Troisième Croisade

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Période historique Croisades
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La troisième commence en 1189, mais les événements qui la fit naître ont commencé beaucoup plus tôt. En effet, en 1171, Saladin, alors lieutenant de Nur al-Din Mahmud, abolit le califat fatimide d'Égypte en le rattachant au califat abbasside, fondant ainsi la dynastie des Ayyoubides, censée unifier les musulmans de Syrie et d’Égypte sous une seule autorité. En 1174, Nur al-Din Mahmud perdit la vie. Dès lors, Saladin, investi par le calife de l'Égypte et de Syrie, ne cessa d'animer le djihad contre les Francs.

Le 4 juillet 1187 a lieu la bataille de Hattin durant laquelle les troupes du roi de Jérusalem, Guy de Lusignan, sont battues par celles de Saladin. Quatre jours après, Saladin s'empare de Saint-Jean-d'Acre. Le 2 octobre 1187, il prend Jérusalem et reconquiert une partie de la Palestine, mis à part Tyr, Tripoli et Antioche

Enfin, en 1188, le pape Grégoire VIII appelle à la croisade : l'empereur Frédéric Barberousse, le roi de France Philippe Auguste et le roi d'Angleterre Richard Coeur de Lion. Les grands dirigeants de l'époque prennent la croix et ainsi débute la troisième Croisade.

L'empereur germanique Frédéric Barberousse quitte Ratisbonne le 11 mai 1189, traverse le royaume de Hongrie, passe par Constantinople pour se rendre en Anatolie. En Asie Mineure, le vieux sultan turc Kılıç Arslan II, ennemi de Saladin, laisse passer l'armée germanique. Son fils aîné n'étant pas de cet avis, le place sous sa tutelle et attaque aussitôt l’armée de Frédéric Barberousse à Iconium (Konya dans le sud de la Turquie actuelle). L'armée germanique s'en sort vainqueur en mai 1190. Elle continue sa route et arrive en Cilicie, mais Frédéric Barberousse se noie en traversant le Saleph, le 10 juin 1190. Son armée se dispersent immédiatement après sa mort. S'en est déjà fini de la campagne germanique.

En ce qui concerne les Français et les Anglais. Ils choisissent de ne pas partir immédiatement puisque Philippe Auguste et l'actuel roi d'Angleterre, Henri II, sont occupés à se faire la guerre. Ce dernier meurt le 6 juillet 1189, et son fils Richard Cœur de Lion lui succède. Il reprend la promesse de croisade de son père. Le 4 juillet 1190, Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion, désormais allié mais se méfiant l'un de l'autre, partent de Vézelay. Chacun des camps prend un chemin différent, Philippe s’embarquant à Gênes et Richard à Marseille.

Après une halte à Messine, en Sicile, Philippe Auguste reprend la mer le 30 mars 1191 et arrive en vue de la côte palestinienne le 20 avril. De son côté, Richard Cœur de Lion part le 10 avril, mais une tempête déroute sa flotte sur Chypre. Cette île, gouvernée par l'empereur usurpateur de Chypre, Isaac Doukas Comnène, dont la politique, hostile aux croisés, le conduit à informer Saladin des mouvements de la croisade. Richard en profite alors pour prendre Chypre, le 21 mai. Il embarque de nouveau et arrive à Acre le 7 juin.

Depuis août 1189, Acre est assiégé par Guy de Lusignan. L'arrivée des croisés permit de reprendre la cité le 12 juillet 1191. Sachant politiquement qu'il ne peut se permettre de laisser le royaume de France sans roi, Philippe Auguste annonce son départ vers l’Europe, laissant Richard Coeur de Lion la charge de poursuivre la Croisade seul. Celui-ci fait exécuter tous les défenseurs musulmans d'Acre attisant un peu plus la colère des Arabes et de Saladin, juste alors plutôt conciliant dans les négociations.

Richard et son allié le grand maître de l'ordre du Temple, Robert de Sablé entreprennent alors la reconquête du littoral palestinien entre Acre et Ascalon. Le 7 septembre 1191, Saladin subit une lourde défaite à Arsouf, marquant le retour de la suprématie militaire des Francs.

En 1192, Guy de Lusignan est en charge du royaume de Chypre. Début août 1192, Saladin subit une nouvelle défaite à Jaffa et perd la ville mais Richard Coeur de Lion ne parvient pas à atteindre Jérusalem. Le 2 septembre 1192, le roi d'Angleterre est obligé de conclure un accord avec Saladin. Il s'agit d'une trêve de 3 ans pendant lesquels les chrétiens auront la liberté de pèlerinage à Jérusalem. Saladin leur concède également un territoire côtier entre Tyr et Jaffa. Satisfait, Richard quitte la Terre sainte le 9 octobre pour revenir en Occident.

En 1193, Saladin meurt et son empire est partagé entre ses fils et son frère Al-Adel. Les fils se font directement la guerre et Al-Adel en sort vainqueur, se rendant maître de l’empire ayyoubide. Al-Adel considère que le Jihad n’a plus de raison d’être, après la prise de Jérusalem, il pratique une politique de paix avec les Francs, nouant même des relations avec la République de Venise.

  • Aymdef El Présidente, Rédacteur en chef, Testeur, Chroniqueur, Historien Email | Twitter
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