Conflit historique

Guerre de Cent Ans

Histoire
Période historique Moyen-âge
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La guerre de Cent Ans est une série d'affrontements, entrecoupés de périodes de trêve et même de paix, qui ont opposés, sur le territoire français, les rois de France et d'Angleterre entre 1337 et 1453. Cette guerre s'inscrit dans un contexte occidental fort mouvementé où d'autres conflits, plus ou moins liés à elle, influent sur son déroulement : affrontement anglo-écossais (1328-1455), trouble en Flandre (1336-1345 et 1381-1388), guerre de succession de Bretagne (1341-1365), guerre de Castille (1351-1369)...

Crise politico-dynastique

L'un des enjeux (voir le principal dans la première phase de la guerre de Cent Ans), était la Guyenne (l'Aquitaine actuelle). Mais le conflit féodal entre les deux royaumes remontait au XIIème siècle, avec la première guerre de Cent Ans (conflit entre Capétiens et Plantagenêt entre 1159 et 1259) qui se doublait d'un conflit dynastique causé par l'interruption de la descendance mâle directe des Capétiens, avec la mort de Charles IV de France, le 1er février 1328. Sans fils héritier, une assemblée de barons et de prélats désignent le cousin du roi de la branche des Valois, Philippe VI de Valois, comme régent puis roi.

Pour le roi d'Angleterre Édouard III et les Anglais, il devient de plus en plus inacceptable de s'humilier devant les français en leur prêtant hommage pour la Guyenne. En effet, Édouard III se trouvait être le vassal de Philippe VI de Valois selon le traité de Paris de 1259 et devait donc reconnaître la souveraineté du roi de France sur la Guyenne. C'est à dire que le roi de France avait le dernier mot sur toutes les décisions notamment judiciaire prises en Guyenne. En droit féodal, Édouard III en voulant s'émanciper s'exposait à la commise pour félonie (la confiscation du fief du vassal par le seigneur lorsque le vassal avait manqué à la fidélité qu'il devait à son seigneur). Mais si le roi d'Angleterre faisait valoir ses droits dynastiques à la couronne de France pour être légalement roi de Guyenne, cela revient de sa part à déclarer la guerre aux Valois. C'est ce qu'il a fait après que Philippe VI eut confisqué le duché de Guyenne.

Il ne faudrait cependant pas oublier dans cette crise "politico-dynastique", qu'une crise économique traversait une Europe féodale en pleine mutation depuis le XIème siècle et qui voyait sa population fortement augmenter, franchissant un seuil qui dépassait les capacités de productions agricoles à la fin du XIIIème siècle. La noblesse cherchait dans la guerre de nouvelles sources de profits. Les épidémies et les famines se succédaient et la Peste Noire précipitait la récession démographique en 1348.

Les forces en présence

La taille des armée est en apparence, inégale, au bénéfice de la France. Le roi de France pouvait compter en 1340 sur près de 30 000 hommes d'armes auxquels venaient s'ajouter 17 000 hommes à pied. L'ost féodal (l'armée en campagne) était essentiellement composé de nobles, chevaliers et écuyers qui sous les ordres de leurs seigneurs, s'équipaient et se ravitaillaient à leurs frais. La guerre était une obligation de vassal : on l'a faisait pour la prouesse, le butin et la rançon mais pas pour l'amour de sa nation.

L'armée anglaise était 2 à 3 fois moins importante mais était plus moderne. Son armement et son recrutement avaient déjà évolué. Les nobles pouvaient se faire remplacer au service militaire et ceux qui restaient, étaient des volontaires. Engagés par contrats, ils obéissaient à un capitaine qui était placé directement sous les ordres du roi. Les combattants à pied étaient nombreux et redoutables, tels les fameux Gallois spécialisés dans le maniement du grand arc. L'armée anglaise avait acquis de l'expérience lors des luttes difficiles contre l'Écosse et avait été renforcée par les nobles gascons.

En définitive, l'armée anglaise, bien que moins importante en nombre, était bien plus redoutable et efficace que l'armée chevaleresque française.

Les premiers combats n'étaient pas des confrontations directes, chacun des camps soutenant les adversaires des uns dans les différents conflits qui parsemaient l'Europe. C'est le cas des Français soutenant les Écossais dans leur guerre contre les Anglais. Ces derniers soutenaient la Bretagne monfortiste contre la Bretagne blésiste lors de la guerre de succession de Bretagne.

Cela commence mal pour la France

Les confrontations directes débutèrent lorsque le roi Édouard III décida de conduire la première chevauchée à travers le royaume de France. Il déboula ainsi dans la plaine de Crécy où, le 26 août 1346, l'ost française ne résista pas bien longtemps face aux archers longs anglais. Philippe VI fut défait et sa noble cavalerie massacrée. Édouard III poursuivit jusqu'à Calais, qui se rendit en 1347. En 1348, l'arrivée de la peste noire par Marseille imposa la trêve jusqu'en 1355. Le tiers de la population, parfois la moitié d'une région, trouva la mort, fauché par le fléau qui fut vécu comme une punition divine.

Jean II le Bon pris la succession sur le trône de France à la mort de Philippe VI le 22 août 1350. Il s'entoura d'homme de confiance comme Du Guesclin et Charles de La Cerda, son favori. Il doit faire face à la crise dans son pays, aux grandes compagnies (des mercenaires privés d'employeurs, durant les périodes de paix, appelés aussi routiers) qui terrorisèrent les campagnes mais aussi et surtout à Charles le Mauvais, comte d'Évreux et roi de Navarre qui par sa mère, Jeanne II de Navarre (fille du roi de France Louis X le Hutin) a des prétentions sur la couronne de France. Charles le Mauvais cherchera des alliances avec Édouard de Woodstock, dit le Prince noir, le fils d'Édouard III et fit assassiner Charles de La Cerda en 1354. Deux ans plus tard, Charles le Mauvais fut arrêter par Jean II le Bon. La Normandie qui était sous la coupe de Charles le Mauvais passe du côté anglais et la guerre de Cent Ans reprit de plus belle.

Le Prince Noir mena plusieurs chevauchées depuis la Guyenne. Le 19 septembre 1356, l'armée de Jean le Bon tenta de couper la route du Prince Noir qui revenait d'un raid sur Tours. La bataille fut engagé dans la plaine de Maupertuis, près de Poitier et montra une nouvelle fois la supériorité des Anglais. Mais le pire arriva... le roi de France est fait prisonnier et son fils, le jeune Charles est incapable de reprendre le contrôle du pouvoir. Étant à la tête d’une monarchie ruinée et sans armée, il était obligé de laisser chaque région se défendre par elle-même. Édouard III négocia alors d’importantes concessions territoriales et financières. En janvier 1358, Charles de Navarre libéré, fut en mesure de prendre le pouvoir. Le royaume de France va mal, d'autant plus que Jean le Bon était très populaire parmi le peuple. Celui-ci se révolta contre la noblesse l'accusant de tous les maux qui touchaient la France. La Grande Jacquerie éclata en mai-juin 1358 dans de nombreuses régions au nord de la Loire.

En 1359, Jean le Bon était toujours emprisonné. Devant la résistance du régent, face à ses propositions, Édouard III lança une nouvelle chevauchée en France à la recherche d'une nouvelle grande victoire. Il ne l'a trouva pas puisqu'il traversa un pays vide de paysans et de soldats à combattre. Le 8 mai 1360, de nouvelles négociations aboutirent au château de Brétigny et un traité fut ratifié à Calais le 24 octobre 1360. La rançon du roi Jean le Bon était fixée à 3 millions d'écus d'or et le roi d'Angleterre reçut de nombreuses régions (la Guyenne, la Saintongue, le Poitou, le Limousin, le Quercy, le Périgord, le Rouergue et la Bigorre) qui s'ajoutèrent à ceux déjà annexés comme Calais. Jean le Bon devait aussi abandonner toute souveraineté sur les territoires cédés tandis que le roi d'Angleterre devait renoncer à revendiquer la couronne de France.

Durant cette première phase de la guerre , l'Angleterre s'en sort renforcée et enrichie par les gros profits engendrés par des rançons ou des pillages. De retour en France, Jean le Bon reprit le pouvoir et décida de stabiliser la monnaie en créant le franc or, institua une taxe sur les transactions et généralisa la gabelle (taxe sur le sel). Mais ces divers mesures ne remplirent pas les caisses de l'état. Quant aux routiers, ils continuèrent de piller le pays. Charles le Mauvais de retour après son incarcération, retourna en Normandie où il occupa divers places fortes et continua à se montrer menaçant pour le trône de France. La rançon du roi tarda à être payée et Jean le Bon dû retourner se constituer prisonnier en Angleterre, où il mourut le 8 avril 1364.

Guerre Froide

Charles redevient régent et doit faire face comme Philippe VI et son père Jean le Bon, à la convoitise de ses ennemis normands et anglais. Du Guesclin est chargé d'assurer la défense de la Normandie contre Charles le Mauvais. Le 16 mai 1364, sous les ordres de ce dernier, Jean de Grailly tenta avec ses Gascons de prendre la basse Seine, il se heurta aux troupes bretonnes de Du Gueslin qui remporta la bataille de Cocherel, scellant ainsi le début du règne de Charles V ainsi que la pérennité des Valois. Le 19 mai 1364, le nouveau roi, dont la légitimité ne faisait plus de doute, fut sacré à Reims. Charles V de France, dit Charles le Sage, avait une santé précaire et un physique ingrat, mais était reconnu pour sa sagesse, d'où son surnom.

Jusqu'en 1367, le traité de Calais fut normalement appliqué. Édouard III et Charles V tentèrent de liquider les bandes de routiers qui sévissaient dans leurs régions respectives. La guerre de succession de Bretagne prit fin avec la victoire du camp monfortiste soutenu par les anglais. En Espagne, Henri de Trastamare, soutenu par les français et aidé par Du Guesclin, fut défait à Najera en 1367 face à Pierre le Cruel soutenu et aidé par le Prince Noir et John Chandos (connétable d'Aquitaine et grand capitaine anglais). Malgré ces défaites indirectes, Charles V commença a s'attirer les faveurs de plusieurs puissances européennes. Il gagna ainsi la neutralité avec le Saint-Empire, alors en mauvaise terme, et s'assura l'amitié avec l'Écosse et le Danemark, tous deux en mauvais termes avec l'Angleterre. Il soutient aussi Owain Glyndŵr, prétendant au trône du Pays de Galles. Pour financer sa campagne en Espagne, le Prince Noir leva de lourds impôts en Guyenne, mécontentant les nobles locaux qui envoyèrent alors des plaintes au roi d'Angleterre qui les déboutèrent, mais aussi au roi de France qui bien au contraire les reçurent. Ceci mis fin au traité de Brétigny, Charles V reconfisqua la Guyenne et Édouard III reprit le titre de roi de France. La guerre reprit alors et la reconquête commença.

Heureusement, Du Guesclin était là

Du Guesclin qui était chargé d'entraîner les grandes compagnies, fut nommé connétable en 1370. Il mena des petites offensives pour progresser petit à petit de villes en villes et de châteaux en châteaux, en pratiquant la technique de la terre brûlée que connaissait bien ses hommes issus des bandes de routiers. Cela permettait de ralentir les chevauchées des Anglais. En quatre ans, le roi d'Angleterre avait presque tout perdu. Il lui resta Calais, Bayonne et Bordeaux.

Le Prince Noir mourut le 8 juin 1376 sans qu'il puisse monter sur le trône d'Angleterre puisque son père Édouard III perdit la vie le 21 juin 1377 après 50 ans de règne. C'est Richard II (fils du Prince Noir) qui prit alors la succession. Charles le Mauvais, quant à lui abandonna en 1378 ses possessions normandes. Seul la Bretagne, soulevée contre le roi de France, resta à Jean IV de Montfort. Cette reconquête put se faire ainsi aussi efficacement grâce à l'impôt prélevé d'année en année pour financer l'armée qui était désormais sous le contrôle du pouvoir royal. À sa mort survenu le 16 septembre 1380, Charles V laissa un pays presque unifié mais aussi un pouvoir consolidé, autonome par rapport à la noblesse et sur le plan financier.

Le Grand Schisme et conflits d'intérêts

Tout semble être rentré dans l'ordre. Ce fut sans compter sur le grand schisme de l'église qui, en 1378, se divisa en deux obédiences rivales à la suite de l'élection de Clément VII. Il y a désormais deux papes avec chacun leur propre vision de la chrétienté et leur propre volonté réformatrice. Et bien entendu les anglais et les français ne soutinrent pas le même pape. La France reconnaissait le pape d'Avignon Clément VII et l'Angleterre le pape de Rome Urbain VI.

En 1380, Charles VI pris la place de son père mais étant encore mineur, se sont ses oncles qui prirent la régence. Cependant, ceux-ci défendirent leurs propres intérêts en utilisant le trésor du royaume, accumulé par l'impôt permanent des années précédentes, tels Louis duc d'Anjou en Italie du Sud, Jean duc de Berry en Languedoc ou le duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, dans les Pays-Bas. Ils firent aussi de grandes fêtes fastueuses pour s'adjoindre le soutient des nobles.

Situtation confuse en France

En 1388, Charles VI, âgé désormais de 20 ans, décida de renvoyer ses oncles pour les remplacer par les anciens conseillers de son père : les Marmousets. Ils prêtèrent le serment de rester unis et amis, solidaires l'un envers l'autre. Ils eurent un programme de réformes qui impliquait un changement radical de politique, qui magnifiait la paix aux dépens de la guerre et entreprenait une méticuleuse remise en ordre des affaires intérieures. Grâce à cela, Charles VI était devenu le monarque le plus riche de l'Europe. Les terres dévastées ou abandonnées furent reconstruites. La noblesse qui retrouva une nouvelle vitalité tenta d'ailleurs de lancer une nouvelle Croisade contre les Turcs, cela se termina malgré tout par le désastre de Nicopolis en 1396.

Cependant en 1392, la folie vint frapper Charles VI pour la première fois alors qu'il se trouvait au Mans. La maladie du roi, au moins jusqu'en 1400, connaissait des rémissions. Cela entraîna le retour des oncles au gouvernement, tandis que furent épurés les Marmousets. Le système des apanages (voir définition sur Wikipédia), mis en place par Jean le Bon et Charles V transforma ces princes en chefs politiques de puissantes principautés territoriales. Pendant un temps, leurs intérêts, ainsi que les liens familiaux qui les unissaient au roi, ne les poussèrent pas jusqu'à la dislocation du royaume.

Au début du XVème siècle, débuta une guerre civile en France. Philippe le Hardi et Louis d'Orléans, le frère cadet du roi, s'opposèrent, au sujet de leurs ambitions territoriales, de la politique pontificale ou du gouvernement royal. Les échauffourées commencèrent alors entre les deux protagonistes bien qu'elles furent limitées jusqu'à la mort de Philippe le Hardi en 1404. Son fils, Jean sans Peur, beaucoup moins modéré, prit sa succession et fit assassiné Louis d'Orléans, le 23 novembre 1407, enclenchant ainsi une vendetta, la guerre civile entre Bourguignons et Armagnacs et tous celles et ceux venus les soutenir. À partir de 1411, la situation fut des plus confuses. Des troupes furent levées, des paix se succédèrent ou s'estompèrent, tandis que les Anglais dirigés désormais par Henri IV de Lancastre furent appelés comme alliés. En 1413, Paris était contrôlé par les Armagnacs.

Les Anglais se rebiffent

En Angleterre, Henri IV qui avait renversé Richard II en 1399, établit une nouvelle dynastie. Son fils le succède à sa mort en 1413. Plus ambitieux et chevaleresque, le nouveau roi Henri V, entendit les appels des princes français. Il prépara une chevauchée tout en négociant une paix qui devait succéder aux trêves et qui devait lui redonner les anciens fiefs des Plantagenêts. En août 1415, il s'empara d'Harfleur en Haute-Normandie puis se retira à Calais encore anglais.

Le 25 octobre 1415 eut lieu la célèbre bataille d'Azincourt. Une nouvelle grande défaite pour la France face une nouvelle fois aux inégalables archers anglais. Les Français perdirent 6 000 chevaliers dont plusieurs nobles et d'autres furent fait prisonniers. Le choc moral fut retentissant parmi les français.

Charles VI était vaincu par la maladie, incapable de gouverner tout comme sa femme Isabeau de Bavière. Son dauphin, Louis de Guyenne mourut brusquement quelques jours après Azincourt. Jean, le nouveau dauphin, mourut en 1417 et ce fut Charles, son onzième enfant, qui devint l'héritier du trône.

En 1417, alors que les Bourguignons lançaient une attaque pour reprendre Paris aux Armagnacs, les Anglais entreprirent une nouvelle offensive sur la France. Les Anglais contrôlèrent ainsi la Normandie et le Cotentin. Jean sans Peur, tenta de rallier à sa cause plusieurs ville par la propagande, proclamant sa volonté de corriger les abus et de supprimer les impôts. Il réussit à rallier le nord du royaume ainsi que la reine Isabeau. À Paris, où les Armagnacs furent très impopulaires, les Bourguignons avec Jean sans Peur furent accueillis le 28 mai 1418. Les Armagnacs sont massacrés. Le dauphin, le futur roi Charles VII, prenant la tête des Armagnacs, s'enfuit à Bourges où il se proclama régent du royaume. Jean sans Peur, le duc de Bourgogne, voulant le faire entrer dans son obédience, organisa une entrevue le 10 septembre 1419. Jean sans Peur y perdit la vie, assassiné par les gens du régent. Son successeur et fils, Philippe le Bon, choisit de traiter avec le roi d'Angleterre qui réclamait la couronne de France. La France est partagé en deux, La France du Nord des Bourguignons et du roi d'Angleterre et celle du sud dirigé par le régent. En 1422, Henri V mourut prématurément le 31 août, suivit de Charles VI, dont la folie s'était aggravé, le 21 octobre. Mais cela ne change rien, leur fils respectifs, Henri VI, duc de Bedford, et Charles VII, prirent leur succession. La lutte pour la couronne recommença de plus belle.

Le royaume de France alla de nouveau mal. L'économie subissait la conjonction des événements militaires, des crises de subsistances et de l'épidémie (la population avait accru sous le règne de Charles V). Les campagnes furent vidées de la moitié de leur population. Charles VII subissait l'influence de ses conseillers armagnacs, partisans d'une guerre à outrance. De plus, son entourage se déchirait entre factions rivales. Le royaume de France de Charles VII connu de nouvelles défaites importantes à Cravant en 1423 et à Verneul en 1424. Mais en face, personnes ne fut capable de mener des actions de grandes envergures. Le duc de Bourgogne étant occupé dans les Flandres, Henry VI, désormais isolé, entrepris le siège d'Orléans en 1428.

Et la Pucelle d'Orléans apparut...

Ce fut à ce moment qu'apparut Jeanne d'Arc, la Pucelle d'Orléans. Elle se présenta à Chinon le 6 mars 1429 devant un Charles VII affaibli. Peut-être eut-il voulu y voir un signe divin ? En tout cas, le roi lui fournit l'équipement qui était octroyé au capitaine et lui demanda de rejoindre l'armée française qui marchait sur Orléans. La ville fut délivrée le dimanche 8 mai et les anglais sont repartis presque sans combattre. Une suite de succès plus locaux que nationaux complète cette victoire plus psychologique que militaire. La prochaine étape de Jeanne fut de sacrer son roi pour qu'il soit seul roi légitime. Le 18 juillet 1429, Charles VII est sacré à Reims en plein pays bourguignon.

Le rôle de Jeanne d'Arc devint alors plus faible. Le 8 septembre 1429, elle fut blessée par un carreau d'arbalète lors du siège de Paris. Cela marqua le début des échecs et l'isolement. Sa chevauchée se réduisait à des petites escarmouches qui le 23 mai 1340, à Compiègne la fit tomber au main de ses ennemis. Jugée pour sorcellerie à Rouen, elle fut conduite au bûcher le 31 mai 1431 sans que Charles VII ait pu intervenir.

Charles VII, grand réformateur

Les gens de Charles VII commencèrent alors à user de diplomatie. La guerre devenait de plus en plus impopulaire d'autant plus que les routiers continuaient de piller et ravager les campagnes. Le traité d'Arras fut signé le 20 septembre 1435 entre Charles VII et Philippe le Bon. Cette paix bienvenue, dispensait au duc bourguignon de l'hommage tout en restant vassal du roi et lui attribuait une forte indemnité ainsi que la possession des villes de la Somme, les comtés de Mâcon et d'Auxerre. Il ne resta plus qu'à Charles VII de reprendre les possessions anglaises. En 1436, Paris était déjà repris.

En 1440, le royaume de France n'était toujours pas en paix. La Normandie anglaise résistait encore et les tentatives pour la libérer échouèrent. Les routiers continuaient le saccage des campagnes. La peste et la famine s'ajoutèrent aux supplices de la population.

Charles VII dû faire appel à l'impôt permanent pour assurer ses ressources et permettre la réalisation de mesures à la fois administratives et militaires. De nouveaux officiers furent recrutés, et l'administration décentralisée tenta de ménager les particularisme locaux. La fiscalité pontificale fut supprimée avec la Pragmatique Sanction (voir Wikipédia pour plus de détail) adoptée par l'assemblée du clergé, étendant ainsi les fonctions du roi qui s'affirmait dès lors comme le gardien des droits de l'Église de France. Enfin, le roi décida de recruter une armée permanente de 15 compagnies réparties sur tout le royaume, permettant, entre autre, le maintient de l'ordre dans les campagnes. L'armée française se professionnalisa et se modernisa.

Grâce à toutes ses réformes, Charles VII put terminer la reconquête. En Normandie, la campagne est courte et se termine par la victoire décisive de la France le 15 avril 1450 à Formigny. En Guyenne, la défense anglo-gasconne céda tout aussi rapidement et la bataille de Castillon, le 12 juillet 1453, marqua la fin de la guerre de Cent Ans, bien qu'aucune paix n'eut été signée. Deux années plus tard, éclata dans le royaume d'Angleterre la guerre des Deux-roses...

  • Aymdef El Présidente, Rédacteur en chef, Testeur, Chroniqueur, Historien Email | Twitter
  • "L'objet de la guerre n'est pas de mourir pour son pays, mais de faire en sorte que le salaud d'en face meure pour le sien." George S. Patton
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