Field of Glory II

9 octobre
2017
Info sur le jeu
PlateformePC Windows
Éditeur
  • Matrix Games
  • Slitherine Software
DéveloppeurByzantine Games
Date de sortieOctobre 2017

Développé par Byzantine Games (Sengoku Jidai : Shadow of the Shogun, Pike and Shot : Campaigns), Field of Glory II sera disponible le 12 octobre sur PC Windows. Nous avons pu essayer la version bêta de ce wargame tactique qui s'apprête à faire son retour 8 ans après le premier épisode de Slitherine.

Pour savoir ce qu’était Field of Glory II, j’ai pratiquement dû faire de l’archéologie vidéoludique. Après vérification, il s’avère que le titre et son aîné sorti en 2009 sont l’adaptation d’un jeu de plateau sorti en 2008. Ledit jeu de plateau permettait à deux joueurs de faire s’affronter deux armées d’hoplites et de légionnaires sur une table à coups de dés et de livres d’armées, dans le plus pur style Warhammer.

Eh bien le moins que l’on puisse dire, c’est que Field of Glory –le jeu vidéo- est une adaptation parfaite de Field of Glory –le jeu de plateau- : aucune différence si ce n’est qu’on ne peint pas soi-même ses petits soldat, ce qui vous épargnera la vue de triariis en armure rose fuchsia qui constitue un crime contre l’humanité de mon point de vue, mais je digresse.

Aucune différence donc, et c’est parfait : tout l’intérêt du titre, c’est la tactique avec un grand T, pas la tactique bordélique façon Total War mais celle qui se pense, qui s’anticipe, qui se murît lors de phases de réflexions beaucoup plus longues que les combats en soit.

Est-ce que mes scutarii espagnols peuvent encercler la phalange macédonienne et les faire paniquer suffisamment vite ? Est-ce que cette unité de javeliniers peut affaiblir le général ennemi sans se manger une grosse charge de cavalerie dans les gencives ? Est-ce que mon aile gauche en déroute ne risque pas d’entraîner la panique de mon centre ? Field of Glory II, en bon jeu de plateau (fût-il virtuel), ne pardonne aucune erreur. Comme de coutume pour ce genre de jeu, le vainqueur sera celui qui commettra le moins de bourdes dans le placement et le mouvement de ses unités pour émerger victorieux de la mêlée.

Preview de Field of Glory II

On repassera sur la traduction, après tout c’est une bêta.

Et avant tout, choisir une armée : Field of Glory II en dispose une quantité indécente. Et ce n’est pas faute de se restreindre pourtant, car le titre ne couvre « que » la période de la fin de l’âge du Fer jusqu’au Bas Empire, soit six siècles environ (-350 av. J.-C., 275 ap. J.-C.).

Grecs, Ibères, Colchidiens, Juifs, Indos-parthes, Parthes tout court, Cappadociens, Kouchans, les incontournables Romains, Bosphoriens, Bithyniens, Daces, Galates, Carthaginois, Thraces, Numides, j’en passe et des plus mûres, il y en a plus d’une cinquantaine (Byzantine Games pousse le vice jusqu’à différencier certaines armées selon la période : vous préférez vos Séleucides façon -300-206 av. J.-C., ou plutôt -166 -125 av. J.-C. ?). C’est du porno pour historien, sachant que chacune de ses entrées dispose de ses propres sélections d’unités. Tout ce qui entourait la Méditerranée à cette période de l’Histoire et qui disposait d’hommes en armes s’y trouve.

Avec quelques unités qui sont tout de même supposées cependant : exemple avec les Ombriens, un peuple italien qui n’a laissé que très peu de traces dans l’Histoire suite à l’hégémonie de Rome, ce qui fait que les développeurs ont été contraint de supposer quels types de soldats ils utilisaient (c’était la parenthèse emmerdante par l’archéologue de service), mais c’est tout à fait crédible.

Nonobstant l’éventuelle historicité de votre bataille (vous pouvez étriper du Dace avec des éléphants indiens, on s’en fout, vous avez payé), quoique les esthètes de la chose historique puisse se restreindre aux batailles authentiques ou au mode Campagne (un enchaînement de batailles célèbres), il ne reste qu’à choisir un terrain d’affrontement. Puis à se lancer : il va alors s’agir de recruter son armée à partir de la liste sélectionnée. Avec quelques restrictions toutefois, puisque pour éviter les combinaisons complètement pétées, il n’est évidemment pas possible de recruter 45 éléphants et de piétiner toute la carte. Les restrictions varient avec la liste d’armée et permettent malgré tout de se composer une force à son goût, chaque régiment coûtant un certain nombre de points, déduit du total. Oui, comme à Warhammer ou Warhammer Ancient Battles.

Preview de Field of Glory II

Ceci fait, il va falloir passer ensuite au déploiement dans votre aire de départ, sachant que certaines unités comme les cavaliers légers disposent de quelques cases supplémentaires en-dehors de celle-ci ; et que plus globalement le placement de vos soldats déterminera votre plan pour vaincre.

Ensuite, c’est à vous de déterminer chaque action intelligemment, sachant que le sort des armes va dépendre d’un grand nombre de facteurs différents, et c’est précisément là tout le sel de Field of Glory II : chaque unité dispose d’un certain nombre de points d’actions, nécessaire au positionnement de vos troupes, à leur retournement, pour effectuer une charge. Les troupes en position dans une forêt subiront un malus car le couvert forestier les rendra désorganisées ; celles disposées sur une colline auront un avantage pour charger les unités en contrebas.

Ensuite, vos soldats sont déterminés par leur type : infanterie moyenne, lourde, légère, cavalerie, machine de guerre. Par leur qualité, de faible à forte, qui déterminera leur efficacité au combat ; par leur niveau d’armure qui dicte leur survivabilité, et par leur aptitude. L’aptitude de l’unité, c’est ici ce qui détermine l’efficacité de vos soldats dans certaines situations.

Un exemple plus concret : un chariot celte possède l’aptitude épieu léger, qui lui permet d’avoir cinquante points d’avantage contre toutes les troupes. Ça signifie que ces chariots vont être plus efficaces en percutant l’ennemi, ce qui leur infligera plus de dégâts. Et ainsi de suite.

Preview de Field of Glory II

Allez les blancs !

De plus, le moral va avoir un rôle déterminant : une unité qui subit trop de pertes risque de voir baisser son niveau d’organisation, jusqu’à partir en déroute, ce qui la fait fuir le champ de bataille mais surtout qui fera paniquer les copains à côté. Cela sera pire encore avec l’unité du général (qui possède évidemment d’énormes bonus de combat en tant qu’unité d’élite, ainsi qu’un bonus de moral adjacent).

S’il vient à se faire empaler, les conséquences seront absolument catastrophiques, entraînant la déroute de ses troupes (mais bon, ne craignez pas trop de voir votre armée décapitée d’entrée : il faut vraiment mettre le paquet pour abattre un général).

En quelque sorte, c’est tout : vous ne gérez pas vraiment votre armée entre chaque bataille et il n’y a pas de volet de gestion, mais au fond, on s’en fiche : ça n’est pas l’intérêt du jeu. Lequel se trouve en fin de compte bien plus prenant qu’il n’en a l’air, malgré son aura de wargame pour gros barbus.

B+
Field of Glory II

Field of Glory, c’est du gros jeu de tactique qui tache. Le genre de jeu où un combat se détermine avant qu’il ait été engagé, par le positionnement de vos unités et le rapport de forces entre les soldats en présence. Et c’est bien, c’est tout ce qu’on lui demande. Hormis ça, le jeu est servi par une bande-son correcte et un moteur 3D tout à fait convenable (la 2D isométrique de 2009, ça aurait été un problème). Encore qu’on puisse reprocher à Slitherine le peu de variété des animations de personnages, qui, associée à la synchronisation étrange de ces dernières, donne parfois l’impression que vos 25 000 légionnaires romains sont en train de danser la Macarena.
Intérêt historique :Slitherine a fait du bon boulot sur ce coup, offrant un bon nombre de batailles antiques historiques et un roster ahurissant qui permet de découvrir des peuplades inconnues jusqu’ici dans le jeu vidéo. Rien à redire de particulier, car même les unités qui sont supposées restent cohérentes.
  • +Agréable à l’œil pour un wargame
  • +Très tactique
  • +Énorme variété d’armées et d’unités
  • +Très prenant...
  • -...malgré un tutoriel horriblement mal fichu.
  • -Animations un poil redondantes.
  • -L’objectif de chaque bataille reste de faire paniquer l’armée d’en face. On aurait apprécié plus de variété.

  • Cernunnos Testeur, Rédacteur
  • "Messieurs, c'est une plage privée! Je crois que nous dérangeons!" - Un officier britannique sur Sword Beach