Combat Mission : Fortress Italy

Fantômas
9 août
2012
Info sur le jeu
Plateforme
  • PC Windows
  • Mac OS X
ÉditeurBattlefront.com
DéveloppeurBattlefront.com
Date de sortieAoût 2012

Combat Mission est l'une de ces licences prestigieuses dont chaque nouvelle sortie est attendue par les vétérans de la stratégie. Véritable bijou de stratégie et de tactique, chaque opus apporte son lot de nouveautés.

Fortress Italy reprend le moteur de Battle for Normandy, le précédent opus, pour simuler les combats de Sicile. Qui dit changement de théâtre dit changements de factions, d'équipements et d'uniformes. Le jeu propose donc d'incarner au choix l'Italie, l'Allemagne ou les Alliés dans les paysages méditerranéens.


Combat Mission is back !

Jeu de stratégie au tour par tour, Fortress Italy possède  des campagnes inspirées de faits réels, des missions solos ayant un cadre réel ou fictif, un mode de bataille rapide et un multi-joueurs. Il reprend le gameplay de son prédécesseur. Celui-ci se veut immersif et profond, je vais donc tenter de le résumer du mieux possible sans trop compliquer les choses.

Sachez d'abord que le jeu peut se jouer en semi temps réel (« we go »), c'est-à-dire au tour par tour avec une phase de résolution commune des actions, ou en temps réel. Le semi temps réel est le plus adapté pour les novices du genre pour ne pas crouler sous la tonne d'informations à analyser en cours de partie. C'est le mode de jeu par défaut, ce qui est plutôt un atout pour le titre. Les types de missions sont divers : il peut s'agir d'attaques, d'assauts, de défenses ou de reconnaissances. Généralement vaincre ses ennemis permet de remporter la partie, parfois il faudra aussi capturer le terrain ou le tenir. Remplir les objectifs octrois des points et une fois la partie terminée, la faction avec le plus de points l'emporte. Le système est certes des plus simples, mais il n'en reste pas moins efficace.

Le joueur dispose d'escouades d'infanterie et de véhicules sous ses ordres. Il les commande et décide de leurs actions. Il a à sa disposition un panel d'ordres répartis en quatre catégories : les ordres de mouvements, ceux de combats, ceux spéciaux et ceux de formations. Il peut s'il le souhaite donner plusieurs ordres de suite à une unité qui fera alors son possible pour bien les réaliser. Les ordres sont nombreux et divers, tous les décrire serait trop long et compliquerait le test, je donne donc quelques exemples. On peut tendre des embuscades, lancer des assauts, faire replier ses hommes, les déplacer de différentes manières (prudemment ou non, rapidement ou pas), diviser les escouades en formations, par exemple d'assauts ou anti-char. Les possibilités sont immenses et elles font justement l'intérêt du jeu. La multitude d'ordres permet de réaliser la plupart des plans imaginables ! Pour l'emporter, le joueur devra mener ses troupes à la rencontre de l'ennemi et le repousser, voir l'exterminer. Il ne faut en aucun cas foncer tête baissée  sous peine de voir son armée décimée dès le premier accrochage.  Ici, il faut avancer par bonds, repérer l'ennemi, le déloger, le traquer. Le réalisme est toujours présent et cela ravira les fans de la série.

L'un des éléments majeurs du titre concerne la vision. Les lignes de vue sont un élément majeur du jeu. De ces lignes dépendent la vision de vos  unités et donc le repérage de l'ennemi. Pour attaquer ou se défendre, en d'autres termes tirer sur l'ennemi, il faut que celui-ci soit visible, sinon le joueur devra effectuer un tir de zone peu précis. Toutes les troupes ne voient donc pas les mêmes choses, les lignes de vue étant individuelles. Cela complique la tache des joueurs peu aguerris. Le système est efficace et intuitif, mais bien le maitriser demandera du temps.

Certains éléments comme la typologie du terrain jouent aussi sur les lignes de vision, de même que des éléments « purement » humain, comme les grenades fumigènes. N'oublions pas que le paysage change en fonction des dégâts subis : il y a des cratères et les bâtiments tombent peu à peu en ruines.  Il faudra donc s'adapter. Mais la ligne de tir n'est pas tout.  En effet, les facteurs à prendre en compte sont légion et le joueur débutant sera vite dérouté s'il ne passe par les initiations. On peut citer le moral, les munitions, les soins (pour les blessés) ou les blindages qui sont pris en compte pour approfondir le réalisme du titre. Cette masse d'informations est assez simple à gérer lorsque les rouages du titre sont compris. Dès lors, on apprécie le jeu dans son intégralité.

Mais il y a aussi des notions plus originales à prendre en compte, comme la chaine de commandement à respecter. La gestion se fait au niveau de la compagnie puis des bataillons. Ceci est surtout nécessaire pour les armes d'appui type mortiers : pour demander un tir indirect, il faut que le QG du bataillon puisse demander l'ordre par radio au QG de compagnie qui  donnera confirmation et transmettra l'ordre aux mortiers. Le jeu se veut donc très rigoureux et demandera donc un fort investissement personnel pour être utilisé à haut niveau, cela peut donc rebuter les novices. Cependant, quelques minutes suffisent à comprendre les ordres de base et donc à jouer à bas de niveau. Cela permet de faire ses armes contre l'ordinateur sans grande stratégie. Le jeu s'ouvre alors à une plus large audience même si on s'écarte du but premier étant de vaincre l'ennemi subtilement. Néanmoins, à force d'entrainement, le joueur novice deviendra vite un vétéran expérimenté !

Test de Combat Mission : Fortress Italy par Cyril  Test de Combat Mission : Fortress Italy par Cyril  Test de Combat Mission : Fortress Italy par Cyril

Sous le soleil d'Italie…

Combat Mission : Fortress Italy permet de revivre les combats en Sicile. L'environnement et les unités sont donc adaptés au théâtre d'opération méditerranéen. Les factions possèdent leurs propres unités, uniformes, équipements et véhicules facilement discernables, le jeu se voulant très réaliste. Les Américains, par exemple, possèdent des chars Stuarts, Shermans, des Half-Tracks, mais aussi, au niveau des armes individuelles, des M1 Garands, des carabines M1 ou même des BARs !

L'une des factions jouables, l'Italie, possède son propre arsenal, bien différent de celui allemand, chose assez rare. Ainsi Beretta et chars Semovente ou Breda peuvent être utilisés, d'autant plus que l'armée italienne pourra aussi bien combattre les Alliés que les Allemands après l'armistice, notamment en bataille rapide. Les uniformes italiens sont fidèlement modélisés de même que les armes, rendant l'immersion encore plus profonde. Quoi qu'il en soit, l'éventail d'armement est très large et il sera possible dès le premier coup d'œil de reconnaitre tel ou tel blindé ou arme. Les différents camouflages et uniformes sont aussi présents et sont identiques à ceux utilisés lors des combats en Italie et Sicile. Ainsi, on peut sans problème discerner un parachutiste américain de la 82e aéroportée « all American» d'un simple troufion de l'armée de terre grâce aux uniformes mais aussi aux insignes des unités, l'écusson avec le double A pour la 82e aéroportée. Cela est un véritable atout !

Outre les uniformes et l'équipement, les environnements aussi s'adaptent au contexte. On se retrouve donc dans des étendues typiquement italiennes, ensoleillées, recouvertes de plantations et possédant des petits villages ou des villes. On s'y croirait presque. Ces paysages sont parfaits pour des embuscades et vont donc impacter sur la manière de jouer. La végétation étant l'endroit rêvé pour une embuscade, il faudra lancer des reconnaissances pour éviter les mauvaises surprises.  Le joueur devra faire de son mieux pour se servir du terrain à son avantage : bloquer les lignes de vues ennemies, tendre des embuscades, éviter les surplus de perte. Mais tout n'est pas rose et on remarquera quelques bugs graphiques, comme un arbre traversant un char.

Enfin, venons-en à l'aspect historique. Les événements sont en partie respectés et il sera ainsi possible de revivre l'épopée de la division « Hermann Göring » ou de participer à l'opération Husky, notamment les combats autour de Gela. En outre, il sera possible de créer ses propres batailles et donc d'œuvrer dans un cadre purement fictif. Les armes et les uniformes respectent la chronologie des événements, ainsi, par exemple, les Américains possèdent l'uniforme typique des combats en Italie et ceux-là sont donc différents de ceux portés dans l'opus précédant. De même, les camouflages s'adaptent aux environnements traversés. On notera aussi l'attention portée  à de petits détails historiques  par soucis du réalisme et de la réalité historique. Ainsi, on peut remarquer dans le jeu, mais aussi dans le manuel, que les chars italiens les plus populaires et connus comme le fiat M14/41,  ayant été pour la plupart détruits en Tunisie, ne sont donc pas présent pour défendre la Sicile. On peut aussi noter que les MG34/42 peuvent faire feu déployées ou non déployées. Ces petits éléments renforcent le réalisme historique et sont un véritable plus pour cet excellent jeu.

Test de Combat Mission : Fortress Italy par Cyril  Test de Combat Mission : Fortress Italy par Cyril  Test de Combat Mission : Fortress Italy par Cyril

9.0
Combat Mission : Fortress Italy

Combat Mission : Fortress Italy reprend l'esprit de ses prédécesseurs et le modifie pour remettre en scène les terribles combats de l'opération Husky. Doté d'une durée de vie très longue, le jeu dispose de possibilités immenses permettant de mettre en scène la plupart des plans imaginables. Grace à son gameplay intuitif et efficace, le jeu s'adresse aussi bien aux joueurs novices que confirmés. Seul face à l'ordinateur ou à plusieurs, ce jeu est une véritable réussite.
Intérêt historique :
  • +Les différentes factions
  • +La variété des unités et de l'armement
  • +Le réalisme des combats
  • +La durée de vie
  • +IA efficace
  • -Demande de l'investissement personnel pour être bien maitrisé
  • -Quelques bugs graphiques

  • Lyrik Le Vétéran, Testeur, Historien
  • "I'm ashamed of you, dodging that way. They couldn't hit an elephant at this distance" Major général John Sedgwick avant d'être mortellement frappé par une balle sudiste...