Victory and Glory : Napoleon

26 avril
2016
Info sur le jeu
PlateformePC Windows
Éditeur
  • Matrix Games
  • Slitherine Software
DéveloppeurElectric Games
Date de sortieMars 2016

Chez HistoriaGames, nous sommes au moins deux à nous rêver en Napoléon. Les développeurs d'Electric Games nous permettent enfin de réaliser ce rêve, du moins sur un wargame uniquement en anglais... Un affront absolu porté à la mémoire de notre Empereur adoré.

Un jeu de plateau sur carte graphique

Vous l'avez compris en lisant son titre, le jeu a choisi comme contexte historique le Premier Empire. Ici, Victory and Glory : Napoleon ne ressemble pas à un Total War mais bien au wargame classique qui occupe la moitié de votre table de salon et 6 heures de votre temps. Comme pour tout wargame le plus important est le plateau, c'est la première chose que l'on voit.

Dans Victory and Glory : Napoleon, la carte représente l'Europe de Brest à Moscou, en passant par l'empire Ottoman, partant de l'Égypte jusqu'à l'Anatolie. D'un point de vue graphique, la carte essaye de se rapprocher de celle d'un atlas de l'époque. Cette carte est divisée en une trentaine de régions, réparties entre 5 grandes nations, ou indépendantes comme l'Italie du nord ou certaines parties de l'Allemagne actuelle.

Le contenu

Dans le jeu vous ne pourrez qu'incarner la glorieuse nation française, dans 5 scénarii. Ces scénarii sont proches de la réalité historique, chose qui ne sera plus le cas lorsque vous prendrez le pouvoir, car vous amènerez l'Empire à la victoire finale.

Vos armées terrestres sont composées de 6 troupes de base hors généraux (2 infanteries, 2 cavaleries, 2 artilleries). Ces troupes pourront évoluer en fonction de l'expérience acquise ou via des cartes de situation. La situation est similaire chez les navires, mais avec uniquement 2 types de navire.

Le gameplay repose aussi énormément sur les cartes de situation (voir paragraphe suivant). Ces cartes seront l’élément le plus important pour votre stratégie. En effet, vous devrez établir votre stratégie sur ces cartes. Il en existe une vingtaine. Elles vous donneront soit des avantages ou la possibilité d'annexer une région. Il ne servira donc à rien de détruire l'Autriche si vous n'avez pas les cartes nécessaires pour annexer les régions.

Le contenu, même s'il est loin d'être pauvre, reste tout de même peu conséquent pour le prix.

Napoleon : Victory & Glory  Napoleon : Victory & Glory  Napoleon : Victory & Glory

Le gameplay

Je préfère vous le dire tout de suite, je ne suis pas un habitué des wargames sur plateau. Il se peut donc que certains de mes commentaires puissent ne pas être des plus judicieux.

Commençons. Au début de votre tour, on vous donne un nombre de points d'action. Ces points vous permettront de bouger une armée, de combattre, ou d'utiliser une carte de situation. Pour être honnête, je trouve que le système est bien balancé pour le rythme du jeu, qui ne se retrouve pas trop haché, mais pas trop rapide non plus.

Afin de clarifier un peu les explications, je vais me servir de l'ordre du jeu présent dans RISK. Vous pouvez déplacer une armée d'une région à une autre adjacente, ou située plus loin si vous utilisez une carte. Attention cependant, si votre armée ne possède pas de général, il vous sera alors impossible de la déplacer hors de la région sur laquelle elle se trouve.

Passons maintenant au combat. Avec les contrôles - dont je parlerai un peu plus loin - c'est ce qui m'a posé le plus de problèmes pour le maîtriser, mais pas pour les mêmes raisons. Le combat se lance automatiquement lorsque votre armée ou celle de votre ennemi en rencontre une autre. Un écran représentant le champ de bataille apparaît alors. Vous devez par conséquent placer vos unités sur plusieurs lignes et choisir le type de formation que vous souhaitez adopter.

Il faut savoir que le placement se fait de façon alternative avec l'ordinateur : chacun place une unité par tour. Une fois que toutes les unités sont placées, le combat commence. Vous aurez alors une barre de rapidité qui vous dira qui peut attaquer ou se déplacer.

Le système de combat repose ensuite sur un système pierre-feuille-ciseau, la cavalerie a un avantage sur l'artillerie, l'artillerie sur l'infanterie, et l'infanterie sur la cavalerie. Attention toutefois ce système est pondéré par des atouts comme par exemple des escadrons de tirailleur plus efficaces contre l'artillerie. Ces « atouts » peuvent s'obtenir soit par l'expérience, soit par des cartes de situation vous conférant des avantages.

Après avoir attaqué, l'unité adverse sera soit détruite, soit mise en déroute ou simplement blessée. Une unité blessée perdra de sa puissance. En déroute, celle-ci sera inutilisable pendant un certain temps. Enfin, l'unité détruite, vous l’aurez compris, sera simplement détruite...

Parfois si plusieurs unités entrent en déroute en même temps, une option poursuite apparaîtra. La manière de jouer sera identique mais votre ennemi ne pourra pas attaquer et vous bénéficierez de gros bonus.

Si ce système vous semble rebutant, il sera possible de déléguer à l'IA l'entièreté de la bataille, ou juste les combats. De ce que j'ai pu en voir, l'IA se comporte plutôt bien, même si votre taux de défaite va légèrement augmenter.

Une fois le combat terminé, vous retournez à la carte du jeu et vous pouvez terminer votre tour tranquillement. La partie continue comme ça jusqu'à la date butoir fixée par le jeu. Vous gagnez si votre score est supérieur à celui de l'Angleterre. Vos points sont comptabilisés avec le nombre de territoires sous votre autorité, vos victoires, ou l'indépendance de certains pays.
Vous devez trouver bizarre que je ne parle pas de diplomatie. C'est normal, le système diplomatique du jeu, en plus d'être obscur, est inutile. En effet, vous ne pouvez pas déclarer de guerre ou faire la paix si vous ne possédez pas la carte adéquate. Vos relations n'ont pas d'influence sur les opinions des autres puissances. Pour résumer ce paragraphe, la diplomatie dans le jeu est aussi utile qu'un ordinateur sans électricité.

Les cartes de situations

Comme vous l'avez compris, le jeu repose en grande partie sur les cartes de situation. On peut les diviser en trois catégories, les historiques, les stratégiques et les tactiques. Les historiques sont pour moi les plus importantes et certainement les plus réussies du jeu. Ce sont elles qui vous permettent de revivre l'histoire. Par exemple, l'une d'elles vous permet de vous marier avec Marie-Louise et empêcher l'Autriche d'entrer en guerre contre vous, tandis qu’une autre vous permettra de créer la confédération du Rhin. Ce sont ces cartes qui donnent au jeu tout son sel, c'est sa grande réussite. Pour autant les autres cartes sont aussi réussies.

Les cartes tactiques ne sont pas très nombreuses mais ce sont les seules utilisables dans la partie combat du jeu. Elle vous donne des bonus comme la défense ou l'attaque améliorée, ou +4 dans chaque catégorie si Napoléon est sur le champ de bataille, ou alors elles vous permettent d'utiliser des renforts venant d'une armée alliée. Si elles ne sont pas révolutionnaires dans les idées, elles restent néanmoins bien pensées et équilibrées.

Enfin les dernières, sont les cartes stratégiques, les plus nombreuses. Ces cartes seront la moelle épinière de votre stratégie. En effet, ce sont elles qui définiront votre stratégie. Elles vous permettront d'annexer des nations mineures ou des provinces de grands pays, d'améliorer vos troupes, de vous octroyer un déplacement supplémentaire, de déclencher des tempêtes sur la flotte anglaise (ma préférée), de lever des troupes dans des régions annexées et même vous donner des points de victoire bonus.

Parlons un peu de leur obtention et de comment on s'en sert. À chaque fin de tour, on vous donne le choix entre deux cartes. Mais ce choix ne concernera jamais de carte historique. Elles intègreront automatiquement votre inventaire à une date donnée. Votre inventaire peut contenir jusqu’à 30 cartes. Pour jouer une carte historique ou stratégique il suffit d'aller dans son inventaire, de la sélectionner, et de suivre les instructions. Pour les tactiques la méthode est la même, si ce n'est que vous devez être dans le menu combat. La totalité des cartes ne sont jouables que pendant votre tour. Mais attention jouer une carte n'est pas gratuit. Il vous en coûtera soit un point d'action ou le tour d'une unité.

Napoleon : Victory & Glory  Napoleon : Victory & Glory  Napoleon : Victory & Glory

Prise en main et jouabilité du jeu

Et là... c'est le drame. Dans un wargame, il est bon de connaître les règles du jeu et, ici, il n'y a pas moyen de les trouver. Ce n'est pas grave, on se dit que le didacticiel va nous aider... Mais hélas ce n'est toujours pas le cas. Enfin si, il existe des vidéos en anglais sur YouTube faites par les développeurs. Mais il y a encore un problème, on ne joue pas forcément avec une connexion internet suffisante pour regarder une vidéo. Et il devient vite fastidieux de passer du jeu à votre navigateur internet pour tester les astuces.

Après avoir compris les mécanismes du jeu, avec un peu de mal si vous êtes comme moi, comptez deux bonnes heures pour comprendre le but du jeu, en particulier les conditions de victoire qui ne sont explicitées nulle part. Mais le plus difficile à prendre en main reste la jouabilité du jeu. Le contrôle via la souris est simple, mais le jeu n'est absolument pas clair. Par exemple, pour scinder une armée en deux vous ne pouvez pas juste sélectionner les unités que vous voulez contrôler et leur donner leur destination. Non, vous devez d'abord faire un clic droit sur le drapeau de l'armée et pas ailleurs puis, via un système à la Total War, vous pourrez scinder votre armée. Une fois fait, il vous faudra ensuite resélectionner l'armée pour pouvoir la déplacer, ce qui n'est pas facile quand les deux armées sont collées et impossible à séparer. Pour être honnête, j'ai joué une dizaine d'heures au jeu et même après j'avais encore du mal. Et malheureusement, ce constat s'applique sur d'autres aspects du jeu. Au bout de dix heures je confondais encore le menu des scores et de la diplomatie de quoi vous faire rager. De plus, le jeu fait apparaître très souvent les mêmes messages et impossible de les désactiver.

7.5
Victory and Glory Napoleon

Victory and Glory Napoleon, est un de ces jeux qui vous font rêver de prendre la place de notre empereur adoré. Le jeu est plutôt beau pour le genre. Le contenu est présent, même si un peu plus n'aurait pas fait de mal. Les règles une fois comprises sont simples à suivre, les combats sont intéressants et tactiques à souhait. Les cartes de situation sont quant à elles le gros atout du jeu. Malheureusement le jeu a aussi des défauts. Les contrôles et les menus sont peu intuitifs sans parler du système de point aussi lumineux que les eaux de la fosse des Mariannes. Bref un bon jeu mais pas forcément le plus optimisé.
Intérêt historique :Avec un titre comme celui-là autant dire que nous nous attendons à du contenu fidèle. À première vue, les scénarii et les cartes de situations disponibles sont proches de la réalité historique. On se dit alors génial : regardons les unités qui, il faut l'avouer à l'époque, sont d'une diversité impressionnante. Hélas, cela ne se retrouve pas dans le jeu. C'est d'ailleurs ce point qui fait chuter la note historique. Par contre je voudrais souligner l'effort fait par les développeurs pour que le déroulement de la partie colle le plus à l'histoire. Les cartes de situations permettent de recréer les vrais événements à quelques mois près, juste assez pour vous empêcher de vous servir de vos connaissances historiques. Bref, un jeu proche des événements, mais pas forcément des acteurs.
  • +Période historique intéressante
  • +Partie relativement longue
  • +Des règles simples une fois comprises
  • +Des cartes de situation bien pensées
  • +Des parties qui collent à la réalité
  • +Les combats sont très tactiques
  • -Prise en main difficile
  • -Menu du jeu peu clair
  • -Des contrôles non intuitifs
  • -Un contenu pas assez conséquent pour le prix
  • -Un système de diplomatie incompréhensible et inutile

  • Calisaque Ancien membre d'HistoriaGames
  • "Les hommes de génie sont des météores destinés à brûler pour éclairer leur siècle.” Napoléon