Info sur le jeu
PlateformePC Windows
ÉditeurParadox Interactive
DéveloppeurParadox Developement Studios
Date de sortieSeptembre 2020

Crusader Kings III

Thématique
Moyen-âge
22 septembre
2020

En octobre 2019, à l'occasion de sa conférence de presse, l'éditeur de jeux vidéo bien connu des amoureux de l'Histoire, j'ai nommé Paradox Interactive, nous a surpris en annonçant son futur titre : Crusader Kings III. Nombre de fans s'attendaient plutôt à revivre la Belle Époque avec un nouvel opus de la série des Victoria puisque le très honorable Crusader Kings II semblait bien complet. Mais il n'en fut rien.

Une année plus tard, voici venir le titre qui vient de sortir le 1er septembre dernier sur PC Windows. La rédaction d'HistoriaGames a bien entendu sauté sur ce nouveau bijou vidéoludique historique pour vous le faire découvrir et donner son avis.

Pour l'éditeur, le défi était grand ! Avec un Crusader Kings II très abouti, ayant occupé de très nombreuses heures une large communauté de fans, autant dire que Paradox Interactive était attendu au tournant. Qui plus est après une année à nous livrer des DevDiary où l'on ne voyait pas bien l'intérêt de ce nouvel opus par rapport à son prédécesseur et après un lancement plus que chaotique de son précédent titre, Imperator Rome, qui aura fait couler beaucoup d'encre à sa sortie.

Dans un premier temps, rappelons, pour les néophytes des Crusader Kings, que cette franchise vous plonge au cœur du Moyen-âge afin d'y faire prospérer votre dynastie. Point de conquête du monde envisageable tant la carte est grande et les possibilités infinies, mais un concept original vous permettant de faire prospérer vos différents personnages successifs en accumulant prestige et piété.

Un air de déjà vu, mais pas que !

Alors, mettons immédiatement les choses au clair : les aficionados de Crusader Kings II seront clairement en terrain connu. Dès le démarrage du jeu, la ressemblance avec son prédécesseur est immédiatement perceptible.

Et pour le fan que je suis, l'effet douche froide est immédiat... À quoi bon payer 50€ (75€ pour la version "Royale") pour ce qui ne ressemble ni plus ni moins qu'à une grosse mise à jour de l'interface et des graphismes de Crusader Kings II ?

Pourtant cet effet se dissipe peu à peu en décortiquant dès les menus du jeu.

Ajout de nature à plaire aux nouveaux joueurs qui découvrent les concepts du jeu, comme aux anciens joueurs qui peuvent y découvrir des nouveautés, un tutoriel vous plongera dans la peau du petit Roi de Munster, Murchad de Brain, en 1066 (les connaisseurs de Crusader Kings II reconnaîtront sans doute la date de départ...). Ce petit tutoriel assez bien fait permet de toucher à ce qui fait la subtilité de ce nouveau titre et vous incitera, si vous souhaitez continuer la partie, à essayer de devenir roi d'Irlande.

Test de Crusader Kings III
Test de Crusader Kings III

Seul bémol, qui va forcément avec ce type de jeu ultra-riche en contenu, les très (trop) nombreux textes explicatifs qui pourront rendre quelque peu fastidieux ce tutoriel.

Ce côté fastidieux se retrouve également dans le nouveau système d'info-bulle, assez allégé de prime abord, mais où il n'est pas rare de devoir ouvrir une, deux ou trois autres fenêtres depuis la première fenêtre initiale pour trouver l'information précise que l'on recherche. La nécessité de prendre le temps de chercher - de fouiller même l'on peut dire - risque de rebuter plus d'un joueur.

Pourtant, c'est en prenant le temps de plonger au cœur de ses méandres que la richesse et la profondeur de ce titre, fait pour vous occuper de très nombreuses heures, se révèleront aux joueurs.

Avis d'Aymdef

Il est clair que nous avions de grosses réserves avant la sortie de Crusader Kings III. Dans chaque Devdiary que nous avions traduit, nous cherchions à chaque fois où se trouvait la nouveauté. C'était même devenu un running gag... au point de se demander s'il ne valait pas mieux arrêter de les traduire ou mettre ceux de Crusader Kings II à la place. Conscience professionnelle oblige, nous avons continué.

Alors que Halion a reçu une version presse de la part de Paradox Interactive, j'ai pour ma part sauté sur l'occasion offerte par Microsoft et le Game Pass. Ainsi, j'ai pu profité du jeu pour 3.99€. On peut le voir comme une démo payante, mais cela m'a convaincu de l'acheter. Sachez tout du moins que le prix de l'abonnement a augmenté à partir du 17 septembre, les nouveaux abonnés devront débourser 9.99€... ce qui est tout de même peu à la vue du catalogue proposée.

Un gameplay immersif

Sans avoir besoin de chercher bien longtemps, la chose qui saute aux yeux est que le nouveau titre de Paradox est beau ! N'étant jamais le point fort des jeux de chez Paradox, le souligner est donc important.

Alors que la carte de Crusader Kings II paraissait relativement claire et propre (pour moi en tout cas), force est de constater que celle de Crusader Kings III a profité d'une refonte complète qui, finalement, offre un beau rendu. Les différents niveaux de zoom permettent ainsi de découvrir les différents niveaux de titres (comtés, duchés, royaumes) agrémentés d'une grande variété de détails graphiques.

Test de Crusader Kings III  Test de Crusader Kings III

Un dézoom total de la carte permet aussi de se rendre compte de l'immense travail fourni par les équipes de Paradox en termes de recherches historiques nécessaires pour recréer un si vaste espace de jeu. Celui-ci s'étendant de la classique Europe de l'Ouest, aux confins de l'Inde, des froides steppes de la Sibérie, aux chaudes contrées de l'Afrique. Cet immense travail permet ainsi de proposer l'une des plus fidèle et impressionnante carte de jeu sur cette époque.

Test de Crusader Kings III
Test de Crusader Kings III  Test de Crusader Kings III

Cet immense travail de reconstitution ne s'arrête cependant pas là. Non content de nous proposer nombre de peuplades présentes à cette époque, le jeu y associe également un nombre impressionnant de cultures et de religions qu'il sera possible de découvrir en changeant, d'un simple clic, le mode d'affichage de la carte.

Si l'on retrouve les classiques grandes religions monothéistes et polythéistes de cette époque ainsi que les grandes cultures, les variantes de ces religions et cultures sont elles aussi représentées et toutes proposent leurs propres spécificités.

À cela s'ajoute la totale liberté donnée au joueur d'influencer, de modifier ou même de créer sa propre religion, en échange d'un grand nombre de points de piété. De quoi rendre chaque partie unique selon le personnage.

Test de Crusader Kings III  Test de Crusader Kings III

Élément central du jeu, c'est sur la carte que tout se déroulera, et notamment les différentes campagnes militaires. Si sur ce point rien de nouveau n'est à noter quant à leur déroulement sur la carte et aux graphismes qui s'y attachent, force est tout de même de constater que la mise en place du nouveau système de baronnie fait mouche. Celui-ci vient découper désormais les différents comtés ce qui a pour effet de rendre le déplacement des troupes et l'anticipation des combats (influencée notamment par la topographie) primordiaux.

Test de Crusader Kings III
Test de Crusader Kings III  Test de Crusader Kings III

Chaque type de baronnie disposera également de différentes options de bâtiments à bâtir qui dépendront du terrain local, de la culture ou encore de l'époque. Entrera également en considération si la baronnie est une capitale ducale ou même d'un royaume avec à chaque fois des bâtiments uniques.

Test de Crusader Kings III  Test de Crusader Kings III

Une autre avancée notable sur le point des graphismes est le passage au 3D pour les différents personnages du jeu. Ce passage à la 3D permet ainsi de découvrir moult détails sur le physique de nos personnages qui évoluera au gré des évènements, de l'avancée dans l'âge, de ses traits ou encore des accidents de la vie. De quoi nous les rendre encore plus attachants que dans Crusader Kings II.

Test de Crusader Kings III  Test de Crusader Kings III

D'ailleurs, plus que jamais les développeurs ont voulu que nous nous attachions à l'histoire de nos personnages en ajoutant une foultitude d'évènements pouvant intervenir au cours de leur existence et qui nécessiteront un choix de notre part. Que ce soit la classique apparition d'une maladie ou l'adoption attachante d'un animal de compagnie, c'est à chaque fois toute une chaîne d'évènements qui démarrera et qui nous demandera de faire des choix parfois moralement compliqués.

Test de Crusader Kings III  Test de Crusader Kings III

Une autre nouveauté qui va venir renforcer l'importance des choix effectués par nos personnages est l'impact que ces choix auront sur l'héritage dynastique. Ce dernier va venir permettre de débloquer des bonus permanents qui pourront se révéler décisifs à un moment donné du jeu et qui renforcent ainsi son immersion.

Test de Crusader Kings III  Test de Crusader Kings III

Avis d'Aymdef

Avec Crusader Kings III, Paradox Interactive se devait d'attirer un nouveau public et cela passait nécessairement par une refonte graphique. Ce point est une grande réussite pour le studio suédois.

J'avais beaucoup d'appréhensions sur les personnages en 3D qui avaient un petit côté "Sims", et surtout peur de l'effet "No Man's Sky" et de leur prétendue génération procédurale... qui créait des modèles moches qui se ressemblent tous. Au final, les modélisations sont incroyables et toutes uniques.

Une interface aérée

Un autre point qui apparaît également rapidement est le grand ménage fait par les développeurs en ce qui concerne l'interface globale du jeu. Le but évident est d'aérer l'espace de jeu comparé à ce qui se faisait sur Crusader Kings II et ainsi éviter de rebuter des joueurs néophytes. Cette nouvelle interface, somme toute similaire aux classiques de Paradox, est vraiment plus agréable, mais cela se complique lorsque l'on souhaite creuser les différents détails du jeu. Comme dit plus haut, on retrouvera ici le côté quelque peu fastidieux de la recherche d'information par le biais des info-bulles.

De plus, Crusader Kings III étant un jeu extrêmement riche – il représente tout de même le monde connu au Moyen-âge avec un grand nombre de choses à gérer – l'apparente légèreté de l'interface peut vite disparaître au profit d'une multitude de fenêtre explicative relatives à divers évènements ayant lieux, requérant une décision de votre part alors même que vous étiez déjà en train de vous concentrer sur autre chose... Certaines fenêtres n'étant que temporaires, cela peut vite rendre le jeu compliqué à suivre, comme sur cette image.

Test de Crusader Kings III

Toujours à propos de l'interface, l'apparition d'un nouvel onglet en haut de l'écran, intitulé « Problème » se révèle être une bonne idée des développeurs qui permet de mieux gérer les différents évènements requérant notre attention en les classant à un endroit assez visible tout en étant discret. Un élément qui permet de quelque peu limiter la critique précédente quant à la multitude de fenêtres pouvant s'ouvrir en même temps.

Test de Crusader Kings III

Enfin, malgré ces quelques petits défauts inhérents au lancement d'un tel jeu, il faut souligner le pas que représente en cumulé l'ensemble des nouveautés apportées par ce titre, ainsi que par l'immense travail fourni par le studio pour cette première version du jeu.

Autre chose à souligner lorsque l'on connaît les déboires de la traduction du précédent titre de Paradox, ici la version française est irréprochable. Après près de 60 heures de jeu je n'ai croisé aucun raté à ce niveau-là. Sur ce point, Paradox semble avoir entendu les critiques de sa communauté de joueurs.

De plus, dès la version proposée au lancement du titre, le jeu propose un nombre intéressant de destins de personnages historiques à suivre et pour lesquels nous pourrons réécrire leur épopée, et ce à deux grandes époques.

Ainsi, nous pourrons nous plonger au cœur du IXème siècle marqué par les grandes invasions vikings – où j'ai particulièrement apprécié les différents personnages proposés dans le scénario « Les grands aventuriers ».

Test de Crusader Kings III
Test de Crusader Kings III  Test de Crusader Kings III

Ou encore à la date emblématique du début d'année 1066, marquant la date du jeu de base de Crusader Kings II. Ici, ce sont les destins des personnages proposés dans le scénario « de la pauvreté à la richesse » qui ont retenu mon attention. Mais celui relatif à l'histoire tumultueuse de la péninsule hispanique de cette époque est aussi à noter. Le troisième reprend exactement celui de Crusader Kings II.

Test de Crusader Kings III
Test de Crusader Kings III  Test de Crusader Kings III

J'ai particulièrement apprécié cette variété de choix quant à la possibilité de suivre l'histoire de personnages aux profils très différents dès le lancement du jeu. Cela permet de tester les différentes options. Point noir toutefois, on sent bien la future politique de DLC que proposera l'éditeur qui, même s'il a annoncé qu'il y en aurait moins, devrait nous en proposer un certain nombre qui feront augmenter le prix du jeu – le premier DLC est d'ailleurs déjà annoncé en précommande sur Steam pour 30€ tout de même.

Ces nouveaux (et futurs) scénarios vous permettront de revivre nombre de grands évènements historiques plus ou moins connus. Mener la grande migration de la Confédération Mogyer – l'une des dernières grandes migrations en Europe – qui va voir ces tribus s'installer dans l'ancienne Pannonie et être à l'origine du futur grand royaume de Hongrie est quelque chose d'assez grisant.

Test de Crusader Kings III  Test de Crusader Kings III

Avis d'Aymdef

Pour ma part c'est le destin de la Magajiya Daurama qui m'a conquis. Elle fut reine de Daura, un royaume en Afrique strictement dirigé par des femmes. Avec ses fortes capacités en diplomatie, on peut très vite passé du simple état de comtesse à celui d'impératrice du Kanem-Bornou en vassalisant par la parole, ou par les armes, tous nos voisins.

Les possibilités offertes par le jeu sont abyssales. Il est très simple de commencer une partie, mais très difficile de l'arrêter...

Enfin, certaines nouveautés déstabiliseront au départ les habitués de la série des Crusader Kings. Ainsi, par exemple, le nouveau système de technologie, de mon avis, affreusement opaque dans Crusader Kings II, a été totalement repensé.

Adossé à la culture de notre personnage, ce nouveau système paraît compliqué au départ, mais l'on prend vite le pli de se concentrer sur les technologies qui nous apporteront un avantage militaire ou nous permettront de débloquer notamment de nouveaux modes de successions dynastiques. Nouveauté, surprenante au départ, qui est finalement vite adoptée après quelques heures à jouer !

Avis d'Aymdef

J'accumule déjà de très nombreuses heures sur ce jeu. J'adore faire et défaire des nations, tester toutes les possibilités qu'offrent le jeu. Mais je ne peux m'empêcher d'avoir un arrière-goût dans la gorge, une impression de jouer à Crusader Kings II avec une meilleure interface. Et pourtant, je ne cesse d'y retourner...

Paradox n'a pas fait évoluer une recette qui marche de toute façon très bien à la base. Le devait-il ? Là est toute la question. Mais pour le prix demandé, autant rester sur Crusader Kings II si on y possède déjà tous les DLCs. Si le Game Pass n'avait pas proposé le jeu à sortie dans son catalogue, je n'y aurai sans doute pas joué.

On verra ce que le futur réserve à Crusader Kings III en matière de contenu que l'on espère le moins prohibitif possible. C'est surtout la communauté de moddeurs que l'on attend le plus, elle qui nous réserve déjà quelques mods prometteurs.

9.0
Crusader Kings III

Un successeur magistral
La douche froide initialement perçue au moment du lancement du jeu a vite laissé place à un intérêt tout particulier pour ce titre qui se révèle d'une infinie richesse pour le joueur assidu. Avec Crusader Kings III, vous vivrez une expérience immersive du Moyen-âge en grand format comme rarement atteint. Ici, tant les nouveaux joueurs, que les plus anciens fans de la série trouveront leur bonheur. À vous les joies des trahisons, des complots, des querelles diverses et variées, mais surtout de faire prospérer votre dynastie à travers les âges.
Intérêt historique :Non seulement Crusader Kings III vous plongera au cœur du Moyen-Age, en suivant les grands artisans de cette période, mais en plus, les différents scénarios déjà présents vous permettront de découvrir et de réécrire l'histoire de nombre de petits seigneurs, de grands aventuriers moins connus mais au destin passionnant. L'énorme travail de Paradox (carte immense, une multitude de peuples, de cultures, de religions) vous permettra de (re)découvrir une période riche, épique et passionnante.
  • +Une richesse quasi-inépuisable
  • +Une clarté dans la prise en main
  • +Une expérience et une liberté infinie
  • -Toujours pas de batailles navales
  • -Un coté quelque peu fastidieux
  • -Une politique économique à base de DLC qui se ressent déjà
8.0
Graphismes

La nature même du jeu limite, de facto, cet aspect. Néanmoins, il est à noter l'énorme travail réalisé par les développeurs pour rendre leur jeu beau, tant au niveau de la carte que des personnages qui bénéficient tout particulièrement du passage à la 3D.

9.0
Technique

Aucun bug observé, des temps de chargement quasi absent, de quoi jouer en toute tranquillité.

8.0
Jouabilité

Le tutoriel plutôt bien fait pour permettre de découvrir le titre permet d'aborder le jeu avec sérénité. En plus couplé à un réel effort d'aération de l'interface l'on obtient un résultat des plus attrayant. Reste cette fâcheuse sensation de fouiller lorsque l'on cherche une information...

10+
Durée de vie

Alors ici que dire... un jeu d'une telle richesse ne peut avoir qu'une durée de vie infinie. Des centaines et des centaines d'heures de jeu en perspective.

9.0
Ambiance

L'ambiance médiévale est particulièrement bien rendue, tant par les très nombreux évènements pouvant intervenir, que par une bande son qui saura intelligemment souligner les moments de tensions lors des affrontements.

10
Scénario

Une fois de plus Paradox Interactive nous propose, ni plus ni moins, que de vivre le Moyen-âge comme on le souhaite avec ses intrigues, ses passions, ses trahisons et bien plus... L'histoire, c'est nous qui la créons !


  • HalionHalion Rédacteur, Chroniqueur
  • « L'imagination gouverne le monde » Napoléon Bonaparte