World of Warships

Roi de Dreamland
15 octobre
2015
Info sur le jeu
PlateformePC Windows
ÉditeurWargaming.net
DéveloppeurWargaming.net
Date de sortieSeptembre 2015

Après s’être lancé avec succès dans le free to play massivement multijoueur grâce à World of Tanks, le studio de développement russe Wargaming avait connu un revers en exportant son modèle aux combats aériens. World of Warplanes, il faut bien le reconnaître, était un jeu plutôt moyen qui ne nous avait pas laissé un grand souvenir et qui se révélait incapable de tenir une seule seconde la comparaison avec l’éternel rival War Thunder.

Le rival confiait justement encore récemment qu’il y aurait un long moment avant que les navires ne soient disponibles dans son jeu. L’occasion est ainsi belle pour Wargaming de prendre sa revanche, d’une part en sortant le volet naval en avance, bénéficiant ainsi d’une sorte de monopole de fait, et d’autre part en faisant oublier la mauvaise impression laissée par World of Warplanes. Alors, pari réussi ? Découvrons-le à travers ce test.

Une base solide et connue...

En revenant à la charge sur les mers et en portant sa recette aux navires, Wargaming entend compléter la sainte trinité Terre, Air, Mer qui est aussi convoitée par War Thunder. Le studio russe ne s’y trompe pas. Fort d’une grande expérience dans le domaine, il reprend la base solide que constitue World of Tanks et la transforme à la sauce navale.

Ainsi, qu’il s’agisse de l’ergonomie des menus ou de la disposition des différentes informations disponible à l’écran, le joueur familiarisé à cette interface depuis WoT s’y retrouvera immédiatement. Un bon point, bien que le jeu et son interface ne soient pas très complexes en soit. Cette pluvalue reste très appréciable dans la mesure où elle offre un premier contact agréable avec le jeu. Ainsi, lancer le jeu la première fois tout en sachant directement où aller est plutôt une bonne chose et épargne au joueur une phase de découverte, qu’elle soit excitante ou non.

Hormis ces informations concernant la clarté de l’interface et le fait que Wargaming ait repris des éléments de WoT (ce à quoi l’on pouvait s’attendre), il s’agit également de parler du contenu pur de ce World of Warships. A l’heure où je rédige ce test, le jeu compte deux factions entièrement jouables : USA et Japon. Quelques navires premium russes, anglais et allemands sont également disponibles, bien que la totalité de l’arbre de ces trois nations n’ait pas encore été ajoutée. Petit bémol à mon sens, j’aurais apprécié que la flotte britannique soit incorporée en première dans le jeu, dans le sens où elle partage encore la suprématie navale avec les Etats-Unis à cette époque. Or, la priorité a été donnée au théâtre d’opérations du Pacifique. Dommage.

À l'occasion de ce test, j’ai pu tester la totalité des navires du jeu, à l’exception des allemands et des britanniques.

...Mais un gameplay partiellement renouvellé

Visuellement, World of Warships est beau, sans être fantastique. Ainsi, on se situe dans le domaine du correct pour ce qui est des graphismes, le but affiché étant clairement de pouvoir faire tourner le jeu sur un maximum de configurations. Un grand soin a notamment été apporté à la modélisation des navires et le rendu est dans l’ensemble plutôt bon. L’inverse aurait été décevant.

Pour ce qui est des cartes, il est difficile d’apporter une appréciation dans la mesure où le jeu se situe sur mer. On aura donc une carte sans le moindre îlot, appelée « Océan », et des cartes avec des îles et îlots disposés de différentes façons. Une chose est certaine en tout cas, le sujet du jeu ne permet pas aux créateurs de cartes de laisser exprimer leur pleine créativité. Ainsi, « Océan » renvoi le joueur à l’essence même de la bataille navale. Sans aucun obstacle, on repère l’ennemi et on le canarde sans retenue. Pour les cartes avec des îles en revanche, une légère dimension stratégique s’impose dans la mesure où chaque bande de terre peut servir d’abri à votre navire ou à ceux d’en face. Il faudra donc prendre garde dans ses manœuvres sous peine de faire de mauvaises rencontres. Globalement, le fait que le jeu se déroule sur les mers donne une impression de déjà-vu à chaque bataille. Très vite, le décor semble répétitif.

En revanche, la mécanique de repérage, souvent pointée du doigt sur WoT, fonctionne ici assez bien et votre portée de vue se limite à un rayon définit qui peut être augmenté par l’utilisation d’avions d’observation, déblocables sur certains navires. Chaque navire dispose en effet de différents modules qu’il peut débloquer en vue de s’améliorer. De meilleures tourelles, de meilleurs canons, une meilleure coque ou un meilleur moteur…toutes ces choses sont remplaçables et améliorables comme c’était le cas dans WoT. Des consommables sont aussi achetables pour améliorer vos navires. Vous pourrez les payer avec des crédits (gagnables en jeu) ou des doublons (monnaie payante) tandis que les modules se débloqueront avec l’expérience acquise. Là encore, rien de bien nouveau comparé à WoT.

En fait, c’est dans le jeu en lui-même que les quelques véritables nouveautés se retrouvent. Dans son style, World of Warships reste placé dans la droite lignée de Wargaming, c’est-à-dire orienté très arcade. Mais attention, là où le côté arcade de WoT donnait l’impression de manier des chars comme l’on manie des voiturettes Majorette, celui de World of Warships ne saurait donner le même effet ou la même impression. En effet, dès les premières batailles, le joueur aura tôt fait de se rendre compte qu’on ne manie pas un destroyer comme un cuirassé, de la même façon qu’un 36 tonnes ne se manœuvre par aussi bien qu’une Twingo.

Ainsi, l’inertie propre au navire a très bien été retranscrite dans le jeu, ce qui constitue un véritable point positif. En tant que commandant de votre bâtiment, vous devrez anticiper les manœuvres à réaliser car celles-ci mettent un certain temps à se réaliser. L’esquive de torpille sera notamment problématique pour le joueur inattentif ou qui réagira trop tard. En fait, le côté arcade de World of Warships se retrouve davantage dans le système de tir des tourelles ou dans le côté « point de structure » des navires qui encaissent des dégâts selon leurs capacités en PV. Le résultat final est plutôt plaisant à jouer, le jeu étant dynamique et accessible.

Une multitude de façons de jouer

Le véritable bon point à décerner à Wargaming concerne selon moi les différentes catégories de navires présentes dans World of Warships. Alors oui, les puristes crieront au scandale quant à la distinction entre les croiseurs lourds et légers qui n’est pas faite dans le jeu, mais au fond ce n’est vraiment pas très grave.

Au total, le jeu comporte des arbres de navires divisés en quatre catégories qui se jouent chacune de façon fort différentes. Le véritable point positif, le voici donc : dans World of Tanks il était fréquent de voir certains joueurs jouer les chars légers de reconnaissance comme des chasseurs de chars et cela était d’autant plus frustrant que ces joueurs n’employant « pas correctement » leurs chars pouvaient tout de même réussir de bonnes parties, malgré le fait qu’ils pénalisaient l’équipe entière. Dans WoW, tout ceci est du passé. Si vous jouez votre navire comme un pied et selon un style de combat pour lequel il n’a pas été conçu, non seulement vous pénaliserez votre équipe, mais en plus vous vous ferez laminer. Vous avez donc tout intérêt à vous renseigner sur les différents usages des navires de combat selon leur catégorie et à jouer la carte du jeu en équipe. Puisque chez HistoriaGames on est sympas, je vais vous présenter sommairement dans ce test les différentes catégories présentes ingame :

  • Le destroyer. C’est le navire le plus léger, et par conséquent souvent le moins armé et résistant. Il compense ses manques par une rapidité et une manœuvrabilité supérieure à celle des navires plus lourd. Il est donc idéal pour lancer des torpilles ou faire des frappes d’opportunité mais supportera très mal d’encaisser une bordée d’un cuirassé.
  • Le cuirassé. C’est le navire le plus lourd, le mieux armé, et donc le plus résistant. Toutefois, c’est aussi la catégorie la plus lente et la moins manœuvrable avec les porte-avions. Un cuirassé isolé peut ainsi facilement être pris pour cible par l’aviation ou par des torpilles.
  • Le croiseur. C’est un navire qui allie une bonne durabilité à une manœuvrabilité correcte. Comme son nom l’indique, il est au croisement entre la solidité et la rapidité. Aussi, c’est une bonne alternative et un bon compromis pour les joueurs voulant découvrir le jeu.
  • Le porte avion. C’est un peu « l’artillerie de World of Warships » dans le sens où comme c’était le cas pour les artilleries automotrices dans WoT, il se joue d’une façon différente des trois précédentes catégories. Le porte-avions se joue ainsi en vue aérienne. Vous pouvez le déplacer et envoyer vos escadrilles de chasseurs ou de bombardiers soutenir l’équipe sur la carte là où le besoin s’en fait ressentir. Le gameplay du porte-avions est donc bien plus stratégique que ceux des autres catégories, d’autant plus que le navire est vulnérable aux attaques. Attention à toujours rester bien à l’abri dans les lignes.

Ces quatre catégories se jouent chacune d’une façon très différente, et c’est ce qui à mon sens fait la vraie richesse de ce World of Warships. Mieux encore, cette variété de gameplay proposé vient réduire le côté redondant des cartes qui se ressemblent toutes. Le joueur peut faire le choix de se spécialiser dans une catégorie qu’il affectionnera tout particulièrement, ou à l’inverse toucher un peu à tous les répertoires. En jeu, l’action est immédiate et le plaisir ne tarde pas à venir. Les ingrédients sont simples et maitrisés. Wargaming les connait et sait les manier.

Toutefois, le jeu est assez vite répétitif. Malgré tous ses efforts, Wargaming ne parvient pas à faire disparaître la répétitivité des cartes et des parties. Comme dans WoT, les batailles se succèdent et se ressemblent et ce n’est pas l’extrême ressemblance des cartes qui arrange les choses. Les quatre catégories de navires et les gameplay différents qu’elles offrent empêchent de vite se lasser, mais à moyen ou long terme, ce risque semble inévitable.

En conclusion, ce World of Warships parvient à faire bien mieux que son prédécesseur consacré à l’aviation tout en apportant de réelles nouveautés par rapport à World of Tanks dans le gameplay. Non, ce n’est pas qu’un WoT avec des bateaux, et le soin apporté à la modélisation rend le jeu agréable. Le côté nerveux et arcade du jeu en fait un titre qui se prend très vite en main. Toutefois, l’extrême ressemblance des cartes et des parties, en dépit du gameplay variés selon votre classe, fait que la lassitude gagnera vite le joueur exigeant. Malgré cela, World of Warships reste un jeu gratuit d’accès. De fait, si le joueur s’en lasse, il lui suffit d’y jouer moins fréquemment ou de passer à un autre jeu sans avoir de regrets.

PS : Je ne comptais pas parler de ce point dans le test, mais alors que j’étais en jeu pour prendre des screenshots pour la réalisation de ce test, un abruti profond au pseudo de « Raskeria » m’a teamkill sous prétexte que j’avais un compte presse. Aussi, le point que je vais soulever dans ce post scriptum, avec une liberté de ton plus importante que celle que j’ai adoptée dans le reste du test, concerne la communauté des joueurs que l’on retrouve sur WoT ou sur WoW. La mentalité est dans l’ensemble déplorable, et c’est un autre point qui pourra vous conduire à vous lasser rapidement d’un jeu qui, en soit n’est pas mauvais. Qu’on se comprenne bien, Wargaming n’y est pour rien et n’est en rien responsable du comportement déplorable et de la mentalité pitoyable de quelques joueurs. Toujours est-il que ce genre d’attitude ruine le jeu et le plaisir d’y jouer. Et ça, c’est fort dommage.

7.0
World of Warships

Ce World of Warships parvient à faire bien mieux que son prédécesseur consacré à l’aviation tout en apportant de réelles nouveautés par rapport à World of Tanks dans le gameplay. Non, ce n’est pas qu’un WoT avec des bateaux, et le soin apporté à la modélisation rend le jeu agréable. Le côté nerveux et arcade du jeu en fait un titre qui se prend très vite en main. Toutefois, l’extrême ressemblance des cartes et des parties, en dépit du gameplay variés selon votre classe, fait que la lassitude gagnera vite le joueur exigeant. Malgré cela, World of Warships reste un jeu gratuit d’accès. De fait, si le joueur s’en lasse, il lui suffit d’y jouer moins fréquemment ou de passer à un autre jeu sans avoir de regrets.
Intérêt historique :
  • +Grand nombre de navires
  • +Bien modélisés
  • +Un gameplay qui varie vraiment selon les classes
  • +L’inertie des navires
  • -Difficile de faire des cartes très variées
  • -Un sentiment de lassitude et de répétition qui vient vite
  • -La Royal Navy qui, pour le moment, brille par son absence
  • -Une partie de la communauté des joueurs, irrespectueuse et immature (MERCI A TOI RASKERIA)

  • Zog Chroniqueur, Historien, Testeur, Youtubeur
  • « Une Europe fédérée est indispensable à la sécurité et à la paix du monde libre. » par Jean Monnet en 1952