Europa Universalis IV : El Dorado

Zglub
Thématique
20 mars
2015
Info sur le jeu
Plateforme
  • PC Windows
  • Mac OS X
  • Linux
ÉditeurParadox Interactive
DéveloppeurParadox Development Studio
Date de sortieFévrier 2015

Fidèle à son habitude, Paradox Interactive nous livre à nouveau un add-on pour l'un de ses titres-phares. Après Conquest of Paradise, Wealth of Nations, Res Publica et Art of War, voici El Dorado, qui comme son nom le laisse supposer, s'intéresse surtout aux Amériques, en apportant cependant quelques améliorations notables au jeu de base. Alors, ce DLC est-il réellement l'El Dorado ?

Vous ne savez quelle nation choisir ? Pas de problème, créez la vôtre...

L'une des principales nouveautés de l'addon est la possibilité de créer la nation que l'on va diriger au cours des siècles. Les habitués de jeux de Paradox Interactive verront immédiatement le parallèle avec le Ruler Designer de Crusader Kigns 2. Ici, il vous faudra dans un premier temps choisir la province qui va accueillir la capitale de votre nation. Vous pourrez ensuite ajouter d'autres provinces à votre territoire, mais ce n'est pas obligatoire. Tout dépend du défi que vous voulez relever (débuter avec une seule province, puis croître pour devenir un puissant royaume, ou débuter avec un territoire plus conséquent et devenir le maître sur un continent, voire sur le monde...).

Une fois le territoire délimité, vous pourrez alors confectionner son drapeau (choix des couleurs, des motifs…), ainsi que le nom de la nation (Royaume de Porto, République d'Artois,…), la seule limite étant votre degré d'inspiration. Il sera également possible de définir le type de gouvernement (monarchie, république,…), sa culture principale, sa religion et son groupe technologique.

Vous pourrez ensuite choisir le nom du dirigeant bien-aimé de votre peuple ainsi que son âge. Bien entendu, libre à vous de choisir le sexe du chef suprême. Vous disposerez alors d'un certain nombre de points, que vous pourrez dépenser pour personnaliser les composants de votre pays. Le joueur pourra ainsi attribuer des points à son dirigeant dans ses trois domaines de compétences, à savoir l'administration, la diplomatie et le domaine militaire. Vous pourrez faire de même pour l'héritier du dirigeant, et pourquoi pas créer un monarque compétent dans tous les domaines, et son héritier complètement inapte, histoire de pimenter la partie lorsque décèdera le souverain en titre... Ou bien un dirigeant jeune mais complètement débile, avec un héritier très doué, qui devra corriger les erreurs (pour rester poli) de son prédécesseur.

Enfin, vous pourrez choisir l'évolution technologique de votre nation, en choisissant ses doctrines de bases, ses idées nationales, ainsi que le niveau de ces différentes composantes choisies. Bien entendu, toujours en respectant le budget alloué au départ.

Bref, si la durée de vie du jeu était déjà conséquente au départ, cette option lui apporte une durée de vie quasi-illimitée tant les possibilités de départ sont nombreuses et variées.

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Maya con dios….

El Dorado apporte également trois nouvelles religions, consacrées aux peuplades d'Amérique Latine.

La première de ces religions est la religion Nahuatl, suivie notamment par les Aztèques. La principale caractéristique de cette religion est la crainte de l'Apocalypse. Chaque nation suivant cette religion dispose d'une valeur d'apocalypse, qui augmente annuellement en fonction du nombre de provinces possédées par la nation. Et plus cette valeur d'apocalypse augmente, plus élevé sera le coût de la technologie des idées nationales. Si cette valeur atteint 100, le dirigeant et son héritier sont sacrifiés (certains diront que c'était le bon temps…), et un nouveau dirigeant apparaît. De plus, les états assujettis reprendront directement leur indépendance (les ingrats…).

Comme si cela ne suffisait pas, les nations soumises à la religion Nahuatl disposent d'un casus belli particulier : la Guerre des Fleurs. Derrière ce nom poétique, se cache en fait un moyen gratuit de déclarer la guerre à leurs voisins. Bon, en termes de relations de bon voisinage, c'est limite, mais chaque bataille remportée et chaque province conquise à l'aide de ce casus belli fait baisser la valeur d'Apocalypse.

Pour enlever cette épée de Damoclès qu'est l'Apocalypse, il est possible de promulguer des réformes à cette religion, non sans quelques effets négatifs, cependant….

Les Mayas (non, je ne parle pas d'abeilles) sont dans une certaine mesure similaires aux Nahuatl. Il s'agit de peuplades visant à étendre leur territoire, et donc enclin à déclarer la guerre facilement. Même si ils ne sont pas soumis à l'Apocalypse, les Mayas seront amenés à un moment ou à un autre à réformer leur religion. Les Mayas auront tout intérêt à conclure rapidement des alliances avec un ou plusieurs nations voisines, dans le but d'assurer leur survie dans un premier temps, et de glaner une ou deux provinces au passage.

Bien entendu, les progrès technologique sont plus longs que pour les nations européennes, et ils auront accès à moins de centres de commerces au départ (un maximum, et encore, si il n'est pas trop éloigné).

La religion Inti, quant à elle, est plus fondée sur le maintien de l'autorité. Plus la nation a de provinces, plus son autorité va augmenter. Et réciproquement... Et plus la valeur d'autorité est élevée, moins cher cela coutera pour augmenter la stabilité. Bien entendu, il y en aura toujours qui trouveront que rien ne va dans cette nation et tenteront de se révolter, avec comme conséquence une baisse de l'autorité (en plus de la baisse de stabilité, et qui dit moins d'autorité, dit coût plus élevé pour augmenter la stabilité...).

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L'exploration sans risques (ou presque)

Une autre nouveauté est la possibilité offerte aux flottes accompagnées d'un explorateur d'accomplir une mission d'exploration. Cette mission consiste à explorer (sans blague ???) des zones maritimes ou côtières bien définies, sans toutefois subir d'attrition. Bien entendu, les zones terrestres voisines des zones côtières seront également découvertes, ainsi que les peuplades locales. Mais attention, découvertes ne veut pas dire automatiquement colonisée. Il faudra toujours y envoyer un colon (accompagné de troupes, et éventuellement d'un conquistador pour poursuivre l'exploration terrestre). Les missions d'exploration ont l'avantage de faciliter la vie du joueur, en lui permettant de découvrir les zones maritimes sans subir de pertes. Libre à lui alors de décider ce qu'il fera des terres nouvellement découvertes.

À noter qu'il est également possible, pour les nations possédant un niveau diplomatique suffisamment élevé, d'obtenir une mission d'exploration consistant à faire le tour de la terre, avec d'importants bonus à la clé, du moins pour le premier à l'accomplir.

Les sept cités d'or

Non, je ne parle pas du dessin animé, mais plutôt d'une nouvelle option disponible pour une armée dirigée par un conquistador sur le Nouveau-Monde. L'activation de cette option fera que le conquistador va automatiquement explorer les alentours, et éventuellement combattre les autochtones. Des événements propres à cette mission pourront ainsi apparaître, dont les mystérieuses cités d'or (et les plantureux revenus qui en découlent...).

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La chasse au trésor

Ici non plus je ne parle pas du jeu télévisé des années 80, mais bien d'un nouveau système de transfert d'or mis en place. Dans les faits, les colonies qui produisent de l'or ne vont plus l'envoyer quotidiennement à leur nation mère, mais stocker l'or produit, jusqu'à atteindre un certain montant. Une fois ce montant atteint, la colonie va envoyer une flotte chargée du précieux métal vers le vieux continent. Mais cela risque d'attirer la convoitise des pirates (les méchants) ou de vos corsaires (là, ils sont moins méchants sur le coup, puisqu'ils vous rendront une partie du butin, en principe). Evidemment, pour éviter les pirates, les flottes peuvent maintenant se voir assigner comme mission la chasse aux pirates.

Le Pape à dit...

A l'époque des grandes découvertes, il existait un traité, le Traité de Tordesillas, qui partageait les colonies du nouveau monde entre l'Espagne et le Portugal. Afin de simuler ce traité, le jeu intègre un mécanisme qui octroie, à la première nation catholique qui crée une colonie, un bonus qui accélère la colonisation pour cette nation dans cette région, et réduit la colonisation par d'autres nations dans cette même région.

9.0
Europa Universalis IV : El Dorado

Sans être vraiment indispensable, El Dorado intègre des mécanismes forts sympathiques, et permet au joueur de coller au plus près avec la réalité historique. Et si l'envie de réécrire l'histoire vous passe par la tête, l'éditeur de nation personnalisée vous permettra de réaliser vos rêves les plus fous. Il est toutefois regrettable que Paradox Interactive poursuive cette politique qui consiste à multiplier les extensions, ce qui entraîne finalement un achat bien supérieur au jeu de base. Pourquoi ne pas attendre un peu avant de sortir un jeu, aussi bon soit-il, mais qui intègrerait les deux tiers, voire les trois quarts des extensions qui seraient proposées par la suite ?
Intérêt historique :Clairement, cette extension prolonge une durée du vie déjà conséquente, et affine un peu plus les options offertes au joueur pour coller au plus près de l’Histoire telle qu’elle s’est déroulée. Les missions d’exploration, la conquête de nouveaux territoires, l’enrichissement des puissances coloniales (et l’envie suscitée chez leurs voisins un peu moins riches...), tous les éléments sont réunis pour nous faire passer de longues heures dans la peau d’un monarque avide de pouvoir et d’argent, dont le but ultime sera de posséder des territoires sur les cinq continents... ou simplement d’espérer avoir sa part du gâteau suite à la découverte du Nouveau-Monde...
  • +L’éditeur de nation personnalisée
  • +La possibilité de jouer les nations d’Amérique latine de façon un peu plus approfondie
  • +L’exploration légèrement facilitée par les missions d’exploration
  • +Les pistes pour découvrir les cités d’or
  • -Le prix (15€)
  • -La politique de Paradox Interactive en matière de DLC
  • -L’absence d’un manuel lié à cette extension

  • Zglub Le Wargamer belge, Ancien membre d'HistoriaGames
  • "La guerre! C'est une chose trop grave pour la confier à des militaires." G. Clémenceau