Campagne d'Allemagne

Maréchal de l'Empire
Thématique
Période historique Guerres napoléoniennes

La situation pour l'Empereur est difficile. Les Russes avaient traversé le Niémen. Les Prussiens se préparaient à rentrer en guerre contre la France. Les Britanniques guettaient le sud de la France grâce à l'armée de Wellington. La confédération du Rhin se préparait à une révolte anti-napoléonienne. Bref, la France était assiégée de tout part.

Napoléon leva de nouvelles troupes essentiellement constituées de jeunes conscrits sans expérience appelé les « Marie-Louise ». Ce surnom vient de la seconde femme de l'Empereur, car c'est elle qui signa les décrets pour cette nouvelle conscription. Les es « Marie-Louise » partirent rejoindre le reste de la Grande Armée au début de l'année 1813. Pendant ce temps les Prussiens déclarèrent la guerre et réunirent 270 000 hommes.

Début printemps 1813, la campagne d'Allemagne commence ! La coalition comporte trois armées : l'Armée du Nord commandée par Bernadotte (ancien maréchal français passé chez les Suédois), l'armée de l'Allemagne Centrale commandée par le « vieux loup » Blücher et l'armée de Pologne avec à sa tête Bennigsen.

Lors des premiers affrontements, les conscrits étaient très braves au combat mais à cause de leur inexpérience, beaucoup tombèrent au combat dès les premières échauffourées.

Napoléon Bonaparte remporta deux victoires à Lützen (2 mai 1813) et à Bautzen (20-21 mai 1813) qui ne sont pas décisives pour autant, comme il l'avait espéré. Cependant les avantages procurés par ces deux victoires furent vite perdus par les défaites essuyés par les maréchaux de l'Empire.

Le 4 juin 1813 est signé un armistice entre la France et la Coalition, annonçant alors une courte trêve, qui dura environ un mois tout au plus. L'empereur décida cet armistice, car il manque en grande partie de cavalerie légère, très utile notamment pour la reconnaissance du terrain et pour permettre des manœuvres très rapides.

Le 10 août 1813, l'armistice prend fin. Dans le courant de ce même mois, sur la demande de la coalition, l'Autriche déclara la guerre à Napoléon.

À la fin de cette trêve, quatre armées sont contre l'Empire Français. Aux armées sus-cité vient s'ajouter l'armée de Bohême qui compte 200 000 hommes dirigée par Barclay De Tolly et le feld-maréchal Schwarzenberg.

Voyant que les efforts pour lutter contre Napoléon sur un champ de bataille sont nuls, les coalisées changèrent de stratégie et décidèrent d'attaquer les maréchaux de l'Empereur qui se sont montrés affaiblis en début de campagne.

Quand l'Empereur s'en mêle…

Alors que les Coalisés vainquent les maréchaux et généraux dans le nord et sud de l'Allemagne, Bonaparte réunit ses troupes à Dresde. Le corps de Gouvion de Saint-Cyr doit tenir tête aux troupes du général Schwarzenberg. Il était important pour l'empereur français que la ville de Dresde - capitale de la Saxe - ne tombe pas aux mains de la coalition. C'est pourquoi, il changea de stratégie. Au lieu de tenir les forces du général Autrichien entre ses troupes et celles de Gouvion, il décida d'attirer l'armée autrichienne au plus près des remparts de la ville pour lancer une contre-attaque qu'il espère fatale à son ennemi. La Grande Armée compte 100 000 hommes, tandis que la coalition en compte le double. Le maréchal Gouvion de Saint-Cyr fortifia les faubourgs de la capitale de la Saxe et attendit les assauts des alliées.

Dès le 26 août, au matin, les coalisés lancèrent des assauts sur les différents faubourgs et y remportèrent quelques succès tel que la prise de certains villages comme Löbtans et Plauen. Cependant Gouvion de Saint-Cyr  conserva ses positions.

Vers 10h, Napoléon arriva sur le champ de bataille. Du côté ennemi tous les dirigeants des factions opposés à Bonaparte étaient présents mais leurs opinions sur la stratégie à adopter étaient différentes. Le Tsar Alexandre Ier de Russie voulait se replier tandis que Frédéric-Guillaume III de Prusse ne voulait pas. En conséquence, ils prirent la décision de cesser les assauts mais leurs ordres ne parvinrent pas au front. Les Français reprirent une partie de ce qu'ils avaient perdu. De plus, ils réussirent à obliger Schwarzenberg de faire appel à sa réserve car ce dernier a failli avoir son centre culbuté.

Le lendemain matin, les Coalisés décidèrent, ensemble cette fois-ci,  de regrouper le gros de leur troupe sur leur centre et de laisser environ quelques 20 000 autrichiens sur leur flanc gauche et 25 000 russe sur leur flanc droit.

L'armée Française ouvre les hostilités en prenant les villages de Blasewitz, Seidnitz et Strehlen et le prince Joachim Murat  repoussa les troupes Autrichiennes sur la droite Française. Voyant que leur aile commençait à être tourné, mais également à cause d'un manque de ravitaillement, les Coalisés ordonnèrent le repli.

Ce fut une excellente victoire tactique remporté par l'Empereur mais il ne put exploiter d'avantage sa victoire du fait du manque de troupes. Les Français perdirent environ 10 000 hommes alors que les coalisés perdirent environ 38 000 hommes. Une brillante victoire pour l'Empire Français à un contre deux.

Repli ! Repli !

Napoléon décida de se retirer vers la ville de Leipzig où il pensa pouvoir contenir les ennemis. Il rassembla toutes ses forces comptabilisant près de 195 000 hommes. Celles-ci vont être opposées à une force de 330 000 hommes. Effectivement, les Coalisés ont pris le temps de réunir toute leurs forces pour venir à bout de l'Armée Française.

Dès le 16 octobre, la terrible de bataille de Leipzig commence. Dès le premier jour, les combats sont extrêmement meurtriers. La France comptait déjà 25 000 morts. Les Alliés furent renforcés par l'armée de Pologne, le nombre de soldat de la coalition monte à 400 000 contre 160 000 Français.

Les soldats Français se battirent avec une rage incroyable mettant par moment à mal les Coalisés mais le grand nombre de ces derniers vint évidemment changer très rapidement la balance.

Extrait du soldat Joseph Bertha du 6ème Léger qui relate cette bataille :

« Sur les collines, en avant de la rivière, deux ou trois divisions, leurs batteries dans les intervalles et la cavalerie sur les flancs, attendaient l'ennemi ; plus loin, par-dessus les pointes des baïonnettes, nous voyions les Prussiens, les Suédois et les Russes s'avancer en masses profondes de tous les côtés : cela n'en finissait plus. Vingt minutes après, nous arrivions en ligne, entre deux collines, et nous apercevions, devant nous, cinq ou six mille Prussiens qui traversaient la rivière en criant tous ensemble : « Faterland ! Faterland ! » Cela formait un tumulte immense, semblable à celui de ces nuées de corbeaux qui se réunissent pour gagner les pays du nord. Dans le même moment, la fusillade s'engagea d'une rive à l'autre, et le canon se mit à gronder. Le ravin où coule la Partha se remplit de fumée ; les Prussiens étaient déjà sur nous, que nous les voyions à peine avec leurs yeux furieux, leurs bouches tirées et leur air de bêtes sauvages. Alors nous ne poussâmes qu'un cri jusqu'au ciel : « Vive l'Empereur ! » et nous courûmes sur eux. La mêlée devint épouvantable ; en deux secondes nos baïonnettes se croisèrent par milliers : on se poussait, on reculait, on se lâchait des coups de fusil à bout portant, on s'assommait à coups de crosse, tous les rangs se confondaient… ceux qui tombaient on marchait dessus, la canonnade tonnait ; et la fumée qui se traînait sur cette eau sombre entre les collines, le sifflement des balles, le pétillement de la fusillade faisaient ressembler ce ravin à un four, où s'engouffraient les hommes comme des bûches pour être consumés. Nous, c'était le désespoir qui nous poussait, la rage de nous venger avant de mourir ;  […] leurs victoires de Gross-Beeren et de la Katzbach les avaient rendus comme fous. Mais il en resta dans la rivière… oui, il en resta ! Trois fois, ils passèrent l'eau et coururent sur nous en masse […] Nos canons les fauchaient, ils avançaient toujours ; mais en haut de la colline nous reprenions un nouvel élan et nous les bousculions jusque dans la rivière. Nous les aurions tous massacrés sans une de leurs batteries, en avant de Mockern, qui nous prenait en écharpe et nous empêchait de les poursuivre trop loin. Cela dura jusqu'à deux heures ; la moitié de nos officiers étaient hors de combat ; le commandant Gémeau était blessé, le colonel Lorain tué, et tout le long de la rivière on ne voyait que des morts entassés et des blessés qui se traînaient pour sortir de la bagarre ; quelques-uns, furieux, se relevaient sur les genoux pour donner encore un coup de baïonnette ou lâcher un dernier coup de fusil. On n'a jamais rien vu de pareil. »

Après ces deux jours de sanglants combats, l'armée française déplora 38 000 pertes tandis que les coalisés en perdirent 60 000. Soit presque 100 000 morts en deux jours !

Dès le 18 octobre l'Empereur ordonne le repli. Cette défaite pour la France marque la fin de cette campagne d'Allemagne, Napoléon revint avec tout juste 70 000 hommes en France, en laissant derrière lui de braves maréchaux et généraux tués ou capturés au combat.

Quant à la Coalition, celle-ci n'arrêta pas puisqu'elle envahira le territoire Français en 1813, la campagne de France approche...

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