La France, la victoire en chantant

3 juillet 2012 par Kreuzberg | Histoire militaire | Époque moderne

La France, la victoire en chantant

S'il y a bien une chose primordiale dans une armée, c'est la musique. Servant à adoucir et à réconforter les soldats au coin du feu le soir, à faire lever les troupes le matin et à « envoyer les couleurs », la musique a aussi servi durant des siècles à donner les ordres sur le champ de bataille. Ensemble, nous allons découvrir sept petits fragments de l'histoire de la musique militaire française. Musiciens, êtes-vous prêts ?

Le Pas de Charge de la Marine Impériale

Voici le Pas de Charge de l'une des plus grandes unités de la Grande Armée, j'ai nommé : les Marins de la Garde ! Ces matelots ont été appelés en 1803 par Napoléon pour faire partie de la Garde Consulaire, puis de la Garde Impériale. En 1814, ils suivirent l'Empereur dans son exil sur l'Île d'Elbe. Ces glorieux soldats ont réalisé leurs faits d'arme en Espagne, mais aussi dans la défense de Paris en 1815, après Waterloo. Hélas, ils ne purent suivre l'Empereur dans son exil mortel à Saint-Hélène.

La Marche des Pupilles de la Garde

En août 1810, l'Armée du Royaume de Hollande passe au service de Napoléon dans la grande Armée. Une légion de vélites est mise sous le commandement du major Dibbets. Dans celle-ci, on pouvait y trouver des orphelins (les pupilles) et bien évidemment des vélites (enfants dont leurs pères militaires sont morts à la guerre). L'Empereur décide de les intégrer à la garde Impériale le 24 mars 1811.

Les rangs grossissent et en 1813, les jeunes recrues sont appelées à combattre au front ! Les pupilles de la Garde n'existent plus, car ils fusionnent avec le 7ème régiment de tirailleurs de la jeune Garde.

Les batailles s'ensuivront et le dernier exploit des ex-Pupilles devenus Tirailleurs sera la défense admirable de la barrière de Clichy avec le maréchal Moncey en 1814. Peu après, le régiment sera licencié suite à l'abdication de Napoléon...

Le Pas Redoublé de la Garde Impériale

Le Pas Redoublé de la Garde Impériale (ou Pas Accéléré) avait une cadence de marche de 60 pas à la minute à l'époque, alors qu'aujourd'hui, le Pas Accéléré a une cadence de marche de 70 à 200 pas à la minute. Néanmoins, la Grande Armée était à son époque, l'armée la plus rapide d'Europe, c'est-à-dire l'armée la plus rapide du monde ! Le Pas Redoublé de la Garde Impériale servait donc à changer d'allure de marche.

La Marche de la Jeune Garde à Leipzig

La Bataille de Leipzig, aussi appelée "Bataille des Nations" fut la plus grande et la plus terrible de toutes les batailles napoléoniennes et la défaite qui a eu le plus de conséquences) pour Napoléon 1er.

Suite à la désastreuse Campagne de Russie et aux revers espagnols, une coalition anti-française se forma entre les grandes puissances européennes en 1813. Napoléon Ier tente alors de reprendre Berlin, mais échoue.

Alors, pour protéger les lignes de ravitaillement de l'armée française, il s'enferme dans la ville allemande de Leipzig avec environ 190.000 hommes. Les coalisés arrivent avec 330 000 hommes. La ville est encerclée (sauf à l'ouest), et l'armée française est peu à peu prise dans un puissant étau. Le 16 octobre 1813, la plus grande bataille napoléonienne commence, et elle durera 4 jours entiers où les Français agoniseront.

Le coup de grâce sera la trahison des alliés Saxons (alliés de la France jusqu'alors) qui, alors que Napoléon fait évacuer Leipzig le 18 octobre, retournent leurs armes contre leurs camarades français ! C'est à ce moment que la jeune Garde charge contre les Autrichiens au son de cette marche que vous entendez dans le village de Dölitz.

La retraite se poursuivra dans un chaos total jusqu'au lendemain après-midi, où un régiment du Génie Impérial Français détruira le seul pont encore debout par peur que l'ennemi n'arrive. À ce moment, un tiers de l'armée française n'a pas traversé le pont, et les soldats n'ont d'autres choix que de mourir en voulant traverser le fleuve à la nage ou en se constituant prisonniers auprès des Coalisés.

Les conséquences de la bataille sont désastreuses : on estime que les deux camps ont perdu 90 000 à 100 000 soldats de chaque côté, et plus de 30 000 soldats français blessés sont faits prisonniers dans les hôpitaux par les troupes coalisées. De plus, l'Empire Français perd le prince Joseph Antoni Poniatowski (neveu du dernier Roi de Pologne et vaillant maréchal français) qui s'est noyé en voulant traverser le fleuve à la nage, ainsi que les généraux Aubry, Camus de Richemont et Couloumy morts au combat.

Les lignes de ravitaillement françaises sont coupées, la grande Armée évacue l'Allemagne et la Belgique en fin d'année 1813 et début d'année 1814 : la Campagne de France commence et la couronne impériale française chancelle.

La Marche des Éclopés

La marche des éclopés servait à rythmer le pas des blessés (comme son nom l'indique !). Les corps de musique étaient décomposés en deux : une partie jouait pour les "valides" au front, l'autre partie jouait pour les "éclopés" à l'arrière afin que ces derniers rejoignent le front !

La Marche de la Garde à Waterloo

Lors de la bataille de Waterloo, c'est au son de cette musique que la Garde Impériale, unité d'élite de la Grande Armée, marcha contre l'armée multinationale britannique à 19H30.

L'Hymne de l'Infanterie de Marine

Quittons désormais le Premier Empire pour nous diriger vers notre époque actuelle. Voici l'hymne de l'Infanterie de Marine, important corps d'arme français qui compte toujours parmi les plus courageux, patriotes et glorieux corps d'arme français. L'Infanterie de Marine participe actuellement, par exemple, aux missions en Afrique et en Asie de l'Ouest/Proche-Orient.

Les choristes dans l'âme vont aussi apprécier ce chant car j'ai la bonté de vous mettre les paroles :

« Dans la bataille ou la tempête,
Au refrain de mâles chansons,
Notre âme au danger toujours prêt,
Brave la foudre et le canon !
Homme de fer que rien ne lasse,
Nous regardons la mort en face
Dans l'orage qui gronde ou le rude combat.

En avant !
Pour faire un soldat de Marine
Il faut avoir dans la poitrine
Le cœur d'un matelot et celui d'un soldat !
En avant !
Pour faire un soldat de Marine
Il faut avoir dans la poitrine
Le cœur d'un matelot et celui d'un soldat !

Souvent dans la zone torride 
La dent du tigre ou du lion
La fièvre ou la balle homicide
Viens décimer nos bataillons !
Alors vers la mère Patrie
On voit crispé par l'agonie,
Dans un suprême effort notre front se retourner.

En avant!
Et notre regret unanime
Chère France, ô pays sublime!
C'est de n'avoir qu'une vie à donner
En avant!
Et notre regret unanime
Chère France, ô pays sublime!
C'est de n'avoir qu'une vie à donner
En avant!

Et notre regret unanime
Chère France, ô pays sublime!
C'est de n'avoir pour toi qu'une vie à donner !
Soit fier soldat de Marine
La victoire aima tes chansons
Et ton front bruni qu'illumine
L'éclat des grandes actions
Du Bosphore à la Martinique
Du Sénégal au Pacifique
On voit de ton drapeau resplendir les trois couleurs

En avant!
La gloire t'a pris sous son aile
Car à l'honneur toujours fidèle
Tu meurs en combattant ou tu reviens vainqueur !
En avant!
La gloire t'a pris sous son aile
Car à l'honneur toujours fidèle
Tu meurs en combattant ou tu reviens vainqueur ! »


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  • Kreuzberg Ex-Chef de la section littérature , Ex-Testeur, Ex-Chroniqueur, Ex-Historien

  • Ancien membre d'HistoriaGames : Tombé au combat