Assassin's Creed IV : Black Flag

Le_Moine
Thématique
Époque moderne, Piraterie
25 novembre
2013
Info sur le jeu
Plateforme
  • PC Windows
  • PlayStation 4
  • Xbox One
  • PlaySTation 3
  • Xbox 360
  • Nintendo Wii U
ÉditeurUbisoft
DéveloppeurUbisoft Québec
Date de sortieOctobre 2013

Depuis 2009 et Assassin's Creed 2, Ubisoft nous propose un épisode annuel de sa saga vidéoludique. Suivant le modèle des jeux de sports ou de Call of Duty, la firme française profite de ses nombreux studios pour impressionner à chaque fois par l'ampleur de ses suites.

Malheureusement la qualité avait boudé Assassin's Creed : Revelations, épisode discutable et dispensable sur Ezio, et Assassin's Creed III avait, malgré ses atouts, fait l'effet d'un petit pétard mouillé. Avec l'annonce d'un Assassin's Creed IV, on ne pouvait que faire preuve d'un peu de méfiance avant le voyage chez les Pirates. Mais que vaut vraiment ce Black Flag ? A l'abordage !

« Amiral de bateau-lavoir »

Assassin's Creed IV : Black FlagD'un point de vue historique, Assassin's Creed IV : Black Flag est assez proche d'Assassin's Creed III, puisqu'il se déroule un peu moins de 60 ans avant l'opus de l'an dernier. Nous y incarnons un certain Edward Kenway, père de Haytham Kenway et grand-père paternel de Connor. Le jeu nous plonge en plein âge d'or de la Piraterie. Quel rapport avec l'ordre des Assassins ? Et bien, Edward est un opportuniste en quête de richesse qui, après un naufrage, tombera face à un assassin. Après l'avoir tué, il décide de prendre son identité et se rend ainsi à La Havane sous le nom de Duncan Walpole. C'est ainsi qu'Edward est à la fois pirate, et assassin au service du gouverneur de cité cubaine. Au fur et à mesure de ses péripéties, notre héros devra conjuguer avec le clan des assassins basé dans les caraïbes et sa vie de pirate. Un double emploi de temps, qui offre au scénario de belles possibilités et un récit moins linéaire que par le passé.

N'en déplaise aux fans des Assassins, cet opus est vraiment orienté sur le monde de la piraterie. A l'instar de ce qui se passait dans Assassin's Creed II, le contexte de l'époque est respecté tout en servant l'histoire et les missions. Si Edward est bien moins charismatique qu'Ezio, il reste un personnage haut en couleurs, assez typique des films hollywoodien et bien plus appréciable que Connor l'an dernier. Malheureusement, les développeurs n'ont pas, ou n'ont pas pu, développer outre-mesure la vie de ce personnage atypique et original dans le monde du jeu vidéo. La faute à un nombre exponentiel d'activités annexes qui représentent, au bas mot, la moitié de la durée de vie du jeu. Exploration, assassinats, conquête de territoires, piraterie, commerce, gestion d'une flotte, objets à trouver, plongée... Assassin's Creed IV : Blag Flag offre un contenu immense et de très nombreuses heures de jeu en perspective. Il faut ainsi compter entre 45 et 50 heures pour espérer atteindre les 100%, quand la trame principale peut-être bouclée en une grosse quinzaine d'heures, à condition de se la jouer Sébastien Loeb.

Beaucoup de contenu donc, beaucoup de choses à faire, mais malheureusement un jeu assez répétitif. Une grande partie des missions principales sont similaires, et les missions secondaires tournent très vite en rond. La série Assassin's Creed peine un peu à se renouveler, et a du mal à proposer du neuf dans sa conception des missions. C'est sûrement là le plus gros défaut de ce Black Flag : Un gros manque de nouveauté et une répétitivité assez flagrante.

Comme annoncé précédemment, l'univers de la piraterie est véritablement prédominant dans le jeu. Ici, il ne sert pas simplement de prétexte ou de toile de fond. Coutumes, style, art de vivre, Assassin's Creed IV : Blag Flag veut nous plonger dans l'âge d'or de la piraterie. Un véritable plus pour ce jeu, confirmé avec un casting de légende : Anne Bonny, Benjamin Hornigold, Calico Jack, Barbe Noire, Mary Read ou encore Charles Vane. Le réalisme ne sera pas poussé jusqu'au fait qu'Anne Bonny et Mary Read nous dévoilent leur intimité, mais le jeu souhaite être le plus fidèle à l'Histoire tout en restant un divertissement et non une œuvre historique interactive.

« Bande de pirates ! »

Assassin's Creed IV : Black FlagDepuis le début, la série Assassin's Creed a su être également une vitrine graphique pour les studios d'Ubisoft. Si Assassin's Creed II avait été une véritable claque, ce nouvel opus de la saga souhaite nous offrir un voyage visuel différent. Exit la terre et ses grandes villes, place à l'océan atlantique, l'amérique et ses centaines d'îles : Les Caraïbes. Assassin's Creed IV : Blag Flag va donc nous faire naviguer sur la mer des Caraïbes à la recherches de navires espagnols ou anglais à attaquer. Beaucoup de bleu au programme, donc, mais un résultat graphique de haute volée. Les tempêtes sont tout simplement impressionnantes et riches d'intensité. La carte est vaste, mais un peu vide certes, Comme dans les opus précédents, Ubisoft souhaite nous faire voyager sans tenir compte de la réalité géographique. Ainsi, nous pourrons aller en quelques minutes de  La Havane à Kingston en passant par Nassau ou l'île de Cozumel. On regrettera néanmoins, la petite taille de ses villes ainsi que leur trop grande ressemblance.

Pour la première fois de la série, le jeu est proposé sur deux générations différentes. Si les versions Playstation 3 et Xbox 360 sont très jolies et tiennent la dragée haute aux autres jeux AAA qui sortent uniquement sur cette génération de consoles. Mais les versions PC, Playstation 4 et Xbox One, offrent un rendu vraiment plus propre, plus fin et des effets de lumières encore plus ahurissants ! Bien sûr tout n'est pas parfait, et on sent que le jeu est à cheval sur deux générations. Mais il est clair que si vous avez une console next-gen à disposition, ou un bon PC, il ne faut pas hésiter à privilégier l'achat de cet Assassin's Creed IV : Blag Flag sur l'un de ses supports ! On bave déjà d'impatience sur ce qu'Ubisoft nous proposera graphiquement pour le prochain opus de la série !

D'un point de vue du gameplay, on peut rejoindre ce que l'on disait plus haut. La répétitivité et un manque de nouveautés. ACII avait su renouveler le gameplay du jeu, après un premier épisode ayant divisé, mais depuis difficile de voir de franches évolutions. Tout est fait pour augmenter la fluidité, que le « parkour » soit plus simple et plus permissif, que les combats soient plus intenses et plus accessibles, mais l'ensemble reste fortement similaire. Dans Assassin's Creed III, les batailles navales n'étaient qu'un petit bonus, ici elles sont le pilier du jeu. Elles sont d'ailleurs beaucoup plus développées et se découpent en deux phases : l'attaque à distance et l'abordage. D'ailleurs, il est dommage de ne pouvoir faire que l'abordage en belle (bord-à-bord) et non l'abordage de franc-étable (en présentant l’éperon face au bord du navire adverse). De plus, on regrettera une gestion des dégâts peu poussée lors des combats ou même lors des chocs en mer (une possibilité de remake du Titanic version Pirates aurait été jubilatoire). La grande nouveauté réside dans l'arrivée des tempêtes et l'upgrade du navire d'Edward Kenway, le Jackdaw. Foncièrement parlant, le jeu n'arrive pas à se renouveler et donne cette sensation amère de jouer à un « Assassin's Creed 3.5 », une sorte d'add-on gigantesque en somme. C'est bien là tout le souci de cette cuvée 2013 d'Assassin's Creed et son gros défaut.

Néanmoins, le gameplay est toujours aussi bon (ou trop accessible selon certains joueurs). Les combats sont dynamiques, bien rodés et offrent une belle palette de mouvements. Les batailles navales sont toujours aussi savoureuses, et l'évolution du Jackdaw se ressent fortement sur celles-ci. Un bon point. Les nombreux points de « voyages rapides » permettent aux joueurs impatients d'éviter de casser le rythme du jeu par de longs trajets qui pourraient se terminer par une désynchronisation. Tout comme dans les anciens opus, Black Flag nous offrira quelques moments dans le monde moderne, chez Abstergo Entertainment. Des passages qui n'apportent rien au niveau gameplay, et si peu à l'histoire du jeu mais qui semble être un préambule à l'avenir de la série...

« Concentré de moule à gaufres »

Assassin's Creed IV : Black FlagDu côté de la bande son, le compositeur Brian Tyler (Fast & Furious 4,5,6,7, The Expendables 1&2, Iron Man 3...) a fait du bon travail. Mais plus que thèmes musicaux principaux se sont les chants de pirates qui sont vraiment savoureux et qui valent leur pesant d'or ! Une excellente idée qui donne à cet Assassin's Creed IV : Blag Flag un petit côté GTA où en naviguant nous avons une « radio locale » pour éviter que le voyage ne soit trop morose. De nombreux chants sont à trouver sur la map, afin d'obtenir une playlist assez grande et diversifiée. Les dialogues, en VF, sont de bonne facture. Les doubleurs offrent une belle prestation et les voix collent bien avec les personnages. Les bruitages, eux aussi, sont d'excellente qualité. Bref, rien à redire sur la bande son de ce Black Flag.

Enfin, techniquement parlant cet Assassin's Creed IV : Blag Flag s'en tire bien. En dehors de son lot de bugs habituel, et oui c'est un monde ouvert, la nouvelle production d'Ubisoft Montréal (et de 9 autres studios Ubisoft à travers le monde) offre une technique vraiment appréciable.

On soulignera cependant que l'Intelligence Artificielle n'est pas très poussée et fait preuve de pas mal d'attentisme dans les combats ou dans la vie en société. De plus, le clipping est encore très présent tout comme cet aspect « grillagé » et luisant sur la peau des personnages. Des petits soucis techniques inhérents au genre mais toujours aussi regrettables.

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8.5
Assassin's Creed IV : Blag Flag

Typiak !
Au final, que penser de cet Assassin's Creed : IV Black Flag alors ? Il s'agit tout simplement du meilleur Assassin's Creed depuis le ACII de 2009 ! Si le titre manque cruellement de nouveautés et de diversité, au point de passer pour un gros add-on d'ACIII, son ambiance, sa durée de vie, son univers, sa réalisation graphique et l'aventure qu'il offre, en font un excellent titre. Très bon choix pour Ubisoft que de nous proposer cet univers de la Piraterie. Choix, qui ouvre une voie royale à d'autres studios pour vendre des jeux sur le même thème, mais qui n'ôte en rien la qualité de cet Assassin's Creed IV. Oui on aurait aimé un personnage encore plus charismatique, des choix moraux par exemple, une plus grande diversité dans l'action, mais l’œuvre d'Ubisoft reste excellente telle qu'elle est ! La déception ACIII est donc passée, tous à l'abordage, hissez les pavillons et régalez vous des victuailles que nous offre Ubisoft cette année !
Intérêt historique :
  • +L'univers de la piraterie
  • +Durée de vie
  • +Les tempêtes
  • +Batailles navales
  • +Tant de choses à faire
  • -Répétitif
  • -Manque de nouveautés
  • -Passages dans le présent

  • Le_Moine Fan de Rallye et des brunes, Ancien membre d'HistoriaGames
  • « La fin de l’espoir est le commencement de la mort. » De Gaulle
    « If in Doubt, flatout. » Colin McRae