To End All Wars : Breaking the Deadlock

Zglub
6 juillet
2015
Info sur le jeu
PlateformePC Windows
Éditeur
  • AGEOD
  • Matrix Games
  • Slitherine Software
DéveloppeurAGEOD
Date de sortieFévrier 2015

Profitant du calme estival de l'actualité vidéoludique, voici le test du premier add-on (en espérant qu'il y en ait d'autres) pour To End All Wars (TEAW), jeu d'AGEOD consacré à la Première Guerre mondiale. Pour rappel, il s'agit d'un jeu à l'échelle stratégique, au tour par tour à résolution simultanée (classique pour les productions estampillées AGEOD). Les joueurs contrôlent leurs forces mais également les relations diplomatiques de leur camp (puissances centrales, l'Entente ou la Russie), la recherche, et quelques options qui pourront influencer le jeu d'une manière ou d'une autre.

L'un des principaux reproches (sinon le seul) faits au jeu de base était son contenu limité. Voici donc que viennent s'ajouter quatre scénarios et une campagne (quoique vu la durée d'un des scénarios proposés, on peut le considérer comme une mini-campagne). Petite modification aussi concernant la durée d'un tour : un tour de jeu correspond à sept ou neuf jours de temps réel, au lieu de quinze pour les campagnes du jeu de base.

Caporetto (Italie, 1917) 8 tours : Voir Venise...

Dans ce premier scénario, les puissances centrales situées au nord-est de l'Italie ont pour objectif de s'emparer de Padoue, Venise et Udine. Au premier coup d'œil sur la carte, réaliser ces objectifs semble n'être qu'une formalité. Les forces italiennes sont affaiblies, tandis que les puissances centrales sont en nombre, et peuvent réaliser une manœuvre d'encerclement. Mais le relief ralentit grandement les troupes, et même le transport en train peut facilement prendre plus d'un tour. Sans compter la météo qui peut jouer de mauvais tours, surtout en montagne. Certes, les puissances centrales disposent de troupes d'assaut en option, mais leur nombre est limité, et il faudra les utiliser à bon escient. D'autant que des troupes françaises viendront assez rapidement porter main-forte aux italiens.

Serbie (1915) 12 tours : On fait comme qui dirait la tenaille...

Ce deuxième scénario a donc pour cadre la Serbie. L'objectif des puissances centrales est de s'emparer des principales villes (Belgrade, Cetinje,…) en arrivant par le nord-ouest. Les forces russes présentes dans le pays font preuve d'une résistance acharnée. Lorsque la Bulgarie rejoint les forces centrales et attaque par l'Est, le joueur des puissances centrales se dit alors que la chute de la Serbie est proche. Mais là aussi, le terrain, accidenté et boisé, compliquera un peu sa tâche. De plus, des troupes alliées (Britanniques et Françaises) arriveront bientôt par le sud-est, venant de Grèce, et risquent non seulement de prendre les puissances centrales à revers, mais peuvent éventuellement faire une incursion en Bulgarie pour s'emparer des villes principales (qui sont des objectifs pour l'allié, en fait), à savoir Plovdiv et Sofia.

Roumaine (1916) 30 tours : Ils sont fous ces roumains...

La situation est presque identique par rapport au scénario précédent. La Roumanie est encerclée, et les troupes allemandes, austro-hongroises et bulgares sont prêtes à fondre sur Bucarest. Mais c'est sans compter sur la ténacité des forces roumaines. Personnellement, je m'attendais à ce qu'elles « jouent la défense », attendant sagement dans les villes que les forces centrales viennent s'y casser les dents, et bien ce fut le contraire. Elles sont passées rapidement à l'offensive, enchaînant victoire sur victoire. Heureusement, l'arrivée de renforts allemands a pu restaurer un peu l'équilibre. Une courte victoire aux points certes, mais une victoire quand même, bien que cela n'ait pas été le K.O. espéré.

La Palestine (1917-1918) 72 tours : Un peu plus à l'Est

Ce scénario se rapproche d'une mini-campagne, de par sa durée, mais également du fait que les joueurs ont un peu plus d'options à leur disposition. Cette fois, il s'agit des affrontements entre Britanniques et Ottomans. Au début, les soldats de sa Gracieuse Majesté sont en infériorité numérique, et devront renforcer leurs forces et positions avant d'envisager s'aventurer en territoire ottoman. Le joueur turc, lui, dispose de plus de troupes, et le terrain est à son avantage. Il pourra donc venir de plusieurs endroits. Il faudra cependant composer avec les différentes tribus arabes qui vont se révolter (cf Lawrence d'Arabie). Malgré leurs faibles troupes, les « nations » arabes seront potentiellement une épine dans le pied de l'Ottoman.

La grande campagne débutant en 1916 : A l'Ouest, rien de nouveau

Comme son nom l'indique, cette campagne commence au début de 1916. Les fronts sont stabilisés. La guerre des tranchées bat son plein. Il faudra donc faire sauter un verrou (d'où le titre de l'extension), pour percer la ligne de défense et s'infiltrer. Il faudra également jouer habilement de la diplomatie, et investir judicieusement dans la recherche afin de prendre l'ascendant sur son adversaire. Sans oublier les quelques options politiques ou les décisions régionales dans la manche du joueur. Bref, pas de grands changements à ce niveau par rapport au jeu de base.

Breaking the deadlock apporte de l'originalité dans la simulation des batailles de la Première Guerre mondiale, en proposant des courts scénarios, sans pour autant faire dans la simplicité. Les objectifs ne sont pas si évidents que cela à atteindre, contrairement à ce que le déploiement des troupes pourrait laisser à penser, et le joueur devra en permanence être attentif à la façon dont il engage les forces à sa disposition.

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8.0
Breaking the deadlock

Sans rien changer au gameplay de base, Breaking the deadlock apporte quelques défis intéressants pour les joueurs, quelque soit leur camp. Sous une apparence de simplicité, les scénarios demandent une bonne dose de réflexion (et un peu de chance aussi) si l'on veut obtenir une victoire majeure. A défaut, il faudra remporter quelques batailles afin de marquer plus de points que son adversaire, dont l'intelligence artificielle est de qualité. Sans compter qu'il ne reste pas passif...
Intérêt historique :Les scénarios proposés font découvrir des affrontements rarement simulés dans un jeu vidéo. De plus, leur localisation géographique (Balkans, Palestine) fait que les batailles ne sont pas familières pour l'habitant d'Europe occidentale que je suis (mis à part la campagne de Palestine, en grande partie grâce au chef d'œuvre de David Lean : Lawrence d'Arabie).
  • +« Exotisme » des affrontements ;
  • +Temps de résolution des tours réduit ;
  • +Scénarios de courte durée pour ceux qui n'ont pas trop de temps à consacrer au jeu.
  • -Les unités empruntent quelquefois des chemins un peu compliqués pour se déplacer dans une zone voisine...

  • Zglub Le Wargamer belge, Ancien membre d'HistoriaGames
  • "La guerre! C'est une chose trop grave pour la confier à des militaires." G. Clémenceau