Total War : Attila

El Presidente
14 février
2015
Info sur le jeu
Plateforme
  • PC Windows
  • Mac OS X
  • Linux
ÉditeurSEGA
DéveloppeurThe Creative Assembly
Date de sortieFévrier 2015

Il y a un mois, nous vous proposions la preview de Total War : Attila, premier grand hit historique attendu cette année. Nous l'avions trouvé particulièrement prometteur, bien que nous disposions d'une version amputée d'une partie de son contenu et qui, surtout, ne nous donnait pas la possibilité de poursuivre l'aventure au-delà du 40e tour.

Cette fois-ci, nous avons franchi ce 40e tour fatidique, et sommes même allés bien plus loin dans la grande campagne. Assez en tout cas pour vous donner un avis définitif sur ce nouveau Total War.

Total War : Rome II Versus Total War : Attila

Total War : Rome 2 avait apporté une nouvelle base et de nouvelles fonctionnalités à la série. Cependant, il avait aussi enlevé des éléments et apporté quelques défauts et de nombreux bogues que Creative Assembly a corrigés à coup d'une dizaine de patchs. Le jeu était certes plus spectaculaire que ses glorieux aînés, grâce à une réalisation et une mise en scène époustouflantes pour un jeu de stratégie, mais il manquait quelque chose.

Total War : Attila n'a pas pour vocation de révolutionner la série. On doit plutôt le voir comme un épisode de transition. Est-ce vraiment un problème ? Pour moi en tout cas, ce n'est pas le cas ! Autant attendre un Total War : Medieval 3 ou un Total War : Warhammer pour cela. L'objectif ici est visiblement de réconcilier les fans déçus avec la série et, surtout, de proposer ce qu'aurait dû être Total War : Rome 2, les bogues et les défauts en moins.

En conséquence, il ne faut pas vous attendre à de grands bouleversements dans votre manière d'aborder un Total War. Vous gérez toujours votre faction sur la carte de campagne et menez des combats sur le champ de bataille. Par contre, vous le ferez différemment en raison du contexte et des nouveautés qui seront abordées quelques lignes plus bas.

Total War : Attila est considéré comme un stand alone mais il propose la même durée de vie que Total War : Rome II, c'est-à-dire illimitée (sauf si vous avez joué à toutes les factions avec chaque niveau de difficulté... à force, vous en aurez un peu marre), tout en incorporant des nouveautés bienvenues ou des améliorations de systèmes déjà existants.

Test de Total War : Attila  Test de Total War : Attila  Test de Total War : Attila  Test de Total War : Attila

1. Les armées se font face, au milieu les pauvres Ostrogoths. - 2.Pluie de feu sur la cité ! - 3. Le mode tactique toujours utile au cours des batailles. - 4. Ça, c'est du siège !

Les barbares, ce n'est pas barbant

Plus qu'une simple version 3.0 de Total War : Rome 2 (les correctifs comptant pour la version 2.0), Attila nous plonge surtout dans une nouvelle époque historique rarement abordée dans l'univers du jeu vidéo, le plus illustre étant un addon pour Rome : Total War, premier du nom, j'ai nommé Barbarian Invasion.

Et là, nous passons à quelque chose de totalement différent par rapport à Rome II. Dans ce dernier, nous devions émanciper la jeune République romaine et en faire le grand empire que l'on connaît. Chose qui était relativement simple à faire, tant les nations mineures offraient peu de résistance.

Dans Attila, l'Empire romain est scindé en deux. La partie orientale résistera plutôt bien durant de nombreux tours. C'est une tout autre histoire pour la partie occidentale qui subit une violence rarement atteinte dans un jeu vidéo. Les amateurs de "rage quit" devront obligatoirement éviter cette faction sous peine de se retrouver à l'asile, tant la difficulté est corsée. Les masochistes seront ravis ! Cela fait du bien de jouer à un jeu de stratégie avec un si gros budget proposant une difficulté aussi relevée.

Dans Attila, personne n’aime les Romains, les pauvres se font attaquer de partout et se prennent déculottées sur déculottées. La résistance est quasi vaine, vos armées ne peuvent rien faire face à la déferlante, le meilleur choix qui s'offre alors à vous est de vous replier vers Rome afin d'y élaborer votre stratégie de retour. Oubliez-les The Forest, DayZ, Rust, et autres jeux du genre qui ne seront jamais terminés, vous allez connaître la véritable survie dans Total War : Attila. Le pire dans tout ça, c'est que les Huns ne sont pas encore là ! Ce sont les tribus barbares telles les Wisigoths, les Ostrogoths ou les Alains qui vous causeront du tort dans les premiers tours. Les Huns préférant quelques escarmouches gentillettes jusqu'à ce qu'arrive le 40e tour. Le tour du commencement de l'apocalypse...

Au début, Attila n'est pas présent dans le jeu. Il n'est tout simplement pas né. Mais je vous rassure, contrairement à ce qu'un site sur les jeux vidéo a dit, Attila est bien présent, mais pas tout de suite. Il devient le chef des Huns, que vous preniez ou non en main la faction. Mais encore faut-il aller au-delà du 100e tour pour voir cela arriver. Et heureusement qu'il n'est pas présent dès le début de la partie. Elle aurait été bien courte. Puis c'est plus amusant de se développer puis de se faire anéantir par les Huns, n'est-ce pas ?

Diverses cinématiques nous renseignent sur la montée en puissance des Huns, à corréler avec l'arrivée d'Attila, le Fléau de Dieu. Ces cinématiques, plutôt bien réalisées avec le moteur du jeu, ont lieu à des moments précis de la campagne. Elles sont liées aux grands objectifs qui vous demanderont de survivre jusqu'à une date clé. Si vous y parvenez, vous aurez chaque fois droit à une cinématique comme celle sur la naissance d'Attila en 400. La grande campagne commençant en 395, il vous faudra près de 20 tours pour atteindre ce premier objectif, car désormais Total War : Attila inclut de base les 4 saisons qui apportent chacune leurs lots d'effets bénéfiques ou négatifs. Autrement dit, "Winter is coming"...

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1. Attila n'est pas à la tête des Huns au début. Heureusement, sinon la campagne serait courte... - 2. Vaincre les Huns... facile à dire. - 3. Une belle défaite au cours d'une bataille historique. - 4. La famille Hun dans laquelle Attila n'est pas encore né. - 5. Attila naquit... - 6. Et devint chef des Huns, et l'apocalypse débuta ! - 7. Les Huns ravagent tout sur leur passage. - 8. C'est pourquoi personne ne les aime.

En horde, c'est mieux

Si vous n'êtes pas maso, soyez sado ! Prenez ainsi le destin d'une faction migrante et partez à la conquête de nouvelles terres où votre peuple pourra survivre. Vous débuterez la campagne sans villes, mais avec des hordes. Le fonctionnement est similaire, mais celles-ci peuvent bouger comme bon vous semble en fonction des points de mouvement dont elles disposent. La horde peut attaquer tout ce qu'elle voit et elle le fait avec une relative facilité puisqu'elle compte une grande armée en son sein dès le départ.

Si vous prenez les Wisigoths, vous en disposerez de deux, dont une dirigée par Alaric. Elles sont positionnées près d'Andrinople où une célèbre bataille eut lieu entre les Goths et les Romains. La horde peut se mettre en mode campement afin de se développer et construire ou améliorer des bâtiments qui vous rapporteront de la nourriture et de l'argent nécessaire à la survie.

L'opinion publique ne compte pas, à la place vous devrez faire attention à l'intégrité. C'est une nouvelle donnée, commune aux armées de toutes les factions, mais qui l'est encore plus lorsqu'il s'agit des hordes. L'intégrité permet de savoir si l'armée est prête à se battre et à mourir pour votre faction. Si elle tombe à 0, les soldats commenceront à déserter les rangs. C'est pour cela qu'il faut souvent les satisfaire et quoi de mieux qu'une bonne razzia pour les contenter !

Alors partons piller les villes et villages sur notre passage, pour la plupart romains puisqu'on ne va pas s'en prendre à nos camarades barbares. Il n'y a pas beaucoup de défense dans les villages. C'est donc de l'argent facile que vous vous ferez et les soldats pourront festoyer allégrement. Mais si vous êtes du genre démoniaque, vous pouvez détruire la ville et ainsi empêcher quiconque de s'installer à nouveau dans cette localité pendant certain un temps puisqu'il faudra réunir une forte somme d'argent pour pouvoir rebâtir. L'inverse marche également pour la faction attaquée qui pourra pratiquer la politique de la terre brûlée pour ralentir la progression de l'ennemi et éviter de lui donner trop de précieuses ressources.

De toute façon, s'installer dans une ville civilisée quand on est barbare n'est pas forcément la solution adéquate. En effet, la reconversion des bâtiments coûte très cher. S'installer sur des ruines est déjà moins onéreux. Mais encore faut-il savoir où il faut s'installer. Jetez un œil aux objectifs pour trouver des réponses à la question. Les Wisigoths préféreront par exemple la Narbonnaise dans un premier temps, puis partirons à la conquête de la péninsule hispanique une fois bien installés.

Tout cela pour dire que la horde apporte un véritable changement dans la série des Total War. C'est véritablement un des petits plus qui ajoutent du charme à Total War : Attila. Jouer une faction migrante est totalement différent par rapport à une faction installée par défaut. Là, on peut s'installer où l'on veut, puis bouger si la menace des Huns se fait trop pressante. Il est en effet possible de commencer une migration dès qu'on le souhaite en appuyant sur un bouton situé dans la fenêtre qui résume notre activité.

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1. Le mode campement permettra à votre horde de se développer. - 2. Le jeu propose divers types de bâtiments, tous utiles et offrant des effets négatifs ou positifs, le choix est crucial. 3. Coloniser une terre dévastée coûte cher mais c'est plus efficace que de prendre le contrôle directe d'une ville conquise.

Devenez énarques en jouant

Ceci n'est pas une nouveauté, mais plutôt une refonte d'un ancien système qui n'avait pas marqué les esprits et qui était particulièrement inutile dans Total War : Rome 2. La politique a radicalement changé dans cet opus et elle l'a fait en bien, car elle apporte une jouabilité supplémentaire. Avant, on pouvait se contenter de faire des batailles et de construire des bâtiments sans y faire attention. Maintenant, vous serez obligés de faire un tour sur l'écran politique. Jetez un coup d’œil à notre guide afin de comprendre les tenants et les aboutissants de ce système, mais sachez que si vous n'y prêtez pas attention, la guerre civile surviendra sûrement.

La politique inclut l'arbre généalogique qui fait ainsi son grand retour dans la série. Vous pourrez ainsi connaître les membres de votre famille comme les enfants inutiles qui ont malheureusement tendance à mourir assez souvent. Difficile de dire s'il s'agit d'un souci d'équilibrage, mais nous sommes très loin d'un Crusader Kings où les arbres se remplissaient très rapidement. Un autre souci à signaler, la fenêtre de la politique aurait mérité d'être plus grande, surtout lorsqu'on joue avec une grande résolution, c'est un peu le cas de l'interface en général, mais nous y reviendrons. Visualiser l'arbre généalogique dans son ensemble est impossible, le zoom et dézoom n'existant pas, on ne peut que bouger l'arbre avec la souris, ce qui n'est pas forcément ergonomique. Ce n'est qu'un petit détail, espérons tout de même que Creative Assembly trouvera les moyens de rendre cet arbre plus attractif.

Avec les membres de la famille, nous avons aussi les nobles, qui occupent différentes fonctions au sein de la faction (gouverneur ou général). Ces fonctions varient suivant votre culture et offrent des effets bénéfiques utiles à votre faction, aux troupes ou aux régions.

Enfin, à l'instar d'un Crusader Kings II, vous pourrez utiliser des intrigues afin de fomenter quelques coups politiques. Ceux-ci pourront échouer et ainsi provoquer des tensions entre les grands personnages de votre faction. La loyauté et la popularité d'une personne sont des données importantes à prendre en compte. Une personne déloyale aura plus de chance de préparer une guerre civile et si sa popularité est importante, ses soutiens le seront tout autant. Utilisez les intrigues afin d'annihiler toute tentative d’insurrection avant qu'il ne soit trop tard.

La politique est probablement une des réussites de Total War : Attila, à la fois utile et complexe, car riche en possibilités et aux résultats pouvant être hasardeux. C'est un système à utiliser régulièrement et à bon escient, car les ennuis peuvent vite arriver.

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1. L'écran politique, si vous n'y comprenez rien, lisez notre guide ! - 2. Varys ou Aemon ? - 3. Arranger un marriage, un bon moyen pour se faire des amis. - 4. Les intrigues sont utiles pour régler des situations délicates. - 5. Sinon la guerre civile peut vite arriver. - 6. L'écran résumé où vous pouvez commencer une migration. 7. Les objectifs sont différents pour chaque faction. 8. Une fois un objectif principal atteint, vous aurez droit à une sympathique cinématique.

Coalition, destruction !

Passons aux choses sérieuses maintenant : les batailles. Ce n'est pas vraiment ma tasse de thé habituellement. Les batailles dans Total War : Rome 2 étaient soit trop simples, trop rapides, soit trop aléatoires à cause d'une IA un peu fanfaronne, notamment lors des sièges. Avec Attila, la donne est très différente et va dans le bon sens puisque l'IA est enfin intelligente et se comporte bien mieux. C'est aussi le cas sur la carte de campagne, mais c'est encore plus visible sur le champ de bataille. Nombreuses ont été les batailles épiques qui m'ont marqué et dont on ressort fier alors qu'une tactique s'est déroulée comme sur des roulettes ou lorsqu'on a échappé à la débâcle.

Ce fut le cas lorsque mes deux hordes wisigothes furent attaquées par quatre armées romaines. Ils étaient bien plus nombreux, les chances de réussites étaient très faibles. Les Romains arrivaient en renfort aléatoirement sur la carte. Ma première armée fut lamentablement ratatinée par les Romains, arrivés en renfort par l'arrière. Le temps de se retourner et il était déjà trop tard. Heureusement, l'armée d'Alaric était loin de tout ça. Située en hauteur et disposant de trois unités d'archers, plus une survivante de l'armée principale, elle avait pu se confronter à la 4e légion romaine qui n'avait pas eu le temps de rejoindre les autres. Ragaillardis par cette escarmouche victorieuse, mes hommes prirent position et attendirent leurs adversaires qui évoluaient en ordre dispersé. Et le massacre commença. Ma baliste envoya des boulets enflammés, incendiant les arbres à côté desquelles passaient les troupes ennemies, leur insufflant la peur. Le feu se propagea dans les rangs ennemis et s’accrut encore davantage lorsque ma ligne d'archer commença à lancer des volées de flèches, enflammées également, pour entamer encore davantage le moral ennemi. Puis mes fantassins lancèrent l'assaut sur les unités ennemies qui s'approchaient beaucoup trop prêt. Grâce à certaines compétences martiales particulièrement utiles, comme la possibilité de charger très rapidement pour mes épéistes, les ennemis furent dévastés chacun à leur tour et mes cavaliers purent finirent le boulot. Une belle victoire donc, pour une bataille qui dura plus de 20 minutes. Le tour d'après, quatre autres armées romaines firent leur apparition et massacrèrent l'armée d'Alaric... Rage quit...

Les sièges sont vraiment sympathiques, que ce soit en défense ou en attaque. D'autant plus que les villes sont très belles et très bien modélisées. Les civils font partie des nouveautés, mais ceux-ci ne se révèlent pas d'un très grand secours et paraissent quelque peu absents du champ de bataille une fois que les combats ont commencé. On n’y prête pas vraiment attention, tant il y a de choses à gérer. Les incendies peuvent se déclarer et se propager de maison en maison si l'on ordonne à nos archers de viser les toits de chaume. Les défenseurs peuvent disposer de barricades à placer dans des endroits stratégiques, mais nous ne sommes pas libres de les poser où nous le souhaiterions. Dommage. Qu'à cela ne tienne, les défenseurs disposent de tours envoyant quelques flèches sur nos forces. Il est possible de les leur prendre pour retourner leurs armes défensives contre eux. Hormis les incendies, il n'y pas vraiment de nouveautés marquantes pour les sièges, mais l'IA réagit bien mieux en défense, et attaque de bien meilleure façon.

Un mot sur les batailles historiques. Si celles-ci étaient peu nombreuses dans l'opus précédent, elles sont au nombre de 9 dans Total War : Attila ! C'est plutôt une bonne chose, d'autant plus que les batailles de cette époque ne sont pas forcément les plus célèbres ou celles qu'on enseigne le plus à l'école, à part peut-être Andrinople, Soissons - et oui, il est là l'ami Clovis ! - ou les Champs Catalauniques. Ce ne sont pas les mêmes batailles que peut nous offrir la Grande campagne. Celles-ci sont scénarisées avec des scripts, apportant ainsi de l'historicité et un challenge très intéressant.

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1. Neuf batailles historiques dont Soissons ! - 2. Le feu abaisse le moral des soldat. 3. Bataille épique remportée de justesse mais la suite fut moins réjouissante...

Parlons gestions et immobiliers

Les agents sont un autre élément qui a été repensé dans Total War : Attila. Il faut bien reconnaître que dans Total War : Rome 2, ceux-ci pouvaient paraître cheatés dès le début de la campagne. Ils pouvaient tout faire avec une chance de réussite trop élevée par rapport à leur niveau initial. Dans Attila, la donne change puisqu'ils n'ont pas accès à leurs activités favorites dès le début. Il faut pour cela qu'ils acquièrent de l’expérience afin de déverrouiller de nouvelles compétences. Ainsi, l'assassinat n'est pas disponible dès le début pour l'espion. De plus, les chances de réussite ont été rabaissées pour éviter que le jeu devienne trop simple. Fini l'époque où vous empoisonniez le puits d'un village pour y réduire à néant une garnison. Bien entendu, un agent ayant beaucoup d'expérience aura plus de facilités à agir qu'un novice, il faudra alors prendre soin de ses espions, héros et prêtres pour les amener à des niveaux supérieurs. Les possibilités d'action sont nombreuses pour chaque agent. Ils peuvent agir à la fois sur votre propre armée et lui fournir de l'expérience grâce à l’entraînement dirigé par un héros, sur l'armée ennemie en l'entravant par l'action de l'espion, ou encore sur votre propre région en limitant la corruption.

Parlons-en des régions. C'est à peu de chose près le même système que Rome 2. Toutefois, celles-ci semblent plus nombreuses que dans Rome 2 et se divisent chacune en une capitale et deux localités, dont une pouvant être portuaire. Chaque région dispose d'une marchandise spéciale qui sert aux activités commerciales et rapporte beaucoup d'argent si elle est bien exploitée. Les mines d'or peuvent aussi apporter beaucoup de richesse, mais l’opinion publique n'apprécie guère ce genre de bâtiment. À chaque construction, il faut prendre en compte différents facteurs et faire des choix judicieux. Les bâtiments agricoles vous fourniront de la nourriture, mais le port de pêche peut le faire également, à moins que vous préfériez un port commercial ou militaire ? Même au sein des bâtiments agricoles, il y a des divergences, certains vous apporteront plus d'argents et moins de nourritures que d'autres. On ne doit pas construire bêtement des bâtiments uniquement parce qu'on a de l'argent à dépenser, il faut réfléchir à chaque fois aux conséquences et à l'intérêt immédiat et sur le long terme. C'est une phase de jeu très appréciable et intéressante où l'on prend son temps à microgérer nos petites et grandes cités.

Avec une interface remodelée, c'est encore mieux, enfin presque... Il y a encore quelques défauts, certaines fenêtres, notamment toutes celles qui concernent l'économie, auraient mérité d'être plus grandes afin d'éviter un scrolling inutile, surtout qu'il y avait la place pour cela. Mis à part ce petit chipotage, le reste est parfaitement fonctionnel et permet de retrouver les informations dont on a besoin. La technologie a subi un changement majeur puisqu'elle est disposée sur un seul et même écran. Il y a toujours les deux embranchements (Civil et Militaire), mais avec un nombre beaucoup plus important de technologies dont certaines coûtent, en plus du nombre de tours nécessaires à son développement, de l'argent. Inutile de préciser que ces technologies sont particulièrement recommandées. Vous pouvez également afficher la carte de campagne par un simple clic. Vous y verrez ainsi vos alliés, vos amis (qui ne sont pas forcément vos alliés), les régions fertiles, les régions riches... ce qui est pratique pour planifier des conquêtes. Petite ombre au tableau, il aurait été utile d'avoir un écran résumant les guerres en cours pour que l'on s'y retrouve plus facilement, avec les forces en présence, les batailles déjà effectuées. Toutes ces infos sont présentes, mais sont éparpillées à travers les différents tableaux.

Pour finir, nous allons terminer par la diplomatie, car c'est sans doute le point faible de cet opus. Il aurait été intéressant d'y proposer de la nouveauté, tenter de nouvelles choses, car c'est quasiment le même système que Rome 2. Il n'y a pas eu d'améliorations. C'est bien dommage, surtout que c'est un système qui peut vite vous déboussoler et vous faire rager. Être trop puissant signifie irrémédiablement être l'ennemi de tous, enfin presque tous (avec les Wisigoths, j'ai réussi à tenir une longue amitié avec les Francs, et je suis même devenu copain avec les Romains d'Orient). C'est assez punitif d'être puissant, peu de monde nous apprécie et la peur ne marche pas. On aurait pu penser que les petites nations nous respectent face à notre puissance, et qu'ils accepteraient de prendre en considération nos offres, mais malheureusement ce n'est pas le cas. Et il n'est toujours pas possible d'échanger des régions !

Test de Total War : Attila  Test de Total War : Attila  Test de Total War : Attila

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1. Les agents acquièrent de nouvelles compétences en gagnant des niveaux. - 2. J'ai beaucoup d'alliés. - 3. Mais pas beaucoup d'amis. - 4. La diplomatie ne change pas et c'est bien dommage. - 5. La technologie change et c'est tant mieux ! - 6. Le royaume wisigoth prend de l'ampleur. Mais où sont les Romains d'Occidient ?

Techniquement parlant, ça vaut quoi ?

Total War : Attila, débarquant avec tous les correctifs apportés à Rome 2, profite d'une optimisation plus poussée. Le test a été effectué sur un PC équipé d'une GTX970 avec un matériel de moyenne gamme et, hormis un crash dont il est difficile de connaître la provenance, le jeu a parfaitement tourné même au-delà du 150e tour, là où Rome 2 pouvait pécher. Et avec les options très élevées qui plus est ! Le passage des tours est cependant un peu long, surtout sur de longues parties durant les nuits blanches, les factions étant très nombreuses, il vous faudra patienter. Mais nous avons l'habitude avec ce genre de jeu au tour par tour.

Graphiquement, c'est le même moteur avec les mêmes modèles. C'est surtout l'ambiance qui a été modifiée. Comme nous l'avons vu dans la preview, celle-ci est beaucoup plus sombre, rappelant l'apocalypse. Le thème du jeu est ainsi parfaitement respecté car l'invasion barbare marque la fin d'une époque et la naissance d'une nouvelle. C'est le cas pour la carte de campagne, qui est très jolie au passage, mais aussi durant les batailles. Cet aspect apocalyptique est renforcé par les incendies qui se propagent parfaitement entre les bâtiments ou dans les forêts.

Passons à l'audio. Il est semblable à Rome 2 avec quasiment les mêmes voix et accents, les bruitages sont aussi identiques. Les généraux font leurs discours juste avant de commencer la bataille puis ça gueule durant les échanges de coups. Les musiques ont par contre changé et reflètent bien l'époque. Il y a notamment la musique magnifique dédiée aux Huns de l'écran d'accueil, une sorte de chant diphonique mongol avec des instruments traditionnels.

9.0
Total War : Attila

Apocalyptique
Total War : Attila est véritablement ce qu'aurait dû être Rome 2 à sa sortie. Il lui est supérieur qualitativement parlant et apporte son lot d'améliorations et de nouveautés nécessaires à un épisode de transition dont le but est de traiter une période riche en émotion et en changements. Avec une IA améliorée, une ambiance apocalyptique maîtrisée, une politique vraiment utile, des hordes barbares vraiment barbares, vous n'aurez aucun mal à apprécier cet opus, sauf si vous vous attendiez à une révolution.
Intérêt historique :Total War : Attila maîtrise parfaitement son sujet et fournit une vision apocalyptique de la période. La chute du grand Empire romain n'a jamais été aussi terrible et dramatique à vivre. L'encyclopédie est bien présente et vous fournira de nombreuses informations.
  • +Ambiance apocalyptique sombre
  • +De véritables invasions barbares
  • +Des objectifs propres à chaque faction
  • +La horde, c'est génial
  • +La politique utile et riche
  • +IA améliorée
  • +Grande campagne mouvementée où on ne s'ennuie jamais
  • +Factions variées et intéressantes
  • +Difficulté bel et bien présente, surtout pour les Romains
  • +De jolies cinématiques réalisées avec le moteur du jeu
  • +Encyclopédie en ligne avec des entrées pour tous les éléments du jeu.
  • -La diplomatie n'a pas changé
  • -Pas beaucoup d'explications pour le système politique. Heureusement il y a notre guide !

  • Aymdef El Présidente, Rédacteur en chef, Testeur, Chroniqueur, Historien Email | Twitter
  • "L'objet de la guerre n'est pas de mourir pour son pays, mais de faire en sorte que le salaud d'en face meure pour le sien." George S. Patton