Crusader Kings II : The Reaper's Due

Roi de Dreamland
Thématique
11 octobre
2016
Info sur le jeu
Plateforme
  • PC Windows
  • MAc OS X
  • Linux
ÉditeurParadox Interactive
DéveloppeurParadox Development Studio
Date de sortieAoût 2016

Paradox interactive a pour habitude de publier de nombreux DLC pour agrémenter ses jeux et renforcer leurs contenus de façon importante. The Reaper’s Due constitue le douzième contenu additionnel pour Crusader Kings II. Autant dire que dans sa version actuelle, le jeu n’a plus grand-chose à voir avec ce qu’il était en version 1.0. Reste à savoir si ce DLC est une réussite et si la lassitude ne va pas commencer à se faire ressentir chez les joueurs.

Un sujet original et des plus intéressants

La première chose qu’il convient de souligner, c’est que ce DLC se propose de contrer la lassitude par un mécanisme fort simple : traiter d’un sujet original rarement exposé dans les jeux vidéo. En l’occurrence, The Reaper’s Due se concentre sur les maladies et autres épidémies qui sévissaient fréquemment à l’époque féodale. S’il est vrai que la chose est peu souvent mise en avant dans les jeux vidéo au point d’en devenir l’un des éléments principaux du gameplay, force est de constater que ces épidémies avaient des conséquences militaires, sociales et économiques énormes à l’époque. Le pari pris par Paradox est donc des plus ambitieux, mais va-t-il s’avérer payant ?

Jusqu’alors, les conditions d’hygiène et de santé étaient traitées de façon plutôt expéditives par Crusader Kings II. En effet, le jeu se contentait de vous annoncer de la mort de tel ou tel personnage par l’intermédiaire d’un pop-up. Toujours à la recherche de davantage de réalisme dans l’expérience de jeu qu’ils vous proposent, les petits gars de Paradox Interactive se sont surpassés pour améliorer la chose. En effet, désormais, les symptômes des maladies qui affectent les membres de votre cour et leurs effets sont clairement décrits de façon explicite. Par ailleurs, on note la capacité de cumuler plusieurs maladies.

En début de partie, vous pourrez régler la fréquence et l’intensité des épidémies qui frapperont le monde. Il est alors une expérience des plus frustrantes et des plus terribles que de voir son souverain périr lentement avec sa population sans rien pouvoir faire pour endiguer la vague de mort grandissante. Peste, fièvre, variole… toutes les maladies de ce genre se déclenchent dans une province précise avant de s’étendre rapidement si la région ne parvient pas à les endiguer. C’est évidemment une nouvelle variable à prendre en compte dans la planification de vos actions, car les épidémies arrivent sans crier gare. Ainsi, il est fréquent de se préparer économiquement à supporter une guerre et de voir tous ses projets être réduits à néant par le déclenchement imprévu d’une épidémie qui ravage votre royaume.

Un contenu punitif, frustrant, mais également étrangement jouissif

Aux premiers abords, le mécanisme d’épidémies semble relever du masochisme. Quel joueur sain d’esprit accepterait de s’imposer de tels malus totalement liés au hasard ? Se poser cette question, c’est cependant oublier que les joueurs de Crusader Kings II ne sont pas sains d’esprit.

Pour rappel, nous parlons là d’un jeu où il est non seulement légitime, mais aussi encouragé, de tuer vos enfants si ceux-ci lorgnent d’une façon trop insistante sur votre trône.

Ainsi, les vrais fans de Crusader Kings II seront plus que ravis par le challenge ardu que propose ce nouveau DLC. Composer avec ces épidémies fatalement inévitables est aussi difficile que jouissif. Vous pouvez alors choisir de suivre historiquement l’apparition des épidémies avec la peste qui ravage l’Europe en 1345 et tue plus de 40% de sa population. Mais si vous êtes encore plus maso, le plus drôle reste alors de laisser le hasard décider de quand il va méchamment venir vous frapper et ruiner votre partie pour les 15 prochaines années, le temps de se relever des dégâts terribles causés.

La frustration est d’autant plus grande qu’à l’inverse de la majorité des jeux, les actions que vous entreprendrez pour lutter contre les épidémies n’ont aucune garantie de fonctionner. Ainsi, si dans un jeu comme Caesar III, il suffisait de construire un hôpital pour être débarrassé du problème, ce n’est pas le cas dans Crusader Kings II.

Dans les faits, le jeu vous offre plusieurs façons de vous préparer à l’arrivée des épidémies. Développer des bâtiments de soin constitue une première option préventive et conduira à une amélioration de l’hygiène dans vos provinces, mais cela coûte cher et est loin de constituer une parade efficace à 100%. Les pays les moins riches seront donc largement plus vulnérables. Vous pouvez aussi faire le choix d’engager un médecin à votre cour afin d’améliorer les chances de votre souverain de survivre à une épidémie. Cependant, là encore, la chose se veut onéreuse.

Là où le jeu devient drôle, c’est en vous offrant la possibilité d’aider la science et la médecine dans des expérimentations. Quand tout est foutu, autant tenter la solution de la dernière chance. À l’inverse, vous pouvez faire le choix de vous couper du monde et de rester en quarantaine avec vos proches le temps que la situation se calme... mais il est alors possible de vous retrouver sans aucun sujet à gouverner, ce qui est à peu près équivalent à un game over.

8.5
Crusader Kings II : The Reaper's Due

Le 12ème DLC
Il est rare qu’un DLC de Crusader Kings II soit mauvais. Ce Reaper’s Due est dans son genre excellent, même si son sujet le pousse également à être très frustrant et punitif. Au final, il faudra au joueur de Crusader Kings II se laisser gagner par le masochisme qui sommeille en lui pour tenter de relever le challenge que constitue les épidémies. Crusader Kings II : The Reaper’s Due se révèle au final être aussi mortel qu’excellent. Les mécaniques de jeu qu’il ajoute sont très réalistes et nul doute qu’il saura offrir un second souffle à un jeu déjà sorti depuis bientôt 5 ans.
Intérêt historique :
  • +Un contenu original et de qualité
  • +L’excellente mécanique de propagation des épidémies
  • +Des possibilités de personnalisation
  • +Jouissif…
  • -Le prix qui pourra en freiner plus d’un
  • -Un challenge ardu pour les joueurs non hardcore de CK II (mais existent-ils ?!)
  • -…mais tellement frustrant !

  • Zog Chroniqueur, Historien, Testeur, Youtubeur
  • « Une Europe fédérée est indispensable à la sécurité et à la paix du monde libre. » par Jean Monnet en 1952