Histoire

Guerre soviéto‑afghane

La Guerre soviéto‑afghane oppose, de 1979 à 1989, l’Union soviétique au gouvernement afghan soutenu par Moscou d’un côté, et une mosaïque de groupes de résistance afghans — les moudjahidines — de l’autre. Le conflit s’inscrit dans le contexte de la Guerre froide et des rivalités d’influence en Asie centrale.

En 1978, un coup d’État communiste porte au pouvoir le Parti démocratique populaire d’Afghanistan, dont les réformes rapides et impopulaires provoquent des révoltes dans de nombreuses régions. Face à l’instabilité croissante et craignant la perte d’un allié stratégique, l’URSS intervient militairement en décembre 1979, renversant le dirigeant afghan Hafizullah Amin et installant un gouvernement plus favorable.

L’intervention déclenche une insurrection généralisée. Les moudjahidines, issus de différents courants religieux et politiques, reçoivent un soutien extérieur important, notamment des États‑Unis, du Pakistan, de l’Arabie saoudite et de la Chine. Le conflit prend la forme d’une guerre d’usure : l’armée soviétique contrôle les villes et les axes principaux, tandis que les insurgés dominent les zones rurales et utilisent des tactiques de guérilla.

Malgré une supériorité militaire conventionnelle, l’URSS ne parvient pas à stabiliser le pays. Les pertes humaines, le coût économique et l’impopularité croissante de la guerre contribuent à la décision soviétique de se retirer. Les accords de Genève de 1988 organisent le départ progressif des troupes, achevé en février 1989.

La guerre fait des centaines de milliers de morts afghans et provoque l’exil de plusieurs millions de réfugiés. Elle affaiblit durablement l’État afghan et laisse un vide politique qui contribuera à l’émergence ultérieure des talibans. Pour l’URSS, le conflit représente un fardeau économique et politique qui accentue les tensions internes à la fin de la Guerre froide.