vous faudra attendre un moment avant de pouvoir reprendre le contrôle de votre personnage, et dans un effort, investir une maison sécurisée. Néanmoins, on se retrouve vite bousculé et pris au piège par un Allemand en combat rapproché. Il faut alterner RT et LT rapidement pour lutter et récupérer l'arme avant de l'achever avec une touche surprise donnée à l'écran. On voit apparaître ce type de mini-jeu lors de certains passages, quand il faut planquer une bombe, par exemple, où il faut tourner le joystick afin de faire entrer le fusible au bon endroit.

Le jeu nous laisse encore quelques minutes de liberté avant de nous déposséder de nouveau du contrôle, nous laissant en compagnie de camarades bloqués à la porte d'une ruine, et d'attendre de nouveau que l'histoire avance. On retrouve ce mécanisme assez souvent tout au long du jeu. Certes cela sert à la compréhension de l'histoire mais casse indubitablement le rythme du jeu et l'illusion de contrôle.

C'est fort dommage car l'histoire de Call of Duty III à mes yeux reste la plus aboutie. Si CoD I se voulait ludo-éducatif, encouragé par Spielberg et les avancées en art visuel, autour des grandes batailles de la Seconde Guerre Mondiale ; CoD II perfectionnait ce mélange entre Histoire et jeux vidéo en s'appuyant davantage sur les avancées techniques des nouvelles générations de consoles ; CoD III aurait pu être l'opportunité de créer des histoires mémorables, mais en s'appuyant trop sur la technique des cinématiques, l'immersion du joueur et le narratif de l'histoire passent en arrière-plan.

La plupart des mécanismes du jeu étant déjà présents dans le deuxième volet, on ne trouve rien de plus. Il y a bien des grandes batailles, mais le troisième volet est plus linéaire que les précédents. On peut aussi s'attendre à ce qu'un camarade, devant nous, soit bloqué par un mur invisible, peut-être des arbres tombés, voir aussi des ponts servant de goulot d'étranglement, ou encore des camarades bloquant accidentellement des couloirs. On retrouve encore certains de ces aspects indésirables dans les volets plus récents comme World War II et Vanguard.

Call of DutyComme si le bocage avait besoin d'encore plus de pluie !

Heureusement, il y a tout de même des points positifs. Le jeu introduit des relations avec les groupes clandestins de la Résistance française. On peut supposer qu'auparavant, CoD avait essayé d'éviter la mention de ce type d'unités de l'ombre ; Medal of Honor et Medal of Honor Underground ayant saturé le marché d'opérations solo et d'infiltration.

En tout cas, les relations entre les forces conventionnelles et irrégulières sont dépeintes de façon intéressante, faisant allusion aux tensions existantes entre chaque faction. Certes, on est encore loin des jeux les plus récents où l'Histoire (avec un grand H) est occultée par l'incarnation d'un personnage avec une histoire "profonde". Néanmoins, ces histoires personnelles ne trouvent pas de conclusions satisfaisantes et la fin du jeu est décevante.

On s'active à la bataille de Chambois pour fermer "la poche de la Falaise"… et puis on reçoit le dernier trophée : « Gagné la Guerre ». Dans la dernière cinématographie, on assiste à la libération de Paris, sans en faire partie. C'est assez étrange, on a l'impression que ce sont nos actions à Chambois qui permettent la libération de Paris par d'autres. Peut-être que le deadline s'approchait trop rapidement ?

Call of DutyEnfin, l'Appel de la Paix

Et donc, où en est-on vraiment ? On a vu les origines de cette série mythique à travers les modes de campagne, les origines du Capitaine Price, en passant par les QTE ugh…, avant de voir l'arrivée des "innovations" avec la barre de santé automatique et des niveaux de plus en plus linéaires. Sur le chemin entre le premier et le troisième volet, les développeurs ont perdu de vue ce qui rendait le premier et le second CoD tellement bon pour les fans de jeux historiques et de FPS.

Avec la sortie du volet Modern Warfare (2007), tourné vers la guerre moderne, Treyarch a pu se recentrer et sortir ce qui est, à mon sens, le Call of Duty incontournable pour les amateurs d'Histoire – Call of Duty : World at War.

  • Ralta Rédacteur
  • "L'histoire sera gentille avec moi car j'ai l'intention de l'écrire." - Winston Churchill