Test de Theatre of War

Par Lyrik

  • PC Windows

Theatre of War jaquette PC

Titre original : Theatre of War
Groupe : Theatre of War
Genre : Stratégie
Sous-genre : Tactique en temps réel
Éditeur : Battlefront
Développeur : 1C Company
Sortie : 22 octobre 2007
Support : Windows XP | Vista | Seven
Langues : Français | Anglais | Allemand | Russe

Les chars russes s'approchent à toute vitesse, prêts à faire feu sur les quelques fantassins allemands à découverts. Mais tout à coup, cinq T34 russes sont réduits à l'état d'épaves. Des Tigres surgissent du bois avoisinant les tranchées allemandes. Les fantassins sont sauvés et par cette embuscade, vous remportez la partie...

Theatre of War est l'un de ces jeux de stratégie permettant de rejouer certaines batailles et opérations de la seconde guerre mondiale en gérant une dizaine de blindés et quelques escouades de fantassins. À cela s'ajoute de très nombreux paramètres à prendre en compte.

La guerre, toujours la guerre....

Tout d'abord, Theatre of War est un jeu très complet mais qui malheureusement ne conviendra qu'aux férus du genre. En effet, sa difficulté est rédhibitoire et la tonne de facteurs à prendre en compte complique assez la prise en mains pour les néophytes. Je reviendrais plus tard sur ces éléments.

Premièrement, il faut le préciser, ce qui fait l'intérêt de ce jeu, c'est son contenu. Vous serez menés à combattre sur tout le front européen aux travers d'une dizaine de campagnes. On peut citer la campagne polonaise sur l'invasion de 1939, une sur la campagne de France (1940) du côté français, deux campagnes russes, deux allemandes, une alliée et quatre campagnes bonus. Il y a en tout une cinquantaine de missions avec les 7 scénarios supplémentaires jouables. Le titre est ainsi doté d'une durée de vie phénoménale, surtout si on y ajoute le fait que chaque mission dure une quarantaine de minutes et que le titre possède un mode multijoueurs.

Voici un petit résumé des campagnes :

  • La campagne polonaise vous permet de revivre au travers de 3 missions les grands affrontements qui ont abouti à la chute de la Pologne et au début de la seconde guerre mondiale comme la bataille de la Mokra.
  • La campagne française vous met à la tête des troupes françaises et du corps expéditionnaire britannique lors de la campagne de mai 1940.
  • La campagne allemande étalée sur une dizaine de missions permet de revivre une bataille de la campagne de Pologne, une en mai 1940, plusieurs en Russie, en France lors de la libération et enfin à Seelow.
  • La campagne soviétique débute lors de l'opération Barbarossa et se termine sur les hauteurs de Seelow, en passant par Kursk.
  • La campagne alliée permet de participer à la bataille de Normandie mais aussi à l'offensive des Ardennes.

On peut ajouter à ces campagnes quatre autres « bonus » (via les patchs notamment) permettant au joueur de revivre les combats devant Moscou du côté soviétique, de combattre en Biélorussie ou en Normandie avec les Allemands et une campagne extra.

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Un réalisme poussé au maximum.

Ce qui fait la force du titre en plus de sa durée de vie, c'est l'intérêt porté au réalisme. Pour être précis, je vais décortiquer le déroulement d'une bataille.

Avant le début de la partie, une carte permet de resituer l'action en cours, ainsi que les mouvements des armées. Un petit texte replace dans le contexte historique l'événement et l'explique brièvement. En plus de ces informations, vos objectifs de missions y sont affichés. Il pourra s'agir de tenir une position, d'en prendre une, de rétablir une ligne défensive ou tout simplement de détruire les forces ennemies.

Vous avez ensuite la possibilité de sélectionner vos forces pour la bataille. Des troupes sont « obligées » de participer et ne peuvent pas être placées en réserve et donc être retirées du front. Vous avez un certain nombre de points et d'unités limites. Ces nombres varient en fonction des missions. Ainsi, vous pouvez très bien menez des dizaines d'escouades et véhicules lors de certaines missions mais aussi contrôler juste quelques véhicules comme au début de la mission de chasse à Villers en Normandie où vos forces ne comptent en début de partie que trois tigres.

Une fois vos troupes sélectionnées, la map se charge. Vous avez alors la possibilité de placer vos troupes dans des zones délimitées. A ce stade, regardez bien l'agencement de la map, les positions de tirs idéales ou les refuges possibles, car la suite ne sera pas du gâteau.

Une fois la partie commencée, vous déplacez vos hommes en les sélectionnant individuellement, par escouade (uniquement pour l'infanterie) ou en usant du « rectangle de sélection » en restant appuyé sur le clic gauche de la souris, puis en leur donnant des ordres avec le clic droit : déplacement, attaque, prises de véhicules ou pièces d'artillerie...

En plus de ces ordres de bases, vous pouvez définir le comportement de vos hommes. Vous pouvez décider de la formation qu'ils adoptent (en colonne, ligne, regroupés, séparés...) mais aussi de leur posture (debout, accroupi ou allongé...) ou de leur comportement (interdire tir et/ou déplacement, très utile pour les embuscades).

Vous aurez sous vos ordres plusieurs types d'unités, de l'infanterie, des chars, des véhicules de transports, des canons autopropulsés, des canons et même des avions (qui agissent en soutien mais qui nécessite un bonus). Chaque unité a ses forces et faiblesses. Un fantassin est faible comparé à un char, mais sa faculté à se dissimuler un peu partout peu en faire un chasseur redoutable. Un char quant à lui sera une plateforme d'armement polyvalente mais qui aura du mal à se dissimuler.

Le décor a son importance. Le jeu se voulant réaliste, les unités meurent ou sont blessées très facilement, alors ne foncez pas tête baissée ! Il faut donc utiliser le décor à son avantage. Ici, l'infanterie passera le plus clair de son temps cachée dans des buissons, des tranchées ou derrière des arbres. Elle sera un appui pour les blindés, notamment pour abattre les fantassins ennemis. La topographie et l'agencement des environnements sont à étudier avec précision. La ligne de vue des unités pouvant être gênée par un simple arbre. N'oublions pas quand même que le décor est destructible.

Venons-en aux combats, la phase la plus importante du jeu. Ici, les facteurs pris en compte sont légions. Parmi les plus importants, la ligne de vue, la portée des armes, les munitions et les différentes unités.

Commençons par la ligne de vue. Chaque unité possède une ligne de vue en fonction des obstacles se dressant devant elle. Pour pouvoir repérer des ennemis ou les attaquer, il faut une vision plus ou moins dégagée. Les unités ont des caractéristiques qui leur sont propres dont l'une influençant sur la vision qu'elle a du terrain. Plus cette valeur d'éclaireur est haute, plus la vision est lointaine. Bien entendu, si un obstacle gâche la vision, il n'est pas possible de voir au delà.

Mais la portée des armes aussi compte, certes c'est avantageux de voir l'ennemi à des kilomètres à la ronde, mais que faire sans armement adéquate ? Ici, la portée des armes est fidèle à la réalité. Les fusils portent à plusieurs centaines de mètres, tandis que les chars peuvent tirer jusqu'à plusieurs kilomètres. Les combats prennent alors une tournure réaliste, avec souvent des duels de chars situés à plusieurs kilomètres (parfois aux extrémités des maps). Bien entendu, plus la cible est distante, plus la précision est moindre. On ne fait pas toujours un coup au but du premier coup.

Pour être plus efficace, il faut aussi avoir un armement spécialisé. Un fusil ne peut rien contre le blindage d'un char. Mais un obus anti-char, lui, peut faire passer l'engin de l'état de monstre faiseur de veuves et d'orphelins à celui d'épave fumante. Il y a des centaines d'armes dans le jeu, chacune adaptée à un genre de combat particulier. Le fusil fait des merveilles du côté de l'infanterie mais un canon est beaucoup plus polyvalent. Les attaques prennent en compte la distance de la cible, son blindage (avant, arrière ou latéral, ayant des valeurs différentes et réalistes) et le type de munition employée. Un obus explosif peut tuer rapidement une escouade de fantassins, mais fera peu de dommages à un char lourd, tandis qu'un obus spécialisé, type anti-char, recyclera en moins de deux les cercueils roulants de l'ennemi. Il y a de très nombreux types de munitions, allant des obus incendiaires à ceux à têtes creuses. En gros, il y a un obus adapté à chaque situation.  Il ne faut pas oublier que les munitions sont limitées. N'hésitez pas à ramasser les munitions sur les cadavres, à condition que le calibre des munitions corresponde à celui de l'arme. Ceci n'est toutefois valable que pour l'infanterie. Un canon ou un véhicule sans munitions sera abandonné.

Enfin, les dégâts sont localisés. Les troupes blessées sont moins efficaces et un char peut-être immobilisé ou voir son armement inutilisable suite à un coup chanceux. L'un des avantages de Theatre of War c'est que l'on peut choisir la partie de la cible à attaquer. En tirant proche du sol, le véhicule peut-être immobilisé, en tirant au milieu (dans la caisse) il peut exploser et en tirant dans la tourelle, il peut être désarmé. Les chars explosent rarement. Ils sont le plus souvent abandonnés ou mis hors d'état par un coup précis déclenchant des avaries et dégâts irréparables. De plus il faut noter le fait que l'équipage d'un véhicule peut être décimé. Dès lors, le véhicule peut être récupéré, il en est de même pour les canons. La aussi, il faut se servir du terrain pour élaborer ses stratégies. Contrairement à de nombreux jeux, il n'y a pas de troupes de soins ou de réparation, ce qui est détruit ou endommagé le reste.

Enfin, au cours de certaines missions, en plus des renforts attribués régulièrement (souvent issus des réserves) vous aurez la possibilité de demandez du soutien sous forme de bombardements ou d'attaques d'avions (intercepteurs, chasseurs-bombardiers ...). Cependant ces attaque sont limitées et doivent donc être utilisées avec précaution.

Les missions sont assez conséquentes. Il est donc normal d'avoir en fin de partie un certain nombre de pertes. L'ennemi est rusé et déterminé, il faut donc faire preuve de stratégie. Les survivants, peuvent être récompensés et améliorés. Chaque soldat peut être utilisé dans les missions suivantes et pour le démarquer des nouvelles recrues, il est possible de faire croitre ses facultés. Augmenter sa capacité à repérer les ennemis fera de lui un excellent éclaireur, augmenter sa capacité de commandement et les escouades ou pièces d'artillerie qu'il dirigera seront plus efficaces.

Il y a un détail important concernant les équipages de véhicules. Seuls certains soldats peuvent conduire et manier les véhicules. Il leur faut toutefois des compétences spécifiques. Un canonnier aura sa faculté de tireur élevée, plus elle est grande, plus il est efficace et précis. Avec l'expérience, vous créez des équipages aguerris. Si toutefois au cours d'une bataille vous capturez un char adverse, vous verrez que les unités sans compétences ne pourront l'employer. Le char restera immobile, il faut donc des soldats spéciaux pour les piloter. Le plus simple à faire est d'organiser au sein des escouades des groupes de soldats qui seraient susceptibles de remplacer les équipages perdus ou manquants. N'hésitez donc pas à augmenter les capacités liées au maniement des véhicules chez des fantassins ordinaires dont ce n'est pas la fonction première.

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Guerre et histoire...

On peut remarquer que le jeu tend à se rapprocher au maximum des événements. Les batailles que l'on peut jouer sont toutes authentiques, bien que les forces présentes dans le jeu ne l'étaient pas forcement en réalité. On peut citer la présence d'un M24 en Normandie alors qu'il n'y fut jamais. Toutefois, certaines missions comme la bataille de la Mokra permettent de rejouer des batailles qui furent décisives mais qui restèrent peu connues. Au niveau des événements donc, à part quelques écarts, le tout est assez fidèle. On peut ainsi participer à une multitude d'opérations et de batailles de la seconde guerre mondiale, comme l'opération Barbarossa, l'opération Overlord ou l'opération Fall Weiss. Toutefois, un inconvénient est à constater. Il s'agit du manque de diversité des maps. Il y a peu d'éléments urbains sur ces maps et les quelques villes représentées ont des airs de villages.

Outre les événements, ce qui fait en quelques sortes la force du titre, c'est aussi le large éventail d'unités présentes. Il y a une centaine de véhicules différents parmi lesquels les Shermans, les Tigres, les Panthers pour ne citer que les plus connus, mais aussi les 7TP polonais, les Archers. Donner les noms des véhicules est beaucoup trop long mais sachez qu'il n'y a pas de grand absent notable, hormis le fameux canon de 88.

Au niveau de l'infanterie, les uniformes diffèrent en fonction du type d'unité : un fantassin de base ne ressemblera pas à un parachutiste, ni à un soldat d'élite. De plus, les camouflages et les saisons sont pris en compte. Ainsi en hiver, les soldats allemands auront un manteau long tandis que durant les autres saisons, ils ne l'auront pas. Les armes sont variées et nombreuses, les MP40 allemandes côtoient les Thompsons américaine ou les Mosin-Nagant russes.

Pour synthétiser, chaque faction est unique par ses véhicules, son uniformologie et son armement. On pourra jouer l'armée française de 1940 ce qui est chose rare, mais aussi l'armée polonaise. Les unités sont fidèlement représentées et le jeu peut se vanter d'être beau. A ces éléments, ajoutez une encyclopédie assez complète fournissant des informations sur les véhicules des différentes factions du jeu et vous aurez fini de faire le tour du propriétaire.

Notre Verdict 9.0 / 10

Doté d'un gameplay complet mais difficile à prendre en main pour les novices, d'une énorme durée de vie et d'un intérêt historique profond, Theatre of War est un jeu de stratégie que tout amateur de challenge se doit de posséder.

Intérêt historique selon Lyrik :
    Les Plus :
  • Durée de vie
  • Différentes factions
  • Le nombre d'unités et de véhicules
  • Fiches descriptives sur les unités, véhicules et conflits
  • Réalisme
    Les Moins :
  • Difficulté
  • Maps qui manquent de diversités

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  • Lyrik Le Vétéran, Chef de la section audiovisuelle, Testeur, Correcteur

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