Test de Steel Ocean

Par Witz

Info sur le jeu
PlateformePC Windows
ÉditeurChangyou.com Limited
DéveloppeurICE Entertainment
Date de sortieNovembre 2015
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Le jeu répondant au doux nom de Steel Ocean a été publié sur Steam le 12 novembre 2015, c'est-à-dire à peu près dans le même créneau que World of Warships. Les développeurs du jeu, ICE Games, n'ont sûrement pas choisi cette date par hasard : leur jeu est une copie conforme de World of Warships, et quand j'écris « conforme », c'est vraiment le même.

Steel Ocean est un jeu se déroulant durant la Seconde Guerre mondiale, où les joueurs peuvent s'affronter aux commandes des navires de ce conflit. On peut supposer que plusieurs fronts sont disponibles... car à l'heure du test, aucune indication spécifique sur l'origine des cartes n'était disponible.

Test de Steel Ocean

10. Le menu ressemble grandement à World of Warships.

Un concept sympathique gâché par un manque d'originalité

Steel Ocean part d'une bonne base : un jeu massivement multijoueur sur le modèle du freemium. Le joueur peut acheter des crédits pour se développer plus rapidement, et des navires sont disponibles à l'achat pour soutenir les développeurs du jeu. Le jeu prend place sur une carte maritime et les joueurs peuvent jouer des navires de plusieurs nations : Allemagne, États-Unis, Japon, Royaume-Uni, et quelques nations premium dont la France avec le fameux croiseur sous-marin Surcouf.

Par équipes de huit, les joueurs s'affrontent sur cette carte. Le but est de capturer la base adverse ou de détruire l'équipe adverse. La prise en main du jeu n'est pas très complexe si on a déjà joué à World of Warships... et pour cause : le menu en est une copie (presque) conforme ! Sans s'arrêter au menu, le jeu est en lui-même une copie de l'opus de Wargaming. Les arbres technologiques, les systèmes de recherche et les points d'expérience sont en tous points identiques.

Le gameplay est le même : faire une bataille, gagner des points d'expérience, débloquer des éléments du navire puis acheter le prochain. Les batailles sont classiques, le simple match à mort ne casse pas des briques et est souvent gâché par le tir ami très présent. Chaque navire de base a des torpilles qu'il peut tirer sans réelle logique, et les tirs amis ne sont pas sévèrement sanctionnés. Voulant essayer tous les aspects du jeu, j'ai revêtu l'habit du « joueur cancer » par excellence et j'ai balancé torpilles sur torpilles sur les alliés. Après en avoir coulé 3, j'ai quand même pu finir la partie avec un solde positif en crédits et en expérience...

Concernant la conduite de tir, le tout est gâché par un HUD plus que brouillon. Toutes les informations s'affichent au centre du viseur, et ce surplus d'indications ainsi que de logos (les trois types de plongée pour les sous-marins par exemple) gêne considérablement l'expérience de jeu. Ces informations sont aussi difficilement lisibles car trop petites, et en surépaisseur sur le paysage, le joueur peut très vite passer à côté.

Le tir est bien moins intuitif que sur World of Warships : il faut conserver le viseur sur une cible pour que les canons soient précis. Le joueur peut tirer (et toucher le navire adverse) lorsque tous les points ont été réunis en un cercle parfait. Les obus suivent alors une logique bien particulière puisque malgré le curseur placé sur le navire, ces derniers ont tendance à suivre une trajectoire tout à fait aléatoire. Pour les torpilles, le tir est un peu plus simple, mais reste compliqué : la trajectoire est indiquée par un simple trait.

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2. Les points doivent s'aligner et former un cercle concret pour que la précision soit au rendez-vous. - 3. Les graphismes sont moyens. L'eau a une texture peu réaliste. - 4. L'arbre technologique britannique. - 5. Le fameux Surcouf, à environ 90$.

Les sous-marins, une bonne idée... mal utilisée

L'idée vraiment intéressante de ce jeu est la présence des sous-marins. Leur absence dans World of Warships relève d'une stratégie de Wargaming mais aussi d'une difficulté d'adaptation au mode de jeu. Les développeurs de Steel Ocean ont essayé de résoudre ce problème. Les sous-marins sont bien présents dans les branches allemande, américaine et japonaise. J'ai pour ma part décidé d'essayer la branche allemande, qui démarre avec le tier II : le U-IIa.

Le sous-marin a bien sûr deux modes de jeu : en plongée et en surface. On ne peut qu'être surpris et admirer le niveau de développement de ce mode de jeu : il faut gérer notamment le niveau d'oxygène et donc faire surface un certain temps pour recharger. Dans le cas contraire, le sous-marin commence à perdre des points de vie et finit par couler. Lorsque j'ai décidé de plonger, j'ai été surpris de l'animation : après un certain délai, le sous-marin descend... comme une pierre à la verticale ! Je m'attendais à une descente plus graduelle... et surtout différents modes de plongée. Le mode de jeu en sous-marin ne diffère des autres navires qu'avec ce mode plongée. La façon de neutraliser un sous-marin est souvent de le forcer à rester en plongée quand il est détecté (et donc de le priver d'oxygène).

Autre innovation de ce jeu : certains navires possèdent des charges anti-sous-marins qu'ils peuvent déverser sur la dernière position connue de l'infortuné. Ces charges sont dévastatrices et peuvent très vite couler un sous-marin si ce dernier ne réagit pas.

La manœuvre du sous-marin est très lente. La rotation de l'engin est très peu réactive (est-ce le jeu ou le modèle du sous-marin?) et comme écrit plus haut, le joueur est assailli d'informations dans son HUD. Le niveau d'oxygène est très petit... ce qui est problématique quand il faut tout observer. Concernant son armement, les torpilles sont dévastatrices, mais très imprécises. Le sous-marin est donc une partie vitale du jeu qui lui permet de se différencier de World of Warships mais son imprécision est relativement mauvaise pour l'expérience de jeu.

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6. La torpille fait mouche. - 7. Le jeu en sous-marin apporte un peu d'air frais. - 8. Le niveau d'oxygène du submersible est visible à gauche du réticule. - 9. La physique du jeu laisse à désirer.

En conclusion

Steel Ocean est une copie conforme de World of Warships : même menu, même présentation du port, même concept. Les graphismes sont bien moins beaux et bien moins fluides. Le jeu développe une stratégie de freemium, le joueur pouvant acheter des navires avec des euros. Mais ces prix sont beaucoup plus élevés que chez Wargaming : pour exemple, le Surcouf français coûte la bagatelle d'environ 90$ (les navires premiums n'ont pas été essayés dans cet article, je ne peux donc pas m'exprimer sur leur rentabilité).

Un des gros points noirs de ce jeu est l'absence de serveurs européens : seul un serveur nord-américain est disponible. Durant mes essais, je tournais sur un ping d'environ 140ms alors qu'en Europe je suis davantage sur un ping de 30ms. Cette non-fluidité du jeu fait que les tirs sont le plus souvent décalés et qu'il faut anticiper bien davantage la trajectoire des navires adverses.

Le système de tir brouillon gâche aussi le plaisir de jeu : beaucoup trop d'informations s'affichent à l'écran. Le joueur ne sait plus où donner de la tête et ce dès les premiers tiers. L'absence de tutoriel valable (et encore, le tutoriel est bugué assez souvent) lâche le joueur dans un océan d'informations et de doutes ce qui peut gâcher la découverte de ce jeu.

Test de Steel Ocean

10. Le tutoriel est étrange, l'utilisation de figures dessinées y contribue.

3.0
Steel Ocean

Contrefaçon chinoise
Steel Ocean ne vaut pas ses quelques gigas à télécharger. Le jeu n'est pas très complet et les parties très longues à trouver. De plus, les graphismes ne sont pas adaptés à l'époque, et des animations maladroites font presque penser à un jeu mobile. Ce jeu est donc une déception comparé à son rival World of Warships et la présence des sous-marins ne permet pas de relever vraiment le niveau.
Intérêt historique :Le jeu présente uniquement des navires ayant servi durant la Seconde Guerre mondiale. La modélisation est très correcte, mais ne compense pas les tares du jeu.
  • +Les sous-marins.
  • +La diversité des arbres technologiques.
  • +Convient pour les ordinateurs les plus anciens.
  • -Pas de serveur européen.
  • -Une communauté quasi-inexistante.
  • -Un jeu mal finalisé.

  • Witz Chroniqueur, Historien
  • « L'important n'est pas ce que l'on supporte, mais la manière de le supporter » Sénèque

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