L'Inrap découvre les origines de Strasbourg

Toujours en train de creuser quelque part, l'INRAP a publié hier un communiqué rapportant les découvertes des fouilles archéologiques menées par Clémentine Barbau au centre-ville de Strasbourg, rue Sainte-Hélène.

Les fouilles préventives préalables à la construction d'une résidence de tourisme ont permis de mieux appréhender l'évolution générale de la ville au cours du temps. L'agglomération impériale nommée Argentorate était d'abord fondée autour des camps militaires des IIe et VIIIe légions romaines, stationnées ici pour pouvoir se porter en défense contre les incursions germaniques sur le limes.

Comme toujours, les cantonnements romains s'accompagnèrent d'une tripotée d'artisans, de lavandières, de boutiquiers, de manœuvres et d'autres travailleurs de tout poil, tant et si bien qu'en quelques décennies, les tentes se changèrent en faubourgs et les faubourgs en une véritable ville, bien qu'initialement la séparation entre espaces militaires et civils resta très stricte.

Ce sont ces habitats qui sont apparus à 4 mètres de profondeur des secteurs dégagés par la fouille, sur les couches de limon rhénan.

L'Inrap découvre les origines de Strasbourg Succession stratigraphique de 4 m de hauteur, aménagée en paliers, permettant d'appréhender la chronologie d'occupation du site depuis l'antiquité jusqu'à la période contemporaine, Strasbourg (Bas-Rhin), 2025. © Clémentine Barbau, Inrap

Deux caves ont été découvertes, avec des enduits peints et des framgents de tuiles et de torchis. Des maconneries suggèrent que certains bâtiments ont été restaurés ou remaniés avec l'essor urbain de la période médiévale, quelques siècles plus tard.

L'Inrap découvre les origines de Strasbourg Vue d'ensemble du site, en cours de fouille. De nombreuses maçonneries sont visibles, à différents niveaux altimétriques témoignant de leur succession chronologique et de leur remaniement, Strasbourg (Bas-Rhin), 2025. ©Marieke van Es, Inrap

Aux niveaux médiévals, les plans au sol sont nettement plus difficiles à lire, faute de planification urbaine claire établie par les autorités d'alors. Les différents murs élevés s'étalent du XIIIème au XVIème siècle, avec divers fosses et puits, et des mobiliers d'abandon.

En revanche, une structure se distingue plus précisément au terme du XIVème siècle : un « poêle » de la corporation des Drapiers, pas pour faire cuire des oeufs (quoique) mais pour s'y réunir. Le nom désigne en effet la structure destinée à accueillir la corporation des artisans du textile pour leurs réunions et leurs banquets, avec un four et des latrines.

L'Inrap découvre les origines de Strasbourg Four domestique du XIVe siècle en cours de fouille, Strasbourg (Bas-Rhin), 2025. ©Géraldine Alberti, Inrap

La dite corporation fut supprimée en 1791 ; le bâtiment fut réutilisé, notamment certains éléments qu'on continue de retrouver dans les niveaux supérieurs de la fouille : briques en terre cuite, blocs de grés, lambeaux de plancher et de démolition.

La fouille étant achevée, c'est l'étape de post-fouille qui débute maintenant, associant divers spécialistes pour étudier de près le mobilier découvert et mieux comprendre l'évolution de Strasbourg sur l'ensemble de son histoire.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de l'Inrap : Un quartier au cœur de Strasbourg de la période romaine jusqu’à nos jours (Bas-Rhin)

  • Cernunnos Rédacteur
  • "Messieurs, c'est une plage privée! Je crois que nous dérangeons!" Un officier britannique sur Sword Beach

L'article vous a plu ? Parlons-en sur notre serveur Discord !

N'hésitez pas à le partager !

Commentaires (0)

0 / 1000

Soyez le premier à laisser un commentaire !