Histoire

Guerres de Yougoslavie

Les guerres de Yougoslavie désignent une série de conflits armés qui accompagnent l'éclatement de la République fédérative socialiste de Yougoslavie au début des années 1990. Elles résultent d'un ensemble de facteurs : montée des nationalismes, crise économique, affaiblissement du pouvoir fédéral et rivalités politiques entre républiques. Ces conflits, parmi les plus violents en Europe depuis 1945, impliquent plusieurs acteurs locaux et internationaux.

Le premier conflit éclate en 1991 lorsque la Slovénie et la Croatie déclarent leur indépendance. La guerre de Slovénie est brève, mais la guerre de Croatie (1991‑1995) oppose durablement forces croates et milices serbes soutenues par l'armée fédérale. En 1992, la Bosnie‑Herzégovine proclame à son tour son indépendance, déclenchant une guerre complexe entre Bosniaques, Croates et Serbes. Ce conflit est marqué par des sièges prolongés (Sarajevo), des déplacements massifs de population et des crimes de guerre, dont le massacre de Srebrenica en 1995, où environ 8 000 Bosniaques sont tués.

Les accords de Dayton (1995) mettent fin à la guerre de Bosnie et redéfinissent la structure politique du pays. À la fin des années 1990, les tensions se déplacent vers le Kosovo, où l'affrontement entre forces serbes et guérilla albanaise (UCK) conduit à une intervention aérienne de l'OTAN en 1999. Le retrait des forces serbes marque la fin du contrôle de Belgrade sur la province, qui deviendra un État indépendant en 2008 (non reconnu par tous les pays).

Les guerres de Yougoslavie font environ 200 000 morts, provoquent des millions de déplacés et laissent une région profondément marquée par les divisions ethniques et politiques. Elles entraînent également la création de plusieurs États souverains et une implication durable de la communauté internationale dans les Balkans.