Guerres médiques

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Période historique Antiquité
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Les guerres médiques opposèrent les Perses de l'empire Achéménide à une coalition de cités-états grecques entre 499 et 449 avant l'ère chrétienne. Le terme médique provient d'une confusion que les auteurs de la Grèce antique faisait en associant les Mèdes au Perses. Ce conflit nous est connu surtout pas les Histoires d'Hérodote.

L'Empire Perse, un empire conquérant

Avant le règne de Cyrus II le Grand, les Perses était sous la domination des Mèdes, un empire qui s'étendait de l'Iran à l'Indus et au Golf Persique. En 553, Cyrus II se lève contre les Mèdes et réussit à battre Astyage, le dernier roi des Mèdes. Cyrus II s'empara alors du trône de la Médie et fonda l'Empire Achéménide. Il doit faire face ensuite aux puissances voisines, la Lydie et la Babylonie en Asie Mineure. Peu de temps après la disparition de la Médie, Crésus, roi de la Lydie, s'attaqua à Cyrus pour éviter de tomber sous la domination du nouvel empire perse. Ce fut un échec et Cyrus contre-attaqua et s'empara de la Lydie en 546, puis plus-tard de Babylone. À sa mort, l'empire est puissant et continue à s'étendre. Son fils Cambyse II, s'empara de l'Egypte et soumet les royaumes d'Afrique du Nord : Libye, Nubie et Cyrénaïque.

Darius 1er arriva au pouvoir en 522 et la politique d'expansion de l'empire continua avec lui. Darius soumit les Ioniens (un ensemble d'îles grecques sur les côte de l'Anatolie) et conquit la Thrace qui devient une satrapie, une province administrative de l'Empire Perse. En 513, la Macédoine fut contrainte de se soumettre aux Perses, face à la menace d'une guerre qu'elle aurait perdu. Pendant un temps, Darius s'est intéressé à l'empire Scythes, mais a dû y renoncer, face aux difficultés rencontrées.

À son apogée, sous le règne du grand Roi Darius 1er, l'empire Achéménide s'étendait de la Libye à l'Indus en passant par l'Asie Mineure, le Moyen-Orient, et le pourtour de la Mer Noire, jusqu'au Danube. La conquête de la Grèce se faisait de plus en plus pressante pour les Perses.

Traumatisme des Grecs : la révolte des Ioniens

Les guerres médiques commencèrent avec la révolte des Ioniens. Cette révolte a des origines obscures. Selon Hérodote, en 502, les Perses demandèrent de l'aide à Aristagoras, tyran de Milet, pour mater la rébellion de Naxos. Aristagoras accepta s'il est reconnu après comme dirigeant de l'île. Il échoua et pour se protéger d'une mort certaine, il fomenta une révolte des Milésiens et des autres habitants des îles ioniennes. La révolte éclata alors en 499. Aristagoras se rend en Grèce continentale pour obtenir de l'aide, mais seul Athènes et l'Érétrie acceptèrent de l'aider en envoyant respectivement 20 et 5 navires de guerres, comprenant en tout 2000 hommes.

En 498, l'offensive grecque aboutit à la prise et à l'incendie de la ville de Sardes (ancienne capitale de Crésus). À la suite d'une défaite près d'éphèse, les Athéniens et Érétriens repartent chez eux, laissant les ioniens, fort peu unis, se débrouiller seul face aux Perses. La révolte des Ioniens prend fin en 494, Milet a été prise et saccagée, femmes et enfants emmenés en esclavage et la flotte anéantie lors de la bataille de Ladé.

La Grèce continentale, et surtout Athènes, est attristée par cette défaite. Hérodote écrivit que les spectateurs, d'une pièce de tragédie de Phrynichos, sur la prise de Milet, fondirent en larme lors de sa représentation. Phrynicos dut d'ailleurs payer une lourde amende pour avoir rappelé des malheurs nationaux. En 493, Thémistocle est élu à l'archontat d'Athènes. Il décida très vite de faire construire le port de Pirée afin de développer une forte flotte militaire, sentant la menace des Perses de plus en plus pressante. Darius envoya des ambassadeurs dans les cités grecques pour leur demander leur soumission. Athènes et Sparte sont les rares cités à refuser l'offre.

Première guerre médique

La première guerre médique éclata en 490. Les forces perses, dirigées par l'amiral Datis et le général Artapherne, partirent de la Cilicie, (au sud de l'Anatolie) et soumirent sur leur passage les îles grecques. Ils s'emparèrent et saccagèrent Érétrie, réduisant la population en esclavage. Puis, ils débarquèrent au nord de Marathon, en Attique, où les attendaient les Athéniens rejoints seulement par les Platéens, les spartiates étant occupés à fêter la fête religieuse des Karnéia. La bataille de Marathon est un succès retentissant pour les Athènes et ses hoplites qui dissuadèrent les Perses, par leur rapidité de déplacement, à débarquer ailleurs sur les côtes de l'Attique.

Les Perses rebroussèrent chemin mais gardèrent le contrôle de la Mer Égée. Une révolte éclata en Egypte ne permettant pas à Darius de ré-attaquer la Grèce dans l'immédiat. En 486, il mourut et son fils Xerxès 1er prit sa place.

Les préparatifs

De 490 à 480, les cités grecques reprennent leurs habitudes, sans se préoccuper de la menace des Perses. Léonidas devint le roi de Sparte et seule Athènes sembla se préparer sous l'impulsion du nouveau stratège Thémistocle qui, en exploitant les mines d'argent du Laurion, fit construire 200 trières sur le port du Pirée.

Xerxès, quant à lui, prépare l'offensive par la route du nord, des ponts de bateaux sont construits sur le Strymon et l'Hellespont, des magasins de ravitaillements le long des routes terrestres et maritimes. À l'orée de la seconde guerre médique, les Perses semblent beaucoup plus puissant que les États grecs. Les chiffres varient selon les historiens antiques et contemporains, mais les Perses devaient disposaient d'une force militaire très importante et mieux préparé, près de 150 000 hommes et 6 à 700 trières, beaucoup plus que lors de la première tentative.

Quelques cités grecques conscientes de la menace se réunirent à Isthme de Corinthe en 481 pour préparer la défense et Léonidas fut chargé de prendre le commandement de l'armée de la ligue hellénique.

Deuxième guerre médique

Durant l'été 480, la Grèce du Nord est conquise par les Perses et Léonidas avec ses 6 à 7000 hommes prirent position à la passe des Thermopyles tandis qu'une flotte grecque forte de 300 trières attendirent les Perses au cap Artémision. Les combats firent rage, les Perses l'emportèrent difficilement à Artémision. Aux Thermopyles, le combat rendu célèbre par le courage des Spartiates, fut conclu après la trahison d'Éphialtès, qui renseigna Xerxès d'envoyer un détachements contourner la passe et prendre les Grecs à revers. Léonidas décida de se séparer d'une grande partie de son armée pour protéger les lignes arrières, ne gardant avec lui qu'un millier d'hommes qui résistèrent tant bien que mal jusqu'à leur mort. L'armée terrestre se rassembla à l'Isthme et la flotte à Salamine, laissant la Grèce centrale et l'Attique aux mains des Perses qui en profitèrent pour incendier l'Acropole d'Athènes. La bataille de Salamine fut une grande victoire athénienne endommageant les navires perses considérablement. Durant l'hiver 480, Xerxès décida de rentrer à Sardes laissant à Mardonios, son beau-frère, le soin de garder l'armée établie en Thessalie et en Macédoine.

Les hostilités reprirent en 479, Les perses envahirent de nouveau l'Attique, occupèrent Athènes et la Béotie. Pausanias, qui a pris la relève de Léonidas à la tête de Sparte, rassembla une grande armée composée de Spartiates en majorité, de quelques Athéniens et Grecs d'autres cités. En août 479, Pausanias commandant une armée de près 35 000 grecs combattirent les perses et leur alliés grecs (70 000 à 120 000 hommes) à Platées. Cette bataille d'une grande importance pour Sparte fut remportée suite à la mort de Mardonios en plein combat. Les Perses qui n'ont pas réussi à s'enfuir furent massacrés et la flotte grecque acheva le travail au cap Mycale en Ionie. Des cités soumises aux Perses se révoltèrent. Athènes suite à son succès au cap Mycale continua son avancée jusqu'à Sestos, là où l'offensive perse avait commencé trois ans plutôt. La prise de Sestos par les Athéniens devaient marqué la fin de la guerre médique. Celle-ci pris véritablement fin après la signature de la paix de Callias en 448.

Conclusion

Malgré l'échec de l'invasion en Grèce, la Perse conserva un territoire important et resta une menace importante jusqu'à l'arrivée d'Alexandre le Grand. Athènes est sortie renforcer de ce conflit et fit de ses victoires un objet de propagande dans toute la Grèce. La ligue de Délos fut établi en 477 regroupant les cités qui voulaient lutter contre le danger perse, mais cela renforça surtout l'hégémonie d'Athènes sur la mer Égée et la mer Noire mais aussi l'antagonisme entre Sparte et Athènes qui conduisit la Grèce a une nouvelle guerre entre 431 - 404. la guerre du Péloponnèse.

Les guerres médiques furent donc un conflit majeur, permettant à Athènes de devenir la puissance dominante du monde méditerranéen avant l'ascension de Rome. Malgré tout, le conflit ne semble pas passionner les développeurs puisque l'on compte peu de jeux vidéo qui traitent de loin comme de près le sujet. Pourtant, il y aurait fort à faire : un conflit opposant un peuple désuni face à un empire immense, les légendaires spartiates, la flotte athénienne, les grandes batailles terrestres et navales (Marathon, Thermopyles, Platées, Salamine, Artémision) et les hommes illustres (Léonidas, Thémistocle, Darius 1er ou Xerxès 1er).

  • Aymdef El Présidente, Rédacteur en chef, Testeur, Chroniqueur, Historien Email | Twitter
  • "L'objet de la guerre n'est pas de mourir pour son pays, mais de faire en sorte que le salaud d'en face meure pour le sien." George S. Patton