The Banner Saga

Mère des phoques
Thématique
Mythologie nordique
27 janvier
2014
Info sur le jeu
Plateforme
  • PC Windows
  • Mac OS X
  • Linux
  • PlayStation 4
  • Xbox One
  • PlayStation Vita
  • Android
  • iOS
ÉditeurStoic Studio
DéveloppeurStoic Studio
Date de sortieJanvier 2014

Aux dernières nouvelles, le studio King n'a toujours pas levé son opposition contre Stoic pour avoir le droit d'utiliser le terme « Saga » dans le titre du jeu, se rapprochant trop du « Saga » de Candy Crush S'il y a un fait indéniable dans tout cela, les joueurs cherchant des bonbons ou autres friandises se sont trompés de pages car The Banner Saga propose bien des avantages mais pas de sucres.

Un périple sur les terres du nord chargées de mythologie

Le destin lié de deux caravanes qui depuis la disparition du soleil et le retour des dregdes, créatures de pierres au but destructeur, tentent tant bien que mal de survivre dans ce monde dont la fin semble de plus en plus proche. Un monde dans lequel le soleil ne brille plus, les montagnes se fendent sous les mouvements d'un serpent géant, la fin du monde semble proche... Des événements qui évoquent grandement le Ragnarök et Jörmungad...

Aux prémisses de l'aventure, deux peuples : les varls, des géants cornus aux prouesses guerrières et les humains, simples mortels. Face à l'ennemi commun, des alliances vont se créer de part et d'autres, mais pas uniquement, car la trahison rôde sans cesse également. Côte à côte, varls et humains traversent les terres de glaces en caravane, entraînant avec eux les survivants n'ayant pas encore perdus espoir, ensemble ils décident de suivre le chemin les menant au soleil.

La vie ne tient qu'à un fil, une parole, un choix...

Voyager dans une caravane implique certaines responsabilités, surtout quand il faut veiller sur plus de 500 personnes. Préoccupation première, survivre et il faut vivre pour manger -non l'inverse- c'est pourquoi l'interface indique clairement le nombre de jours passés, la renommée, l'humeur des passagers, leurs nombres, le nombre de combattants et de varls, ainsi que l'état des stocks de nourritures. L'argent est remplacé par la renommée -des points augmentant pendant et à l'issue des batailles- la renommée sert de monnaie dans les boutiques, pour permettre l'achat de nourritures et d'accessoires, mais aussi à promouvoir les guerriers afin qu'ils montent de niveau. Au fil de l'aventure, la renommée se fait de plus en plus maigre, les rations et les effectifs aussi.

D'autant plus qu'à l'inverse de la majorité des RPGs, dans The Banner Saga, les morts restent morts. Effectivement, s'il est d'usage dans les RPGs de se constituer une équipe, de la voir grandir, se débattre jusqu'à la fin... L'issue de certains choix peut s'avérer fatale, ainsi le personnage exercé depuis des heures disparaît sans jamais revenir. L'entraînement dont il a bénéficié, les points de renommées dépensés pour lui, s'envolent aussi. Ce qui est facilement qualifiable de gâchis. Cependant avec du recul, c'est ce genre de coup dur qui donne de la rejouabilité à The Banner Saga.

Puisque chaque parole, chaque acte influent réellement et parfois fatalement sur le scénario, ce dernier bénéficie alors d'une multitude d'embranchements à découvrir, renforçant dignement l'intérêt de la trame qui à elle seule en suscite déjà beaucoup, bien que certains choix vis-à-vis du comportement des personnages sont désolants. Si par moment, les traversées en caravane sembleront longues pour les joueurs qui contemplent avec passivité, c'est toujours lorsque la lassitude commence à venir qu'un événement vient pimenter l'aventure, que cela soit une bataille ou une simple querelle entre voyageurs. En sachant, que tous les faits, aussi insignifiants soient-t-ils, ont en réalité un véritable impact scénaristique.

Des combats dynamiques et stratégiques

Les combats sont véritablement dynamiques, il ne s'agit absolument pas du genre d'affrontements qui s'éternisent durant des heures face à un seul ennemi. À tout moment du voyage, il est possible de changer les membre de son équipe, les accessoires qu'ils portent, l'ordre dans lequel ils agissent car les combats s'effectuent au tour par tour et une fois dans le feu de l'action tout va très vite tant les batailles sont pensées pour être dynamique Un point négatif toutefois, les combats sembleront répétitifs au départ, une fois une équipe formée et appréciée l'impression s'envole pour laisser place à une sensation de maîtrise. Il faudra bien sûr, s'adapter au scénario qui à tout moment peut arracher un personnage à l'histoire.

Chaque personnage dispose de ses propres techniques, à quelques rares exceptions, aucun ne propose les mêmes capacités qu'un autre bien qu'ils aient la même arme entre les mains. Les capacités de déplacement, la position des ennemis et des alliés, le nombre de points de vie et de défense restants sont des facteurs dont il faudra tenir compte. Car si la défaite ne signe pas l'arrêt du jeu, les victoires sont nécessaires au gain de renommée, dont la fonction indispensable a été explicitée plus haut. Parmi les faits attendus, les varls bénéficient d'armes lourdes (marteau, hache), les hommes d'armes plus souples (épée, crosse) quant aux femmes, elles manient toutes un arc... Parmi les inattendus, les combattants ne sont pas à l'abri des attaques alliées et peuvent donc y succomber.

Un esthétisme hautement soigné

Enfin, il est indéniable que The Banner Saga a bénéficié d'un rendu graphique sublime. Les terres nordiques sont teintées de bleu leur offrant un aspect doux et réconfortant bien que l'hiver se veut mordant. Le rouge des interfaces des dialogues dénotent sur le paysage sans même paraître tâcher ce dernier. Les personnages sont sans cesse animés, pendant les dialogues comme pendant les combats, il est d'ailleurs à remarquer que pendant ces derniers, leurs animations ne peuvent se faire en oblique, ce qui amène à des situations défiant la logique. Le personnage tirant droit devant soi bien que sa flèche atteigne un ennemi situé en diagonale sur sa droite.

Quant au sound design, il plonge directement les joueurs dans l'ambiance alors que le jeu n'a même pas démarré. Malheureusement, les personnages ne profitent pas de doublages, ce qui sans l'animation de leurs corps rendrait les phases de dialogues plutôt insipides. L'aventure se voit ponctuée lors d'événements bien précis de chants en chœur, un narrateur se fait entendre lors de l'arrivée dans une nouvelle ville. Il est délicat de retranscrire à l'écrit, ce qui s'entend si bien. Un dernier point alors qui mérite d'être notifié, le compositeur n'est autre qu'Austin Wintory, ayant travaillé précédemment sur Journey.

Test de The Banner Saga  Test de The Banner Saga  Test de The Banner Saga  Test de The Banner Saga

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8.0
The Banner Saga

Ennivrant
D'une beauté enivrante, il est difficile d'imaginer que The Banner Saga n'est pas le produit d'un grand studio. Nul besoin d'en dire davantage sur ce jeu qui ne manque déjà pas d'éloge, si ce n'est qu'une suite voire plusieurs sont à réclamer.
Intérêt mythologique :
  • +La grande richesse scénaristique qui garantit la rejouabilité du jeu
  • +L'implication du joueur via des choix qui pèsent très lourds
  • +Une bande-son immergeante
  • +La splendeur de l'habillage graphique
  • +Un dynamisme indéniable offert par les combats
  • -Des clichés qui reviennent se mêler aux caractéristiques des personnages
  • -Une impression de longueur occasionnelle pendant les phases de voyages
  • -Des dialogues qui manquent de tonicité
  • -En anglais uniquement (pour le moment ?)

  • Gallinulus Pinguis Sainte-Mère des bébés phoques, Rédactrice, Testeuse, Chroniqueuse
  • "Personne ne peut longtemps présenter un visage à la foule et un autre à lui-même sans finir par se demander lequel est le vrai" Nathaniel Hawthorne