Bataille de Marathon

Orochti
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Période historique Guerres médiques
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La bataille de Marathon est une grande bataille de l'histoire antique, et particulièrement, pour Athènes. Suite à cette bataille, cette cité va connaitre véritablement son apogée, et va déposer son hégémonie sur la Grèce. La principale source des historiens de cette bataille provient d'Hérodote, le « Père de l'Histoire » comme le dit Cicéron, dans Enquêtes. Cependant, Hérodote écrit pour un public grec, d'un point de vue grec. Ainsi, le récit d'Hérodote peut présenter des imprécisions. Il faut alors se baser sur le récit de son compère antique, Thucydide, qui montre des différences avec celui d'Hérodote. Dans tous les cas, la bataille de Marathon est un symbole pour le monde grec, qui tend à devenir à la limite de bataille légendaire. Elle a existé, certes, mais que penser des sources à ce propos aujourd'hui ?


Arrivée de Phidippidès à Athènes
par Luc-Olivier Merson, 1869

La Bataille de Marathon se situe durant la première guerre médique, lors de l'affrontement de l'empire Perse contre les Grecs, entre 492 et 490 avant Jésus-Christ. Elle marque la fin de cette guerre, avec la victoire d'Athènes sur les Perses. Cependant, les Perses n'ont pas perdu la guerre pour autant, car leur objectif était de récupérer toutes les iles égéennes, et se venger du sac de Sardes, en pillant Erétrie. Ainsi, les Perses perçoivent la bataille de Marathon comme une simple défaite, qui n'est qu'une simple tâche sur leur victoire de la guerre médique.

En 491, des hérauts sont envoyés dans les cités pour demander leur soumission. Sparte et Athènes refusent. Après que l'Erétrie fut pillé, l'objectif suivant des Perses est d‘attaquer Athènes. Les troupes Perses sont conseillées par Hippias, le tyran déchu d'Athènes, qui espèrent retrouver sa place, à la fin de cette bataille. Le choix de débarquer à Marathon n'est pas un hasard. Selon Hérodote « il s'agit du point le plus propre aux manœuvres de la cavalerie et le plus proche aussi d'Érétrie. » Athènes réagit aussitôt, et se prépare à la bataille. Neuf milles hommes sont envoyés à Marathon, afin de la protéger. Dans un même temps, Philippidès se dirige vers Sparte, afin de leur demander de l'aide. Un autre messager se dirige vers Platées. Le lendemain, les troupes athéniennes occupent la partie sud-ouest de la plaine, à moins de 10 km des Perses. Un contingent de mille Platéens arrive peu de temps, et se joint aux Athéniens. Désormais, les troupes Perses ne peuvent plus atteindre la ville.

Question stratégie, les magistrats sont partagés, à cinq contre cinq. Miltiade, partisan de l'affrontement, convint Callimaque, l'archonte polémarque tiré au sort, de s'engager dans une intervention rapide. Celui-ci suivit le conseil du fils de Cimon. La position des troupes athéniennes est solidement tenue. L'aile gauche est défendue par des barricades, et l'aile droite, par un marais. Impossible donc pour les Perses de passer par les ailes. De plus, les troupes sont hors de portée des archers embarqués. Niveau équipement, les grecs sont mieux armés. L'hoplite grec est mieux équipé pour le combat au sol (casque, cuirasse, bouclier, le tout recouvert de bronze) au contraire des Perses, équipé de simple cuir. L'armée grecque est équipée de lance et d'épée. Ainsi, à Marathon, deux tactiques militaires très différentes s'affrontent.

Dans l'ensemble, les Grecs sont inférieurs en nombre (rapport de un pour deux.) et ne disposent ni de cavalier, ni d'archer. Les Perses pensent alors que le tout est joué, et sont rassurés. Cependant, la force des contingents grecs réside dans sa cohésion, reposant sur l'organisation clisthénienne par tribu. La cavalerie perse est quant à elle en déroute face aux hoplites, qui sont lourdement désavantagés. Les archers ont le même problème, car leurs flèches ne peuvent faire de dégâts sur des hommes recouvert de bronze. Donc, la seule chance de victoire des Perses consiste dans la destruction de la ligne hoplitiques. Cette tactique suppose que les Grecs avancent, affaiblissent leur flanc et deviennent ainsi fragile face à la cavalerie. De l'autre coté, les Grecs espèrent une attaque frontale, ce qui implique que la cavalerie ne puisse intervenir, ou que l'infanterie décide d'attaquer.

Chaque nuit, les Grecs avancent et fortifient leur barricade. La dernière nuit avant l'attaque, les hoplites se situent à environ 1.5 km des Perses (sur les dix du début.). Une nuit, les Perses réembarquent leur cavalerie pour prendre de vitesse les Athéniens et attaquer leur ville. Profitant de ce répit, Miltiade décide d'attaquer. La phalange se déploie, en présentant un centre affaibli. La charge est donné, et sur le pas de course. Avec la vitesse, les hoplites, lourd en armure, gagnent en force. La victoire est complète. Cependant, les flottes Perses se dirigent vers Athènes, avec de vents favorables. De plus, ils espèrent une trahison dans cette cité, où quelques Athéniens avaient fait demande d'alliance avec les Perses (ce qui trahit l'image unanime des Athéniens lors de la guerre). Un régiment dirigé par Aristide reste sur place, tandis que le reste se dirige aussitôt vers la cité. Ils arriveront avant le débarquement perse, et les empêcheront d'attaquer. Ainsi, la victoire est totale. Selon les dires d'Hérodote, Athènes n'aurait perdu que 192 hommes sur les 6400 des Perses, ce qui semble exagérer. Les troupes de Sparte arriveront alors plusieurs jours après la bataille, en retard.

Cette victoire de Marathon a un grand retentissement à Athènes. À partir de cette date, tout soutien aux Perses apparait comme une trahison. La défaite perse prouve la force des nouvelles institutions et la cohésion des citoyens hoplites. Va naitre alors la démocratie des hoplites, celle des Marathonomaques (« Vainqueurs de Marathon »). Par la suite, les Athéniens vont essayer de profiter de ce succès, et vont lancer une expédition à Paros menée par Miltiade. En 483-482, Thémistocle décide ses concitoyens à utiliser l'argent accumulé dans les mines de Laurion (soit 2.5 tonnes) en construisant 200 trières. Ainsi, Athènes devient la première puissante maritime de la Grèce à cette époque.

(Les cartes sont issues du Department of History, United States Military Academy)

  • Orochti Le Chti templier, Ancien membre d'HistoriaGames
  • "Tu dois aimer la France, car la nature l'a faite belle, et son histoire grande." Ernest Lavisse
  • "Eureka !" Archimède