Assassin's Creed : Syndicate

Le_Moine
Thématique
Époque contemporaine, Révolution industrielle
11 novembre
2015
Info sur le jeu
Plateforme
  • PC
  • PlayStation 4
  • Xbox One
ÉditeurUbisoft
DéveloppeurUbisoft Québec
Date de sortie23 octobre 2015

Assassin's Creed fêtera bientôt ses 10 ans, une décennie durant laquelle la série a su s'imposer comme une référence. Depuis 2009 et Assassin's Creed II, la série est annualisée. Un épisode annuel qui parfois a un peu plus de mal à convaincre les joueurs d'autant plus qu'Ezio Auditore et Altaïr restent des références presque intouchables. Après un opus Unity, l'an passé, plutôt bon mais plombé par des soucis techniques, Ubisoft revient cette année avec un jeu ancré dans un contexte plus moderne. Reste à savoir si la fraterie Frye (les héros de cet Assassin's Creed Syndicate) auront de quoi nous convaincre.

Syndicat des Assassins

Après la Révolution française dans Unity, l'an passé, place à une autre Révolution pour cet Assassin's Creed Syndicate : la révolution industrielle. Cette période de la seconde moitié du XIXe siècle est donc le contexte sélectionné par Ubisoft Québec pour cet nouvel Assassin's Creed. Un monde plus moderne, plus proche du nôtre mais pourtant assez méconnu. Après Paris, direction Londres et l'époque victorienne où l'on y incarne, pour la première fois dans la série, deux héros : Jacob et Evie Frye. Deux assassins, provinciaux, qui débarquent à Londres afin de s'attaquer à l'ordre des templiers et à leur plus puissant représentant : Crawford Starrick.

Ce dirigeant de la Starrick Telegraph Compagny est le grand méchant du jeu. C'est lui qui a la main mise sur Londres et qui rêve que la ville anglaise devienne la capitale du monde, l'occasion pour lui de devenir un maître incontesté et de dominer le monde. Des propos digne d'un grand méchant de James Bond. D'ailleurs, le parallèle entre les deux est très frappant. Ce puissant homme d'affaires qui veut étendre son aura et contrôler bien plus qu'une entreprise ou qu'une ville.

Dès leur arrivée à Londres, Jacob et Evie Frye feront équipe avec Henri Green. Le maître de la confrérie londonienne des Assassins et l'allié des Frye, ainsi qu'un atout séduction pour Evie. Voilà sur quoi repose le scénario de cet Assassin's Creed Syndicate. Une histoire assez cinématographique et au petit goût de déjà vu mais qui remplit très bien son rôle de toile de fond et de prétexte à l'aventure. Car, il faut bien l'avouer, cette histoire est simplement là pour occuper le joueur et amener les différentes missions. Très malheureusement, ce scénario passe totalement au second plan et n'est que très peu développé. On le regrettait déjà sur Assassin's Creed Unity, mais dans Syndicate c'est encore plus flagrant. Le principal objectif du jeu étant de nous faire évoluer au cours de missions diverses et variées et de nous faire profiter du contenu généreux du jeu. Afin de justifier la présence de deux personnages, Jacob (le bourrin de service) s'attaque frontalement au grand méchant du jeu quand sa sœur Evie, préfère partir à la recherche du fragment d'Eden avec plus de discrétion. Une légère division du scénario afin d'instaurer deux types d'ambiances, deux objectifs, et d'offrir un peu plus de contenu. Car le gameplay n'évoluera pas suivant le choix du personnage. Car oui, vous pouvez choisir votre personnage (et switcher en cours de jeu) sauf dans certaines missions qui sont réservées à Jacob ou à Evie.

On est donc assez loin d'Assassin's Creed II de son scénario prenant et palpitant ainsi que de son héros charismatique et mémorable. Si Jacob a le sens de la répartie, Evie passe plutôt inaperçue malgré son côté « atout charme » mais moins qu'Élise de la Serre dans Unity. Dommage. De même, le contexte historique est sous exploité. Pourtant, dès le premier trailer, Ubisoft avait souhaité montrer les conséquences directes de la Révolution industrielle sur les populations, et l'impact que cela pouvait avoir. Mais au final, cet univers ne sert que de décor. Un décor qui a un impact dans le gameplay, visuellement et dans l'ambiance globale du jeu, mais qui n'est presque pas développé dans l'histoire principale. C'est bien dommage.

Pourtant, Assassin's Creed Syndicate a cet atout de nous plonger dans ce qui a posé les bases du XXe siècle et de ce que nous sommes. Si certains personnages importants de l'époque sont au casting (comme Charles Dickens, Frederick Abberline, Alexander Graham Bell, Charles Darwin ou encore Jack l'Eventreur dans un DLC.) c'est plutôt l'évolution de la société, des technologies et de la ville qui est frappante dans ce nouvel opus d'Assassin's Creed. Les armes à feu, les modes de transports, les gadgets, et ce Londres mi-XIXe que l'on connaît tant par les films et les séries, sont au cœur du jeu et sont un véritable atout. On découvre certains quartiers, qui existent encore maintenant et qui sont tout aussi pauvres, on découvre à quel point la Révolution industrielle change le visage de la ville et la développe. Ubisoft Québec a su offrir une ville vivante et prenante. L'introduction de la Police également, offre de nouvelles perspectives et rapproche un peu plus Assassin's Creed des GTA-Like. Un contexte historique peu visible dans l'histoire du jeu mais qui influence grandement le gameplay !

À noter qu'une grande partie des informations historiques sont contenus dans des données à collecter ou des petits encarts informatifs lors des chargements. Comme certains langages développés à l'époque, sur les marchés, ou certains détails sur les habitants de Londres au XIXe siècle qui sont intéressants.

Test d'Assassin's Creed : Syndicate

Action, réaction !

Comme expliqué précédemment, la modernisation du contexte historique a, avant tout, une influence sur le gameplay du jeu qui en devient plus savoureux, plus dynamique et plus fluide. Assassin's Creed Syndicate pourrait bien être le meilleur AC... en tout cas du point de vue jouabilité. Si peu d'évolutions sont à dénombrer, il convient de constater que les temps morts sont presque … morts justement. Depuis Assassin's Creed III, le système de combat a été dynamisé et stylisé. Dans Syndicate, c'est encore plus vrai et encore plus voyant. Des petites améliorations par-ci, par-là qui offrent un rendu ultra dynamique et plus proche des références actuelles des jeux d'action (comme Uncharted ou Batman). D'ailleurs, Batman semble être passé par là. Le grappin fait son arrivée dans Assassin's Creed et c'est un outil des plus utiles. Vous trouviez long et fastidieux l'escalade d'un bâtiment ? Le grappin permet de monter plus vite qu'un ascenseur. Courir c'est bien, mais vous trouviez ça encore trop lent ? Le grappin permet de créer des tyroliennes d'un bâtiment à un autre et de s'y rendre assez rapidement. Bref, le grappin facilite la vie dans Assassin's Creed Syndicate. Seul petit bémol concernant le freerun et l'escalade : les descentes. Ainsi, la combinaison de touches pour le saut de la foi et la descente rapide sont les mêmes, cela offre quelques désagréments car il faut être très précis afin de ne pas se retrouver à descendre un bâtiment au lieu de sauter... frustrant !

À l'instar de Red Dead Redemption, les calèches et autres diligences font une entrée remarquée dans le gameplay de la série phare d'Ubisoft. De quoi offrir enfin des déplacements véhiculés dans un Assassin's Creed. On soulignera la réutilisation d'un point de gameplay de The Wheelman dans le gameplay des calèches. En effet, il est possible d'attaquer de côté les véhicules ennemis, tout comme dans le jeu dont Vin Diesel était le héros. Les trains à vapeur et les bateaux/péniches sont également présents. La modernisation a du bon et offre un sérieux coup de dynamisme à Assassin's Creed. De quoi se rapprocher du « pur GTA-Like » et offrir une sorte de Red Dead Londonien. Très intéressant. Les armes à feu sont très utilisées dans le jeu également, que ce soit pour des finnish movs ou lors des combats. On ira même jusqu'à utiliser une Gatling !

Syndicate, pour « groupe », voilà l'argument de cet Assassin's Creed version 2015. On peut se faire escorter, se faire défendre, et même donner des ordres à notre bande (nommée Rooks par Jacob). Recruter les membres se fait de manière très simple et à tout moment dans le jeu. De nombreuses améliorations sont déblocables dans le menu et permettent à nos sbires de faire une grande partie du sale boulot. Idéal pour ne pas trop se mouiller, même si l'IA n'est pas toujours des plus futées. Un plus non négligeable et au centre de nombreuses missions annexes. Car, comme depuis le début de la série en 2007, il y a des choses à faire une fois l'Histoire principale terminée. Et là, on sent l'influence de Far Cry. Tout Londres est divisé en quartiers, quartiers sous possession ennemie. Ces quartiers sont subdivisés en zones où une mission précise permet de la libérée. Enlèvement de cible, prise de QG d'une bande adverse, libération d'otages (des enfants), … quelques missions diverses mais très intéressantes à l'instar de ce que l'on peut avoir dans Far Cry. Bien entendu, libérer ses quartiers avant de finir le jeu permet de déverrouiller un grand nombre d'éléments bonus (améliorations, plans, points de compétences, armes, …) et d'avancer dans la trame principale de manière plus aisée. Car, comme dans un RPG, votre personnage aura un niveau à faire évoluer. À savoir que ce niveau n'est pas commun à Jacob et à Evie. Si les points de compétences sont distribués aux deux personnages à chaque fois, il faudra les faire évoluer tous les deux et de manière séparée. De ce fait les missions ont un niveau de difficulté qui correspond au niveau de notre personnage. S'il est possible de les faire même avec un niveau inférieur, faire évoluer son avatar est quelque chose qui peut s'avérer très utile.

Terminons en évoquant l'aspect infiltration d'Assassin's Creed Syndicate qui peut s'avérer très poussé quand on joue le jeu. Si Evie est censée être la discrète de la fratrie, il est également possible de se la jouer « Sam Fisher » avec Jacob. Des objectifs bonus (pour une synchronisation à 100%) sont d'ailleurs liés à l'infiltration. Dès que l'on aime ça, il est possible de faire presque tout le jeu en mode « infiltration ». Très jouissif, de quoi combler le report du nouveau Hitman à 2016 tout en montrant la variété du gameplay d'Assassin's Creed.

Test d'Assassin's Creed : Syndicate

Syndicat de la fluidité

On se souvient encore des nombreux soucis techniques qui avaient entaché la sortie d'Assassin's Creed Unity l'an passé ainsi que sa note dans nos colonnes. Ubisoft a su travailler dans le bons sens afin d'éviter de répéter la même erreur avec Assassin's Creed Syndicate. Pas de problèmes de fluidité, pas de crashs, et pas de gros bugs qui empêchent l'avancée dans le jeu. N'allez pas croire que le jeu n'est pas exempt de soucis techniques. Déjà, les chargements sont assez longs, ce qui n'est pas toujours agréable, surtout après un game over. Mais les bugs du style, personnages qui disparaissent lors d'une cinématique, bugs de collisions, ou des événements aléatoires qui s’emballent (une pensée aux femmes de la bourgeoisie londonienne qui deviennent des voleuses lors d’événements aléatoires), sont bel et bien présents sur cet Assassin's Creed. Un jeu en monde ouvert n'est jamais un océan de paix d'un point de vue technique, mais cette année on est loin de la catastrophe de l'an denier. Il faut dire que la foule est bien moins dense, de quoi éviter les ralentissements. L'IA n'est pas toujours au top de sa forme. Comme souvent elle peut nous voir de loin, et ne pas nous entendre tomber juste à côté d'elle. Chez nos alliés, ils ont une fâcheuse tendance à se concentrer sur une cible et à ne pas se défendre des autres attaques. Aussi, ils adorent s'attaquer aux cibles d'objectifs alors qu'une dizaine d'ennemis sont tout autour. Rageant.

Terminons par l'aspect graphique de cet Assassin's Creed Syndicate. Second opus 100% new gen, et premier jeu 100% new gen pour Ubisoft Québec, le résultat est de bonne qualité. Le niveau de détail est très développé et très poussé, les effets de lumières et la modélisation des décors sont de grande qualité également. On sent la maîtrise du moteur maison et la puissance du réseau Ubisoft. Néanmoins, les intérieurs sont bien moins nombreux que dans Assassin's Creed Unity, et sont moins pimpants. Un point regrettable. Au final, le jeu est très proche d'Unity avec moins d'intérieurs. La map est pourtant assez grande et la densité et la variété de la ville de Londres sont bien retranscrits. Bref, cet Assassin's Creed Syndicate est un beau jeu !

A noter qu'Assassin's Creed Syndicate ne possède pas de composante multijoueurs ! Enfin ! Un bon point pour le jeu, un choix critiqué par certains mais un choix judicieux qui a sûrement permis d'améliorer la qualité finale du titre.

En conclusion, Assassin's Creed Syndicate est un bon opus de la licence AC. Ubisoft Québec offre une cuvée 2015 prenante, intéressante et encore plus dynamique. Une réussite qui prouve que la licence est capable d'avancer tout en restant elle-même. Mais le gros bémol du jeu est son histoire. Un scénario prétexte, peu développé, classique et avec une sensation de déjà vu. Les personnages principaux sont sympathiques mais très loin d'être développés et mémorables. C'est là le gros défaut du jeu qui le plombe et qui nous empêche de lui concéder une meilleure note qu'Unity ou une note équivalente à Black Flag. Techniquement parlant, le jeu a su tirer les leçons du fiasco de l'an passé, un bon point également. En somme, Syndicate est une aventure prenante, dynamique et maîtrisée mais qui manque clairement de fond. L'intérêt historique du jeu réside surtout dans sa capacité à nous faire visiter Londres au XIXe siècle et à nous donner envie de lire l'Historia spécial AC : Syndicate afin d'en savoir plus, car ; une fois de plus, l'Histoire est un peu mise de côté. Enfin, on s'interroge sur l'avenir de la licence. Avec un opus aussi moderne, est-il possible de revenir en arrière dans le temps ou bien Assassin's Creed va se concentrer sur les XIXe et XXe siècles ?

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7.5
Assassin's Creed : Syndicate

Même note qu'Unity alors que la technique est meilleur tout comme le gameplay plus dynamique et plus fluide. Mais voilà, Assassin's Creed : Syndicate pèche par un scénario convenu, pas des plus intéressants et peu exploité. Un simple prétexte à un enchaînement de missions. Néanmoins, le jeu est bon et offre une très belle durée de vie et une ville de Londres vivante et cohérente.
Intérêt historique :
  • +Le gameplay modernisé et plus dynamique
  • +Durée de vie
  • +Infiltration développée
  • +Le grappin
  • +La mission « bonus » au XXe
  • -L'histoire vraiment en retrait
  • -Personnages peu charismatiques
  • -Peu d'évolution graphique

  • Le_Moine Fan de Rallye et des brunes, Ancien membre d'HistoriaGames
  • « La fin de l’espoir est le commencement de la mort. » De Gaulle
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