Red Dead Redemption 2 : La Chevauchée fantastique

Maréchal de l'Empire
Thématique
Western
11 décembre
2018
Info sur le jeu
Plateforme
  • PlaySTation 4
  • Xbox One
ÉditeurRockstar Studios
DéveloppeurRockstar Studios
Date de sortieOctobre 2018

À la fin du XIXème siècle, le Nouveau Monde est marqué par la progression rapide de la civilisation de l’Est sur les territoires sauvages de l’Ouest. On y voit apparaître progressivement une administration et de grandes villes sur ces territoires qui 50 à 100 ans auparavant, n’étaient même pas imaginables.

L’époque des grands pionniers des territoires inconnus est terminée. Les grandes bandes de hors-la-loi sont traquées et détruites par les autorités qui veulent imposer leur justice et la « civilisation ». C’est précisément à ce moment de l’Histoire que le studio de Rockstar Games nous plonge, et plus particulièrement dans l’une de ces bandes qui doit faire face à la traque acharnée des autorités.

La Bande à Dutch Van Der Linde

Il y a évidemment une continuité entre le précédent opus de la série et celui-ci. La manière dont le studio a amené cette série de jeu se fait à l’envers. Dans Red Dead Redemption, le cœur du scénario reposait sur le personnage qui est Dutch Van Der Linde. On ne le voyait que peu de temps, mais il composait l’ensemble de notre Histoire, car notre protagoniste : John Marston – ancien membre de la bande qui s’est fait arrêter - doit le retrouver et l’arrêter pour le compte des forces de l’ordre.

Red Dead Redemption 2 nous plonge plusieurs années auparavant, lors du déclin de cette bande. Et cette fois-ci nous retrouvons Dutch à la tête de ladite bande, ce qui nous permet d’en apprendre plus sur lui et le groupe.

Test de Red Dead Redemption 2

Arthur Morgan, un gentil garçon ?

Dès le début du jeu, nous nous retrouvons en pleine tempête de neige dans les montagnes, fuyant désespérément la Pinkerton (une agence de détectives) suite à un casse raté dans la ville de Black Water. Toutes les autorités de l’État de New Austin sont à la traque de cette bande qui sévit depuis des dizaines d’années et dont de nombreuses têtes sont mises à prix, dont Dutch, Hosea ou Arthur Morgan.

Arthur Morgan est le personnage que vous incarnerez tout au long de cette aventure. Alors qu’il était orphelin et enfant plutôt turbulent, il a été recueilli par Dutch et Hosea (le second chef de cette bande) et élevé par ces deux derniers. C’est ainsi qu’il intégra le groupe et fut formé à la vie de hors-la-loi dès son plus jeune âge. Durant toute cette période de sa vie, il a noué des liens particulièrement importants avec les deux patrons de la bande et réciproquement.

Arthur est le profil type du « fellow » badass. Une sacrée gueule marquée par le temps, des qualités de combattant hors pair, rodé aux techniques de survie en milieu hostile, courageux, mais pourtant bête. Une des grandes forces du studio repose dans l’écriture et dans la manière dont ils font ressortir les personnages par leurs caractères. Malgré ces caractéristiques rustiques, Arthur Morgan fait parfois preuve de naïveté dans les dialogues avec d’autres personnages, notamment quant à l’élaboration de certains plans pour attaquer tels ou tels endroits. Il a tendance à y aller sans trop réfléchir et en ne se posant que des questions à la fin, lorsque c’est trop tard. Pourtant, ce raisonnement va évoluer tout au long du jeu.

Notre personnage est quelqu’un de franc qui n’hésite pas à dire ce qu’il pense. Pourtant c’est aussi une personne qui ne saisit pas le second degré. Quand divers personnages tentent des allusions, des blagues, Morgan ne comprend pas sur le coup et prend la chose au premier degré. Nous même, en tant que joueur, nous retrouvons surpris par la réaction d’Arthur, par ses réponses ou ses incompréhensions. Pourtant, c’est là toute la force de l’écriture de Rockstar Games. Bien qu’il nous faut un personnage doué en combat pour le gameplay, ils compensent cet aspect de machine de guerre par un comportement terriblement humain. Cela apporte une touche réaliste à notre protagoniste où nous nous retrouvons nous même à réagir pour lui quand parfois il ne comprend pas ce qu’on lui dit et quand il se fait rouler.

Sur ce point-là, la profondeur de notre personnage est très bien travaillée.

Test de Red Dead Redemption 2
Test de Red Dead Redemption 2  Test de Red Dead Redemption 2

Une bande sur le déclin ? Dutch : leader ou manipulateur ?

Le deuxième personnage que nous remarquerons est Dutch Van Der Linde, le leader de cette bande. Si vous êtes un fan de la première heure alors, enfin, vous allez être ravi d’en savoir plus sur cet homme que nous traquions dans le premier jeu.

Beaucoup aiment à penser que Dutch est un leader charismatique aux idées nobles de liberté. Pourtant je ne peux m’empêcher d’y voir un manipulateur hors norme.

Chaque membre de la bande est considéré comme un enfant, un fils/une fille de Dutch. Il en prend soin, le conseille et l’aiguille. Pourtant vous verrez qu’au fil du jeu, l’ensemble des personnages (du moins en grande partie) ont été recueillis par Dutch dans des moments difficiles de leurs vies.

De cette manière, la bande voue une loyauté sans faille à son leader. Pourtant le jeu nous propose de vivre le déclin de ce groupe et donc de ce leader. Après le coup raté de Black Water, nombreux sont les protagonistes qui se posent des questions sur un enchaînement de casses ratés. La Pinkerton étant sur les talons de la bande de Dutch, celui-ci est amené à prendre des décisions rapides et efficaces qui doivent sauver le groupe des griffes de la « civilisation de l’Est », mais rien ne se passe comme prévu.

Les membres et même Arthur Morgan en viennent à se poser des questions. Suivre aveuglément est-il réellement la solution adéquate pour leur survie ? Pour le savoir, il faut y jouer.

Test de Red Dead Redemption 2
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Gameplay : La bande est à la fois tout et rien

Comme vous l’aurez compris, le groupe est un élément central de Red Dead Redemption 2. Tout au long du jeu vous vous déplacez avec vos différents camarades et établissez des camps dans les différentes zones de l’État que vous traversez.

Vous avez donc la possibilité de vous balader à travers celui-ci et interagir avec l’ensemble des personnes composant ce groupe. En dehors des quêtes principales, certains personnages vous proposeront des activités assez variées : pêche, chasse, braquage de diligence, aller voler des maisons, les accompagner en ville ou encore de vous détendre autour du feu en chantant, jouant au poker ou au jeu du couteau.

Pendant ces activités annexes vous aurez la possibilité de discuter avec eux et d’en apprendre plus sur ce qui les a amené à devenir hors-la-loi, leur ancienne vie et bien d’autres choses encore. Nous y retrouverons John Marston, Abigaïl (sa femme), Jack (son fils), Hosea, Lenny, Pearson (le cuisinier de la bande) et bien d’autres.

Vous devrez aussi aider le camp à prospérer. Il existe diverses tâches à effectuer pour permettre une meilleure survie à la bande. Vous pouvez aller chasser pour ramener de la nourriture et des peaux, contribuer au pot commun du camp pour y améliorer différents chariots comme celui des munitions ou des médicaments (permettant de débloquer des éléments de soins ou des cartouches spéciales sans devoir les confectionner...).

Pourtant, bien qu’il règne cette omniprésence du groupe, on peut passer totalement à côté. Bien que vous puissiez aider/parler aux autres membres, rien ne vous y force et cela n’impactera quasiment pas l’Histoire principale. Vous pouvez très bien ne faire que les quêtes principales et délaisser les quêtes annexes et les améliorations du camp. Cela ne changera rien, et c’est là tout le problème. Au fond, le jeu porte sur l’histoire de cette bande et les liens qu’elle renferme, mais pourtant vous pouvez les négliger.

On a alors la sensation de jouer inutilement, car que vous effectuiez ou non ces activités en dehors des quêtes principales ne change rien.

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Les éléments de base du gameplay

Concernant le gameplay, nous disposons de trois jauges nommées « noyaux ». Les deux premières concernent votre vie et votre énergie, il va falloir en prendre soin. Plusieurs critères sont à retenir comme le fait de manger. Toutefois cela peut avoir des inconvénients : si vous mangez trop ou pas assez, vous serez alors en surpoids ou en sous-poids. Cela affectera votre vie par la diminution de votre maximum de PV et de votre capacité à récupérer ou à utiliser votre énergie sur un effort de courte durée comme un sprint.

De la même manière, les habits que vous portez selon les régions vont être importants. Il vous faudra donc choisir convenablement les bons vêtements pour n’avoir ni trop chaud ni trop froid.

Pour vous maintenir en bonne santé, il vous faudra également contrôler vos stocks de nourriture (boites de conserve achetées en magasin, viandes acquises en chasse et j’en passe) afin de ne pas être en rade. Il faudra aussi avoir sous la main des fortifiants ou des toniques qui vous permettront de vous sauver la mise lors des phases de tirs particulièrement intenses.

Le troisième noyau concerne votre « sang-froid » aussi appelé le « Dead eye » dans Red Dead Revolver et Red Dead Redemption. Cette aptitude vous permet de ralentir le temps lors des phases de combats pour pouvoir glisser des tirs particulièrement précis et vous dépatouiller de situations extrêmes. De la même manière que pour l’énergie ou la vie, le fait de boire, de manger certains aliments vous restaurera cette jauge. Le simple fait de faire des « kill » efficaces comme un headshot permettra aussi de la remplir.

Toutefois attention à ce que vous prenez comme boissons ou aliments. Par exemple, le fait de s’enquiller un bon bourbon dérobé à une diligence vous fera perdre un peu d’énergie/vie mais augmentera votre jauge de « sang-froid », idem pour les cigarettes.

Sur GTA V chaque niveau de compétence de nos personnages pouvait s’améliorer à force de courir, conduire, être en apnée. Et bien de la même manière nous débloquerons des niveaux d’énergie, de vie, de sang-froid permettant de tenir plus longtemps un sprint prolongé, ralentir le temps...

Il existe deux autres noyaux liés à votre cheval. Tout au long de votre aventure, vous pourrez apprivoiser (ou acheter) votre cheval et établir des liens avec celui-ci en le caressant, le brossant, lui donnant à manger et en passant du temps avec lui.

Il sera votre meilleur ami pour vous déplacer dans ce monde immense qu’est celui de Red Dead Redemption 2. Tout comme votre hygiène de vie, vous devrez prendre soin de lui au risque de le voir périr dans certaines situations. Ces deux noyaux concernent son endurance et sa vie, vous pourrez lui donner des aliments comme des carottes ou des fortifiants pour lui permettre de vous suivre dans vos plus belles chevauchées. Mais attention, nul cheval n’est éternel, car vos compagnons de route peuvent périr à la suite d’une mauvaise chute, d’une balle dans la tête... Parfois (dans un réalisme impressionnant) ils agoniseront... Votre choix : Abréger ses souffrances ou lui donner un médicament pour lui permettre de se porter mieux. Mais s’il vous manque le produit miracle, alors votre animal quittera ce monde.

Vous serez alors bien embêté pour vous déplacer, car si vous trouvez une nouvelle monture, il ne faudra pas oublier de récupérer votre selle sur le cheval mort.

Quoi qu’il en soit et malgré ce petit aparté sur la vie et la mort de votre cheval, développer des liens avec celui-ci permettra d’améliorer au cours du temps leur rapidité et leur endurance.

Par exemple, lorsque vous croisez un cheval dans le jeu, vous pouvez voir ses statistiques sur une échelle de 1 à 10. Et vous verrez quel est son potentiel d’amélioration dans les deux caractéristiques clés. À vous de faire le bon choix !

Et quant à nous ? Vous avez la possibilité de prendre soin de vous avec un petit bain pour vous décrasser après quelques journées à combattre dans la boue. Ceci étant, cela laissera place à des séquences de gameplay inutiles comme vous nettoyer la jambe gauche...

Et puis d’autres activités comme se raser, se couper les cheveux, se soûler dans un bar et perdre de l’argent dans les casinos adéquats, bref rien de révolutionnaire.

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L’environnement et la vie dans Red Dead Redemption 2 : Le diable se cache dans le détail

Plusieurs États n’attendent que vous pour être découverts ! Passez des montagnes enneigées aux berges de la ville de Saint-Denis. Le level design est particulièrement soigné et majestueux.

Les développeurs ont trouvé un excellent équilibre entre la possibilité de se mouvoir dans un environnement qui est gigantesque sans pour autant en faire un simulateur de randonnée comme sur Arma 3.

Le monde regorge de vie sauvage. Lorsque vous vous déplacerez, vous aurez la possibilité de chasser ou de pêcher à n’importe quel moment. Vous serez amené à voir beaucoup de gibiers autour de vous. On y retrouve quelques anciens concepts de RPG et du premier opus comme le fait de chasser votre proie.

L’arc ou le fusil à petit calibre sont les armes les mieux adaptées pour favoriser une meilleure qualité de peau. En effet, inutile de vous dire que si vous chassez le lapin au fusil à pompe... Il ne restera pas grand-chose de la petite bête.

Quoi qu’il en soit, toutes prises méritent leur dû. En fonction de l’espèce que vous avez poursuivie et de la qualité de la chasse, vous pourrez en tirer un bon prix chez le boucher. Il existe aussi le « trappeur » qui, après que vous ayez traqué des animaux légendaires, pourra vous confectionner des habits avec ces peaux rares.

Rockstar a mis la barre haute dans les animations du dépeçage. On y voit clairement Arthur Morgan enlever la peau et la rouler pour la prendre. Tout est entièrement animé et réaliste. Red Dead Redemption 2 n’est clairement pas un jeu pour les vegans...

Blague à part, en dehors de la chasse, de nombreuses activités (missions) aléatoires pourront « poper » sur votre chemin. Allant d’une femme dont le cheval est mort et qui vous demande de la ramener, un homme qui se fait mordre par un serpent et qui vous demande de le sucer pour enlever le venin (sur la plaie bien sûr...), d’autres qui font la manche, des forces de l’ordre transportant des prisonniers (vous laissant le choix de les libérer ou non).

Un autre aspect développé par le studio est la possibilité d’interagir avec les gens autour de vous. En plus de votre barre d’honneur (qui augmente quand vous aidez et diminue quand vous tuez) vous pouvez saluer, provoquer des personnes dans la rue par exemple. Ces dernières réagiront de manières différentes. Certains vous prendront pour un fou et changeront de chemin, d’autres voudront se battre ou même vous tuer.

Parmi ce choix d’actions, vous avez aussi la possibilité de « dévaliser ». Fonction pour le moins utile quand vous souhaitez braquer un magasin.

Toujours de la même manière que Red Dead Redemption, lorsque vous commettez un crime, d’autres civils peuvent être présents sur les lieux et faire office de témoins. Ces derniers vont donc partir chercher de l’aide et vous dénoncer. Vous avez la possibilité, via vos actions, de les menacer et de leur faire comprendre qu’il ne s'est rien passé. Certains vous écouteront, d’autres pas.

Toutes vos actions auront un impact sur l’endroit où vous vous trouvez. Bagarrez-vous trop souvent, tuez des gens, alors les habitants souhaiteront votre mort et surtout votre départ. De plus, si vous êtes recherchés par les forces de l’ordre, il vaut mieux les éviter pendant un moment, car elles ne vous oublient pas.

Écrire encore plus sur la diversité du jeu serait trop long. De plus, cela serait vous gâcher le plaisir de jouer et de découvrir par vous-même le monde de Red Dead Redemption 2.

Test de Red Dead Redemption 2
Test de Red Dead Redemption 2  Test de Red Dead Redemption 2

Un monde ouvert : Avec ou sans liberté d’action ?

Nous arrivons progressivement à la fin de ce test et il y a bien un point « négatif ». En fait, cela dépend des personnes et du type de jeu qu’elles attendent.

À la sortie des premiers trailers de GTA V, nombreux furent les médias à s’emparer de la nouvelle et à invoquer (ainsi que pour les joueurs) que ce nouvel opus allait très « couloirisé »/« cinéma ». En d’autres termes, nous allions avoir une qualité de mise en scène excellente, mais sans pouvoir choisir la manière d’aborder la mission.

Typiquement, c’est ce qui se passe dans Red Dead Redemption 2. Tout est soigneusement travaillé, la qualité des animations est bonnes, l’écriture est digne du studio, la musique excellente (inspirées d’anciens Westerns). Bref tout est là pour que le joueur soit dans les meilleures dispositions pour attaquer sa mission.

Pourtant, on remarquera qu’il n’y a aucune liberté d’action quant à l’ensemble des missions de l’histoire principale. Vous évoluerez entre des tentatives d’infiltrations qui tournent toujours au gunfight, à de la protection de personnes, de la surveillance de lieux, à la rechercher des informations etc. Mais dont la finalité est quasiment toujours la même, un gunfight intense.

Parfois, on vous laissera le choix pour une mission, mais cela ne change tellement rien au fil de l’Histoire que ça en devient négligeable de choisir. Néanmoins, mais propos sont à nuancer. Certains choix conditionneront un retournement scénaristique mais dont la finalité est quasiment la même.

Évidemment, dans le monde qui vous entoure et avec les différentes activités qui pointent le bout de leur nez, vous aurez le choix de laisser tomber un homme en détresse, car il a été blessé dans un braquage, de laisser les braqueurs voler la diligence. Mais là encore, ce sont des quêtes annexes qui n’ont rien à voir avec l’histoire principale.

Là a été toute ma surprise de voir que la crainte qu’il y a eu au temps de GTA V avec un mode trop scénarisé, trop « cinématophile » ne soit pas de nouveau soulevée par les médias et les joueurs quant à ce jeu. Néanmoins, nous ne sommes pas sur la même licence. Évidemment on serait tenté de dire : un Rockstar c’est un GTA. Ce qui n’est pas forcément le cas, bien qu’il en reprend parfois les mécanismes de gameplay.

Une chose est sure, ces mises en scène, ce côté cinéma du jeu sont très bien pensées et s’inscrivent parfaitement dans l’ambiance de leur production. Toutefois, la définition d’un monde ouvert peut être large, je fais référence à la tribune écrite par Aymdef où il ne voyait pas où il allait dans Assassins Creed : Odyssey malgré une liberté d’action immense pour une certaine finalité. Ici nous avons plutôt le contraire. Mais ces propos sont à nuancer, car cela dépend encore une fois de l’envie et des attentes du joueur.

Test de Red Dead Redemption 2

Je terminerai par une hypothèse. Il est fort probable de voir un Red Dead Redemption 3 d’ici 7-8 ans, car nous suivons une histoire en sens inverse. Dans le premier opus, nous traquions notre ancien chef de bande en cavale en incarnant John Marston. Ensuite, nous suivons le déclin de cette bande qui a vu son apogée dans le grand Ouest et qui a dû migrer vers l’Est. Ainsi, on peut se poser la question : le prochain RDR aura-il lieu durant la montée en puissance de la bande de Dutch Van Der Linde dans le grand Ouest ?

9.0
Red Dead Redemption 2

La Chevauchée fantastique
À n’en pas douter, la nouvelle production de Rockstar Games : Red Dead Redemption 2 est une réelle réussite. Tant sur l’aspect technique que graphique, sans parler de la qualité d’écriture des frères Houser. Au vu de l’influence qu’a ce studio, beaucoup pourraient croire qu’il s’agit d’un nouveau GTA. D’une certaine manière on serait tentés de dire oui, mais pourtant cette licence a aussi son empreinte avec ses qualités et ses défauts. Pour une catégorie de personnes, cela ne convient pas qu’il n’y ait pas assez de liberté dans le choix des missions pour un monde ouvert et pour d’autres ça colle. Il ne faut pas s’y méprendre : avec les Red Dead Redemption, nous suivons une aventure dans un monde –autrefois sauvage- qui devient progressivement civilisé et dont cette période a été retranscrite au XXe par de nombreux westerns. Là est la vraie source et influence de ces jeux, d’où l’aspect scénaristique. Pour finir, malgré la durée de vie pas si extraordinaire que ça, le travail sur l’environnement, la qualité des animations, le nombre de détails, l’histoire sont tout simplement impressionnants et Rockstar vient de donner une nouvelle leçon aux créateurs de « blockbuster » de jeux vidéo qui en sortent à la pelle. Le temps peut être une arme efficace dans le domaine vidéoludique.
Intérêt historique :Rockstar tente de reproduire de manière le plus fidèlement possible l’environnement qui nous entoure. Cela va des vêtements aux types d’armes et la manière dont on les utilise. Une reproduction assez fidèle des petits patelins en voie de « modernisation » et des premières grosses villes à l’aspect industrielle où l’ambiance est impeccable. Sans parler des quêtes annexes qui nous renseignent sur des situations d’anciens soldats de la guerre de Sécession, l’impact des guerres sur les Indiens etc.
  • +Scènes de gunfight intenses
  • +Graphismes grandioses
  • +Bande son magistrale
  • +Qualité des animations
  • +La force de R* se cache dans les détails et la finition
  • +L’écriture des frères Houser
  • -Des missions parfois sans intérêts
  • -L’infiltration ratée
  • -Fin de missions souvent prévisibles (gunfights)
  • -Histoire principale sans libre choix
9
Graphisme

Les jeux de lumière sont époustouflants, la végétation, la montagne, tout change selon l’environnement et chaque découverte d’un nouveau lieu est toujours plus beau belle. Très gros travail de ce côté-ci.

8
Jouabilité

De nombreux tests se plaignent de la lourdeur des mouvements. Pourtant, le jeu veut sa part de réalisme et en voyant le gabarit d’Arthur, on ne peut se contenter de quelque chose de plus « arcade ». L’IA reste une IA, digne d’un GTA, donc un peu folle, mais suffisamment débile pour rendre l’aspect de l’infiltration raté.

9
Ambiance

Comment ne pas être charmé par la vie effervescente sur RDRII (sans pour autant qu’elle soit omniprésente en tous points). Le travail accompli est là aussi impressionnant, l’ambiance entre les villes et la campagne se distinguent. Vous êtes plongés dans une belle épopée.

9.5
Technique

Que dire ? Nous sommes entre les mains de maîtres ! Rockstar sait finir ses jeux. Si tous les éditeurs en faisaient autant, on vivrait dans un monde un peu plus meilleur. Aucun bug à signaler et une optimisation aux petits oignons.

8
Durée de vie

Si vous rushez l’histoire vous pouvez la finir rapidement (une quinzaine d’heures devrait suffire). Mais, le monde étant vaste, avec de nombreuses quêtes annexes, cela permet de noyer le poisson. Ce n’est pas pour autant que toutes ces activités secondaires soient utiles ou dignes d'intérêt.

9
Scénario

La force du studio vient de sa capacité à savoir écrire et tenir une histoire. Tout au long du jeu, les développeurs savent nous faire réfléchir, dénoncer des grandes causes, mais aussi donner un côté terriblement humain aux personnages que nous côtoyons ou que nous jouons.


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