A Perfect Day

Info sur le film
Titre originalA Perfect Day
Durée106 minutes
GenreComédie dramatique
RéalisateurFernando León de Aranoa
Scénariste
  • Fernando León de Aranoa
  • Diego Farias
  • Paula Farias
Sortie16 mars 2016
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C'est avec un cadavre, retrouvé dans un puits bosniaque, que tout commence en cette année 1995. Une équipe de travailleurs humanitaires est mandatée pour l'en extirper avant que l'eau ne soit contaminée.

Synopsis

Un groupe d’humanitaires est en mission dans une zone en guerre : Sophie, nouvelle recrue, veut absolument aider ; Mambru, désabusé, veut juste rentrer chez lui ; Katya, voulait Mambru ; Damir veut que le conflit se termine ; et B. ne sait pas ce qu'il veut.

C'est autour de ce problème, simple à résoudre en apparence, que va se cristalliser toute la complexité d'un pays en guerre à travers le regard de ceux qui viennent pourtant aider.

Il y a la jeune ingénieur hydrologue (Mélanie Thierry), novice et encore idéaliste, mais aussi deux vieux briscards : Mambrú (Benicio Del Toro), qui effectue ses derniers jours de mission avant de retourner au pays, et B. (Tim Robbins) présent depuis si longtemps sur le terrain qu'il ne sait même plus que la vie peut-être "normale", ailleurs. Ces deux-là savent d'expérience qu'ils ne vont pas sauver le monde, tout au plus résoudre un problème après un autre.

Entre ces personnages, de nationalité, d'expérience et de sensibilité différente, pourtant engagés dans un même but, la communication est parfois compliquée. Une situation que l'arrivée de Katya (Olga Kurylenko), une jeune femme chargée d'évaluer leur action, et avec laquelle Mambrú a eu une aventure, ne va pas simplifier.

Avec les hommes et les femmes auxquels ils sont censés venir en aide, ce n'est guère mieux : si la présence du traducteur pallie les problèmes de langue, les deux parties ne se comprennent pas pour autant : il reste les frontières de la culture, de la guerre, et le regard plus ou moins consciemment ethnocentrique que l'on porte sur les choses.

A Perfect Day

On est frappés par cette galerie de personnages tous sympathiques, à leur manière, et c'est au travers de leur regard, de leur incompréhension, de leur impuissance parfois, que le spectateur est invité à s'interroger.

Car si leur mission semble a priori simple, elle va très vite se heurter à la réalité du terrain : entre des militaires procéduriers de crainte qu'on ne les mette ensuite en cause, des locaux qui tirent parti de la situation pour revendre l'eau à prix d'or, et des villageois voyant d'un mauvais œil des étrangers s'immiscer dans leurs affaires, tout semble concorder à les faire échouer.

Ils s'accrochent, pourtant, mettant tous leurs efforts à achever cette seule et unique tâche, comme si laisser tomber revenait à admettre son impuissance. Non, ils ne sauveront pas le monde. Pas cette fois. C'est injuste. Mais c'est ainsi.

Le réalisateur espagnol Fernando León de Aranoa réussit ici à évoquer la guerre sans que jamais ne retentisse un seul coup de feu. Ici, les hostilités ont – théoriquement – cessé, mais demeurent les maisons éventrées, les marques d'explosions, comme autant de stigmates matériels, mais également, plus insidieuses, la peur et la méfiance.

La tension, lourde de sens et de non-dits, est omniprésente, et l'on sent que la moindre situation, aussi inoffensive semble-t-elle, peut rapidement dégénérer. Il suffirait de peu : une mine, un interlocuteur mécontent, un gamin armé... Ici, tout est possible.

A Perfect Day

De cette guerre, d'ailleurs, on ne saura pas grand-chose, et encore moins ses causes profondes : la géopolitique n'est ici pas de mise. On se contente de façon plus simple et probablement plus efficace, de nous montrer ses ravages à l'échelle d'un village, d'une famille, à hauteur d'homme et d'enfant.

A perfect day regorge de situations si absurdes qu'elles en deviennent drôles, portées par des personnages profondément humains. Il réussit à concilier avec justesse un constat globalement très pessimiste – comment la situation pourrait-elle se normaliser après autant de douleur et de massacres ? - avec un ton qui laisse pourtant apparaître une lueur d'espoir : on a envie de croire que le temps finira par apaiser les âmes et les cœurs.

  • Akialam Lectrice, spectatrice, visiteuse d'expo et blogueuse !Twitter | Facebook
  • La première et la plus simple émotion découverte par l'esprit humain est la curiosité.Edmund Burke
  • Lien vers son blog : akialam.over-blog.com