Close Combat : Gateway to Caen

Zglub
25 juin
2014
Info sur le jeu
PlateformePC Windows
Éditeur
  • Matrix Games
  • Slitherine
DéveloppeurSlitherine
Date de sortieJuin 2014

A l'occasion de l'anniversaire du Débarquement en Normandie, Matrix Games et Slitherine nous proposent un nouveau volet de la série Close Combat, consacré à l'opération Epsom, menée par les troupes britanniques à la fin du mois de juin 1944. Il s'agit du dernier volet utilisant la 2D vue du dessus. En effet, une nouvelle mouture de la série est prévue, toujours en vue du dessus, mais en 3D cette fois.

La série Close Combat, développée à l'origine par SSI, bien connue des wargamers, a vu le jour en 1996, et avait déjà pour cadre la Normandie. Est-ce pour cela que la saga se clôture en Normandie également, où est-ce un pur hasard (la commémoration du 6 juin 1944 aidant) ? De la Normandie, Close Combat nous a ensuite emmené du côté d'Arnhem (Un pont trop loin), puis un peu plus à l'est (Le front russe), avant de revenir plus près de chez nous (La bataille des Ardennes), et de faire encore incursion en terre normande (Invasion : Normandy). 

Si graphiquement la série n'a pas beaucoup évolué au fil des épisodes, le contenu s'est peu à peu étoffé, incluant un mode campagne (et donc un peu de stratégie) à partir du 4ème opus (La Bataille des Ardennes).

Close combat, c'est quoi ?

Close Combat : Gateway to CaenIl s'agit, pour l'essentiel, d'un jeu en temps réel. Lors des batailles, le joueur donne les ordres à ses unités, qui les exécutent plus ou moins rapidement. Mais le joueur devra surveiller attentivement le champ de bataille, sous peine de voir une unité isolée décimée, alors que des renforts auraient pu lui être fournis….

Avant chaque bataille, le joueur a droit à un briefing lui présentant la mission, ainsi qu'une estimation de l'opposition que ses forces rencontreront. C'est également à ce moment que diverses options pourront être réglées, notamment les conditions de fin de bataille : limite de temps, prise de toutes les Victory Locations (endroits stratégiques qui augmentent les chances de victoire).

Ensuite, vient le choix des troupes qui auront à combattre. Concrètement, les forces du joueurs seront composées de deux groupes de combat et d'une section de soutien. Le nombre de sections composant le groupe de combat varie selon que la mission met en scène une compagnie ou un bataillon. Tout comme le choix du premier groupe influencera le type d'unités pouvant composer les supports.

Au niveau des effectifs, on retrouve tout ce qui a pu combattre à l'époque : fusiliers, génie, chars, armes de soutien (mitrailleuses, mortiers), canons,…

Au sein de chaque section, les soldats sont représentés individuellement, avec leur nom, grade, et diverses caractéristiques. Le joueur devra donc parfois bien choisir ses troupes en fonction de la situation : vaut-il mieux moins d'hommes mais qu'ils soient plus expérimentés, ou bien envoyer de la bleusaille en guise de chair à canon ?

Vient ensuite le moment tant attendu : le lancement de la bataille.

Dans le feu de l'action

Close Combat : Gateway to CaenLa bataille se déroule sur une carte, assez jolie, et contenant des éléments de terrain « classiques » (bâtiments, champs, routes), mais également des éléments caractéristiques de la Normandie (bocages, notamment).

Avant le lancement à proprement parler de l'action, le joueur pourra repositionner ses troupes à l'intérieur de zones de déploiement bien définies (et généralement éloignées des positions à prendre, sinon ce serait trop facile…).

Une fois lancé, l'affrontement se déroule en général sur une vingtaine de minutes (en temps réel, je le rappelle). Il faudra donc donner les ordres aux petits soldats pixélisés. Les ordres sont donnés de façon simple : un clic droit sur l'unité fait apparaître une courte série d'ordre : se déplacer en marchant, courir, ramper, tirer, défendre, tendre une embuscade, placer un fumigène). Le joueur choisit ensuite la destination ou l'endroit visé d'un clic gauche, et les soldats s'exécutent.

S'il est facile de donner des ordres, le jeu en lui-même n'est pas si aisé. En effet, le joueur ne peut suivre qu'une petite partie du déroulement de la bataille à l'écran, et donc, devra constamment surveiller la mini-carte dans le coin inférieur droit de l'écran pour vérifier que des ennemis n'ont pas été repérés, ou pire, ne sont pas en train de faire un carton sur nos hommes. Le brouillard de guerre, que l'on peut retirer dans les options, font que nos troupes ne voient pas dès le départ où sont situées les troupes adverses. Il conviendra donc de se déplacer prudemment, notamment à l'approche de villages ou d'autres endroits pouvant servir d'abri.

Une des meilleures façons d'approcher une zone à risque est d'utiliser les fumigènes, dans le but de dissimuler son avance. L'autre peut être d'envoyer quelques obus de mortier ou quelques tirs de mitrailleuses sur la zone, en espérant que l'ennemi éventuellement présent se découvre.

Cela serait si simple si les munitions n'étaient pas limitées. Car en effet, nos troupes ne peuvent utiliser leurs armes à l'infini, et chaque soldat ou chaque pièce (artillerie, mortier, chars), disposent d'un stock limité en munition. En d'autres termes, si le joueur ordonne à un mortier de pilonner une position, il faudra vite lui ordonner de cesser le feu, sous peine d'être totalement inutilisable dès que les choses sérieuses commenceront.

À noter que l'IA est de qualité, que ce soit pour nos troupes ou celles d'en face. En effet, vos hommes ne vont pas rester à découvert si ils se font tirer dessus, et chercheront un abri. De même, l'adversaire cherchera à se replier en cas de besoin, ou essaiera de prendre nos troupes à revers, en utilisant le terrain à son avantage. Il est également suicidaire d'envoyer les blindés jouer les éclaireurs, car l'IA sait très bien où cacher un canon anti-char, qui aura vite fait d'envoyer notre tank à la casse... Les unités sous un feu nourri et ayant subi des pertes risquent également d'être clouées (et donc n'agiront plus pendant de longues minutes) voire carrément de paniquer et partir en déroute.

Au niveau sonore aussi, le jeu est une réussite. Il est fréquent d'entendre des coups de feu au loin, signifiant que nos unités situées à l'autre bout de la carte sont sous le feu de l'ennemi. Plus le joueur se rapprochera de la zone concernée, et plus la puissance sonore des coups de feu augmentera, sans parler des cris de douleur ou de panique des soldats, d'un réalisme étonnant.

Un jeu à deux niveaux

Close Combat : Gateway to CaenComme je l'ai dit plus haut, le jeu est essentiellement en temps réel, du moins pour la résolution des batailles. Il existe deux autres modes de jeu, ou le tour par tour intervient. Il s'agit du mode Opération et du mode Campagne.

Les opérations regroupent deux ou trois batailles qu'il faudra livrer à la suite l'une de l'autre, tout en conservant les mêmes troupes (ainsi que leurs gains d'expérience, mais aussi leurs pertes…). Le mode campagne, comme son nom l'indique, permet de vivre l'ensemble de l'opération Epsom.

Que ce soit en mode opération ou en mode campagne, le jeu se déroule alors au tour par tour, à l'échelle stratégique cette fois. La carte de la région est divisée en zones, au sein desquelles le joueur pourra déplacer ses groupes de combat, afin de prendre le contrôle de cette zone. Bien entendu, si des forces de l'autre camp sont présentes dans une zone, une bataille aura lieu, qui se déroulera en temps réel cette fois. Les joueurs pourront également attribuer des soutiens d'artillerie et des appuis aériens, qui seront aussi utilisables lors de la résolution de la bataille.

Bref, on peut dire que Close Combat : Gateway to Caen est riche en contenu, car le jeu propose initialement un bon nombre de batailles, une dizaine d'opérations et deux campagnes, le tout jouable dans un camp comme dans l'autre. Un éditeur de scénario est également présent, permettant de prolonger la durée de vie du jeu, déjà conséquente.

8.5
Close Combat : Gateway to Caen

Bien que le gameplay n’aie pas évolué depuis les origines de la série, Close Combat : Gateway to Caen est un jeu qui reste séduisant pour les amateurs de simulations tactiques qui ne craignent pas la pression qu’impose le temps réel. Le joueur devra être sur le qui-vive à chaque instant, et surveiller chaque zone où les combats font rage, sous peine de voir ses effectifs fondre comme neige au soleil.
Intérêt historique :Permet de découvrir cette partie de la campagne de Normandie peu utilisée jusqu’ici. En effet, la prise de Caen était un des objectifs prioritaires de alliés au moment du débarquement, celle-ci devait, en principe, avoir lieu rapidement. La topographie des champs de bataille est également bien reconstituée, et donne une idée de la difficulté qu’il y avait à progresser dans certaines régions de Normandie.
  • +Fait découvrir un autre épisode de la campagne de Normandie (et oui, il n’y avait pas que des soldats américains qui ont combattu en Normandie en 1944)
  • +IA de qualité
  • +Ambiance sonore très réaliste
  • +Ordre de bataille très comple
  • -Cela reste de la 2D vue du dessus
  • -Choix des troupes qui participeront à la bataille pas toujours évident
  • -Seulement deux niveaux de zoom : un de près et un de loin, un niveau intermédiaire aurait été le bienvenu.

  • Zglub Le Wargamer belge, Ancien membre d'HistoriaGames
  • "La guerre! C'est une chose trop grave pour la confier à des militaires." G. Clémenceau