Steel Division : Normandy 44 - Back to Hell

Roi de Dreamland
14 mars
2018
Info sur le jeu
PlateformePC Windows
ÉditeurParadox Interactive
DéveloppeurEugen Systems
Date de sortieFévrier 2018

Quelques mois après avoir sorti un premier DLC majeur, les petits gars de chez Eugen Systems remettent ça et publient la seconde extension majeure à leur STR consacré à la campagne de Normandie.

Intitulé « Back to Hell », il nous propose un contenu plutôt fourni et recherché avec entre autres quatre nouvelles divisions et des batailles historiques prenant la forme de plusieurs scénarios. Un contenu suffisant pour valoir le coup et la dépense ? Réponse dans notre test !

Des nouvelles divisions originales et sympathiques dans l'ensemble

Tout d’abord, penchons-nous sur l’élément central du jeu, à savoir les divisions. Back to Hell nous en propose quatre nouvelles : deux pour les Alliés, et deux pour l’Axe. Sur ce point, on retrouve le même format que celui du DLC précédent.

Côté Alliés, les deux divisions en question se remarquent par leur originalité et leur gameplay très spécifiques. Parlons d’abord de la Demi-Brigade SAS. Unité méconnue de la Seconde Guerre mondiale, elle joua pourtant un rôle décisif durant la bataille de Normandie. Formé en Angleterre par des SAS, ces éléments d’élite des forces françaises libres étaient amenés à opérer derrières les lignes allemandes durant l’Occupation, puis la Libération.

Test de Steel Division : Normandy 44 - Back to Hell

Dans le jeu, cela se traduit par un gameplay novateur, alliant en phase A des unités très légères destinées aux embuscades et aux tactiques de guérillas. Puis, progressivement, à travers la phase B et la phase C, la demi-brigade reçoit du matériel plus lourd, souvent américain avec notamment des chars Sherman. Cela symbolise parfaitement le passage progressif d’une unité opérant clandestinement derrière les lignes durant l’occupation à une véritable unité combattante prenant part à la Libération de la Normandie.

Niveau originalités sympathiques, on notera les Maquisards véhiculés en Citroën Traction, ou encore la présence de saboteurs. Gros point positif : le jeu incorpore à la demi-brigade ceux qui restent méconnus de l’Histoire, à savoir les « ralliés ». Qui étaient-ils ? Principalement des Ostruppen contraints de se battre sous l’uniforme allemand, mais qui a la première occasion ont abattu leurs officiers pour rallier les forces françaises libres et se battre à leurs côtés. À la fin de la guerre, fait peu reluisant de notre pays, ils furent renvoyés à Staline, et probablement déportés quelque part en Sibérie.

Test de Steel Division : Normandy 44 - Back to Hell

En fait, la demi-brigade fonctionne comme une unité très hétérogène où viennent cohabiter des résistants et des maquisards qui sont eux-mêmes supervisés par les SAS français, parachutés depuis Londres, avant d’être renforcés en phase C par du matériel plus lourd émanant des plages normandes après le 6 juin. Il faudra donc faire attention, car en phase A, vous n’aurez que des unités très légères, bien que rapides, et peu coûteuses.

Vos unités les plus lourdes et précieuses à ce moment-là de la bataille correspondront pour la plupart à des équipements chapardés aux forces allemandes d’occupation et vous en profiterez alors pour récupérer les chars français pris par la Wehrmacht en 1940. Cet équipement dépassé saura toutefois, entre des mains habiles, faire de gros dégâts, mais la demi-brigade, de par son gameplay particulier et exigeant, n’est pas recommandée pour les débutants.

Par exemple, il est formellement déconseillé d’utiliser la semi brigade en 1v1 contre un joueur qui choisirait une division blindée lourde allemande. Carnage garanti, à moins d’être un sacré joueur !

Test de Steel Division : Normandy 44 - Back to Hell

Outre la demi-brigade, la 7ème division blindée britannique dite des « Rats du Désert » rejoint également la partie. Avant de participer à la libération de Caen, elle s’est rendue célèbre pour sa participation à la campagne d’Afrique, où elle défendit notamment l’Egypte avant de participer à la bataille d’El Alamein et à la contrattaque victorieuse des Alliés.

Typique d’une division blindée britannique, la 7ème peut compter sur des chars mobiles et rapides afin de prendre l’avantage sur le terrain, ainsi que sur une infanterie aguerrie et expérimentée. Cromwell et Firefly constitueront ainsi l’épine dorsale et le fer de lance de vos forces, tandis que les fragiles, mais puissants chasseurs de chars Achilles sauront tenir en respect une grande partie des blindés allemands. Attention toutefois, car votre aviation sera limitée, même si vous pourrez bénéficier du soutien des B25 Mitchell II de la Royal Air Force.

Les forces de l’Axe ne sont pas en reste, et elles reçoivent également deux divisions supplémentaires qui sont aussi très intéressantes, à commencer par la Festung Gross-Paris qui correspond au rassemblement de l’ensemble des forces militaires d’occupation de la région de Paris qui étaient mises à la disposition du gouverneur militaire de la ville, le général Von Choltitz.

La Festung correspond plus ou moins à l’équivalent de la demi-brigade côté allemand, ou du moins, c’est l’unité qui a été clairement désignée pour contrer les SAS français. Alliance hétéroclite et batarde de différentes unités montées à la hâte, elle rassemble diverses troupes comme les réservistes, appelés Landesschützen et qui ne sont équipés que de fusils Karabiner, mais coûtent peu cher.

Dans la même veine, on retrouve les Bewährungsbatallion, ou « bataillons disciplinaires » en français. Sur le modèle de ce qui se trouvait également dans d’autres armées, comme l’armée rouge, ces unités, peu fiables, rassemblent des criminels et des déserteurs rattrapés qui ont préféré s’enrôler de nouveau plutôt que de connaitre directement le peloton d’exécution. Leur équipement traduit l’improvisation la plus totale de cette division, puisqu’ils disposent d’un pistolet mitrailleur italien, d’une mitrailleuse légère française et d’un fusil à verrou russe.

Test de Steel Division : Normandy 44 - Back to Hell

Autre section intéressante et marquante, la R.O.A fait son apparition dans Steel Division. Mais que signifie R.O.A ? Du russe « Rouskaïa osvoboditelnaïa armia », les R.O.A correspondent à l’armée de libération russe, également surnommée « Armée Vlassov ». Composée principalement par des émigrés de la Russie tsariste hostile au régime communiste, cette armée se battra durant la quasi-totalité du second conflit mondial pour le Reich. Fanatiques et bien équipés, les R.O.A sont une unité d’infanterie qu’il ne faudra pas prendre à la légère.

Le fait d’incorporer ce genre de troupes au jeu permet alors d’apprendre énormément de choses sur le plan historique, et l’effet produit est des plus intéressants. Clairement, Back to Hell permet de mettre en lumière de nombreux faits qui tombent peu à peu dans l’oubli.

Au niveau des blindés, la Festung pourra alors compter sur des chars pris aux Français en 1940 dans la phase A, avant de recevoir Tigres et autres Panthères dans la phase C. Là encore, une hypothétique montée en puissance et le renforcement de la division est très bien simulé. Au niveau de l’aviation, les troupes d’occupation de Paris pourront par ailleurs compter sur des Dewoitine 520, dont les Allemands semblaient apprécier les nombreuses qualités.

Test de Steel Division : Normandy 44 - Back to Hell

Outre la très originale Festung Gross-Paris, dont le gameplay est encore une fois très particulier, les Allemands reçoivent également l’appui d’une nouvelle division blindée : la 2ème division de Panzer, sous les ordres du général Von Lüttwitz. Cette unité est relativement classique et se calque, à l’instar de la 7ème division blindée britannique, sur le schéma d’une division blindée classique allemande.

Quelques originalités çà et là. On notera entre autres la présence de Panzer IV de reconnaissance, ou encore l’arrivée remarquée du véhicule de démolition Borgward IV. La 2ème division de Panzer pourra également compter sur une reconnaissance aérienne précise et rapide, via son Focke Wulfe de reconnaissance.

Du contenu solo plutôt intéressant

Outre ces quatre divisions que vous pourrez utiliser en escarmouche, contre une IA, ou en multijoueur contre des adversaires humains, le DLC rajoute également plusieurs contenus concentrés sur le mode mono-joueur.

Grandes nouvelles dans ce DLC, les batailles historiques vous permettent de revivre les batailles comme elles se sont déroulées dans la réalité. Un peu basé sur le modèle de ce que l’on peut retrouver dans un Ultimate Generals, vous aurez dans ces batailles historiques des unités prédéfinies et des divisions qui n’existent pas en mode multijoueur.

Force est de constater que le rendu est plutôt sympathique et respire l’authenticité historique, avec des objectifs scénarisés et thématisés pour chacun des deux camps selon le déroulement de la bataille dans ses faits historiques. À ce niveau-là, on peut compter sur l’alliance entre Paradox Interactive et Eugen Systems pour nous pondre du très bon.

Parmi les différentes opérations, on retrouve l’opération Deadstick, ou encore l’opération Winsdor. Cerise sur le gateau, certaine de ces batailles historiques sont également jouables en multijoueur, allant du 1v1 au 3v3.

Test de Steel Division : Normandy 44 - Back to Hell

Le résultat est efficace, et l’on s’amuse énormément à suivre ces batailles qui peuvent à certains égards faire penser à une sorte de mini campagne coopérative. La chose est doublement intéressante que vous devez faire avec les conditions historiques de l’époque. Puisqu’ici, à l’inverse du multijoueur où c’est vous qui concevez votre deck, les unités vous sont imposées, il faudra être habile et comptez avec les seuls moyens mis à votre disposition pour l’emporter.

8.0
Steel Division : Normandy 44 - Back to Hell

Intéressant à bien des égards
Ce second DLC pour Steel Division : Normandy 44 est intéressant à bien des égards. Offrant un contenu intéressant en mode solo, et soigné en multijoueur, il justifie le regain d’intérêt rencontré par le jeu ces derniers temps. Le choix porté sur des unités comme la demi-brigade SAS ou encore la garnison allemande de Paris est original et pouvait laisser craindre un déséquilibrage du gameplay vis-à-vis des autres divisions plus conventionnelles, mais il n’en est rien. Si ces unités ne sont clairement faites pour du 1v1 (à l’exception notoire d’un affrontement entre elles), elles proposent toutefois quelque chose de novateur et de rafraichissant qui viendra offrir à Steel Division un second souffle dont il avait peut-être besoin. Les batailles historiques, pour leur part, sont également une réussite dans l’ensemble, bien que le cœur du jeu reste les escarmouches en multijoueur.
Intérêt historique :Les diverses unités rajoutées dans les nouvelles divisions de ce DLC sont pour certaines propices à se pencher sur des faits historiques oubliés et méconnus. C’est notamment le cas pour les Ostruppen ralliés à la résistance française, ou encore pour l’Armée Vlassov, dont le rôle aux côtés de la Wehrmacht durant le second conflit mondial est rarement cité. L’intérêt historique de ce DLC est donc des plus grands.
  • +Quatre nouvelles divisions très originales dans leur gameplay
  • +Les batailles historiques, scénarisées et sympathiques
  • +Des nouvelles unités qui sont un prétexte pour nous apprendre énormément sur l’Histoire
  • -Peut-être un poil trop cher (15 euros)
  • -Pas de nouvelles cartes
  • -On aurait aimé un peu plus de batailles historiques

  • Zog Chroniqueur, Historien, Testeur, Youtubeur
  • « Une Europe fédérée est indispensable à la sécurité et à la paix du monde libre. » par Jean Monnet en 1952