Bataille de Wagram

Maréchal de l'Empire
Thématique
Période historique Guerres napoléoniennes
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Grâce au Prince Eugène de Beauharnais, l'archiduc Jean fut repoussé à Raab, empêchant ce dernier de fusionner ses unités avec celles de son frère. Napoléon félicita Eugène de sa victoire et la surnomma "La petite-fille de Marengo". Après quoi, Napoléon exécuta son plan, celui de traverser le Danube pour cette fois-ci remporter la Victoire décisive tant attendue sur les Autrichiens.

Une revanche ?

Suite à la bataille d'Essling, Napoléon a fait replier sa Grande Armée sur l'île Lobau. Du moins une moitié d'armée car, l'autre est toujours en Espagne. Bonaparte pensait bon de retraverser une nouvelle fois le Danube. Mais il s'y prépara mieux que le 21 mai 1809. Dès le début du mois de juin, les ingénieurs et pontonniers se mirent à la tâche de construire de nouveaux ponts bien plus solides et mobiles que les précédents, et fait de l'île Lobau, une île fortifiée servant également pour le ravitaillement. On y trouve alors des troupes, des munitions et du ravitaillement.

L'archiduc Charles se doutait que Napoléon repasserait par les villages d'Aspern et Essling, mais il ne défendra aucune de ces positions car, il sait qu'il serait sous le feu des batteries de l'île Lobau. Il positionna son armée derrière la Russbach et au niveau des villages de Deutsch-Wagram (centre français), Süsssenbrunn (côté gauche français) et Markgrafneusiedl (côté droit français). Le 4 juillet 1809, une tempête eut lieu, masquant ainsi la traversée du Danube par la Grande Armée grâce à des ponts mobiles.

Le 5 juillet à 9h00 du matin, l'avant-garde de la Grande Armée se trouve non loin de la plaine de Marchfeld. C'est alors que l'Empereur des Français se rend compte que l'archiduc Charles n'est pas au niveau d'Essling et Aspern. C’est alors qu’il ordonne à ses troupes de se positionner au pied du plateau de Wagram. Le maréchal Masséna tient la gauche française (blessé, il dirige les opérations depuis sa calèche), Davout sur le flanc droit, Bernadotte et Eugène (qui put apporter ses forces après avoir vaincu l'archiduc Jean à Raab, ce dernier ne se trouve d’ailleurs qu'à 40 km de Wagram) au centre.

En début de soirée (19h00) la quasi-totalité de l'armée Française a passé le Danube. Bonaparte ordonne alors une attaque sur le centre autrichien dans le but de couper l'armée de Charles en deux. Les troupes Italiennes d'Eugène - dont beaucoup sont des conscrits - confondent les uniformes autrichiens avec ceux des saxons de Bernadotte. C'est ainsi que les troupes françaises se font feux sur elles-mêmes. L'attaque est vite abandonnée.


Bataille de Wagram, 5 Juillet 1809
Bataille de Wagram, 5 Juillet 1809
Les attaques françaises sur la ligne de Russbach le soir du premier jour de la bataille
Carte par Alexandru Demian (2011) Wikimedia Commons

Les Autrichiens anticipent...

Napoléon décida d'attaquer la droite ennemie, soit le plateau de Russbach. L'ordre fût donné à Davout de déborder la gauche autrichienne. En même temps, il réunit une réserve prête à intervenir au meilleur moment de la bataille. Charles loin d'être bête, savait que si Napoléon lançait de nouveau une attaque, ses troupes ne pourraient tenir et seraient vite culbutées. Il ordonna donc une attaque sur les ailes et une sur le centre, celle-ci ayant pour but de faire diversion.

Le 6 juillet à 4h00 du matin, les Autrichiens attaquent les ailes françaises. Sur la droite se trouve Davout prêt à l’assaut, et qui contient largement les Autrichiens au point de contre-attaquer. Cependant Bernadotte doit se replier car ses Saxons prennent peur et perdent le village d’Akerdlaa. Masséna, menacé, est contraint de se replier en direction du Nord.

…mais vont trop vite !

Napoléon, pour stopper la progression autrichienne sur le flanc gauche français, réunit une centaine de canons et fit feu sur les colonnes ennemies. Puis, la charge de cavaliers français vint arrêter le corps d'armée de Kallowrat. Le général Klenau - toujours en train de percer la gauche française - tomba nez à nez avec une division française, les combats s'engagèrent mais il était exposé au canon de l'île Lobau.

Masséna, qui s'était replié, revint à la charge sur la gauche du général Klenau, ce qui aura pour effet de stopper la percée des Autrichiens sur le flanc gauche français. Ces derniers ont envoyé la plupart de leurs troupes dans le combat et les Français ont encore des unités en arrière.

A droite, Davout monte à l'assaut du village de Markgrafneusiedl, malgré un feu soutenu de l'artillerie autrichienne, les troupes françaises arrivent sur le plateau de Wagram.

Ah Mcdonald...

Bonaparte, voyant que la gauche autrichienne était enfoncée, lança une attaque générale sur le centre autrichien commandé par le général de division Mcdonald. Ce dernier ordonna de former un carré de 8000 hommes (soit des côtés de 1 km). Ce gigantesque carré enfonça les troupes autrichiennes soutenues par de la réserve dont les hussards commandés par le général Lassalle qui perdit la vie dans la charge. L'artillerie autrichienne fît feu sur ce grand carré mais l'artillerie française qui était sur plusieurs km fît feu et en 30 minutes elle fît taire les canons autrichiens.

Ne voyant pas arriver les troupes de son frère, Charles ordonne l'ordre de repli en direction de la Bohême. L'armée autrichienne est coupée en deux. Les Autrichiens qui se trouvaient sur la gauche française se sont repliés.

Napoléon vainc l'avant-garde Autrichienne à Znaïm, conduisant quelques temps plus tard à un nouvel armistice.

Le 7 juillet, l'armée de l'archiduc Jean arrive mais il est bien en retard et ne peut changer le court de la bataille. Sans la victoire d'Eugène de Beauharnais à Raab, Charles aurait pu fusionner ses troupes avec celles de son frère, mais en vain...

Par la suite le général de division McDonald devint Maréchal pour ses exploits accomplis sur le champ de bataille.

Wagram fût une bataille spectaculaire et particulièrement meurtrière mais aussi riche en stratégie, car l'archiduc Charles a réussi à anticiper certains mouvements de l'Empereur. Et à la différence des autres grandes batailles, Bonaparte perdit, tout comme les Autrichiens, de nombreux soldats et généraux/maréchaux irremplaçables (tel que Lannes et Lassalle). A travers cette bataille, les ennemis de la France savaient en partie les erreurs à ne plus commettre comme précédemment et tomber bêtement dans des pièges qui les ont perdus il y a quelques années...

Forces en présence et pertes humaines

Forces françaises : 160 000 hommes | Pertes : 37 000 victimes

Forces autrichiennes : 140 000 hommes | Pertes : 41 700 victimes

25ème Bulletin de la Grande Armée au sujet de la victoire de Wagram

[source : Projet Gutenberg]

« Wolfersdorf, 8 juillet 1809.

[...] Vivement effrayé des progrès de l'armée française et des grands résultats qu'elle obtenait presque sans effort, l'ennemi fit marcher presque toutes ses troupes, et à six heures du soir, il occupa la position suivante : sa droite, de Stadelau à Gerardorf ; son centre, de Gerardorf à Wagram, et sa gauche, de Wagram à Neusiedel. L'armée française avait sa gauche à Gros-Aspern, son centre à Raschdorf, et sa droite à Gluzendorf. Dans cette position, la journée paraissait presque finie, et il fallait s'attendre à avoir le lendemain une grande bataille ; mais on l'évitait et on, coupait la position de l'ennemi en l'empêchant de ne concevoir aucun système, si dans la nuit on s'emparait du village de Wagram. Alors sa ligne, déjà immense, prise à la hâte et par les chances du combat, laissait errer les différents corps de l'armée sans ordre et sans direction, et on en aurait eu bon marché sans engagement sérieux. L'attaque de Wagram eut lieu, nos troupes emportèrent ce village; mais une colonne de Saxons et une colonne de Français se prirent dans l'obscurité pour des troupes ennemies, et cette opération fut manquée.

On se prépara alors à la bataille de Wagram. Il paraît que les dispositions du général français et du général autrichien furent inverses. L’Empereur passa toute la nuit à rassembler ses forces sur son centre, où il était de sa personne, à une portée de canon de Wagram. A cet effet, le duc de Rivoli se porta sur la gauche d’Aderklaa, en laissant sur Aspern une seule division, qui eut ordre de se replier en cas d’événement sur l’île Lobau. Le duc d’Auerstaedt recevait l’ordre de dépasser le village de Grosshofen pour s’approcher du centre. Le général autrichien, au contraire, affaiblissait son centre pour garnir et augmenter ses extrémités, auxquelles il donnait une nouvelle étendue.

Le 6, à la pointe du jour, le prince de Ponte-Corvo occupa la gauche, ayant en seconde ligne le duc de Rivoli. Le Vice-Roi le liait au centre, où le corps du comte Oudinot, celui du duc de Raguse, ceux de la garde impériale et les divisions de cuirassiers formaient sept ou huit lignes.

Le duc d’Auerstaedt marcha de la droite pour arriver au centre. L’ennemi, au contraire, mettait le corps de Bellegarde en marche sur Stadelau. Les corps de Kollowrat, de Liechtenstein et de Hiller liaient cette droite à la position de Wagram, où était le prince de Hohenzollern, et à l’extrémité de la gauche à Neusiedel, où débouchait le corps de Rosenberg pour déborder également le duc d’Auerstaedt. Le corps de Rosenberg et celui du duc d’Auerstaedt, faisant un mouvement inverse, se rencontrèrent aux premiers rayons du soleil et donnèrent le signal de la bataille.

L’Empereur se porta aussitôt sur ce point, fit renforcer le duc d’Auerstaedt par la division de cuirassiers du duc de Padoue, et fit prendre le corps de Rosenberg en flanc par une batterie de douze pièces de la division du général comte de Nansouty. En moins de trois quarts d’heure, le beau corps du duc d’Auerstaedt eut fait raison du corps de Rosenberg, le culbuta et le rejeta au-delà de Neusiedel, après lui avoir fait beaucoup de mal.

Pendant ce temps, la canonnade s’engageait sur toute la ligne, et les dispositions de l’ennemi se développaient de moment en moment. Toute sa gauche se garnissait d’artillerie. On eût dit que le général autrichien ne se battait pas pour la victoire, mais qu’il n’avait en vue que le moyen d’en profiter. Cette disposition de l’ennemi paraissait si insensée que l’on craignait quelque piège, et que l’Empereur différa quelque temps avant d’ordonner les faciles dispositions qu’il avait à faire pour annuler celles de l’ennemi et les lui rendre funestes. Il ordonna au duc de Rivoli de faire une attaque sur le village qu’occupait l’ennemi, et qui pressait un peu l’extrémité du centre de l’armée. Il ordonna au duc d’Auerstaedt de tourner la position de Neusiedel et de pousser de là sur Wagram, et il fit tourner en colonnes le duc de Raguse et le général Macdonald pour enlever Wagram au moment où déboucherait le duc d’Auerstaedt.

Sur ces entrefaites, on vint prévenir que l’ennemi attaquait avec fureur le village qu’avait enlevé le duc de Rivoli, que notre gauche était débordée de 3.000 toises, qu’une vive canonnade se faisait déjà entendre à Aspern, et que l’intervalle d’Aspern à Wagram paraissait couvert d’une immense ligne d’artillerie. Il n’y eut plus à douter. L’ennemi commettait une énorme faute ; il ne s’agissait que d’en profiter. L’Empereur ordonna sur-le-champ au général Macdonald de disposer les divisions Broussier et Lamarque en colonnes d’attaque. Il les fit soutenir par la division du général Nansouty, par la garde à cheval et par une batterie de 60 pièces de la garde et de 40 pièces des différents corps. Le général comte de Lauriston, à la tête de cette batterie de 100 pièces d’artillerie, marcha au trot à l’ennemi, s’avança sans tirer jusqu’à la demi-portée du canon, et là commença un feu prodigieux qui éteignit celui de l’ennemi et porta la mort dans ses rangs. Le général Macdonald marcha alors au pas de charge. Le général de division Reille, avec la brigade de fusiliers et de tirailleurs de la garde, soutenait le général Macdonald. La garde avait fait un changement de front pour rendre cette attaque infaillible. Dans un clin d’œil, le centre de l’ennemi perdit une lieue de terrain, sa droite épouvantée sentit le danger de la position où elle s’était placée, et rétrograda en grande hâte. Le duc de Rivoli l’attaqua alors en tête. Pendant que la déroute du centre portait la consternation et forçait les mouvements de la droite de l’ennemi, sa gauche était attaquée et débordée par le duc d’Auerstaedt, qui avait enlevé Neusiedel et qui, étant monté sur le plateau, marchait sur Wagram. La division Broussier et la division Gudin se sont couvertes de gloire.

Il n’était alors que dix heures du matin, et les hommes les moins clairvoyants voyaient que la journée était décidée et que la victoire était à nous.

A midi, le comte Oudinot marcha sur Wagram pour aider à l’attaque du duc d’Auerstaedt. Il y réussit et enleva cette importante position. Dès dix heures, l’ennemi ne se battait plus que pour sa retraite ; dès midi, elle était prononcée et se faisait en désordre ; et, beaucoup avant la nuit, l’ennemi était hors de vue. Notre gauche était placée à Ledlersee et Ebersdorf, notre centre sur Obersdorf, et la cavalerie de notre droite avait des postes jusqu’à Schoenkirchen.

Le 7, à la pointe du jour, l'armée était en mouvement et marchait sur Kornenbourg et Wolkersdorf, et avait des postes sur Nicolsbourg. L'ennemi, coupé de la Hongrie et de la Moravie, se trouvait acculé du côté de la Bohême.

Tel est le récit de la bataille de Wagram, bataille décisive et à jamais célèbre, où 3 à 400.000 hommes, douze à quinze cents pièces de canon, se battaient pour de grands intérêts sur un champ de bataille étudié, médité, fortifié par l’ennemi depuis plusieurs mois. Dix drapeaux, quarante pièces de canon, 20.000 prisonniers, dont 3 ou 400 officiers et bon nombre de généraux, de colonels et de majors, sont les trophées de cette victoire. Les champs de bataille sont couverts de morts, parmi lesquels on trouve les corps de plusieurs généraux, et entre autre d’un nommé Normann, Français, traître à sa patrie, qui avait prostitué ses talents contre elle.

Tous les blessés de l'ennemi sont tombés en notre pouvoir. Ceux qu'il avait évacués au commencement de l'action, ont été trouvés dans les villages environnants. On peut calculer que le résultat de cette bataille sera de réduire l'armée autrichienne à moins de soixante mille hommes.

Notre perte a été considérable : on l'évalue à quinze cents hommes tués et à trois ou quatre mille blessés. Le duc d'Istrie, au moment où il disposait l'attaque de la cavalerie, a eu son cheval emporté d'un coup de canon ; le boulet est tombé sur sa selle, et lui a fait une légère contusion à la cuisse.

Le général de division Lasalle a été tué d'une balle. C'était un officier du plus grand mérite et l'un de nos meilleurs généraux de cavalerie légère.

Le général bavarois de Wrede, et les généraux Seras, Grenier, Vignolle, Sahuc, Frère et Defrance ont été blessés.

Le colonel prince Aldobrandini a été frappé au bras par une balle. Les majors de la garde Daumesnil et Corbineau et le colonel Sainte-Croix, ont aussi été blessés. L'adjudant-commandant Duprat a été tué. Le colonel du neuvième d'infanterie de ligne est resté sur le champ de bataille. Ce régiment s'est couvert de gloire. [...] »

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  • "Ce qui ne me tue pas me rend plus fort." Alexandre III le Grand
  • "Du sublime au ridicule, il n'y a qu'un pas." Napoléon Bonaparte