Railway Empire

Petit Belge
Thématique
Époque contemporaine, Révolution industrielle
30 janvier
2018
Info sur le jeu
PlateformePC Windows
ÉditeurKalypso Media
DéveloppeurGaming Mind Studios
Date de sortieJanvier 2018

Lassé de jouer avec les mêmes trains électriques depuis des lustres ? Ou alors n’avez-vous tout simplement pas la place pour entreposer un tel jeu ? Dans ce cas, vous serez sûrement intéressés par Railway Empire qui, sous son aspect de simple jeu de gestion, cache en réalité tout un arsenal d’options offrant un jeu complet et une micro-gestion passionnante. Cependant, malgré ses nombreuses qualités, le titre souffre de quelques défauts majeurs qui pourraient en agacer plus d’un.

À la conquête de l’Ouest !

Railway Empire nous place à la tête d’une entreprise de chemin de fer dans la toute jeune Amérique au beau milieu du XIXème siècle. Le but est simple : faire prospérer son entreprise, créer de nouvelles lignes, rechercher de nouvelles technologies afin d’aller toujours plus vite, toujours plus loin !

Pour ce qui est des modes de jeu en eux-mêmes, il y en a quatre. Tout d’abord, la campagne, dans laquelle le joueur apprendra les bases et devra, au fur et à mesure des cinq chapitres, construire la ligne de chemin de fer transcontinental contre les aléas de la partie.

Ensuite vient un mode scénario, qui est simplement une liste d’objectifs à remplir, le tout emballé dans un contexte historique qui sert uniquement de toile de fond.

Enfin, arrive les modes « bac à sable » et « libre ». Le premier permet, comme son nom le laisse présager, de jouer de manière normale et sans contraintes de scénario. Le second permet de jouer sans argent et ainsi laisser libre cours à la fantaisie des joueurs.

Bien qu’assez vite répétitif, le jeu offre une très bonne durée de vie couplée à une excellente rejouabilité. Comptez un peu moins de trois heures pour boucler un chapitre, sans parler du mode « bac à sable » qui donne la possibilité de rejouer sur des cartes en changeant les paramètres et les conditions de la partie.

Test de Railway Empire  Test de Railway Empire  Test de Railway Empire  Test de Railway Empire

Une gestion variée

Sur les cartes, des villes sont dispersées avec chacune leurs besoins ainsi que leurs productions sans oublier le flot incessant de passagers ou encore de courriers. De plus, de petites exploitations agricoles ou minières sont également éparpillées ici et là. Cependant, ce n’est pas le rôle des joueurs de gérer tout ça. Dans le cas présent, l’objectif est de construire tout un réseau ferroviaire pour relier ces points et ainsi permettre le fonctionnement de l’économie, et surtout de s’enrichir !

Toutefois, il ne faut pas croire la tâche aisée. En effet, le jeu, sous son aspect sympathique, est complet et essaye de se rapprocher de la réalité. Il faudra donc optimiser ses voies, créer au mieux ses lignes pour desservir le maximum de lieux et choisir avec soin les locomotives en fonction du terrain ou de la mission. Par exemple, certaines seront puissantes mais lentes, ce qui sera utile pour le transport de nombreuses marchandises. Ou d’autre encore seront très rapides mais ne pourront emporter qu’une charge limitée, ce qui sera utile pour les trains express.

Il faudra ainsi construire les gares au bon endroit, les relier intelligemment et aussi prévoir des lieux de maintenance et de ravitaillement. En effet, avec le temps, les locomotives s’usent tout en consommant pétrole, eau et sable. Il sera primordial de veiller à maintenir cet équilibre sous peine de voir ses trains stopper à cause de pannes à répétition.

De plus, la gestion ne s’arrête pas à la création de chemin de fer. Tout un jeu boursier et de spéculations vient compléter un jeu déjà complet en soi. Les joueurs pourront ainsi emprunter des sommes d’argent avec un taux d’intérêt plus ou moins élevé. Il est également possible d’acheter et de revendre des actions dans plusieurs secteurs, comme des biens de consommations, des biens industriels, etc. Les joueurs pourront même acheter des actions à leurs adversaires, ce qui rapportera des dividendes et à termes, moyennant finances, ils pourront absorber complètement les concurrents pour les mettre hors-course. Par ailleurs, des entreprises pourront tomber en banqueroute, ce qui donnera lieu à des ventes aux enchères pour les racheter et ainsi les contrôler directement.

Un aspect assez inédit et somme toute sympathique (bien qu’un peu inutile) est la gestion du personnel. Avec le temps, des personnes viendront frapper à votre porte en quête d’un emploi. Chauffeur, gardien, journaliste, ingénieur, inventeur, conducteur, saboteur et j’en passe ! Chacune de ces professions apportera un petit bonus selon ses caractéristiques : vitesse accrue, maintenance plus facile, recherche accélérée,... Il est aussi amusant de voir que l’on peut engager des journalistes pour salir ses adversaires ou des saboteurs pour détruire leurs trains. Le jeu va même plus loin, car chaque personne aura son caractère et ne s’entendra pas forcément avec son collègue, créant des malus ou des démissions. Il est alors important de regarder les compositions de son personnel afin qu’il soit heureux et efficace.

La recherche et développement n’est elle aussi pas en reste. Le jeu s’écoulant de 1830 à 1910, jour par jour (découpé par tranches de 10 ans suivant la période choisie), il est normal d’avoir un arbre de technologie fourni, extrêmement bien fourni même. Outre les innombrables modèles de locomotives (historiques) qui raviront les passionnés, tout un panel d’améliorations viendra aider le développement de votre empire ferroviaire.

Toutefois, que cela ne rebute pas les néophytes. Railway Empire, bien que se voulant complet et réaliste, reste encore bien loin de la simulation pure et dure à la Paradox Interactive. De ce fait, le titre est pleinement abordable sans perdre de sa richesse.

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La bonne ambiance du Far West

Penchons-nous un instant sur la musique. Cette dernière, d’un style country tout droit sorti d’un saloon et forte de 41 morceaux, se révèle franchement agréable. Bien qu’assez discrète, elle contribue pour beaucoup à l’ambiance du jeu. On pourrait lui reprocher d’être un peu trop discrète, néanmoins, le véritable problème est que pour une raison qui nous échappe, la musique se coupe au bout d’un temps ! Au-delà du fait que le jeu perd de sa saveur sans ce petit plus, pourquoi diable arrive-t-elle à se couper alors qu’il y a 41 pistes ? Mais bon, ce n’est qu’un petit reproche sur un aspect presque sans fautes.

Que serait la gestion sans un personnage charismatique pour diriger l’entreprise ? Ces dits personnages, au modeste nombre de sept, permettent d’obtenir certains bonus en fonction de leur personnalité. Par exemple, l’industriel aura un petit pourcentage en plus sur les bénéfices tandis que le gangster pourra recruter des saboteurs à tarif réduit. Quoiqu’il en soit, ce sont des caricatures sur pattes qui feront au minimum sourire.

Du côté graphique, le titre s’en tire brillamment, pour un jeu de gestion du moins. Les graphismes sont propres, fins, détaillés, etc. Certes, ça ne révolutionnera absolument rien dans le domaine mais ils restent très agréables à regarder. De plus, pour rendre le jeu plus joli dans son ensemble, les menus sont également décorés, ça à l’air négligeable, néanmoins ça a le mérite de le rendre moins rébarbatif.

Notons encore que Railway Empire dispose de petites cinématiques dessinées, tout à fait charmantes, entrecoupant les chapitres de la campagne pour mettre les joueurs dans l’ambiance.

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Des cailloux sur la voie du succès

Malgré ses très nombreuses qualités, Railway Empire souffre néanmoins de plusieurs problèmes, plus ou moins importants, qui viennent littéralement pourrir l’expérience de jeu.

Le premier qui apparaitra sera sans doute la trop rapide répétitivité du titre. Comme dit plus haut, le jeu dispose d’une durée de vie tout à fait respectable. Toutefois, Railway Empire pourra très vite lasser les joueurs à cause du manque de diversité des tâches. À chaque partie, c’est globalement les mêmes objectifs ainsi que les mêmes techniques qu’il faudra exécuter. De plus, aucun évènement aléatoire ne viendra pimenter la partie ou vous compliquer la besogne.

Le deuxième problème à désigner réside dans le flagrant manque de difficulté. Jamais, au grand jamais, il n’y aura de catastrophe ! Vous aurez beau construire le pire réseau possible, vos trains ne commettront aucun accident. Par exemple, vous avez omis de les ravitailler ? Ce n’est rien, ils rouleront comme d’habitude avec toutefois quelques pannes de temps à autre.

Par ailleurs, on serait aussi tenté de croire que l’argent pousse sur les arbres, car la banqueroute est quasi impossible. Dix minutes d’attente tout au plus et les caisses sont renflouées, et on peut de nouveau améliorer ses voies !

De plus, les concurrents sont dénués d’agressivité et font bien plus office de figurants qu’autre chose. Concurrent est d’ailleurs un bien grand mot ! En effet, contrairement à ce que nous sommes en droit d’attendre, il n’y a pas vraiment de « bataille » afin de s’accaparer le monopole ferroviaire. Ces trois causes sont les principales raisons du grave manque d’action de Railway Empire, ce qui rend le jeu, malgré ses qualités, extrêmement mou.

Un troisième souci, moins grave que les deux cités ci-dessus, mais ô combien agaçant, viendra importuner la plupart des joueurs. Dans tout jeu de gestion qui se respecte, des personnes aussi diverses que variées interagissent avec vous via de petits dialogues pour vous informer de tout et n’importe quoi. Or, dans ce jeu, les concurrents vous parleront tout le temps pour un oui pour un non ! Assez comique au début, ce détail deviendra vite énervant. Surtout qu’il s’agit de commentaires sarcastiques pour vous rappeler que vous jouez comme une tanche ! Bien inutile donc.

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7.0
Railway Empire

Railway Empire est un très bon jeu de gestion. Plein de qualités et de bonnes idées, le jeu a toutefois du mal à les exploiter correctement. Doté d’une bonne durée de vie malgré une répétitivité assez rapide, le jeu se révèle riche et d’un caractère propre. La musique, les sons, le level-design, les faux journaux, et bien d’autres menus aspects contribuent à une immersion convaincante. Cependant, de gros défauts entachent un parcours si bien démarré. Un manque de difficultés ainsi que d’actions font perdre un peu de sa saveur au titre. Toutefois, Railway Empire saura sans encombre trouver son public grâce à son caractère unique. Kalypso nous sort là un jeu qui fera sans l’ombre d’un doute patienter les fans de gestion jusqu’à leur fameux Tropico, moyennant 50 euros tout de même !
Intérêt historique :Railway Empire nous fait découvrir un pan de l’Histoire très rarement mis en avant, cela apporte un vent de fraicheur non négligeable. Le contexte est très bien retranscrit avec quelques anecdotes et références disséminées ici et là. Il ne faudra pas s’attendre pour autant à un cours d’Histoire comme pourrait le faire un Total War. Le véritable intérêt historique réside dans l’excellente modélisation des locomotives, ce qui rendra, à coup sûr, heureux les passionnés de trains. Accompagné à chaque fois d’un petit historique, la rotonde (pour voir les différentes locomotives dans le jeu) est sincèrement comparable à un petit Civilopédia (en beaucoup moins poussé toutefois) de la reconnue série des Civilization. C’est sur ce point que le Railway Empire brille de toute sa splendeur.
  • +Bonne durée de vie
  • +Graphismes corrects
  • +Bonne micro-gestion
  • +Originalité du titre
  • +Excellente modélisation
  • +Très bon tutorial
  • +Vue « FPS » pour suivre ses trains
  • +Arbre technologique « touffu »
  • +Gestion du personnel
  • -Jeu trop cher (50 euros)
  • -Aucun évènement imprévu
  • -Manque d’action
  • -Remarques de l’IA agaçantes
  • -Aucune concurrence
  • -Répétitivité

  • Matthieu Mancuso Chroniqueur, Historien
  • "Si vous traversez l’enfer, continuez d’avancer." Winston Churchill
  • "Résiste et mords !", devise des Chasseurs ardennais de l'armée belge