Les cuirassés de la classe Yamato

L'Amiral
10 mai
2018
Info sur le livre
Titre originalLes cuirassés de la classe Yamato
AuteurSimon Liot de Nortbécourt
ÉditeurLELA Presse
GenreLivre documentaire
SortieNovembre 2017
Nombre de pages285

Alors que nous avons pu rédiger la critique du très bon “La Marine française dans la Grande Guerre”, un autre ouvrage des éditions Lela Presse a retenu notre attention : “Les cuirassés de la classe Yamato”, paru en novembre 2017. L’aura de mystère et de puissance entourant ce mastodonte des mers valait bien un ouvrage réalisé par un des spécialistes français de la Marine impériale, Simon Liot de Nortbécourt.

Pourquoi le Yamato ? Ce cuirassé, le plus grand et le plus puissant de la Seconde guerre mondiale, a été tantôt mystifié, tantôt oublié dans les mémoires collectives. Or, au Pays du Soleil levant, ce cuirassé a toujours une place exceptionnelle dans les mémoires collectives, de par ses dimensions, mais aussi de par sa notoriété à l’époque.

Le Japon impérial, directement humilié par le Traité naval de Washington de 1922, cherche très tôt à se doter d’une marine à la hauteur de ses ambitions dans le Pacifique. De plus, sa victoire à Tsushima en 1905 contre la flotte russe fait de la flotte japonaise la plus puissante de la région.

Mais l’ennemi se trouve à l’Est en la personne des Américains - et possiblement des Britanniques, dont la Royal Navy a des bases dans le Pacifique. Les cuirassés sont alors les rois des mers, et bien que l’état-major japonais comprend très vite l’utilité d’un porte-avions, les “gros canons” restent une condition sine qua non à l’engagement maritime.

Trois “super-cuirassés” sont prévus dès l’année 1937 : véritables géants des mers, ils sont armés de 9 canons de 460mm, un calibre alors encore jamais vu sur mer. Le “Yamato”, le “Musashi” et le “Shinano” doivent être les étendards de la Marine impériale et vaincre les flottes adverses par leur puissance de feu.

Armé une semaine après Pearl Harbor, le “Yamato” devient très vite le navire amiral de la Flotte combinée. Son sister-ship le “Musashi” est lui achevé en 1942, et le “Shinano” est converti au début de sa construction en porte-avions.

Véritables bijoux technologiques, le “Yamato” et le “Musashi” ne couleront aucun navire américain, et ce dernier sera même détruit lors de la bataille du golfe de Leyte en octobre 1944 par des torpilles et bombes américaines. Le “Yamato”, pour sa part, est envoyé pour une mission sans retour au large d’Okinawa, en 1945, pour servir de batterie mobile... mais n’y arrivera jamais. Le “Shinano” partagera le sort de ses “frères” en étant coulé par un submersible américain lors de sa première sortie.

Cependant, la perte de ces navires est un choc immense pour les populations et l’état-major japonais. Ils ont tous été vaincus par l’aviation embarquée américaine (ou des sous-marins), sans avoir vraiment joué le rôle qui leur avait été assigné.

Dans cet ouvrage, l’auteur détaille avec brio la construction de ces navires, de la planche à dessin à la manière innovante de mettre à l’eau ces monstres d’acier. Des biographies ainsi que des vues 3D et de nombreuses photographies permettent de visualiser la vie et la mort de ces bâtiments ; le point d’orgue est la présence de témoignages de marins du “Yamato” ou du “Musashi” à la fin de l’ouvrage.

Véritable encyclopédie sur ces navires, l’ouvrage permet de comprendre le système de pensée de la Marine impériale japonaise et sa configuration spéciale due à son isolement dans le Pacifique.

Enfin, la construction de ces monstres marins, bien expliquée, peut encore surprendre de nos jours tout en permettant de comprendre l’attachement qu’ont de nos jours encore les Japonais à cette classe de navires.

L’ouvrage est donc une référence pour l’étude de ces cuirassés, et ravira tout passionné d’Histoire militaire en général. Seul bémol : les biographies des différents protagonistes auraient mérité d’être mieux amenées, mais cela n’enlève rien à la véracité historique et à la précision de l’ouvrage.

  • Witz Rédacteur, Testeur, Chroniqueur, Historien
  • « L'important n'est pas ce que l'on supporte, mais la manière de le supporter » Sénèque