Résumé

Guerres napoléoniennes

Guerres napoléoniennes

Les guerres révolutionnaires et napoléoniennes forment une longue période de conflits qui bouleversèrent l'Europe entre 1792 et 1815. Les guerres révolutionnaires (1792–1802) ouvrent la séquence ; les guerres napoléoniennes sont généralement datées de 1803 à 1815. Ces conflits virent l'ascension de Napoléon Bonaparte, la transformation des structures politiques européennes et la diffusion des idées révolutionnaires, puis la tentative de domination continentale par le Premier Empire.

Des débuts en Italie et en Méditerranée (1796–1799)

La campagne d'Italie (1796–1797) révèle le jeune général Napoléon Bonaparte. Commandant l'armée d'Italie, il remporte une série de victoires contre les forces austro-sardes (Autriche et royaume de Sardaigne-Piémont) et impose la domination française dans le nord de l'Italie.

En 1798 Napoléon conduit l'expédition d'Égypte (1798–1801) visant à menacer les communications britanniques vers l'Inde. La bataille des Pyramides (21 juillet 1798) est une victoire tactique française ; la campagne reste cependant un succès stratégique limité. La découverte de la pierre de Rosette (1799) marque un apport scientifique majeur. Napoléon quitte l'Égypte fin 1799 et rentre en France couvert d'une réputation militaire.

Le Consulat et la consolidation du pouvoir (1799–1804)

Le coup d'État du 18 Brumaire (9 novembre 1799) installe le Consulat et fait de Napoléon le Premier Consul. Il consolide son pouvoir par des victoires militaires et des réformes intérieures. La bataille de Marengo (14 juin 1800) permet de repousser l'Autriche en Italie ; la bataille de Hohenlinden (3 décembre 1800), remportée par les généraux français sur le front allemand, contribue à amener la paix avec l'Autriche (traité de Lunéville, 1801).

De l'Empire à la domination continentale (1804–1807)

Napoléon se fait couronner Empereur des Français le 2 décembre 1804. L'hostilité britannique, fondée sur la supériorité maritime du Royaume-Uni, empêche toute invasion des îles britanniques après la défaite navale de Trafalgar (21 octobre 1805). Sur le continent, la Troisième Coalition (Royaume-Uni, Autriche, Russie, etc.) est battue à Austerlitz (2 décembre 1805), victoire qui renforce la domination française en Europe centrale.

En 1806–1807, Napoléon inflige de lourdes défaites à la Prusse (Jena et Auerstädt, 14 octobre 1806) et négocie les traités de Tilsit (juillet 1807) avec la Russie, redessinant la carte de l'Europe centrale et créant le Duché de Varsovie.

Guerres de la péninsule et nouvelles coalitions (1808–1810)

L'occupation de l'Espagne et l'intervention française déclenchent la guerre d'Espagne (1808–1814), qui s'avère une guerre d'usure coûteuse pour la France et mobilise des forces britanniques en soutien aux insurgés. Parallèlement, la Quatrième et la Cinquième Coalition se forment et sont successivement battues : la victoire française à Wagram (5–6 juillet 1809) conduit au traité de Schönbrunn (14 octobre 1809) et à de nouvelles réorganisations territoriales.

Le système continental et la campagne de Russie (1810–1812)

Pour affaiblir la Grande-Bretagne, Napoléon met en place le Système continental, un blocus économique visant à isoler l'ennemi maritime. La rupture progressive des relations avec la Russie conduit à la campagne de Russie en 1812. Napoléon rassemble une armée très nombreuse (estimation souvent citée autour de 500 000–600 000 hommes toutes nationalités confondues), mais la campagne tourne au désastre : la retraite de Russie provoque des pertes massives et affaiblit durablement la puissance militaire française.

La chute de l'Empire (1813–1814)

En 1813 une nouvelle coalition (Russie, Prusse, Autriche, Royaume-Uni et alliés) inflige des défaites décisives à la France. La bataille de Leipzig (16–19 octobre 1813), dite « bataille des Nations », marque un tournant : l'armée française est battue et la Coalition envahit ensuite le territoire français. Paris est occupée et Napoléon abdique le 6 avril 1814 ; il est exilé sur l'île d'Elbe.

Les Cent-Jours et Waterloo (1815)

Napoléon s'évade de l'île d'Elbe fin février 1815 et débarque en Provence le 1er mars 1815, entamant la période dite des Cent-Jours. Après une brève reprise du pouvoir, il est définitivement vaincu à Waterloo le 18 juin 1815 par les forces alliées commandées par le duc de Wellington et le maréchal Blücher. Napoléon abdique le 22 juin 1815 et est exilé à Sainte-Hélène, où il meurt le 5 mai 1821.

Quelques batailles majeures

Bataille du Pont de Lodi

1796

Première victoire éclatante de Napoléon en Italie. Démonstration de courage et de génie militaire qui lance le mythe napoléonien.

Lire l'article →

Bataille de Castiglione

1796

Victoire française consolidant la maîtrise de la Campanie française en Italie. Napoléon enfonce le coin entre les armées autrichienne et piémontaise.

Lire l'article →

Bataille du Pont d'Arcole

1796

Offensive française contre les positions autrichiennes en Italie. Démonstration de l'énergie et de la détermination napoléoniennes face aux obstacles.

Lire l'article →

Bataille de Rivoli

1797

Dernière victoire majeure de la campagne d'Italie. Napoléon écrase la tentative autrichienne de reprendre le terrain perdu.

Lire l'article →

Bataille de Marengo

1800

Victoire française décisive scellant l'issue de la campagne d'Italie. Napoléon consolide son pouvoir en France après le coup d'État.

Lire l'article →

Batailles d'Elchingen et d'Ulm

1805

Campagne de Bavière enveloppant l'armée autrichienne. Capitulation d'Ulm marquant le début de la domination française en Europe centrale.

Lire l'article →

Bataille d'Austerlitz

1805

Le chef-d'œuvre tactique du génie militaire napoléonien. Victoire écrasante contre la coalition russo-autrichienne malgré l'infériorité numérique.

Lire l'article →

Batailles d'Auerstaedt et d'Iéna

1806

Double victoire française détruisant l'armée prussienne en une journée. Napoléon démontre la supériorité de sa nouvelle tactique de guerre manœuvrière.

Lire l'article →

Bataille de Pultusk

1806

Engagement contre l'armée russe en Pologne. Malgré des pertes élevées, repousse les Russes et établit la domination française en Europe de l'Est.

Lire l'article →

Bataille d'Eylau

1807

Affrontement sanglant contre les Russes en Prusse-Orientale. L'une des rares batailles indécises de Napoléon mais qui repousse l'ennemi.

Lire l'article →

Bataille d'Heilsberg

1807

Engagement contre les défenses russes fortifiées. Contribution à la campagne finale de Prusse-Orientale menant à la victoire française.

Lire l'article →

Bataille de Friedland

1807

Victoire décisive contre la Russie scellant la domination napoléonienne. Traité de Tilsit qui fait de Napoléon l'arbitre de l'Europe.

Lire l'article →

Bataille de Somosierra

1808

Offensive française en Espagne perçant les défenses de montagne. Illustre les débuts de la désastreuse campagne d'Espagne.

Lire l'article →

Bataille d'Essling

1809

Combat contre l'Autriche révoltée. Première défaite majeure de Napoléon stoppant l'invasion de la Bohême.

Lire l'article →

Bataille de Wagram

1809

Victoire française remportant définitivement sur l'Autriche. Réaffirme l'hégémonie napoléonienne sur le continent après le revers d'Essling.

Lire l'article →

Bataille d'Albuera

1811

Combat en Espagne contre les forces britanniques. Illustre l'intensité et la durée de la guérilla ibérique contre l'occupation napoléonienne.

Lire l'article →

Bataille de Smolensk

1812

Engagement majeur de la campagne de Russie. Première grande bataille de la Grande Armée en territoire russe.

Lire l'article →

Bataille de Borodino

1812

L'une des plus sanglantes batailles de l'histoire. Victoire tactique française mais marque psychologique de la campagne de Russie qui mène à la débâcle.

Lire l'article →

Bataille de Waterloo

1815

La bataille finale qui scelle le destin de Napoléon. Défaite contre la coalition anglo-prussienne sur les Flandres menant à son exil définitif.

Lire l'article →

Aspects militaires et logistiques

Les guerres révolutionnaires et napoléoniennes montrent l'importance de la mobilisation nationale, de la conscription, de la logistique (chemins, ravitaillement) et de l'innovation tactique. La Grande Armée, organisée et disciplinée, a su tirer parti de la concentration des forces et de la manœuvre, mais elle a aussi été vulnérable aux campagnes d'usure et aux difficultés d'approvisionnement sur de longues distances (notamment en Russie).

Conséquences politiques et sociales

Ces conflits provoquent des transformations profondes : effondrement et restauration de dynasties, diffusion des principes révolutionnaires (code civil, réformes administratives), redécoupage territorial de l'Europe et montée des nationalismes. Le Congrès de Vienne (1814–1815) cherche à rétablir un équilibre européen après la défaite de Napoléon, mais les idées et les changements institutionnels hérités de la période révolutionnaire et impériale perdurent.

Bibliographie sélective

Ouvrages généraux et synthèses

  • Jean Tulard. Napoléon ou le mythe du sauveur. Éditions Fayard.
  • David Chandler. La Campagne de Napoléon. Traduction française de l'ouvrage de référence sur les campagnes napoléoniennes.
  • Thierry Lentz. Napoléon. Biographie et études récentes (éditions variées).

Études militaires et tactiques

  • Alain Pigeard. Dictionnaire des batailles de Napoléon. Éditions Perrin / Tallandier.
  • Geoffrey Wawro. La guerre napoléonienne. Traduction française de l'ouvrage anglais sur les aspects militaires et stratégiques.

Contexte politique et social

  • Albert Soboul. La Révolution française. Éditions Gallimard (pour le contexte révolutionnaire).
  • Jean-Paul Bertaud. Le Consulat et l'Empire. Études sur les institutions et la société sous Napoléon.

Études spécialisées

  • Ouvrages collectifs et traductions. Collections universitaires et éditions critiques (Fayard, Perrin, Tallandier, Gallimard).
  • Aymdef Rédacteur en chef
  • "L'objet de la guerre n'est pas de mourir pour son pays, mais de faire en sorte que le salaud d'en face meure pour le sien." George S. Patton

Commentaires (0)

0 / 1000

Soyez le premier à laisser un commentaire !