Test de Darkest Hour :
A Hearts of Iron Game

Par Matt

Info sur le jeu
PlateformePC Windows
ÉditeurParadox Interactive
DéveloppeurMartin Ivanov
Date de sortieMars 2011
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Darkest Hour est un standalone de la série des Hearts of Iron, édité par Paradox Interactive et développé par une équipe de moddeurs dirigée par Martin Ivanov.

Le jeu est sorti en Mars 2011 et se range dans la catégorie des wargames en temps réel sur la Seconde Guerre mondiale. Il est également possible de rejouer à la Première Guerre mondiale, ou à la Guerre Froide. Et dans ce petit monde, le jeu en est une des figures de proue. En effet, il permet de faire et refaire la guerre avec tous les pays, et sans pour autant se tenir à l’Histoire.

Un Gameplay complexe

Le cœur d’un wargame est bien sûr son gameplay. De ce côté, Darkest Hour est entièrement complet : gestion des ressources et de l’industrie, organisation de l’armée, etc. Malgré un manque d’ergonomie, le jeu reste cependant assez clair dans son ensemble, mais il faudra s’accrocher pour arriver à maîtriser le jeu.

En effet, dans la plus grande partie du jeu, vous dirigerez vos armées dans des guerres. Et pour ça, pas question d’envoyer n’importe quelle troupe n’importe où. Il faudra faire attention à leurs effectifs, leur organisation, la météo ou le terrain ! Tout sera pris en compte pour les combats, ainsi pour écraser vos ennemis vous aurez toute une flopée d’unités en tout genre, avec chacune leurs bonus/malus. Une unité de tanks vous sera utile dans le désert ou dans des plaines mais évitez de les envoyer dans les Alpes, préférez plutôt les chasseurs de montagne.

La guerre moderne exige également une composante aérienne, et là aussi le jeu est particulièrement bien fourni. Bombardiers navals, lourds, tactiques, sans oublier les chasseurs. Il sera primordial de bien s’occuper de ce domaine, car une supériorité aérienne vous permettra de couler les cargos ennemis, de détruire leurs industries ou leurs puits de pétrole. De plus, il y aura des objectifs plus tactiques à assigner : des destructions d’aérodromes ou d’infrastructures. De manière plus directe, les chasseurs bombardiers pourront soutenir vos troupes en premières lignes en désorganisant les divisions adverses.

À ces deux composantes essentielles s’ajoute la marine. Et encore une fois c’est très complet. Destroyers, cuirassés, croiseurs, porte-avions, sous-marins, tout le monde répond présent. Tout ce panel de navires pour vous permettre d’étrangler le commerce et le ravitaillement ennemis, mais aussi pour s’accaparer les océans et vous autoriser à tenter des débarquements en bonne et due forme.

Chose importante à noter vis-à-vis de tous les combats, c’est que ceux-ci sont tous détaillés. Vous connaîtrez toujours vos pertes humaines, au nombre de tués près, ainsi que vos pertes matérielles, à la munition près ! Certains diront que c’est accessoire, mais c’est un gros plus à l’immersion. De même pour la marine, car si vous avez la chance de ne perdre aucun navire lors d’un combat, on vous rapportera peut être la mort d'une centaine de marins.

Test de Darkest Hour :
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A Hearts of Iron Game

La gestion de votre nation

Bien que la gestion militaire vous prenne 95% de votre de temps de jeu, ce n’est pas une raison pour omettre la gestion industrielle.

La puissance industrielle de votre nation est tout d’abord définie par un nombre d’usines. Celles-ci créeront des Points de Productions (ou PP). Points que vous devrez ensuite judicieusement repartir entre les biens de consommations, le ravitaillement, la production de nouvelles unités, les renforts ainsi que la modernisation de vos armées. Toutefois, ces mêmes points de productions varieront en fonction de nombreux paramètres. L’alimentation de vos usines en matières premières sera primordiale, sous peine de voir l’économie de guerre s’effondrée. La présence de partisans aura aussi un effet sur la production de vos usines, particulièrement celles capturées lors de vos nombreuses conquêtes. Il est cependant important de noter que certains décrets ou évènements permettront d’augmenter la production de vos industries.

Malheureusement, tout n’est pas rose dans Darkest Hour. Le jeu tente désespérément d’avoir un système d’espionnage. Cela peut être très intéressant dans ce genre de jeu, si seulement c’était bien fait... Car là, vous vous contenterez d’augmenter/diminuer le budget des renseignements et d’ordonner des missions dont les chances de réussite plafonnent à 15 %. D’ailleurs, cela m’est déjà arrivé de vouloir financer des rebelles chez l’adversaire, durant toute la partie sans aucune réussite.

Par contre, le plus important dans cette partie est la recherche technologique. Il sera primordial de vous maintenir au niveau, sous peine de voir vos biplans affronter les soucoupes nazies ! Et comme toujours, c’est complet et complexe. Toutes les technologies y sont bien classées. Artilleries, infanteries en tout genre, tanks, chasseurs de tanks,...

N’oublions pas les technologies industrielles, qui vous permettront de faire du pétrole de synthèse, d’améliorer votre production. Là-dedans sont aussi classées les technologies de cryptage/décryptage. À cela s’ajoutent les équipements spécialisés pour les différents théâtres d’opération. On n’oublie pas la recherche navale et aérienne et on ajoute un onglet des armes secrètes pour que l’arbre des technologies soit complet.

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A Hearts of Iron Game

Des graphismes dites-vous ?

On arrive au premier grand reproche que j’ai à faire au jeu : c’est qu’il est moche à s’en décoller la rétine ! Alors oui, c’est un wargame, et oui, la beauté de ce type de jeu est secondaire. À part les skins des unités, qui sont très belles, le jeu est moche à regarder. La carte est un simple monochrome de couleur qui varie en fonction des pays. Cependant, il n'y a pas d’animation des unités, pas de petits éléments de décors pour rendre le tout plus agréable au regard. Néanmoins, cela reste clair et précis, ce qui est le principal pour son genre, malgré son « style » qui peut paraître désuet.

Toutefois, les musiques au style militaire sont de très bonne qualité, il sera agréable de les écouter, si tant est que vous jouiez pendant peu de temps. Car ici, la qualité ne rime pas avec quantité, et pour le coup, la playlist aura vite fait de reboucler à l’infini, ce qui deviendra vite agaçant dans les longues parties.

Une IA pas toujours au top

L’intelligence artificielle est importante dans n’importe quels jeux, mais primordiale dans les wargames. En effet, elle doit non seulement gérer les autres pays, ainsi que les autres armées. De ce fait, elle doit être capable de mobiliser ses forces, de répartir ses troupes de manière intelligente, d’attaquer et de se défendre sans oublier de réagir à vos actions. Alors dans Darkest Hour, l’IA est bonne. Elle se bat plutôt bien, réagit généralement aux actions des joueurs et est capable de se défendre avec acharnement. Je prends pour preuve l’invasion de la Russie, qui est un véritable défi pour le joueur allemand.

Mais voilà, il arrive que l’IA abandonne les bonnes décisions pour enchainer les catastrophes. Pour exemple, je détruis les armées russes se situant dans les pays Baltes, le bon sens militaire voudrait que des unités d’autres fronts viennent combler le trou fait par mon armée. Malheureusement rien ! L’IA russe décide de garder toutes ses divisions là où elles se trouvent, y compris pour garder la frontière Mongole !

Néanmoins, le véritable problème se situe sur les océans. Car là, l’IA est d’une débilité sans nom. Non pas pour la gestion des navires de guerres, à ce niveau elle est encore correcte. Mais pour les débarquements et le transport de troupes. En effet, l’IA s’amuse à faire naviguer des divisions entières sans escortes, un festin pour les u-boots !

Test de Darkest Hour :
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A Hearts of Iron Game

Une durée infinie

La durée du jeu est pour quasi dire infinie. Je m’explique, une partie de base va vous prendre des heures. En effet, le jeu s’écoule heure par heure (pas de panique, une option réglant la vitesse existe), et vous pouvez commencer au plus tôt le 1er janvier 1936, pour une partie qui peut durer au maximum 28 ans, donc vous pouvez prolonger la guerre autant qu’il vous plaira. S’ajoute à cela une flopée de scénarios, qui vont seulement définir la date de départ. Alors, si vous voulez commencer en 45, amusez-vous !

Cependant cette longévité ne serait rien sans la possibilité de choisir absolument tous les pays. Il est évident que la plupart des choix se tourneront vers « les grands » : Russie, Angleterre, Allemagne, Japon, etc. Ou alors, si vous aimez les défis, votre choix peut aussi se tourner vers des pays plus modestes comme la Roumanie, la Belgique, le Brésil et j’en passe ! Mais si la folie vous prend, vous aurez toujours la possibilité de prendre le Luxembourg, l’Oman, le Bhoutan ou autre joyeuseté du genre, et pourquoi pas, en faire de grande puissance !

Un grand intérêt historique

Le gros point fort de Darkest Hour réside dans son contexte historique, qui saura satisfaire les plus pointus d’entre vous. Nombres d’événements historiques du XXème siècle viendront modifier votre partie de la Première Guerre mondiale à la Guerre Froide : Anschluss, élection, prêts-bails, etc. Vous avez le choix entre le déshonneur et la guerre. Vous pouvez choisir la guerre, vous n’aurez pas le déshonneur.

À tous ces faits s’additionnent les innombrables unités historiques, des tanks Sherman et Cromwell en passant par les Panther et Tigre allemands, et on n’oubliera pas les T-34 soviétiques.

Les avions sont aussi bien représentés, vous pourrez passer des Bf-109 et des Fw-190 aux ailes volantes. La marine n’est également pas en reste avec tous les modèles de portes avions, de sous-marins et cuirassés. Vous pourrez donc passer des porte-avions classe Lexington aux flambants neufs classe Midway.

Vous pouvez simplement refaire la Seconde Guerre mondiale comme elle est écrite dans les livres. Toutefois, le plus grand intérêt du jeu est justement de la réécrire. L’Allemagne gagne la guerre grâce à ses Wunderwaffen, les Américains restent ultra isolationnistes, les armées Alliées se font écraser à Dunkerque, l’Angleterre se rallie à l’Allemagne, et que sais-je ! Mais petit bémol, il est très difficile à un pays de changer d’idéologie, donc vous devrez oublier les USA communistes ou la Russie capitaliste.

Test de Darkest Hour :
A Hearts of Iron Game

Et son petit frère ?

Hearts of Iron 4 est sorti en juin 2016, soit 5 ans après Darkest Hour. Ces deux jeux sont bien de la même franchise, néanmoins, ils ne partagent que les éditeurs et le nom !

Les différences sont nombreuses, d’un côté, on a Darkest Hour, un jeu complet sans DLC, compliqué, moche ainsi que « touffu » qui ira comme un gant aux joueurs expérimentés (ou ceux qui ont du courage). Et de l’autre, nous avons un jeu assez beau, facile à prendre en mains et « rapide » à jouer (j’entends par là peu ou pas de micro-gestion), mais malheureusement trop peu fournit pour les puristes.

Cependant, ce sont deux jeux très différents qui raviront chacun un public différents.

8.5
Darkest Hour : A Hearts of Iron Game

Compliqué, mais gratifiant
Bien que Darkest Hour soit dur et peu ergonomique. Le jeu reste néanmoins totalement complet. On pourra donc apprécier les nombreux détails et surtout, sa complexité en matière de guerre, qui ravira les généraux en herbes. Malgré quelques défauts de tailles, comme les fameux pop-up apparaissant sans cesse pour nous faire compte de tout ce qui se passe. Cependant Darkest Hour reste un incontournable du wargame et nous fera sentir un vrai sentiment de gratitude quand on réussit à arriver à nos fins.
Intérêt historique :Comme dit plus haut, Darkest Hour permet de vivre et revivre le second conflit mondial dans toutes ses possibilités. Nombres d’événements viendront renforcer l’immersion historique. De plus, les technologies et les équipes de recherche viendront compléter le réalisme. Ajoutons dernièrement que toutes les unités sont toujours accompagnées de clichés historique, et ce genre de détails fait toujours plaisir à voir.
  • +Une durée de vie infinie
  • +Des musiques de qualité
  • +Une possibilité énorme de guerre alternative
  • +Un grand intérêt historique
  • +Très complet
  • -Peu de musiques
  • -Graphismes dépassés
  • -Difficile à prendre en main
  • -Ergonomie douteuse
  • -IA peu parfois convaincante

  • Matt Chroniqueur, Historien
  • "Si vous traversez l’enfer, continuez d’avancer." Winston Churchill
  • "Résiste et mords !", devise des Chasseurs ardennais de l'armée belge
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