Day of Infamy, un retour aux sources

Petit Belge
13 novembre
2017
Info sur le jeu
Plateforme
  • PC Windows
  • Mac OS X
ÉditeurNew World Interactive
DéveloppeurNew World Interactive
Date de sortieMars 2017

Day of Infamy, disponible sur Steam depuis le 23 mars 2017, est un FPS principalement multijoueurs sur la Seconde Guerre mondiale. « Encore un ! » pourrait-on s’écrier. Cependant, contrairement à d’autres, le titre brille par sa simplicité et son efficacité sur la quasi-totalité de ses aspects, renouant avec les grandes heures du FPS du début du siècle.

Un gameplay efficacement simple

Qu’on se le dise, cet énième FPS sur la Seconde Guerre mondiale ne révolutionnera rien du monde vidéo-ludique. Cependant, cette simplicité de jeu fait la force du titre, cela rappelle d’ailleurs le bon vieux Call of Duty 2 et l’excellent Red Orchestra, en moins arcade du moins. Facile à prendre en main, fun, rapide, ne demandant pas un investissement conséquent du joueur. Bref, tout ce pourquoi un FPS est conçu : s’amuser. En soi, il ne fait que remettre les mécaniques de ces jeux au goût du jour.

Toutefois, la diversité des modes de jeu est en quelque sorte le parent pauvre de Day of Infamy. « Libération », «Offensive », « Ligne de front » sont des types de parties extrêmement classiques et trop peu différentes les unes des autres. Il s’agira toujours de capturer des points en gardant les siens ou tout simplement de défendre une succession de points face aux envahisseurs. Dit comme cela, ce n’est pas folichon je vous l’accorde. Cependant, ces affrontements peuvent être épiques et très sympathiques.

Test de Day of Infamy  Test de Day of Infamy  Test de Day of Infamy  Test de Day of Infamy

1. Un système de vote complet et efficace à la fin de chaque partie. - 2. En plus des statistiques de bataille, des titres et des récompenses sont attribués. - 3. Voilà comment appelé du soutien, si toutefois le radio est à proximité. - 4. Dog Red, 1944. Bien que la carte soit très jolie, les parties ont tendance à devenir un immense tir aux pigeons.

Malheureusement, un gros point noir vient entacher le tableau. Pour capturer un point, il ne faut plus aucun ennemi sur celui-ci, sinon tout le processus de capture est bloqué. Or, ces points sont souvent une maison ou un quelconque bâtiment, et vous pouvez avoir la certitude qu’un ennemi va se positionner dans une pièce avec une seule entrée, le viseur de son arme (c’est généralement une mitrailleuse lourde de surcroit) rivé sur l’entrée. Aucune chance de déloger ce saligaud. Dans ce cas, impossible de capturer la zone et d’avancer. Transformant la partie en un interminable échange de tirs statiques impropres à tout amusement et tout bonnement frustrants pour toutes personnes normalement constituées.

Ensuite, il y a la catégorie dite « affectations spéciales », qui regroupe les modes « Renseignements », « Fusillades » ainsi que « Sabotages ». Plus court que les précédents modes cités, 5 minutes au lieu de 10, mais toujours en 16 versus 16, le but sera cette fois de détruire des objectifs spécifiques (ou de les protéger), d’amener un renseignement à un point donné et à l’inverse l’empêcher (c’est vaguement comparable aux fameuses « Captures du drapeau »). Quant au mode « Fusillades », et bien c’est simplement le mode « Offensive » sans les réapparitions.

En parallèle à ces versus, il y a de la coopération. En gros, il est question d’une équipe de joueur contre l’IA. Là, nous avons deux cas de figure : soit il faudra résister un temps donné contre des vagues successives d’ennemis, soit il s’agira d’opérations commandos dont le but sera de réduire en miettes canons, barils de pétrole, d’abattre l’officier ennemi ou encore d’investir et capturer un bâtiment. Comparer à la compétitivité et à la difficulté des versus (il faut préciser qu’on meurt en une balle), ces parties seront d’un repos bien plus amusantes, surtout pour un « noob ».

En parlant d’IA, il est agréable de voir qu’elle sait se battre, et comme il faut s’il vous plaît ! On est loin d’un adversaire humain tout de même, et c’est surtout le nombre de bots qui vaincra les joueurs, mais il faut reconnaitre qu’elle est bien conçue et offre une certaine résistance, contrairement à bon nombre de jeux. Par ailleurs, j’en profite pour signaler la présence d’un solo. C’est exactement la même chose que le multi, mais tout seul... Il ne présente pas un grand intérêt, on est d’accord, il faut néanmoins le signaler.

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5-7. Au début de la partie, on a le choix de notre division, de notre classe ainsi que notre équipement.

La coopération encouragée

Dans Day of Infamy, hors de question de choisir impunément son arme. En effet, un système de classes est présent : sapeur, radio, mitrailleur, soutien, sniper, fusilier etc. Donc aucune chance de voir un soldat armé d'un lance-flamme avec autre chose qu’un lance-flamme ou un sniper courant partout mitraillette à l’épaule, sauf s’ils ont jugé bon de récupérer une arme sur un malheureux cadavre faute de munitions ! Attention toutefois, par souci d’équilibrage, les places pour chaque classe sont limitées pour ne pas voir une armée de sniper envahir la carte.

Parmi tous ces choix, les plus importants seront sans nul doute l’officier et le radio. À eux seuls, ils peuvent changer le cours de la bataille. Théoriquement inséparables, l’officier peut demander toute une flopées de soutiens comme de l’artillerie, un largage de ravitaillement, une attaque de chasseurs bombardiers et j’en passe. Tout ça au travers de ses jumelles et grâce à un menu circulaire facile d’utilisation. Il pourrait aussi donner des ordres de la même manière mais à quoi bon dans un tel jeu où chaque joueur est un électron libre ? Le radio, lui, aura la difficile mission de suivre scrupuleusement l’officier pour lui permettre d’appeler ce dit soutien et, en principe du moins, le couvrir. À cette complémentarité des rôles et ce joyeux couple s’ajoute également un petit menu circulaire rapide (comme l’officier) afin que les joueurs échangent rapidement les infos : où est l’ennemi, où on a besoin de renforts, où l’on va, si on a besoin de munitions, etc. Oh, une dernière chose, assez sympathique : il est possible de donner ses chargeurs à ses coéquipiers si, ça coule de source, ils utilisent la même arme.

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8. Autre exemple d'enlisement, seulement 2 passages pour prendre ce point. L'un est farouchement gardé par ces quatre compères, et l'autre, tout aussi impassable, est tenu par le reste de l'équipe. - 9. Tirer sur un lance-flamme peut faire exploser le réservoir, bon moyen de bloqué le passage. - 10. Un australien avec son "Owen-Gun".

Des cartes magnifiques mais mal pensées

Aspect assez innovant du jeu, pour une fois, outre les incontournables cartes comme Saint-Lô ou Omaha Beach, Day of Infamy nous permet de se battre à Dunkerque, en Crète, en Sicile et en Italie. La Belgique n'est également pas en reste avec deux cartes se passant dans les Ardennes.

D’un point de vue purement esthétique, rien à redire, on pourrait réellement se croire en pleine ville durant la guerre. Affiche de propagande, maisons traditionnelles, ruelles, intérieurs modélisés, véhicules militaires et autres fournitures, le tout parsemé de quelques destructions éparses viennent garnir ces endroits autrefois paisibles. Ces terrains de jeux sont grands, mais denses, l’action ne s’arrête pour ainsi dire jamais.

Par ailleurs, il est donc agréable de découvrir, au fur et à mesure des parties, de nouveaux endroits, de nouvelles ruelles, de nouveaux passages insoupçonnés, rendant les parties un peu plus dynamiques et complexes, allongeant par le fait même la durée de vie du jeu.

Toutefois, un problème subsiste, enfin tout dépend du point de vue que l’on prend. En effet, bien que cette complexité rende les lieux réalistes, elle permet aussi à tout un chacun de se cacher. De ce fait, on ne comptera plus le nombre de fois où vous vous ferez tuer d’on ne sait où.

De plus, les objectifs à prendre sont « perdus » dans la carte, comparables à des ilots au milieu de l’océan. Cela laisse une certaine liberté d’action il est vrai, malgré, des « zones restreintes » (on ne peut pas y tirer pour éviter le « spawnkill ») parfois mal placées empêchant une progression qui aurait été plus aisée. Cependant, les bâtiments à capturer sont facilement transformables en forteresses inexpugnables rendant les parties corsées, parfois peut être un peu trop. Il faudra alors un jeu d’équipe sans faille pour espérer vaincre le vil ennemi. Enfin bon, si c'est le genre d'expérience que vous recherchez, on peut sans nul doute dire que ces cartes sont un atout non négligeable du jeu.

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11-18. Visuellement, rien à reprocher au jeu, le monde est cohérent et bien reproduit.

Une immersion convaincante

Comme vu plus haut, les cartes sont à applaudir, contribuant significativement à l’immersion. L’ambiance sonore y a aussi une place prépondérante. D’abord, un calme olympien : on entend la plage, des cigales, des bruits du temps de paix. Mais c’est de la poudre aux yeux. La véritable immersion est durant la bataille : les fusils crépitent, les mitrailleuses crachent, les balles sifflent, l’artillerie gronde, les grenades détonnent, les avions retentissent, les hommes hurlent ! Sincèrement prenant. D’autant plus que le son des armes et des explosions est très bien rendu, surtout au niveau de la résonnance.

Si on s’attarde sur les uniformes, ces derniers sont également réalisés avec un souci d’historicité tout à fait correcte. Les trois factions présentent pour le moment, c’est-à-dire l’Allemagne, les États-Unis et le Royaume-Uni (ou devrais-je dire le Commonwealth) sont déclinées en divisions. Au fil de sa progression, le joueur débloquera ces dites divisions. Ensuite, libre à lui de jouer (selon sa faction) un Volksgrenadier, un Fallshirmjäger, un Australien, un Canadien, un Écossais, un para de la 82ème ou de la 101ème, un ranger voire pourquoi pas servir dans le 761ème « Black Panthers » Tank Battalion. Comme il a été dit, les uniformes sont fidèlement reproduits, et détail intéressant, l’insigne de votre division ainsi que votre grade (le niveau du joueur) sont cousus sur ces superbes uniformes.

Les armes ne sont aussi pas en reste. Admirablement reproduites et bien animées, elles sont en nombre plus que satisfaisant. Des mitrailleuses aux fusils en passant aux armes de poing, sans oublier les grenades ainsi que divers accessoires, tout ceci constitue un large panel de choix pour composer votre attirail. Il faut ajouter qu’un certain réalisme chronologique est présent. Par exemple, se balader à Dunkerque en 1940 pour bouter Messieurs les anglais hors de France avec, entre les mains, une FG42, est à proscrire purement et simplement. C’est aussi un bon côté du jeu, car on peut manier des armes quasi oubliées de la guerre, comme le pittoresque Owen-Gun, le décevant Hi-Power et même le célébrissime Mauser C-96 avec son étrange déclinaison 1932.

Un paramètre important, pour chaque objectif atteint et par tranche de 5 ennemis éliminés, un point de ravitaillement vous sera accordé. Ces points serviront alors à améliorer votre arsenal. Avoir de meilleures grenades, plus de munitions, des armes bien plus performantes, etc. Il est même possible d’améliorer son arme. Un exemple tout bête : si vous jouez coté anglais, vous pouvez avoir une Thompson 1928 des plus basiques. Mais si vous jouez correctement, il sera possible de lui inclure sa fameuse poignée et son indétrônable chargeur-tambour.

8.5
Day of Infamy

Day of Infamy est un très bon FPS multijoueur qui sait rester simple sans pour autant tomber dans le piège de la facilité. Malgré un jeu par moment frustrant, il reste dans sa globalité amusant et captivant. Les affrontements sont courts, brefs, ils sont néanmoins intenses. Pas besoin d’y passer des heures pour prendre le jeu en mains. En plus, grâce au mode coopération, les nouveaux joueurs pourront se faire les dents sans se décourager par la difficulté des versus. Niveau gameplay, on ne peut qu’applaudir les efforts pour pousser les joueurs à coopérer entre eux. Outre le système de communication pré-fait, le fait que chaque joueur a un rôle bien défini soutien énormément le processus. Emballez le tout dans une ambiance immersive au possible, permise grâce aux cartes modélisées avec soin ainsi qu’une ambiance sonore digne d’un film de guerre. Puis saupoudrez le tout d’Histoire et vous obtenez Day of Infamy, un bon jeu, au prix correct, qui saura facilement faire oublier ses quelques défauts.
Intérêt historique :En général, les armes et uniformes sont correctement modélisés, mais il y a des petites exceptions pour les yeux avertis. Pour exemple, des teintes d’uniformes sont parfois douteuses, je pense à l’uniforme de la 82ème, qui est un peu trop « vert olive ». Toutefois, le fait d’avoir des déclinaisons aux trois factions du jeu permet de prendre connaissance de certaines unités réelles. Et pour une fois, on pourra combattre sur des lieux oubliés du grand public, comme en Crète durant l’invasion allemande, ou sur le front italien, qui a une place d’honneur dans ce titre. Par ailleurs, on aura la possibilité d’utiliser des armes plus « exotiques » souvent oubliées qui ont pourtant existé. Malheureusement, on déplorera le manque d’explication sur ces lieux et équipements peu connus, qui pourtant, auraient pu être utiles et intéressantes.
  • +Facile à prendre en main
  • +Bon rapport qualité/prix
  • +Immersion convaincante
  • +Des cartes jolies et réalistes
  • +Bonne durée de vie
  • +Travail d’équipe mis en avant
  • +Des lieux inédits
  • +Présence d’un mode coopération
  • +Grand choix des armes, avec possibilité de les améliorer
  • +Respect de la véracité historique
  • -Frustrant pas moment
  • -Cartes facilitant la campe
  • -Trop peu de modes de jeux
  • -Seulement trois factions
  • -Parties ayant tendance à s’enliser
  • -Système de capture à revoir

  • Matthieu Mancuso Chroniqueur, Historien
  • "Si vous traversez l’enfer, continuez d’avancer." Winston Churchill
  • "Résiste et mords !", devise des Chasseurs ardennais de l'armée belge