Men of War

Fantômas
13 juillet
2012
Info sur le jeu
PlateformePC Windows
Éditeur1C Company
DéveloppeurBest Way
Date de sortieFévrier 2009

Prenez Faces of War (dont nous avions fait le test sur HistoriaGames), corrigez certains de ses défauts, ajoutez du contenu, mélangez le tout et vous obtiendrez Men of War.

Men of War est donc le digne successeur de Faces of War, c'est-à-dire un jeu de stratégie en temps réel où le joueur, à la tête d'une ou plusieurs escouades et véhicules, devra remplir des missions aux objectifs variés et plus ou moins difficiles à atteindre.

Faces of War 2.0

Men of War reprend le gameplay de Faces of War en lui apportant quelques améliorations. Il s'agit donc toujours d'un jeu de stratégie en temps réel prenant place durant la seconde guerre mondiale et mettant en scène des affrontements entre les différents belligérants.

Le principe du jeu est simple, il s'agit de remplir ses objectifs avec les effectifs fournis, pouvant par la suite être complétés par des renforts. En effet, le jeu instaure un système « d'achat » de renforts. Le joueur dispose d'un nombre de points qui augmente en fonction de ses actions ou du temps qui passe. Avec ces points, il peut faire intervenir des renforts (troupes, véhicules, barrages d'artillerie…). Outre ce système de renforts, le gameplay du jeu n'a pas grandement changé par rapport à Faces of War. En effet, santé, types de munitions (explosives ou perforantes), blindages (différents blindages pris en comptes) et couverts sont autant de facteurs toujours pris en compte. Vos hommes ne sont pas immortels et des trousses de soins sont indispensables pour mener à bien vos missions. De même, être à court de munitions est synonyme de devoir fouiller les cadavres adverses pour retourner à la boucherie.

Revenons-en au blindage, celui-ci s'applique à tous les véhicules (chars, motos, bateaux…) et modifie donc le résultat d'une attaque direct. Par exemple, un tir de canon sur l'arrière d'un Panzer sera plus efficace qu'un tir frontal en raison de son blindage bien moins épais à l'arrière qu'à l'avant. Le blindage tend à respecter les données réelles. Il sera ainsi impossible de détruire un char avec un fusil mais plus facile avec un canon anti-char (qui peut tout de même avoir des ratés). Le fusil antichar quant à lui permettra de percer le blindage de chars légers, ou les chenilles de la plupart des véhicules.

Men of War est très simple à prendre en mains. Vous cliquez sur le soldat ou sélectionnez l'unité voulue (soit en l'encadrant, soit en cliquant sur la fenêtre à gauche de l'écran résumant vos forces) puis d'un autre clic, vous lui donnez un ordre, d'action ou de déplacement.

Les soldats répondent bien, bien que l'IA ne soit pas à la hauteur. Parfois vos hommes ne réagiront pas face à un ennemi en face d'eux et se font donc stupidement tuer, parfois c'est l'ennemi qui quitte un couvert très protecteur pour foncer droit sur vos hommes. L'IA alliée aussi a ses moments de stupidité. Elle chargera souvent frontalement canons et mitrailleuses. Les pertes seront lourdes, mais les moments de bravoure immémoriaux.

Le jeu comporte 3 campagnes et un ensemble de missions bonus variées et divertissantes. Chaque mission bénéficie d'une petite intro mêlant images du jeu et parfois images/vidéos d'époque pour présenter le cadre de la mission et ses conditions. A cela s'ajoute un briefing présentant la stratégie à suivre et le positionnement des éléments clés de l'ennemi, du joueur et de ses alliés.

Men of War bénéficie aussi d'un multi-joueurs fort sympathique bénéficiant de nombreux modes de jeu et rallongeant donc considérablement la durée de vie, ainsi que d'un éditeur de map qui permettra aux créateurs en herbe de laisser s'exprimer leur imagination.

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Вперед товарищ

La première campagne est la campagne russe. Elle couvre la totalité du front de l'est, c'est-à-dire de 1941 avec l'opération Barbarossa jusqu'en 1945 avec les combats pour Seelow. Elle met en scène deux personnages, Alexey Kuznetsov et Victor Smirnov. Les missions, au nombre de 9, sont longues et variées. Il s'agira par exemple de participer à des combats pour la défense de Moscou, de la défense d'un train dans un complexe industriel ou même d'infiltrer une base allemande pour voler des documents.

Le joueur aura la plupart du temps de nombreux alliés dans cette campagne et les troupes à sa disposition seront nombreuses. Le réalisme, aussi bien au niveau du contexte historique que d'éléments mineurs comme la météo, se veut profond. Par exemple, dans la mission lors des combats de Rostov, en raison du manque de matériel, le joueur devra tout faire pour faire survivre son unique char ou lors de la mission de la défense de Moscou, en raison d'un hiver très rude, le lac qui traverse la map est gelé, cependant, il peut se briser au passage des blindés. Une mission met aussi en scène un bataillon disciplinaire. Les hommes chargent les positions ennemies sous une grêle de tirs et ceux qui font demi-tour sont abattus par leurs compagnons restés en arrières.

En ce qui concerne le matériel, celui-ci est varié, PPSH41 côtoient Mosin-Nagant ou véhicules comme les fameux T34. De même, les événements se suivent chronologiquement sans trop d'erreurs. Historiquement, cette campagne a donc peu de choses à se reprocher même si quelques missions sont un peu tirées par les cheveux, comme celle où le joueur doit s'infiltrer dans une base bien gardée pour quelques documents.

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Le renard du desert

La campagne russe est suivie de celle allemande, moins longue mais tout aussi nerveuse. Cette fois ci, la campagne se base en premier lieu sur les combats en Crète en 1941, puis ensuite sur les combats en Afrique du Nord au sein de l'Afrika Korps de 1941/42/43. Le joueur aura donc à sa disposition de nombreuses troupes pour parvenir à ses fins.

Là aussi, le réalisme est poussé. L'invasion de la Crète se faisant par voie aérienne, les troupes allemandes sont donc très dispersées et faiblement armées, elles devront donc se rassembler, détruire les canons anti-aériens et récupérer du matériel pour l'emporter. Lors des missions en Afrique du Nord, l'armement Italien sera à disposition du joueur pour mener à bien ses objectifs. Cette campagne mettra en scène des combats de grande envergure. Pour la prise de Tobrouk, le joueur devra couler les navires de ravitaillements pour empêcher la garnison de tenir, tout en repoussant les débarquements de renforts et les contre-attaques de la garnison. La dernière mission elle, permet même de recevoir l'appui d'un navire pour bombarder les lignes ennemies. En effet, dans cette mission, votre objectif et de tenir vos positions face à des ennemis très nombreux. Ceux-ci bénéficient en plus d'un soutien blindé très puissant qui vous donnera du fil à retordre.

Au niveau de l'équipement, celui-ci est varié. Le nombre de véhicules différents est assez élevé pour les deux camps et le joueur pourra ainsi voir évoluer Panzer III, Tigres ou même Carro M15 dans les étendues désertiques. Les alliés ne sont pas en reste puisque leurs Valentines, Shermans ou Crusaders donneront du fil à retordre au joueur. Cette campagne dépayse et permet de mettre en scène des événements que les jeux vidéo abordent peu comme la bataille pour la Crète.

Cette campagne a tout de même quelques petits défauts à se reprocher. L'efficacité des blindés alliés semblent un peu exagérée. Ainsi, un char Crusader pourra de très loin, et du premier coup, percer le blindage frontal d'un Panzer IV, alors que celui-ci devra se rapprocher dangereusement pour espérer faire mouche. De même, la difficulté des missions s'accroit et il devient de plus en plus difficile de résister à l'ennemi.

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Les rois du désert

Enfin, la dernière campagne, celle des alliées, prends place uniquement en Afrique du Nord. Elle met en scène une escouade menée par Terry Palmer et le caporal  Robinson lors de l'opération Torch. Le joueur devra s'infiltrer à l'aide de résistants dans un dépôt ennemi, kidnapper l'amiral Darlan et combattre aux côtés des Britanniques et des Américains.

Cette campagne met en scène de nombreuses actions commandos où le joueur bénéficiera de l'aide massive de la résistance. Les résistants, peu entrainés, serviront à ralentir l'ennemi pendant que le joueur remplira ses objectifs avec son escouade principale. Dans d'autres missions, le joueur devra s'infiltrer dans un aérodrome allemand afin de détruire du matériel et appuyer l'assaut allié qui débutera peu après son infiltration ou semer la pagaille dans les lignes ennemies. Le joueur n'est donc jamais vraiment seul et l'appui qu'il obtiendra grandira au cours des missions. Certaines d'ailleurs se démarquent des autres par leur contexte. Dans l'une, le joueur devra envoyer ses hommes faire taire des MGs lors d'une tempête, se qui diminue les risques d'être repéré, il disposera ensuite de très nombreux alliés qu'il devra aider à prendre un aérodrome. Ici, le nombre d'hommes aide. Lors de la dernière cependant, le joueur dispose de nombreux équipements mais de peu d'hommes pour défendre ses positions. Des choix devront être faits rapidement face aux vagues successives allemandes toujours plus nombreuses et plus puissantes, jusqu'à l'arrivée de renforts. Cette campagne est aussi originale puisque l'une de ses missions consiste en du rail-shooting. Le joueur maniera l'armement d'un véhicule en vue à la troisième personne pendant que l'IA conduira le véhicule. Son but sera d'infliger le plus de dégâts à l'ennemi à l'aide de son arme fixe.

Cette campagne souffre d'un défaut énorme. Les premières missions consistent en des infiltrations où le moindre bruit déclenche une réaction allemande disproportionnée. La difficulté est donc très élevée dès le départ et le joueur devra donc prendre son temps pour remplir minutieusement l'ensemble de ses objectifs. Cela énerve un peu lorsque l'on se retrouve à 4 contre 150 soldats et la campagne est ainsi plus difficile à finir.

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9.0
Men of War

Long, captivant, amusant, Men of War fait mieux que son prédécesseur et s'impose donc comme un must have du jeu de stratégie. Bénéficiant de campagnes longues et diversifiées, le joueur ne pourra qu'apprécier les défis fournis par le jeu. Une fois le solo achevé, il ne lui restera plus qu'à créer ses propres maps et à combattre en multi face à d'autres stratèges en herbe. En définitive, Men of War est une excellente surprise.
Intérêt historique :
  • +Les campagnes
  • +Le nombre de véhicules/armes
  • +Les parties en Multi
  • +L'éditeur de map
  • -L'IA fébrile
  • -Il n'y a pas d'encyclopédie pour en apprendre d'avantage
  • -La difficulté de certaines missions

  • Lyrik Le Vétéran, Testeur, Historien
  • "I'm ashamed of you, dodging that way. They couldn't hit an elephant at this distance" Major général John Sedgwick avant d'être mortellement frappé par une balle sudiste...