Order of Battle WWII : Blitzkrieg et Sandstorm

Marin S.
Thématique
Seconde Guerre mondiale
7 juin
2018
Info sur le jeu
Plateforme
  • PC Windows
  • Mac OS X
Éditeur
  • Matrix Games
  • Slitherine Software
DéveloppeurThe Artistocrats
Date de sortie
  • Novembre 2016 (Blitzkrieg)
  • Mai 2018 (Sandstorm)

Pour sortir leur premier jeu édité par Slitherine, les développeurs de The Artistocrats ont décidé en 2015 et dans les années suivantes de sortir un jeu modulable, qui reprend la classique série de wargame Panzer General (1994-2000) développé et édité par Strategic Simulations, une société productrice de wargames depuis 1980.

La série des années 90 réussissait à faire la synthèse entre une expérience de wargame classique, avec un terrain historique, des unités en pleine Seconde Guerre mondiale avec chacune leurs propres caractéristiques, en y ajoutant une accessibilité qu’on ne retrouvait pas forcément dans ce type de jeu : interface claire, déplacement rapides et compréhensibles, système de combat intuitif.

Depuis, la licence a été ressuscitée sans proposer tellement de nouveautés avec Panzer Corps (2011), développé par Flashback Games et The Lordz Games Studio, responsables entre autre de Warhammer 40K : Armageddon, qui suit le genre dans l’univers tourmenté de Games Workshop, et Pike & Shot : Campaigns (2015). Et bien sûr, édité toujours par Slitherine. Ce n’est donc pas un hasard si on les retrouve en 2015 derrière l’édition d’Order of Battle : World War II.

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1. Choisir n’est pas évident quand on ne s’y connait pas trop en blindés. - 2. la ligne de front en Libye. Mon excellente infanterie et mes chars allemands vont vite percer ce front défensif et tâcher de vaincre le désert et le manque de ravitaillement qui les attend. - 3. Un dilemme banal sur Sandstorm : le littoral ou le désert ?

Guerre mondiale en kit

Le jeu se présente en un hommage appuyé à ses illustres prédécesseurs, en instillant une dose de nouveautés. Et la première est sa structuration purement physique. En effet, le jeu de base est gratuit, et vous permettra de jouer le tutoriel de base, ainsi que la première mission de chacune des campagnes, proposées en intégralité à 10, 15 ou 20 euros.

Après les 700 unités du jeu de base, entre infanterie, chars, artillerie, avions, bateaux, vous retrouverez donc des scénarios qui se suivent pour proposer des événements réels ou hypothétiques, en suivant un groupe militaire que vous pouvez améliorer au fil des missions en attachant des commandants, en évoluant dans les technologies, en donnant des capacités spécifiques, et en tâchant de suivre le déroulement des missions. Des lots d’unités sont débloqués avec ces modules.

Avant d’entrer dans le détail, faisons justement un inventaire des modules déjà sortis. À l’époque, le premier Order of Battle : Pacific comptait les quatre contenus que je vais énumérer. Morning Sun (janvier 2016) s’intéresse à la guerre sino-japonaise commencée en 1937, entre des forces japonaises supérieures technologiquement et des forces chinoises numériquement supérieures. Il a rajouté les forces de cavalerie. US Marines (avril 2016) vous plonge dans les îlots du Pacifique entre 1942 et 1945 avec les fameux Marines, cette infanterie de marine qui a payé cher chaque îlot repris face à une défense japonaise acharnée. Dans US Pacific (juin 2016), la campagne est plus généralement tournée dès Pearl Harbor et vous permet de tout gérer entre chaque mission pour réétablir la suprématie américaine dans l’océan. Rising Sun (juin 2016) vous place plutôt du côté japonais, pour au contraire gagner une guerre hypothétique à l’aide de porte-avions et de redoutables chasseurs zéros.

Winter War (juillet 2016) présente davantage d’originalité en permettant de contrôler l’armée finlandaise face à l’Armée Rouge. Blitzkrieg (novembre 2016) vous met dans les mains la Wermacht pour envahir la Pologne, vous tourner vers l’ouest puis l’est. C’est dans cette extension qu’ont été introduits les points de spécialisation pour les troupes au fur et à mesure du temps. Kriegsmarine (avril 2017) vous plonge, c’est le cas de le dire, dans les eaux de la mer Baltique à la mer du Nord, pour voir si vous pouvez faire mieux que la flotte allemande à cette époque. Dans Burma Road (août 2017), vous repousserez les Japonais avec les Alliés et les forces locales dans la jungle birmane. Après la Blitzkrieg qui vous fait arrêter en 1941, voici la suite de la campagne allemande face à l’offensive russe et aux conditions difficiles, dans Panzerkrieg (novembre 2017), où chaque déplacement compte. Après l’Allemagne, la Birmanie, la Chine, la Finlande, les Etats-Unis dans le Pacifique et le Japon, les développeurs ont sorti en mai 2018 Sandstorm, pour revenir sur les batailles nord-africaines avec les forces de Rommel, dans l’Axe. Le contenant étant posé, passons au contenu.

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4. L’arbre de spécialisations de Blitzkrieg. De quoi améliorer vos forces au fur et à mesure de vos conquêtes. - 5. Les objectifs secondaires vous donneront d’importants bonus dans les campagnes. - 6. La forêt, haut lieu de couvert.

Carburants, munitions et popote du soldat

Le maître-mot d’Order of Battle est le ravitaillement. Les villes et les ports donnent un certain nombre de points de ravitaillement aux troupes qui sont dans la ligne de front : lorsqu’elles avancent, cette ligne avance avec eux. Mais gare aux mouvements de contournement qui vous priveront de cette délicieuse manne, rendant vos troupes faibles, aigries, et bien peu efficaces.

Parlons-en d’ailleurs. Chaque unité a sa propre valeur de mouvement, influencée ou non par un véhicule qui les colle, comme des transports de troupes ou même des transports chevalins pour l’artillerie, mais aussi une valeur de combat contre l’infanterie et les véhicules, et une valeur de défense contre ces mêmes choses, sans compter le degré de retranchement qui augmente à chaque tour où l’unité ne fait rien, de cohésion, qui représente la fatigue, et qui nécessite d’être gardée au plus haut pour maintenir un état de combativité optimal, de choc si l’unité est bonne contre les retranchements adverses ou contre la cohésion ennemie, etc.

Les unités sont incroyablement variées, et remettent au goût du jour les matériels d’époque, et vous retrouverez notamment dans Sandstorm de bien beaux et oubliés véhicules blindés italiens qui feront campagne avec les forces de l’Axe au nord de l’Afrique : infanterie, véhicules de transport, artillerie, blindés, chasseurs, bombardiers, artillerie anti-aérienne, transports de troupe, cuirassés, porte-avions et j’en passe. À chaque scénario, vous avez un lot d’unités déjà présentes, et pouvez au fur et à mesure renforcer les unités existantes à l’aide de points de commandement, ou utiliser ces mêmes points de commandement pour recruter de nouvelles troupes qui viendront appuyer celles déjà sur le terrain.

Le management des troupes est d’ailleurs primordial. Elles prennent du galon, en perdent si vous les renforcez à tout bout de champ par des recrues fraîches, profitent de compétences spécifiques ainsi que de bonus pris sur chaque campagne au fil des missions et des points gagnés. C’est particulièrement visible dans les campagnes longues qui prennent un théâtre d’opérations étendu, comme c’est le cas pour Blitzkrieg ou même pour Sandstorm.

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7. Les villes vous rapportent des points de ravitaillement, vitaux dans vos zones de combat pour remplacer les pertes. - 8. L’artillerie disponible, avec chevaux ou half-tracks en sus. - 9. Les ingénieurs, constructeurs de pontons, désamorceurs de mines, et surtout capables de briser les fortifications.

Le rythme dans la guerre

Vos soldats se déploient dans la jungle, le désert, les villes, les villages, les montagnes, les collines. Ils sont appuyés par l’artillerie, l’aviation, qui profite d’un système de carburant et de décollage de porte-avions ou de pistes, et la marine. Ils avancent de couvert en couvert, se retranchent, encerclent l’adversaire pour profiter d’un bonus d’attaque à plusieurs, ont pour certains des capacités comme les ingénieurs adeptes de la destruction de bunkers et de posage de mines, utile pour défendre une position.

Chaque lieu donne son coût en points de mouvement et de cohésion s’il est difficile de s’y déplacer, ainsi que des points de couvert. Vos soldats peuvent être embarqués dans les ports, et être débarqués sur des plages ou des îles adverses, appuyés par des navires ravitailleurs. Vos parachutistes tombent dans le dos de vos adversaires et essayent de capturer les nœuds névralgiques.

Le tout avec des graphismes corrects et une interface très claire, synthétisant en un tableau les capacités principales de vos troupes, comme le pilonnage de l’artillerie et les valeurs dont nous avons déjà parlé, établissant les mouvements en un clic, permettant d’observer avant même le déplacement les chances d’infliger des pertes ou d’en recevoir, voir le bilan des attaques à plusieurs. En bref, le rythme est fortement soutenu.

Dans les trois extensions que nous avons à notre disposition, Kriegsmarine, Blitzkrieg et Sandstorm, la plus terne est sûrement la première : la mer d’huile et les quelques bouts de terre ne vous épargneront pas la platitude du coin et les armadas de bateaux, qui se tournent les uns vers les autres pour se balancer de solides bordées, des torpilles, ou lancer leurs avions embarqués. Il est aussi le moins complet des trois en terme de scénarios.

Rien à voir avec les deux autres qui vous mettront avec les forces de l’Axe. Dans Blitzkrieg, vous serez dans une bonne posture : vos blindés et votre infanterie mécanisée vous ouvriront la voie au fil des missions et des améliorations la Pologne, la France, et la Russie, dans de vastes terrains herbeux et arboricoles.

Rien à voir avec l’urgence et les problèmes de ravitaillement de Sandstorm, qui devra vous forcer à faire des choix cruciaux entre le littoral et le désert, vous fera vous déplacer longuement, vous épuiser dans des escarmouches continuelles, et gare à l’encerclement.

Dans les deux cas, l’ambiance est vraiment bien rendue, et malgré des scénarios longs et qui nécessitent de la patience, l’IA correcte et vos talents de tacticiens sauront vous donner la joie de contourner l’adversaire, de le pilonner, et de faire une redoutable percée dans son dispositif pour capturer des villes qui vous donneront de quoi appeler des renforts supplémentaires.

Test d'Order of Battle WWII : Blitzkrieg et Sandstorm  Test d'Order of Battle WWII : Blitzkrieg et Sandstorm  Test d'Order of Battle WWII : Blitzkrieg et Sandstorm

10. Comparaison entre deux unités d’infanterie. - 11. Toutes les caractéristiques de l’ingénieur. - 12. Une mer d’huile…et des tas de bateaux dans Kriegsmarine.

8.0
Order of Battle WWII : Blitzkrieg et Sandstorm

Order of Battle : World War II est le digne hériter de Panzer General. Accessible, varié, touffu, complexe lorsqu’on regarde toutes les petites mécaniques et toutes les subtilités de chacune des innombrables troupes à votre disposition, il se laisse prendre en main relativement aisément, et retranscrit les combats de la Seconde Guerre mondiale avec une certaine fidélité historique qu’on loue, malgré quelques errances parfois. En attendant Panzer Corps II, prévu pour cette année et édité par Slitherine, Order of Battle s’impose donc.
Intérêt historique :Des matériels et des unités sortis tout droit des arsenaux de l’époque, des champs de bataille plutôt précis, bien que l’échelle opérationnelle fasse oublier les combats de quartier à quartier dans les villes et rendent de grandes zones de combat aisément parcourues, font d’Order of Battle : World War II, au moins dans les trois modules cités, si ce n’est dans tous, une expérience historique intéressante.
  • +Interface claire et intuitive
  • +Les scénarios variés et le système de campagne
  • +Beaucoup de subtilité
  • -Enormément de subtilité, parfois
  • -Des scénarios longuets

  • Marin S. Captain Sparke, Rédacteur en chef du Monde du Captain Sparke, Testeur, Chroniqueur
  • "La force de la cité ne réside ni dans ses remparts, ni dans ses vaisseaux, mais dans le caractère de ses citoyens." Thucydide, la Guerre du Péloponnèse.
  • Site : https://le-monde-du-captain-sparke.fr/