Test de Hearts of Iron IV : Together for Victory

Par Matt et Zog

Info sur le jeu
Plateforme
  • PC Windows
  • Mac OS X
  • Linux
ÉditeurParadox Interactive
DéveloppeurParadox Development Studio
Date de sortieDécembre 2016
Partager

Sorti le 6 juin dernier, Hearts of Iron IV bénéficie depuis le 16 décembre 2016 de sa première extension nommée « Together for Victory ». Cet ajout a pour but de « personnifier » les pays du Commonwealth, mais est-il vraiment indispensable ?

Le Commonwealth mis à l’honneur

Together for Victory rajoute beaucoup d’éléments pour rendre les différents Dominions de l’Angleterre plus sympathique à jouer. Le plus important des ajouts se trouve au niveau des « priorités nationales ». Ce premier point est particulièrement réussi.

En effet, l’Afrique du sud, le Canada, l’Inde, la Nouvelle-Zélande, ainsi que l’Australie disposent enfin de leurs propres arbres de priorités. Le premier choix qui s’offrira au joueur d’un de ces pays se situera dans le fait de, soit rester fidèle aux Anglais, soit prendre son indépendance, cette dernière pouvant se faire en rentrant dans l’Axe, dans le Komintern, ou en suivant sa propre voie. Ainsi, on peut faire trois grands choix si l’on décide de prendre son indépendance :

  • Exalter le nationalisme et décider de se débrouiller seul, tout en créant accessoirement sa faction. L’Afrique du Sud peut par exemple partir en croisade pour libérer l’Afrique de l’influence coloniale. Le challenge, s’il s’avère ardu, offre une expérience de jeu des plus intéressantes.
  • Un autre choix est de décider de rejoindre l’Axe pour combattre les Alliés.
  • Le dernier est de devenir communiste (et ainsi rejoindre le Komintern) pour « exporter » la révolution.

Ensuite, le reste des autres priorités se trouvent être des « bonus » nous permettant d’obtenir des usines, d’accélérer la recherche, augmenter sa main d’œuvre, etc. En bref, les priorités nationales de tous ces pays sont très bien faites. Elles permettent de vraiment diriger ces pays secondaires de manière plus amusante et plus libre puisque le joueur ne rencontrera pas de majeur problème venant empêcher un éventuel changement d’idéologie.

On pourra enfin noter l’ajout de nouveau pays jouables tels la Malaisie Britannique... mais là encore, réussir une bonne partie avec ce territoire semble relever du miracle. À réserver aux amateurs de challenges relevés.

Test de Hearts of Iron IV : Together for Victory  Test de Hearts of Iron IV : Together for Victory

Un système de dépendances peu efficace, mais réaliste

Le second « grand » ajout de cette extension est un système de dépendances. Chaque pays occupant des territoires peut les libérer pour en faire des fantoches. Prenons le cas du Royaume-Uni. Ce pays possède sous son contrôle tous les pays formant le Commonwealth. Certains sont déjà partiellement autonomes et ont une existence propre, comme le Canada ou l’Australie. D’autres, sont à l’inverse encore des territoires soumis au « Home Rule ».

Le joueur anglais aura alors accès à un onglet « gérer les dépendances » où la situation de chaque pays dépendant est représentée. Mais c’est là le premier problème. En effet, un fois un pays libéré, il est placé à un certain stade de dépendance. Cependant, avec le temps qui passe, ce pays accumule des points de liberté pour passer dans un stade de liberté accru, jusqu’à ne plus du tout dépendre de son « libérateur ». Malheureusement, le seul moyen d’empêcher cela est de dépenser des sommes astronomiques en points de « poids politique » pour les faire revenir au stade inférieur de la dépendance. Le « hic » étant que ces mêmes points de poids politiques sont déjà indispensables pour d’autres utilisations comme l’engagement de conseillers ou le passage de nouvelles lois.

Ainsi, il est impossible pour le joueur anglais d’accumuler plusieurs centaines de points de poids politique afin d'empêcher les Indiens de prendre leur indépendance. Les joueurs seront donc condamnés à voir les pays fantoches partir petit à petit sans pouvoir lever le petit doigt. À l’inverse, ils pourront lutter pour maintenir la domination sur ces dépendances, mais cela se fera au détriment d’autres secteurs dans lesquels le poids politique ne pourra être investi.

Le système, s’il est très frustrant pour le joueur, a toutefois l’avantage de représenter fidèlement la lente et irrésistible marche vers l’indépendance des colonies et Dominions. Il démontre que l’on ne peut pas concilier le maintien d’une domination sur les Dominions avec la bonne conduite de la guerre en interne. L’un se fera forcément au détriment de l’autre.

Autre point positif de ce système : nous pouvons enfin libérer des pays sans que ceux-ci soient directement indépendants. De plus, on pourra réclamer auprès de nos fantoches leurs armées, sans que ceux-ci ne puissent refuser.

Dernièrement, une option ajoutée nous permet même de former des divisions venant tout droit des pays soumis à notre autorité. Cependant, en faisant cela, la division formée ira chercher ses effectifs directement dans votre main d’œuvre et votre industrie devra les équiper. Alors franchement, quel intérêt ?

Test de Hearts of Iron IV : Together for Victory

C’est tout ?

À part ces deux ajouts majeurs, quasiment rien n’est à noter. Les modèles de tanks, d’avions et de navires sont bien nommés avec leurs vrais noms et ont désormais une apparence. Mais ce sont exactement les mêmes que ceux de l’Angleterre, à l’exception de quelques équipement développés de façon autonome, notamment des chars et certains avions australiens. La chose est assez logique, puisque ces Dominions étant dépendants de la puissance britannique, ils adoptaient majoritairement son équipement. Il faut également noter l’ajout de plusieurs modèles de tanks et d’avions, comme les tanks « Bob simple » et « Big Bob » néo-zélandais. Des généraux et des dirigeants supplémentaires ont été attribués aux différentes nations formant les Commonwealth, c'est un détail vraiment sympathique à voir.

On peut également noter le système des focus permanent mis en place par la mise à jour et le DLC. Il permet d’éviter de gâcher un éventuel trop plein de poids politique, mais cela n’arrive rarement avant 1944 quand vous êtes en jeu. Ces focus consomment en permanence votre poids politique et leurs effets restent actifs tant qu’ils sont activés.

Test de Hearts of Iron IV : Together for Victory

7.5
Hearts of Iron IV : Together for Victory

Together for Victory ressemble plus à une grosse mise à jour qu’à un véritable DLC d’extension. Cependant, si on arrive à oublier que notre portefeuille a dû dépenser 15€, l’extension n’est pas mauvaise en soit. Elle est même plutôt bonne. Toutefois, sans être indispensable, Together for Victory manque légèrement de contenu pour le prix auquel il est vendu. Notre recommandation : si vous n’avez pas l’édition Maréchal de HOI IV et que vous n’êtes pas pressés, attendez qu’elle soit soldée lors de prochaines soldes.
Intérêt historique :Together for Victory reste d’une grande exactitude historique. Et la recherche fournie par Paradox Development Studio est indéniable. D’ailleurs, des événements ont été ajouté et d’autres ont été corrigés. Pour exemple, le joueur anglais débute avec comme dirigeant Stanley Baldwin, et non avec Chamberlain, qui rappelons-le a pris ses fonctions le 28 mai 1937. Le studio suédois montre continuellement sa détermination à nous fournir un jeu d’un grand intérêt historique.
  • +Les pays du Commonwealth amusants à jouer.
  • +Les nouveaux arbres des focus intéressants.
  • +Un système réaliste, mais terriblement frustrant pour les dépendances et indépendances.
  • +Toujours plus d’authenticité historique.
  • -Trop cher pour le contenu proposé.
  • -Trop peu d’ajouts importants faisant évoluer le jeu.
  • -Une IA qui pose encore quelques problèmes et qui reste perfectible.

  • Matt Chroniqueur, Historien
  • "Si vous traversez l’enfer, continuez d’avancer." Winston Churchill
  • "Résiste et mords !", devise des Chasseurs ardennais de l'armée belge

  • Zog Chroniqueur, Historien, Testeur, Youtubeur
  • « Une Europe fédérée est indispensable à la sécurité et à la paix du monde libre. » par Jean Monnet en 1952
comments powered by Disqus