Sniper Elite 4

Info sur le jeu
Plateforme
  • PC Windows
  • PlayStation 4
  • Xbox One
Éditeur505 Games
DéveloppeurRebellion Developments
Date de sortieFévrier 2017

3 ans après le dernier opus, les développeurs de Rebellion sont de retour avec leur franchise phare. Sniper Elite 4 arrivera-t-il à renouveler la performance de ses prédécesseurs ? Ont-ils corrigé les défauts de la licence ?

Retournons en Europe

Après un petit détour en Afrique, les développeurs ont choisi de nous faire découvrir la péninsule italienne. Cette partie de la guerre ayant été peu couverte par l’industrie vidéoludique, offre un cadre presque inédit. Votre mission sera de préparer le débarquement allié en Italie et de détruire une wunderwaffe (voir dossier sur les projets Wunderwaffen).

Pour cela, nous retrouvons le héros de la licence, l’agent Karl Fairburne. Toujours sur le pont, notre tireur d’élite/agent de l’OSS doit faire face à de nouveaux ennemis plus forts et plus intelligents et surtout plus méchants. De son action dépend la vie de nombreux GI’s et la victoire des Alliés. Un peu gros ? Pourtant, c’est en terme simplifié le synopsis du jeu. Vous êtes le John Rambo des années 40.

Pour autant, si l’épisode précédent souffrait d’une mise en scène assez hasardeuse (voir le test de Sniper Elite 3), des progrès ont été faits. Les scènes d’introduction des missions sont plus dynamiques et plus utiles puisqu’elles correspondent à une partie de votre briefing.

Malgré ces efforts, il existe un problème qui casse toute l’immersion, le doublage. La voie française n’est pas synchronisée, sans parler de la traduction douteuse. Autre point négatif, pour les amateurs d’histoire, la Seconde Guerre mondiale sert juste de contexte. À la place des nazis, mettez des Soviétiques des années 60 et le scénario tient encore sans soucis.

Test de Sniper Elite 4  Test de Sniper Elite 4  Test de Sniper Elite 4

Une bonne durée de vie ?

Le jeu de base comporte 9 missions solos et 2 uniquement jouables en coopération, hors DLC. Les missions, en fonction de votre niveau et style de jeu, prendront entre 20 minutes et 1 heure. Le jeu de base dure un peu plus d’une dizaine d’heures en ligne droite, cependant la variété des approches et le nombre d’objectifs font grimper la durée de vie du jeu. Nous arrivons donc à une petite trentaine d’heures de jeu, ce qui est tout à fait honorable aujourd'hui.

Mais la principale raison de cette durée de vie est la taille des cartes. Si par le passé les cartes étaient plutôt linéaires (le 3e opus avait entamé un changement), aujourd’hui nous sommes laissés seuls dans un monde complètement ouvert, avec des cartes relativement grandes. Vous pourrez donc choisir librement votre chemin, quels objectifs vous voulez réaliser. Qui plus est, certains de vos objectifs sont « cachés », il faudra les chercher dans une grande zone et donc prendre des risques pour les atteindre.

L’autre raison de cette durée de vie concerne comme je l’ai dit le style de jeu. Vous pourrez jouer la carte de l’infiltration totale avec votre Welrod, ou choisir de sortir votre Thompson et tirer en rafale sur tous les nazis que vous croiserez. Tous les joueurs s’y retrouveront, même si l’infiltration reste fortement conseillée.

Un contenu à la hauteur ?

Par le passé, la franchise a manqué de contenu en particulier au niveau du nombre d’armes disponible. D’ailleurs, Le_Moine lors de son test du précédent opus avait cité cinq fusils absents du jeu, mais grâce à l’influence d’HistoriaGames... ils ont été ajoutés. Plus sérieusement, l’arsenal s’est étoffé de plusieurs fusils de précision et de pistolets mitrailleurs. Pour autant, ce n’est pas encore la panacée puisque 4 des 11 fusils ne sont déverrouillables qu’en achetant le DLC à 10€ auquel il faut ajouter le DLC à 5€ si vous voulez débloquer le camouflage feuillage. Pour un jeu où le tir de précision et la discrétion sont prépondérants, c’est relativement déplacé.

En parlant du camouflage, le système si intéressant du premier épisode où vous pouviez choisir votre uniforme, soit pour vous fondre dans le décor ou pour vous transformer en officier nazi, n'est toujours pas réintégré au jeu. Vous ne possédez qu’un seul uniforme et le camouflage de votre fusil sera soit inexistant, ou entièrement doré (on repassera pour la discrétion), ou payant.

Test de Sniper Elite 4  Test de Sniper Elite 4  Test de Sniper Elite 4

Et le gameplay ?

Comme je l’ai dit plus haut, vous pourrez faire votre John Rambo, mais il est vraiment dommageable que se faire repérer ne soit pas assez punitif. Par exemple, il n’est pas rare que lors de longue session de jeu, vous finissez par craquer et sortir votre MP-40. La mission sera alors beaucoup plus rapide et tout le sel du jeu disparaîtra. Alors que certains éléments sont tellement plaisants, en particulier la killcam.

La killcam de Sniper Elite et le point fort du jeu. Elle a d’ailleurs fortement participé à la renommée de la série. Et encore aujourd’hui, cet élément est le plus réussi et satisfaisant du jeu. D’ailleurs, les développeurs ont ajouté de nouvelles zones de dégâts. Et pour les puristes ou ceux qui ne veulent pas choquer des enfants ne passant pas loin, il est possible de les désactiver ou de réduire fortement leur récurrence. Mais je vous le déconseille, rien ne vaut la killcam d’un double headshot avec une seule balle.

Autre point fort du jeu : la balistique. Cette dernière est très réaliste, si un tir a 50 m est facile, à 400m sans les aides, je vous assure que c’est un très gros défi. Pour autant, le jeu est adaptable, vous pouvez choisir d’en limiter ou même de supprimer le challenge. Qui plus est, un système de réticule se déclenche si vous vous concentrez. Cela rendra plus accessible le tir, puisque le réticule devient rouge lorsque le tir est mortel. Et ce qui m’a le plus impressionné c’est la gestion des débris de balle totalement intégrés. Lors de plusieurs parties, il est arrivé qu'un éclat de balle blesse un ennemi proche de la cible.

La technique, un point fort ?

N’ayant jamais eu le visage d’une démonstration graphique, la licence des Sniper Elite est toujours restée dans la moyenne. Et il faut l’avouer, cet épisode même en ultra ne casse pas trois pattes à un canard. Si certaines textures sont plutôt réussies comme les feuillages de certains arbres, d’autres sont franchement ratées. Les uniformes ont l’air d’être faits en caoutchouc tant il semble lisse et sans relief. Malgré tout, le titre reste au-dessus de la moyenne et l’ensemble conserve une certaine cohérence. Il faut aussi noter que le jeu est, et c’est de plus en plus rare en day one, stable et dénué de bug gênant l’expérience de jeu.

L’IA, quant à elle, possède un comportement assez varié en fonction de votre niveau de difficulté. En "facile", elle a tendance à être un peu trop « limité ». Il suffit de courir hors de la zone du combat et les dix cadavres trouvés n’inquiéteront plus personne. Alors qu’en "hardcore", préparez-vous à affronter Simo Häyhä (un tireur d’élite de la Seconde Guerre mondiale). Les ennemis vous repèrent très facilement, et tirent avec une vitesse et une précision inhumaine, mais choisissent une couverture déplorable ce qui vous permet d’en tuer plusieurs alignées très régulièrement. Seul le mode "difficile" semble proposer un défi équilibré, avec des ennemis suspicieux sans être totalement paranoïaque. Et bizarrement, les IA semblent plus intelligentes et surtout plus équilibrées, elles ne font pas d’erreur grossière comme en "hardcore".

Test de Sniper Elite 4  Test de Sniper Elite 4  Test de Sniper Elite 4

Un dernier mot sur le mutlijoueur

Attention, j’ai testé le multi sur une version non compatible avec le multi actuel. Je ne connais donc pas la fréquentation des serveurs, points noirs des itérations précédentes.

Le multi lui est plutôt agréable et possèdent deux modes de jeu assez différent en plus des classiques deathmatch. Dans "Roi de la distance", ce n’est pas le frag qui compte, mais la distance du tir. Le second lui repose sur la précision, les joueurs devront se tuer en étant séparés en deux zones, une pour chaque équipe, séparée par un no man’s land infranchissable. Ces deux modes sont assez rafraichissants dans le monde du jeu de tir.

7.0
Sniper Elite 4

Rambo en Italie
Sniper Elite 4 fait le travail sans être transcendant. En fait, vous êtes face à une remasterisation et un changement de contexte des deux derniers épisodes. Malgré tout, le jeu reste plaisant et agréable à jouer surtout si vous n’avez jamais joué à la série et que le jeu vous attire. Par contre, les habitués de la série préfèreront attendre une baisse de prix pour se lancer. Les DLC quant à eux sont clairement dispensables et auraient dû être intégrés au jeu de base.
Intérêt historique :Ici, l’Histoire n’a malheureusement pas la place qu’elle mérite. Elle sert plus de cadre de fond pour justifier nos actions. Cependant, on peut y apprendre des choses en particulier sur le missile guidé allemand Fritz X que j’ai découvert via le jeu.
  • +La killcam
  • +Les mondes ouverts
  • +Une difficulté personnalisable
  • +Une ambiance sniper agréable
  • -Les graphismes moyens
  • -Le contenu relativement faible pour le prix
  • -L’IA parfois trop imprévisible
  • -Des munitions en trop grand nombre

  • Calisaque Ancien membre d'HistoriaGames
  • "Les hommes de génie sont des météores destinés à brûler pour éclairer leur siècle.” Napoléon