Dead In Vinland

Marin S.
Thématique
14 mai
2018
Info sur le jeu
Plateforme
  • PC Windows
  • Mac OS X
Éditeur
  • Playdius
  • Plug In Digital
DéveloppeurCCCP
Date de sortieAvril 2018

Le studio français CCCP (on ne juge pas), fondé en 2005, a sorti une palanquée de serious games : expliquer le cancer, la circulation automobile et j’en passe sur le Web à l’aide d’applications.

Mais ils ont aussi un ensemble de jeux qu’ils qualifient d’indies : outre des petits jeux Facebook et un clone de Theme Hospital, ils ont sorti en 2015 Dead in Bermuda, un Koh Lanta-like. Le principe est simple : huit survivants d’un crash se retrouvent sur une île déserte, et doivent faire en sorte de survivre. Construire des abris, gérer la dépression et la fatigue, nourrir et sustenter ses survivants est votre priorité.

Ça tombe bien, vous allez retrouver ça dans Dead in Vinland, qui se présente comme une suite plus aboutie, plus complète, un brin plus complexe. Laissez-moi vous montrer de quoi il retourne.

L’exil des Nordiques

L’histoire commence mal. Une femme, son mari, sa sœur et sa fille vivent tranquillement dans une petite maison perdue au milieu de nulle part quand un groupe de guerriers vient pour démembrer à qui mieux mieux. Heureusement, vous vous y étiez attendus. Vous voilà dans un navire, loin de chez vous, à voguer au petit bonheur la chance, jusqu’à ce que vous tombiez sur une île. Un abri de fortune et quelques squelettes vous y attendent, et donc il faut s’y mettre : survivre.

Autant vous dire que ça ne sera pas de tout repos. Et le joueur débutant va souffrir. Il y a un nombre astronomique de mécaniques différentes pour chaque personnage qui vous attendent. Comptez une petite partie et une mort rapide pour maîtriser les arcanes du jeu. On va essayer de vous la faire courte et de vous emmener en douceur.

Voyez-vous, ces Nordiques ont un certain nombre de caractéristiques, qui concernent tous les champs d’action possibles et imaginables, comme la coupe de bois, la récolte, le gardage de moutons et la chasse, des propriétés plus classiques avec l’endurance, la vitalité. Comptez aussi des traits spéciaux, qui vous donnent des bonus ou des malus dans divers domaines, que ce soit dans l’évolution, la fatigue ou la probabilité de tomber malade. Des caractéristiques de combat seront là pour plus tard.

Et enfin, enfin, vous avez vos jauges de mortalité. Je les appelle comme ça puisque si l’une d’entre elle monte à 100%, vous voilà décédé. Quelles sont-t-elles me demanderez-vous ? La faim, la fatigue, la dépression, la maladie, et les blessures pardi. Chacune de ces caractéristiques montent ou descendent en fonction de ce que vous faites. Le père est par exemple particulièrement sensible à la dépression, donc évitez de le faire se suicider vous serez gentils.

Test de Dead In Vinland  Test de Dead In Vinland  Test de Dead In Vinland

1. Quand il pleut et que tout le monde travaille sur de nouveaux établis. - 2. Toutes les caractéristiques mortelles à gauche… Des tas d’objets vous attendent d’ailleurs pour les baisser, avec parfois un risque… - 3. Tous les skills imaginables. Vous retrouvez sur les onglets à côté la biographie, les traits positifs et négatifs, les compétences de combat et les relations avec les personnages.

Après la perma-culture, la perma-vie

Avec vos quatre bonshommes, qui pourront rencontrer d’autres âmes perdues au fil des pérégrinations, vous pouvez pratiquer un ensemble d’actions vous permettant d’éviter de mourir en moins de 48 heures, sans eau, nourriture et feu.

Je m’explique : vous avez au départ un certain nombre d’activité disponibles, liés à un bâtiment ou à un mode de production. Un personnage peut être affecté au début de l’aventure au pillage de votre navire échoué, à la collecte d’eau de mer, à la construction de nouveaux objets ou bien à l’exploration. Chaque journée est divisée en deux phases, et tout personnage placé à une activité, en fonction de ses caractéristiques et appétences pour le métier, utilisera un peu de sa fatigue, de sa faim, de sa soif et de sa dépression pour produire les choses demandées ou explorer les alentours.

Et tout va tourner autour de cet équilibre. Car le nombre de bâtiments à construire est remarquable : vaut-il mieux privilégier une tente de soin pour soigner les vilains bobos qui accentuent maladies, blessures et dépression, ou bien privilégier l’atelier de chasse pour éviter de manquer de viande, ou bien encore construire un bâtiment permettant de saler vos aliments pour les garder plus longtemps ? À moins que vous ne préfériez construire un hamac pour reposer durant la journée ceux qui dorment mal, sont malades ou blessés…

Pire encore, non seulement les choix de bâtiments à construire pour améliorer tel ou tel aspect de votre campement rudimentaire sont légion, mais en plus, chacun d’entre eux a un nombre d’améliorations assez important : permettre à plusieurs personnes d’utiliser le même bâtiment pour augmenter la production, améliorer les rendements, avoir de nouvelles options bien utiles, etc.

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4. Il vous faudra explorer les environs… - 5. …sur une grande carte de l’île où vous êtes exilés. - 6. Un exemple des multiples constructions possibles à gauche. Que prioriser ? Pire, chaque bâtiment pourra être amélioré… On ne sait pas où donner de la tête.

Le début de la faim

Chaque action épuise davantage chacun des membres de votre clan. À la fin de la journée, entre les blessures, la faim, la soif et la fatigue, il faut correctement naviguer. Avant cela, surveillez toujours votre feu, et mettez des bûches avant de dormir. Surtout s’il pleut durant la journée. Le feu est vital pour vous. Il vous permet notamment au début du jeu de faire bouillir l’eau de mer pour la rendre potable.

Parlons d’ailleurs de la météo : les jours de pluie par exemple, vous pourrez faire autre chose que ramasser de l’eau puisque vos tonneaux se rempliront très facilement, et vous pourrez reconfigurer vos priorités et vos personnages, puisqu’ils ne peuvent pas être partout.

À la fin de la journée, donc, les voilà affaiblis. Ils parlent, ils développent leurs relations avec des dialogues en fonction des actions de la journée et du scénario, puis vous leur accordez une ration d’eau. Lorsqu’ils sont déshydratés, il faut leur accorder 1 litre d’eau pour enlever ce statut gênant. Mais si vous leur donnez 0.75 litres, il y aura 75% de chance que ça s’enlève, et 25% de chance que ça s’aggrave. Oui. Mais l’eau n’est pas extensible à l’infini, et il faudra faire des choix et s’en remettre à la chance.

Ensuite les rations de nourriture sont distribuées. Fruits, viandes, poissons, tout ou presque est périssable, alors ne gaspillez pas, sauf si vous avez de quoi saler vos aliments. Vous faites baisser votre faim, mais certains aliments vous rendent un peu plus malades, vous donnent des effets bénéfiques ou des diarrhées sauvages : la viande rouge pas cuite, par exemple, augmentera votre chance d’avoir des maladies.

Et enfin, les gens dorment, et perdent de la fatigue. Fatigue qui peut être beaucoup trop haute et le rester si votre gus se plaint toute la nuit de terribles douleurs.

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7. Des prises de niveau, et encore plus de choix. - 8. Attention aux réserves d’eau ! - 9. Le soir, le moment où les gens se parlent, s’embrouillent, et où vous donnerez les rations d’eau pour hydrater ceux qui ont besoin, ainsi qu’à manger.

Coups de casques à cornes

Vous pensiez que c’était tout et que c’était bien assez, entre la fatigue, le coup du sort en exploration, l’ouverture de coffres ou la découverte de lieux recelant des trésors à condition d’avoir de la chance, et l’équilibre entre production, bâtiments, et êtres humains ? Vous pensiez que le fait d’avoir une palanquée d’objets soignant la dépression, les maladies, les blessures et utilisables durant la journée pour enlever des effets négatifs ou rajouter des effets positifs étaient suffisants ? Que nenni ! Un chef viking va débarquer dans vos vies et vous forcer à lui donner régulièrement un tribut, qui augmentera au fur et à mesure. Gare à vous si vous ne lui obéissez pas…

Sur l’île, ou bien quand vous aurez subi le courroux du viking, vous pourrez rencontrer des guerriers, des pillards, qui voudront juste vous faire la peau. À ce moment, vous voilà dans un combat au tour par tour, semblable en partie dans sa mise en scène à Darkest Dungeon.

Chaque personnage a un certain nombre de compétences, de caractéristiques et d’objets, et doit naviguer en fonction de cela entre la zone de corps-à-corps et la zone de distance. Les compétences donnent des bonus à vos troupes, des malus aux ennemis, améliorent la précision, les dégâts, ou frappent l’adversaire fort mais sans grande chance de toucher.

Un ajout tactique appréciable. Chaque blessure subie dans le combat se répercutera ensuite dans votre vie de tous les jours, vous rendant la survie encore plus dure et difficile à équilibrer.

Test de Dead In Vinland  Test de Dead In Vinland

10. Les combats se font au tour par tour... - 11. ...et paf !

Conclusion

Vous vous en êtes rendus compte à travers ce test, Dead in Vinland est un gros morceau, composé de pleins de petits morceaux qui font sens, qui sont complexes à saisir, et qui mis bout à bout apportent une expérience de jeu extrêmement riche et dense. Le néophyte aura peur, mais trouvera ses marques sans grande peine au bout d’une petite partie test, le temps de voir les résultats de chaque action de départ, ou de mourir bêtement comme votre humble serviteur, après un père prêt à se tailler les veines qui meurt de fatigue en coupant du bois… Vous êtes quatre, mais vous allez trouver au fur et à mesure de nouveaux compagnons, développer vos relations, pour le meilleur ou pour le pire, et les utiliser pour faire marcher ces petite tribu, en faisant attention à l’eau, la nourriture et vos tributs, vos dangers numéro un.

Le jeu est bourré de subtilités, de mécaniques qui augmentent, de niveaux d’expérience par personnage vous accordant un bonus à choisir pour améliorer le combat, l’exploration, le craft ou même le gain d’expérience, et les effets néfastes ou positifs sont nombreux. Naviguer entre tous ces éléments est grisant, sauf quand une spirale infernale vous montre que vos mauvais choix étaient présents dès le début… Faites donc une grosse partie test avant. Quoi qu’il en soit, pris dans son ensemble, le jeu est une excellente pioche.

8.0
Dead In Vinland

Un jeu mêlant gestion, survie et RPG de manière habile et prenante, voilà ce que vous aurez avec le jeu franco-français Dead in Vinland. C’est aussi un jeu un brin austère, qui se laisse doucement apprivoiser si on y met le temps. N’ayez pas peur de la difficulté.

Intérêt historique :Le monde des vikings n’est qu’un prétexte pour utiliser des technologies rudimentaires et rencontrer des guerriers avec des haches. Rien de folichon.
  • +Jeu riche et complet, une myriade de possibilités
  • +Une bonne grosse difficulté vous forçant à tout prévoir
  • +Des combats tactiques en bonus
  • -Interface confuse au début
  • -Chara-design et graphismes pas folichons

  • Marin S. Captain Sparke, Rédacteur en chef du Monde du Captain Sparke, Testeur, Chroniqueur
  • "La force de la cité ne réside ni dans ses remparts, ni dans ses vaisseaux, mais dans le caractère de ses citoyens." Thucydide, la Guerre du Péloponnèse.
  • Site : https://le-monde-du-captain-sparke.fr/