Call of Juarez : Gunslinger

Le_Moine
Thématique
Western
2 juin
2013
Info sur le jeu
Plateforme
  • PC Windows
  • PlayStation 3
  • Xbox 360
ÉditeurUbisoft
DéveloppeurTechland
Date de sortieMai 2013

Lancé en 2006, le tout premier Call of Juarez avait su créer la surprise parmi les fans de FPS qui sortent du lot. Le titre ne fut pas un grand succès critique malgré ses qualités. Néanmoins en 2007 Ubisoft succède à Focus Home Interactive pour éditer le portage de la version PC vers la Xbox 360.

À la surprise quasi-générale un second opus a vu le jour en 2009 (une préquelle nommée Call of Juarez : Bound in Blood), et puis un troisième (et médiocre) opus a vu le jour en 2011 en nous projetant en plein XXIe Siècle. On croyait alors la série morte, mais voilà qu'Ubisoft a annoncé un 4e opus... Retour en plein far-west, mais cette fois-ci tout se passera sur support dématérialisé (quoique la version PC est disponible en boîte également).

Le monde se divise en deux catégories, ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi tu creuses.

Exit la famille McCall, place à Silas Greaves. Ce chasseur de prime entre dans un saloon en 1910, et telle Megan Fox dans Transformers, il est indéniable que le héros du jeu attire l'attention et devient le centre d'intérêt numéro 1. Dans un grand élan de confidences, Silas Greaves commence à raconter ses mémoires à son public. Les rumeurs aidant Silas va, à de nombreuses reprises, réécrire son histoire ou changer quelques données afin de surprendre son auditoire ou tout simplement rétablir la vérité. Ces changements influent directement sur la partie du joueur, mais nous y reviendront.

Notre beau chasseur de primes (enfin bien mois séduisant que Keira Knightley dans Domino) nous fera rencontrer par ses aventures des pointures telles que Billy the Kid, Pat Garrett, Jesse James ou encore Butch Cassidy. Si les récits du héros sont fictifs, Techland a pensé aux amoureux d'Histoire en proposant les « pépites de vérité ». Ces objets cachés dans les niveaux nous en apprendront plus sur les personnages mais aussi les événements réels dont le jeu a pu s'inspirer. Une excellente mine d'informations qui ravira les amoureux du Far-West. On ne peut que féliciter le studio polonais pour cette initiative très alléchante et qui poussera les joueurs curieux à refaire les niveaux pour trouver toutes ces pépites.

Refaire les niveaux, voici une des clefs de ce Call of Juarez : Gunslinger ! En tant que défouloir résolument tourné vers « l'arcade », chaque action vous rapportera (ou vous fera perdre) des points. À chaque fin de niveaux vous aurez ainsi un score. À vous de devenir meilleur que Lucky Luke et d'obtenir les meilleurs scores possibles. Mais ces points ont une utilité toute particulière. Ainsi, vous pourrez grâce à eux débloquer de nouvelles compétences et affiner votre style via 3 arbres de compétences (pistolero, tireur d'élite ou un boxeur émérite). Une excellente idée qui manque cependant d'un peu de répercutions sur la façon de jouer.

Néanmoins, le gameplay de Call of Juarez : Gunslinger est cruellement répétitif, d'autant plus que le jeu est on ne peut plus linéaire. Le manque de variété des ennemis et des situations, n'améliore pas la donne. C'est sûrement le point faible du jeu.

Au final, le jeu se présente comme un excellent shooter. Les combats sont denses et jubilatoires et le lock semi-automatique (casual quand tu nous tiens) nous permet de plonger encore plus dans cette dose de shoot à la sauce far-west. Le fameux « ralenti » de la série (Bullet-Time pour les initiés) est bien entendu de retour et permettra, avec un peu d’entraînement, d'enchaîner les morts tel Loeb a su enchaîner les victoires en WRC.

Que serait le far-west sans duel ? Pas grand chose, du moins dans la culture populaire. C'est pourquoi les développeurs nous proposent à nouveau ces fameux duels. Que vous aurez la possibilité de gagner à la loyale ou simplement en dégainant le premier... Pas très classe mais très efficace. Ces duels sont l'occasion d'offrir un gameplay spécifique, basé sur la « concentration » et la précision. Une maniabilité un peu délicate qui risque ; malheureusement ; d'en faire fuir certains.

Les duels sont également au centre d'un mode auxiliaire proposé dans le jeu et habilement nommé « Duels ». De quoi revivre ces moments intenses à volonté ! Le jeu offre également un mode « New Game + » et un mode arcade. Si vous avez envie de vous défouler, ce dernier est parfait ! À vous de faire face à des vagues d'ennemis et de faire le meilleur score possible ! Oui, ça ressemble à ce que propose le mode « Histoire » sauf qu'ici c'est votre mort qui met fin au challenge et non la fin du stock d'ennemis. De quoi rallonger la durée de vie du jeu (environ 4-5 heures en solo).

On a un nouveau tribunal ! Ça manquait de pendaison ces temps ci !

Côté réalisation, Techland a repris son moteur maison, le Chrome Engine 5. Le moteur de Dead Island (notamment) est ici passé en mode « Cell Shading ». Peut-être pour camoufler les traits de vieillesse du moteur. Le résultat est plutôt sympathique, sans non plus être renversant. On a déjà vu largement plus joli sur XBLA/PSN ! On appréciera cependant les subtiles variations de décors qui donnent un peu moins l'impression de voir toujours le même désert.

Techniquement parlant le jeu s'en sort plutôt bien, même si l'intelligence artificielle ne brille pas et pourrait même être symbolisée par les tumbleweed, ces rond de paille qui virevoltent en plein désert. Après Dead Island, Techland propose des ennemis aussi intelligents que des zombies. Courrez leur dessus pour les frapper et non seulement ils ne vous toucheront plus avec leurs tirs, mais en plus vous pourrez les tuer en un coup de crosse ! Comme disait l'autre « Lourd c'est bien, lourd c'est plus fiable. S'il marche pas on peut toujours assommer avec. ». Et oui, Boris le Hachoir est le mentor de Silas Greaves. L'IA suivra ses plans, restera à couvert et continuera à vous saucer de tirs en rafale. Dans ces conditions, il devient aisé de contourner l'ennemi et de booster le chiffre d'affaire du croque-morts local. Décevant.

Étrangement, ce nouvel opus de la série Call of Juarez est uniquement en VOSTFR. Si le travail des doubleurs est excellent, chapeau bas au doubleur de Silas Greaves parfait dans son rôle, on perd la moitié des dialogues en jouant au jeu. Et oui, à la manière de GTA, tout est sous-titré en pleine action... Si on peut encore s'en sortir à Vice City ou Liberty City, ici c'est une autre paire de manches car la moindre balle peut nous être fatale. C'est vraiment très regrettable, même si Silas n'a pas l'humour et la répartie d'un McCall. La bande son est agréable et de qualité, tout en collant bien à l'ambiance. Néanmoins ce n'est pas du Ennio Morricone... 

Au final ce Call of Juarez : Gunslinger est une bonne surprise. Après la sortie « The Cartel » peu appréciée par les fans et la presse, Ubisoft et Techland rattrapent le coup avec un « FPS Shoot'em Up teinté de scoring » et à l'ambiance diablement efficace. Un bon moyen de redonner des couleurs à la licence et de lui offrir un futur peut-être jonché de cadavres et de douilles ! Bien entendu le titre n'est pas exempt de défauts, et c'est surtout sa très grande répétitivité qui décevra un bon nombre de joueurs. De même la VOSTFR se prête très mal au style du jeu et à son action débordante. L'IA, et la grande linéarité du soft viennent compléter la liste des défauts de ce Gunslinger. Mais à 15€ les joueurs feront moins la fine bouche... ce qui explique sûrement sa sortie en dématérialisé.

7.0
Call of Juarez : Gunslinger

Call of Juarez : Gunslinger est indéniablement le défouloir de ces 6 premiers mois tout en offrant un bon retour de la saga. Malheureusement, le titre pêche par un cruel manque de variété dans son action, une IA bas de gamme et un choix pour la VOSTFR très discutable qui rend la narration illisible lors de la majorité des combats.
Intérêt historique :
  • +Défoulant
  • +Les pépites de vérité
  • +Le style de narration
  • -Ultra répétitif
  • -Très linéaire
  • -L'IA en carton
  • -La VOSTFR pas adaptée

  • Le_Moine Fan de Rallye et des brunes, Ancien membre d'HistoriaGames
  • « La fin de l’espoir est le commencement de la mort. » De Gaulle
    « If in Doubt, flatout. » Colin McRae