Mafia III : New Bordeaux, loin d'être un bon cru

El Presidente
Thématique
Mafia
20 octobre
2016
Info sur le jeu
Plateforme
  • PC Windows
  • PlayStation 4
  • Xbox One
Éditeur2K Games
Développeur2K Czech
Date de sortieOctobre 2016

Après un premier épisode qui marqua les esprits, et un second tout juste honnête (voire décevant selon les critiques presse, mais malgré tout apprécié par les joueurs sur Steam), Mafia III se devait de faire aussi bien, voire mieux, avec son statut de jeu AAA parmi les plus attendus de l'année 2016. N'y allons pas par quatre chemins, comme vous allez le voir, ce n'est hélas pas le cas...

Contexte historique de la série Mafia

La saga débuta en septembre 2002 avec le lancement du premier Mafia. Nous étions plongés dans les années 30. Suit, en août 2010, Mafia II et son héros charismatique Vito Scaletta. Nous étions alors à Empire Bay, une ville rappelant le New York des années 1950. En ce mois d'octobre 2016 est sorti Mafia III. Cette fois-ci, nous sommes à New Bordeaux, une ville fictive des États-Unis fortement inspirée de la Nouvelle-Orléans, à la fin des années 1960.

Tous ces jeux se caractérisent par un gameplay identique qui a fait ses preuves sur de nombreux titres, et plus particulièrement avec les GTA. On évolue sur une grande carte ouverte dans laquelle nous sont proposées différentes missions à effectuer pour le compte de la pègre locale. Nous y évoluons à la troisième personne, à pied ou en voiture, armé d'une grande panoplie d'outils servant à trouer la peau de nos ennemis.

Là où réside le principal intérêt des Mafia, c'est de transposer ce type de gameplay à une époque historique : la Prohibition pour le premier Mafia et l'après-Seconde Guerre mondiale pour le second épisode. Pour Mafia III, nous sommes à une période charnière : l'année 1968. Nous sommes en pleine guerre du Vietnam. Même si ce n'est pas précisé dans le jeu, on peut penser que le scénario débute quelque temps après l'offensive du Têt qui choqua profondément l'opinion publique américaine qui pensait que les Viêt-Cong ne seraient pas capables de lancer une telle attaque.

À cette époque, la contestation contre cette guerre se faisait de plus en plus forte. Nous sommes un an avant Woodstock ou la révélation du Massacre de My Lai. On peut regretter que, hormis quelques rares messages à la radio, on ne la perçoit pas vraiment. Il aurait été sympa de voir des petites manifestations dans les rues de New Bordeaux avec des Américains brandissant des pancartes « Peace and Love » ou encore « Love, not War »... Le jeu semble avoir oublié les hippies.

C'est aussi une période où l'antagonisme États-Uniens/Communistes était important. On le ressent un peu dans le jeu avec quelques dialogues entre PNJ (personnage non joueur). Même Lincoln, le personnage principal, y va de son petit commentaire anti-communiste. Même si cela est arrivé à une seule occasion, cela m'a fait doucement sourire. Lui qui subit le racisme tous les jours, il doit pourtant savoir ce qu'est le rejet de l'autre. Encore une fois, il faut se tourner vers la radio, dont les dialogues sont en français, pour apercevoir un soupçon de cet antagonisme. Il y a aussi des affiches de propagandes communistes à trouver dans la ville, afin d'agrémenter notre collection. J'y reviendrais plus tard.

Les développeurs ont préféré mettre l'accent sur le racisme anti-noir et sur le ségrégationnisme. Que cela soit dans la rue, où les passants nous demandent de changer de trottoir, pour les plus polis, ou dans le cadre de mission où l'on est confronté à des sudistes dégénérés comme les Dixies ou Southern Union, Mafia III a su rendre crédible et réaliste cette situation nauséabonde. Les termes « nègre » ou « négro », utilisés à outrance, n'ont pas été censurés, ce qui est une bonne chose car le contraire aurait été malvenu. Cela serait comme si l'on supprimait le symbole nazi des jeux sur la Seconde Guerre mondiale, comme l'avait fait The Saboteur, tournant ainsi le dos à notre Histoire, même celle que l'on aimerait oublier. Encore une fois, la radio contextualise bien cette situation avec notamment la radio de Delray qui revient sur des événements tragiques comme l'assassinat de Martin Luther King, survenu la même année que le jeu, et traite de sujets qui font échos encore aujourd'hui.

      

1. Sal Maracon et son fil Giorgi. - 2. La seule hippie du jeu, j'ai essayé de la mettre en panique, pas moyen, elle est trop peace. - 3. Au delà du poster qui faire du bien aux yeux, les magazines Playboy proposent des interviews. - 4. Je vous laisse imaginer d'où vient le charmant surnom de ce personnage... - 5. Cassandra, notre associée, doit sûrement parler de ce bâtard de Ramsay !

Une belle reconstitution, hélas sans âme

La contextualisation se remarque également dans la reconstitution de l'environnement et, en ce sens, c'est une réussite. Que ce soit New Bordeaux ou le Bayou, on s'y croirait. Sans être chauvin, le Quartier français avec ses maisons coloniales est sans doute le plus réussi. La ville compte dix quartiers avec le Bayou qui est une grande zone marécageuse que les joueurs d'Assassin's Creed Liberation connaissent déjà. Tous possèdent leurs spécificités, leurs cultures, leurs populations... Delray étant le quartier spécifique des Afro-africains, Point Verdun celui des Irlandais...

Malheureusement, tout ce travail est gâché par le manque de vie. Sans être vide, (il y a quand même des passants et un peu de circulation dans les rues) on est à des années lumières d'un Assassin's Creed Unity qui fourmille de gens marchant, travaillant, gueulant, chantant ou vivant leur propre vie... Dans Mafia III, on a plutôt l'impression d'avoir affaire à un jeu presque statique. Il n'y a pas un chien dans le jardin aboyant lorsque l'on franchit la clôture alors que les niches sont présentes, ni d'enfants pleurant lorsque l'on bouscule ses parents. Et, il n'y a pas de traffics dans les rues, ce qui en revanche nous permet de faire des records de vitesse sans être inquiété, même par la police. C'est d'un triste, alors que le jeu nous mettait dans l'ambiance dès le début avec un carnaval musical propre à la Nouvelle-Orléans. Cela réduit considérablement l'immersion alors que le travail de reconstitution était énorme. Bon, il y a tout de même des crocodiles dans le Bayou.

Pire encore, on a l'impression que les développeurs ont enlevé des éléments, soit pour rendre le jeu plus optimisé (ou bien parce que c'était mal codé, il faut croire). New Bordeaux est traversée par de nombreuses voies de chemin de fer, il y a même une gare où les gens attendent. Ils peuvent attendre longtemps car aucun train ne passera, ni aucun tramway. C'est un exemple parmi tant d'autres d'éléments qui aurait pu amener un peu de vie mais que les développements ont omis pour X raisons.

Heureusement, la radio permet de réduire cette monotonie en proposant les titres phares de l'époque répartis dans les trois chaînes : Rock, Country, Soul, Rhythm & Blues... tout y est ou presque. C'est un réel plaisir d'écouter les différentes radios qui émettent notamment les titres des années 60 des Rolling Stones, de James Brown, des Ramones, des Animals, des Beach Boys, de Johnny Cash, d'Aretha Franklin, de Marvin Gaye, des Supremes, Little Richard... 101 titres sont ainsi écoutables. On peut cependant regretter les absences de The Who, des Doors, de Bob Dylan ou des Beatles ainsi que le trop faible nombre de titres de Jimi Hendrix, Janis Joplin ou Elvis Presley, pourtant emblématiques de cette période. On imagine aisément que les quatre titres des Rolling Stones, dont Paint It Black, ont dû peser fortement dans la balance.

Enfin, pour terminer sur ce sujet, un Mafia ne serait pas grand-chose sans ses voitures. Dans ce Mafia III, nous sommes plutôt bien servis avec des petites merveilles de mécanique comme la Ford Torino, chère à Lincoln, la Chevrolet Camaro, chère à moi-même, ou la Chevrolet Corvette, chère au portefeuille. Ce sont des bolides qui vous feront rêver. Rouler avec ces engins d'émerveillement rétinien en écoutant I Feel good ou Sympathy For The Devil, ça n'a pas de prix. N'étant pas un spécialiste des jeux de voitures, je ne m'exprimerais pas beaucoup sur les sensations ou le réalisme de la conduite. Jouant à la manette, j'ai pris personnellement plaisir à rouler, surtout quand le jeu propose si peu de circulation.

      

1. Le Quartier français. - 2. Le carnaval, seul moment où il y a soupçon de vie dans le jeu. - 3. No comment... - 4. La sublime Ferrari 250 GTO. - 5. Gare au croco !

Lincoln, le super soldat métis

Alors que l'on incarnait des héros d'origine italienne dans les deux premiers épisodes, dans Mafia III nous rentrons dans la peau d'un métis. Un grand pas dans l'industrie vidéoludique qui, à de rares exceptions (Mirror's Edge, Assassin's Creed III), nous a habitué à des héros blancs. Cependant, les gens chargés du marketing doivent encore penser qu'il est difficile de vendre un jeu dans lequel on joue un black, bien que GTA San Andreas l'avait parfaitement fait en son temps. On peut malgré tout se demander pourquoi, car le fait qu'il soit noir ou métis n'a aucune incidence, ni importance, dans le scénario. Au passage, l'acteur choisi pour jouer et doubler Lincoln, lui prêtant également les traits de son visage, est le jeune et talentueux acteur Alex Hernandez.

Bref, revenons à notre protagoniste métis qui se nomme Lincoln Clay. Ce dernier est de retour à New Bordeaux où il a passé sa jeunesse avant de s'engager dans l'armée et rejoindre les GI's au Vietnam. Il y fait d'ailleurs ses preuves et devient même un membre des forces spéciales, ce qui explique sûrement son imposante carrure.

Contrairement à Mafia II qui proposait de nous faire revivre l'Opération Husky avec Vito, Mafia III ne nous propose pas de mission au Vietnam. C'est un peu dommage, car cela nous aurait permis de comprendre d'où provient la force quasi-surnaturelle de Lincoln, un tueur d'instinct, capable de faire face seul à des dizaines d'adversaires sans broncher et pouvant les voir à travers les murs grâce à sa vision spéciale. On sait dès lors qu'il ne faudra surtout pas l'embêter et qu'il arrivera à bout de ses missions sans soucis. Son statut de super soldat permet aussi à Lincoln de ne pas péter les plombs après avoir fait un véritable génocide dans les rangs de la pègre de New Bordeaux. Il garde son sang-froid du début à la fin, s'autorisant quelques extravagances de temps en temps, comme pendre un lieutenant en haut d'une grande roue. Pour ma part, j'ai trouvé un peu dérangeant de contrôler une machine de guerre sans ressentir la moindre folie de la part de Lincoln, même s'il massacre des crapules de la pire espèce. J'aurais préféré une sorte de longue descente aux enfers à la manière de Tony Montana dans Scarface. Les développeurs ont choisi la facilité. Comme on l'a vu et que l'on va encore voir, c'est le cas pour de nombreux autres éléments du jeu.

Mais avant d'en parler, revenons sur le début du jeu. Lincoln Clay est orphelin de naissance. Après avoir été trimballé de famille en famille, il est recueilli par Sammy Robinson, leader des Black Mob, un gang d'Afro-américains sévissant à Delray. Il y fera d'ailleurs quelques menus larcins en compagnie d'Ellis, son ami d'enfance et fils de Sammy. C'est d'ailleurs Ellis qui vient chercher, à la gare, Lincoln, de retour de la guerre. Très vite, Lincoln comprend que la situation va mal à Delray, et pour Sammy qui doit un paquet de fric. Il était pourtant revenu uniquement pour dire adieu à Sammy et partir en Californie, retrouver un pote de l'armée qui lui avait proposé un job pour recommencer une nouvelle vie. Lincoln se retrouve alors embarqué dans le casse d'un dépôt de billets qui va... bien se dérouler mais mal se finir. En effet, le commanditaire de ce casse, Sal Marcano, le Don de la famille Marcano et chef de la pègre à New Bordeaux, à qui Sammy doit de l'argent, bien que ravi de ce succès, n'a pas apprécié le refus de Lincoln. Sal aurait aimé en effet qu'il prenne la place de Sammy. Le Don décide alors avec son fils Giorgi, pourtant lui aussi ami d'enfance de Lincoln, de liquider les Black Mob, Sammy, Ellis et Lincoln en tête. À ce propos, c'est la tête à Lincoln qui prit la première balle avant que le bar où tous se trouvaient fut incendié, ses occupants laissés pour mort. La magie du destin fit que Lincoln s'en sorti vivant, la balle ayant ricoché dans son crâne. Mais il est désormais assoiffé de vengeance. Sa longue et terrible vendetta pouvant alors commencer...

Ceci est le synopsis de Mafia III et vous pouvez très bien imaginer comment cela va finir. Mais aussi surprenant que cela puisse l'être, le jeu a plusieurs fins en fonction de choix que nous effectuons tout au long de l'aventure et de la décision finale du joueur. C'est quelque chose de bienvenu, bien que ce ne soit pas ce genre de chose qui puisse motiver à recommencer le jeu à zéro.

      

1. Ellis et Lincoln montant à bord de la Ford Torino. - 2. Les personnages principaux ont chacun leur fiche. - 3. Selfie de Lincoln. - 4. Un gus des Southern Union qui va passer un mauvais quart d'heure. - 5. Lincoln a dérangé une partouze géante.

Un gameplay classique et répétitif

Comme on l'a vu, le gameplay de Mafia III s'apparente à un GTA-like, c'est-à-dire un jeu d'action à la troisième personne offrant une évolution libre dans la ville. Ce qui change ici, c'est que celle-ci est divisée en quartiers qu'il vous faut contrôler. La prise de contrôle des quartiers s'effectue à chaque fois de la même façon. Lincoln Clay est aidé dans sa tâche par John Donovan, agent de la CIA, avec qui il a combattu au Vietnam. C'est son homme de confiance qui vous mettra sur la piste des différents lieutenants de Sal Marcano afin de les liquider. Mais pour cela, il vous faut les appâter. Pour ce faire, vous devez résoudre un certain nombre de missions différentes, mais à la finalité équivalente, et tuer tout ce qui bouge, jusqu'à saboter complètement leur business : vente de drogue, prostitution, racket, vente d'armes, vol de voitures... Clay et Donovan appliquent ainsi les tactiques de guerre qu'ils ont mises en place au Vietnam. Liquider les sous-fifres, saboter les trafics afin de remonter jusqu'au boss. En ce sens, le gameplay, bien que redondant, se justifie.

À vous aussi de voir comment vous effectuez ces missions. En mode barbare en fonçant dans le tas, tête baissée, avec votre shotgun, en faisant confiance à votre gilet pare-balles et en espérant avoir assez de shoots d'adrénaline pour remonter votre santé. Ou bien, vous préférez la méthode furtive, en approchant vos victimes, armé de vos poings ou de votre lame courte. Une méthode bien efficace qui permet de nettoyer une zone sans tirer le moindre coup de feu, surtout que l'IA est assez lamentable. En effet, nos proies semblent totalement ahuries, ou aveugles, et n'attendent que nous les embrochions ou les trouions de balles sans réaction apparente. Il m'est déjà arrivé de me rendre vers le boss du niveau pour le liquider directement sans déclencher de fusillade. En matière d'IA, on a vu bien mieux dans le genre.

Signalons qu'après chaque mission importante, vous aurez une petite cinématique avec différents protagonistes qui reviennent sur les faits d'armes de Lincoln à New Bordeaux. Nous avons ainsi Donovan qui se fait interroger quelques années après les faits, alors qu'il ne fait plus, semble-t-il, partie de la CIA. Il essaye de justifier les actes de Lincoln ainsi que les siens. Dans le cadre d'une sorte de documentaire, on a aussi le Père James, ami de Sammy et proche de Lincoln, qui a essayé de faire tout son possible pour ramener Lincoln vers le droit chemin. A-t-il réussi ? Il faut finir le jeu pour le savoir...

Une fois les missions remplies dans un quartier, il vous appartient et vous devez le laisser à l'un de vos associés. Vous connaissez déjà ces derniers si vous avez lu nos articles à leur sujet, il s'agit de Cassandra la Haïtienne, Burk l'Irlandais et... Vito Scaletta qui fait son grand retour même s'il est réduit au rôle de simple associé, bien qu'il soit possible de lui fournir la meilleure fin en fonction de vos choix. Choisir qui prendra possession du quartier n'est pas anodin. En effet, si certains se sentent lésés par rapport à d'autres, ils pourraient alors se rebeller à la fin du jeu. Il y a en tout neuf quartiers (le Bayou ne peut être contrôlé) à revendiquer et partager. Vous pouvez en donner trois à chacun de vos associés pour éviter les problèmes. Ou bien, répartir les quartiers d'une façon qui avantagera l'un des associés. C'est à vous de choisir sachant qu'il y a aussi un intérêt à cela.

Vos associés vous fournissent différentes faveurs et services qui vous seront très utiles. Le jeu vous demande de faire preuve de stratégie. Ainsi, vous pouvez appeler vos associés pour qu'ils vous rendent service. Burk pourra par exemple demander aux flics de vous laisser tranquille si ces derniers vous prennent en chasse. Vous pouvez également l'appeler pour qu'il vous envoie une voiture, ce qui est très pratique. Cassandra vous vendra des armes, des munitions ou des gilets pare-balles. Vito, pour sa part, vous fournira des renforts lors de vos missions, ce qui est particulièrement utile et assez cheaté dans certains cas. Ces différentes faveurs sont débloquées en augmentant les revenus de vos associés, en leur accordant plus de quartiers ou en résolvant des missions répétitives de contrebande ou d'assassinat.

Le principe de base est intéressant et bien fichu. On regarde notre carte, on voit qu'il y a plein d'icônes de couleur, on sélectionne une mission, on s'y rend à pied ou en voiture et l'on effectue notre mission avec classe et brio. On élimine les sous-fifres, leur chef, ou on vole la recette du trafic, on détruit le stock de biens mal acquis... Les premières heures de jeux, cela fonctionne plutôt bien. Mais au bout du quatrième quartier, on se rend compte que l'on a, à chaque fois, effectué les mêmes actions, et que l'on va devoir faire la même chose dans les autres quartiers restants.

Malheureusement, il y a pire encore comme redondance : la collection. Si comme moi, vous êtes atteint de collectionnite aiguë, à moins que vous soyez des petits pervers, attendez-vous à passer des heures à rechercher des magazines Playboy, des Pin-up de Vargas, des pochettes d'albums, des affiches de propagandes communistes, des magazine Hot Rod ou des magazines Repent. Autant d'éléments qui servent uniquement à rajouter des heures de jeu, facultatives heureusement.

Pour faciliter votre exploration d'une carte relativement grande, vous devez vous rendre près d'un boîtier de raccordement et les mettre sur écoute. Cela permettra de rendre visible les éléments de collection, les ennemis, les policiers et les quêtes sur la zone que couvre le boîtier. Il vous faut des fusibles pour cela.

Un petit conseil, ne faites pas comme moi, ne cherchez surtout pas à ramasser sur la carte tous les fusibles, car il y en a près de 300. C'est un piège des développeurs ! Cela vous rajoutera près de 5 heures de jeu de recherches inutiles et rébarbatives. Par conscience professionnelle, j'ai dû effectuer cette tâche ingrate et me suis retrouvé avec un stock de fusibles qui ne me servent à rien. Et il n'y a aucun succès Steam déverrouillé pour cela, ni même pour les collections d'ailleurs...

En tout est pour tout, j'en ai eu pour 36 heures dont, une bonne dizaine réservée à la recherche de collection, et au moins 5 heures pour uniquement les fusibles... Mais je n'ai pas eu le courage de répéter les quêtes que nous fournissent les lieutenants de nos associés consistant par exemple à voler un camion et à le ramener à notre entrepôt. Une ou deux fois suffisent à m'épuiser intellectuellement.

Au passage, au-delà de l'attrait visuel que procure les magazines Playboy avec notamment le fameux poster, certains proposent des « conversations candides » - malheureusement en anglais - de personnes célèbres comme le cinéaste Stanley Kubrick ou Eldridge Cleaver, essayiste et membre du Black Panther Party. Une très bonne chose.

Dans ce présent test, il n'a été évoqué que des missions et les collections, mais Mafia III propose-t-il d'autres activités ? Malheureusement non... Vous ne pourrez à aucun moment personnaliser Lincoln et lui changer de vêtement par exemple. Ou aller faire une course de voiture. Des mini-jeux pour varier un gameplay redondant, entre deux meurtres de masse, cela n'aurait pas été de refus.

      

1. Une partie de la carte de Mafia III avec plein de couleurs. Les points verts reprèsentent ces fichus fusibles... - 2. Assigner un quartier à l'un de vos associés, vous accorde des privilèges. - 3. Mafia III propose beaucoup d'armes. - 4. L'infiltration avec cette IA, trop simple... - 5. Lincoln a acquis la vision du Prédateur, ça rend le jeu trop simple...

Mais où sont passés les testeurs ?

Un jeu bugué en 2016, c'est un pléonasme... Comme les DLC's, les bugs gangrènent l'industrie vidéoludique pour le pire et le meilleur. En plus de proposer une IA absente, Mafia III continue à perpétuer cette tradition qui veut que le service marketing doit avoir un budget cent fois plus important que celui du service de test. Il y a plein de vidéos, souvent marrantes, qui parsèment la toile rapportant des bugs, notamment ceux où l'on voit Lincoln nager en pleine rue, même s'il n'y a pas d'eau autour de lui. Personnellement, j'ai eu la malchance de ne pas rencontrer ce type de bug car cela aurait pu égayer mes parties. Mis à part un bug qui m'a fait recommencer à une sauvegarde précédente, et un crash alors que j'étais sur la carte, je n'ai pas eu de gros problèmes. J'ai plutôt fait face à l'éclaircissement de l'écran. Le jeu devient d'un coup tout blanc, à cause de la réflexion du soleil sans doute. On a parfois aussi des lumières violettes, vertes ou rouges qui apparaissent comme par enchantement pendant quelques microsecondes. En général, la gestion de la lumière est mal fichue. Ne parlons pas des reflets dans les miroirs complètement ridicules. Même dans les années 2000, on savait le faire...

Jouant sur la version PC, j'ai eu le plaisir de goûter aux joies du 30 FPS pendant quelques jours. Habitué depuis plusieurs années à jouer en 60 FPS, ce fut un choc. C'était comme revenir en arrière, à l'époque du premier Mafia. Heureusement, un patch est venu corriger cette innocente erreur. Le jeu n'est pas parfait techniquement et graphiquement, on fait largement mieux en 2016. Le problème étant qu'avec ces tares, le jeu arrive à ne pas être très bien optimisé.

      

1. Ça fait mal aux yeux. - 2. J'ai trouvé tous les magazines Playboy ! - 3. Neuf quartiers à contrôler, neuf fois les mêmes choses à faire. - 4. Tuer, voler, tuer, voler, tuer, voler... - 5. Record de vitesse dans les rues vides de New Bordeaux !

5.5
Mafia III

New Bordeaux, loin d'être un bon cru
À la lecture du test, vous vous doutez bien qu'il n'est pas recommandé d'acheter Mafia III à l'heure actuelle. Pourtant, si le jeu m'a tenu en haleine pendant 36 heures, ce n'est pas uniquement par conscience professionnelle, mais aussi parce que le scénario, bien que classique dans sa construction et typique du thème de la vendetta, est bien ficelé. Avec l'ajout d'éléments manquants, la correction des bugs, une optimisation et une IA plus poussée et plus de variétés dans le gameplay, le jeu aurait pu être une pépite.
Intérêt historique :On est plongé dans une ambiance bien retranscrite même si la contextualisation aurait pu être plus approfondie. Celle-ci est surtout présente dans la radio.
  • +Bonne ambiance
  • +Scénario classique de la vendetta, mais efficace
  • +Doublage français convaincant
  • +Les magazines playboy
  • +Les radios et la musique
  • +Les voitures d'époque
  • +Bon traitement du racisme de l'époque
  • +La gestion des associés
  • +John Donovan est cool
  • -Gameplay redondant
  • -Lincoln Clay trop lisse, le même gars du début à la fin. Aucune folie ne vient le corrompre
  • -Aucune activité annexe
  • -IA, où es-tu ?
  • -Graphiquement et techniquement dépassé
  • -Système de sauvegardes des années 2000

  • Aymdef El Présidente, Rédacteur en chef, Testeur, Chroniqueur, Historien Email | Twitter
  • "L'objet de la guerre n'est pas de mourir pour son pays, mais de faire en sorte que le salaud d'en face meure pour le sien." George S. Patton