Stronghold : Kingdoms

Thématique
Moyen-âge
4 septembre
2017
Info sur le jeu
Plateforme
  • iOS
  • Android
ÉditeurFirefly Studios
DéveloppeurFirefly Studios
Date de sortieAoût 2017

Vous devez certainement connaître cet étrange sentiment d’incompréhension mêlée de pitié que l’on éprouve parfois, en voyant un acteur ou un vieux chanteur jouer dans des téléfilms de troisième zone ou des émissions de télé-réalité abrutissantes pour tenter de rester sous le feu des projecteurs –ou d’y revenir-.

Eh bien, c’est un peu ce que m’a inspiré Stronghold : Kingdoms. En 2001, lors de la bonne époque où le jeu de stratégie était roi, Stronghold paradait avec les Age of Empires et autres Command & Conquer, en tant que premier représentant de son genre : la stratégie en temps réel qui demande au joueur de gérer la construction et l’entretien d’une forteresse médiévale.

Le titre et son successeur, Stronghold Crusader, ont fait un carton et ont été salués par la critique. Et ainsi de suite, jusqu’à ce que la série se mange un platane dans les gencives avec Stronghold Legends, puis un autre, définitif cette fois, avec un Stronghold 3 pourri par des problèmes de pathfinding, d’IA et de bugs qui achevaient un jeu déjà moyen.

Depuis l’échec retentissant du dernier en 2011, on n’a pas revu Stronghold, si ce n’est pour éditer des versions HD de ses anciens titres sur Steam, et pour un Stronghold Crusader II relativement convenable qui sauve les meubles.

Voici donc Stronghold Kingdoms, lancé sur Android, longtemps après sa version iOS et PC.

Test de Stronghold : Kingdoms

Cinq tentes en peaux de bêtes et une grange : voilà le début de la vraie puissance.

Le jeu se présente sous la forme d’une copie carbone de Stronghold premier du nom : on vous file un lopin de terre pour votre motte castrale, un autre pour le village ou vos serfs vont trimer dur à votre gloire, et c’est à vous de faire tourner la machine.

Comme avant, au village il faudra ériger des masures pour abriter plus de paysans, les nourrir avec des pommeraies, et placer carrières & camps de bûcherons aux endroits où le rendement sera maximal.

Les ressources extraites iront dans l’entrepôt pour vous permettre d’ériger plus de bâtiments, de faire des recherches dans un arbre divisé en plusieurs branches (artisanat, armée, agriculture et éducation) :

Test de Stronghold : Kingdoms

L’autre grande malédiction de ce genre de F2P, la traduction torchée à la truelle.

Et surtout, de construire votre forteresse. Sur cet écran-là, rien de surprenant non plus : c’est à vous de placer les palissades, les remparts, les tours, créneaux, bâtiments militaires divers et variés, afin d’en faire un fort inexpugnable qui pourra résister aux attaques des autres joueurs.

Le jeu étant une déclinaison mobile de la version PC, vous pourrez choisir l’emplacement de votre fief sur la carte du monde du serveur où vous êtes.

Test de Stronghold : Kingdoms

Inutile d’espérer jouer au baron auvergnat, l’Europe est bien évidemment surpeuplée et donc impossible d’accès, de même que le Moyen-Orient. Moi, j’ai dû aller construire ma forteresse médiévale en Guyane.

Et, free-to-play et jeu mobile exigent, le jeu est bien évidemment doté d’un magasin, d’achats en jeu, d’un système de quêtes sans intérêt (ça ne raconte aucune histoire, juste une suite d’objectifs de productions) et de cartes bonus qui améliorent votre production.

Bon. Et donc ? Eh bien, rien. Stronghold Kingdoms ne fait jamais soulever un sourcil. Ce système de « points d’honneur » et de base à construire pour la faire résister aux assauts des autres joueurs, oui ça marche et oui Stronghold s’y prête particulièrement bien, mais ça n’est jamais que le 450e jeu mobile à le faire.

Le système de banquets qui permet de maintenir sa population suffisamment contente pour qu’elle trime dur –comprendre, qu’elle ait un bonus permanent de production-, ça marche aussi mais c’est du vu et revu.

Ajoutez à ça que l’interface froide et toute soviétique n’aide pas à s’immerger dans l’univers du jeu, surtout qu’elle est surchargée d’icônes.

Quant aux graphismes, ils visent visiblement à rendre hommage à la 2D isométrique du jeu original. Sauf que c’est laid, très très laid, et pas des plus fluides quand de trop nombreuses unités sont affichées à l’écran.

4.0
Stronghold Kingdoms

Stronghold Kingdoms n’est pas mauvais dans son gameplay, mais dans sa finition et son enrobage à la sauce Free-to-play miteux cherchant à essorer la licence jusqu’au bout. Le principe du jeu se prête bien à celui d’un F2P mobile, mais pas son apparence ni ses contrôles. Il a pourtant fort bien marché... sur PC, où ses joueurs se compteraient en millions. Sans doute oui, vu que cette version est plus complète que celle des mobiles –quelques options de personnalisation en plus, entre autres-. Mais sur un smartphone, disons-le sans ambages : ça n’a pas grand intérêt. Si vous voulez jouer à Stronghold, il ne coûte que quelques euros sur Steam et vous vous amuserez plus.
Intérêt historique :Jeu médiéval, châteaux fort et tout le bordel, mais bon, pas de quête, pas d'histoire et des châteaux forts en Afrique du sud ou en Argentine, bon... point de vue histoire on a vu mieux
  • +Autant dans les unités militaires que les bâtiments ou les recherches, le jeu ne manque pas de contenu.
  • +L’aspect multijoueur recouvrant l’ensemble de la planète.
  • +C’est une bonne adaptation du vieux Stronghold, il ne manque presque rien.
  • -C’est laid.
  • -Interface peu ergonomique ET laide.
  • -Rien d’original : la formule F2P-base à défendre- bonus achetables en jeu, c’est à oublier au fond d’un cachot humide et infesté de puces, merci.

  • Cernunnos Testeur, Rédacteur
  • "Messieurs, c'est une plage privée! Je crois que nous dérangeons!" - Un officier britannique sur Sword Beach