Les Misérables

kreuzberg
Thématique
7 novembre
2012
Info sur le livre
Titre originalLes Misérables
AuteurVictor Hugo
ÉditeurEcole des loisirs
GenreRoman historique
Sortie15 octobre 1996
Nombre de pages318

Aujourd’hui, pas d’histoire militaire, pas de stratégie, pas de guerres (enfin si, un petit peu quand même)… Mais alors quoi ? Et bien une autre face de l’Histoire, que les penseurs du XIXe siècle ont explorée mais que nous, hommes du XXIe siècle, avons quelque peu délaissée : l’histoire sociale.

Flaubert, Zola, Hugo, Chateaubriand, Stendhal, Balzac… Tous ces écrivains à succès qui, comme tant d’autres, n’avaient qu’un objectif : dénoncer la société de leur temps et inscrire cette dénonciation pour la postérité. Mais enfin je ne suis pas là pour faire un cours de littérature, mais pour vous présenter Les Misérables, de l’excellentissime Victor Hugo.

Victor Hugo, en écrivant Les Misérables, veut créer un plaidoyer contre la société française en situant la scène dans les milieux sociaux peu aisés, où règnent la terreur et l’injustice flagrante. Il veut que cette œuvre soit l’œuvre colossale et représentative de sa carrière littéraire et politique, comme il l’écrit à son éditeur, Lacroix, en 1862 : « Ma conviction est que ce livre sera un des principaux sommets, sinon le principal, de mon œuvre ».

Le mouvement littéraire réaliste trouve ici tout son sens dans l’œuvre d’Hugo qui décrit la vie d’âmes humbles de la classe sociale pauvre dans la France typique du XIXème siècle. Victor Hugo, amoureux du style épique, décrit (non sans erreurs) la bataille de Waterloo, les émeutes de Paris en juin 1832 et les combats de l’âme et autres réflexions philosophiques avec une plume grandiloquente qui captive l’attention du lecteur.

Le niveau de langue est soutenu, le rythme de l’ouvrage l’est aussi ; les figures de style sont très présentes et rajoutent du charme au récit.

Victor Hugo, au-delà de son récit, cherche à provoquer chez le lecteur une réflexion qui le mènera à une conclusion similaire à celle qu’à tiré Hugo, à savoir que seuls l’instruction, l’accompagnement et le respect de l’individu aideront à lutter contre la crise sociale provoquée par la misère, l’indifférence et le système répressif sans pitié.

L’auteur adorant employer les techniques de l’hyperbole et de l’extrapolation, il faut parfois prendre du recul ; aussi, cet ouvrage est à réserver aux étudiants en philosophie ou en lettres, ou bien aux amateurs de réflexions, car l’intérêt historique est surtout social et culturel. Cet ouvrage n’est tout de même pas à négliger par le grand public, professeurs et étudiants en histoire.

Laissons à présent Victor Hugo clore notre critique littéraire en citant une des phrases écrites dans son exil à Hauteville-House, en 1862 : « Tant qu’il existera, par le fait des lois et des mœurs, une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers, et compliquant d’une fatalité humaine la destinée qui est divine ; tant que les trois problèmes du siècle, la dégradation de l’homme par le prolétariat, la déchéance de la femme par la faim, l’atrophie de l'enfant par la nuit, ne seront pas résolus ; tant que, dans de certaines régions, l’asphyxie sociale sera possible ; en d’autres termes, et à un point de vue plus étendu encore, tant qu’il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles. ».

Verdict

Les Misérables est un fabuleux ouvrage qui a marqué son temps et rayonne encore sur notre époque ; plus qu’un roman, c’est un essai qui se cache au grand jour, et qui ne demande qu’à être exploré et compris. C’est l’avertissement d’un grand maître de la littérature française sur la société ; c’est l’apothéose du réalisme et de la dénonciation sociale.

  • Kreuzberg Ancien membre d'HistoriaGames