Call of Juarez : Bound in Blood

El Presidente
Thématique
Western
12 novembre
2012
Info sur le jeu
Plateforme
  • PC Windows
  • PlayStation 3
  • Xbox 360
ÉditeurUbisoft
DéveloppeurTechland
Date de sortieJuillet 2009

Sorti en 2006, le premier Call of Juarez avait marqué les esprits... enfin non pas vraiment, les critiques des sites généralistes ont eu des avis plutôt mitigés à cause notamment d'un gameplay mal fichu, mais les fans du genre l'avaient plutôt apprécié. En tout cas, il avait su remettre au goût du jour un univers particulier un peu tombé en désuétude (mise à part l'excellent Desperados sorti en 2001) fait de cowboys solitaires, d'indiens adeptes de scalps, d'histoire de vengeance, de filles persécutées, de Tequila et de Whiskies et autres eau-de-vie... bref le Western dans toute sa splendeur.

En 2011, sortait malheureusement le mauvais Call of Juarez : The Cartel, un épisode à oublier dont on en dira pas plus pour éviter de rouvrir les plaies. Bientôt sortira Call of Juarez : Gunslinger, dont l'annonce a été fait récemment, mais avant ces deux épisodes, en 2009, il y a eu Call of Juarez : Bound in Blood. Est-il le meilleur épisode de la saga ? C'est ce que l'on va voir à travers ce test.

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La Brute, l'Agile et le Moustachu

Sorti également sur PS3 et Xbox 360 et développé par Techland, Call of Juarez : Bound in Blood vous permet d'incarner les frères McCall au cours d'une aventure riche mais courte. Commençons directement par la chose qui fâche. Oui le jeu est trop court, on aurait tant aimé avoir 3-4 heures de plus, mais non, on doit se contenter d'une aventure se terminant en 5-6 heures. Alors certes c'est un peu la règle dans les FPS de proposer une aventure courte pour se concentrer sur le multijoueur, mais pour un joueur préférant le solo, vous risquez d'être sur votre faim. En parlant de fin - hum - si vous aimez les histoires hollywoodiennes à la Avatar ou à la Belle et la Bête, vous apprécierez avec la larme à l'oeil. Pour les autres, et bien vous pesterez devant votre machine en vous demandant pourquoi cela doit se finir forcément comme cela.

Fort heureusement, Call of Juarez : Bound in Blood propose bien des qualités qui permettent d'oublier ses petits soucis totalement subjectifs. Tout d'abord, Commençons par parler de l'histoire qui entoure nos deux héros et les personnes les accompagnant. Votre aventure débute en Géorgie - en Amérique, pas dans le Caucase - au cours d'une des dernières batailles de la guerre de Sécession. Vous y incarnez deux frères sudistes, les frères McCall, deux soldats bruts de décoffrage, aux tempéraments bien affirmés, pas forcément enclin à suivre les ordres et faisant tout ce qui leur est possible pour s'aider mutuellement, bien que leur entente va de plus en plus s'effriter au cours de votre aventure.

En terme d'entrée en matière, on peut dire que c'est réussi, puisque que le jeu nous plonge directement dans l'action, arme à la main et devant tirer sur tous les Yankees se présentant à notre porté. La mise en scène y est soignée, on s'y croirait presque avec le clairon fanfaronnant, les explosions soulevant des tonnes de terre, cette impression d'être en alerte constante, la bataille en ligne, les tranchées... Sur ce plan, c'est une véritable réussite bien que l'on à cette impression "Call of Dutyesque", d'être le meilleur tireur au monde, le plus grand tueur de tous les temps, liquidant par dizaine nos ennemis. C'est certes voulu, de part la mise en scène et le genre FPS, mais le niveau réaliste en prend un coup. Mais vous allez m'écrire que ce n'est pas ce qui compte dans ce type de jeu. Vous n'avez pas tord, ici on est là pour le fun quitte à réaliser un véritable génocide d'indiens et de cowboys à la fin de notre partie.

Une fois votre nettoyage terminé, vous êtes censés être envoyé à Atlanta afin de sauvegarder la ville de l'attaque du Général Sherman. Les deux frères refusent, préférant aller protéger leur ferme et leur famille. Fuyant le combat, ils se retrouvent déserteurs et poursuivis par le redoutable et moustachu Colonel Barnsby. Arrivés tant bien que mal à leur ferme, ils retrouvent leur mère morte et leur petit frère William choqué. Celui-ci est étudiant en théologie et futur prêtre, il aura par conséquent un regard moralisateur tout au long de votre partie, car oui il va vous suivre dans votre fuite et cela aura le don de vous casser les pieds... Quand des Américains sont en fuite, où vont-ils ? Au Mexique bien sûr, et c'est là que les trois frères se rendent. Ils y apprennent l'existence d'un trésor caché par le conquistador Hernan Cortez, par l'intermédiaire d'un certain Juarez et de sa concubine Marisa. Cette dernière va semer le trouble entre les deux frères aînés...

Voila, on en dira pas plus, mais sachez qu'il est question d'aller dénicher ce fameux trésor et que votre aventure ne sera pas de tout repos entre le besoin de vengeance, l'amour d'une femme et de deux hommes sous le regard d'un jeune inquisiteur, des indiens toujours aussi adeptes de scalps, une fratrie chamboulée, des Sudistes toujours en guerre malgré la paix signée et un trésor perdu pour de bonne raison... Une histoire avec ses péripéties nombreuses, ses retournements de situations, accompagnés d'une ambiance Western, what else ?

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On les appelle McCall

Passons maintenant à une des fonctionnalités intéressantes du jeu, à savoir la possibilité de choisir votre personnage en débutant une mission. En effet, dans Call of Juarez : Bound in Blood vous avez la possibilité d'incarner un des deux frères. Le gameplay sera différent d'un frère à l'autre. Ray, le plus vieux - et certainement le plus charismatique (surtout grâce à la voix française du regretté et inoubliable Marc Alfos) - est le bourrin de la fratrie, véritable tank au combat grâce à la cuirasse qu'il porte, il sait aussi bien manier les deux pistolets, que la dynamite ou la Gatling. Son frère Thomas se révèle être plus agile que son frère pouvant atteindre des zones surélever plus facilement grâce à l'utilisation de son lasso, il sait manier le pistolet mais se révélera efficace dans l'utilisation du fusil à distance. Il peut également utiliser des couteaux à lancer ou un arc pour ceux qui préfèrent la discrétion. La possibilité de choisir son personnage permet de rejouer une nouvelle fois en changeant de personnage comme bon vous semble.

Un autre élément intéressant à propos de ces deux frères, il s'agit du mode Concentration. Après avoir aligné plusieurs méchants, vous avez la possibilité, en appuyant sur une simple touche, d'entrer dans une sorte de mode au ralenti dans lequel vous pouvez, dans le cas de Ray, cibler jusqu'à 12 ennemis en même temps sans que ces derniers aient la moindre chance de riposter à la manière de Lucky Luck. Durant les missions, les deux frères, lorsqu'ils sont ensemble, coopèrent soit pour aider Ray à grimper, soit pour nettoyer un bâtiment en entrant dedans. On peut regretter alors l'absence d'un mode coopératif qui aurait apporter un véritable plus à Call of Juarez : Bound in Blood.

À la suite de l'intro, les missions s'enchaînent. Au début, on peut douter de la qualité du soft, car on à l'impression d'évoluer dans un couloir tuant tout ce qui bouge. Propre aux FPS aussi, vous me direz. Heureusement, par la suite, les choses s'arrangent et les missions deviennent de plus en plus intéressantes. Par deux fois même, le jeu se transforme en GTA-like, certes pas aussi dense et fournis. il s'agit juste de 3-4 missions en solo à réaliser sur une carte ouverte. Hélas, au final les missions au cours de notre aventure se révèlent être un peu les mêmes, on avance en tuant tous les méchants cowboys, mexicains, sudistes et indiens et à la fin on doit tuer le boss.

Mais attention on ne tue pas un boss de n'importe qu'elle manière. Non, ici on doit le tuer lors d'un duel, duel dans lequel vous devrez faire preuve de rapidité et de réactivité si vous voulez l'emporter. Ce n'est pas bien compliqué, mais on a aucune surprise puisque l'on sait qu'à chaque fin de mission, il y a un duel. À la limite, les duels auraient pu être mieux mise en valeur avec des prises de vue comme on en voit dans les Western spaghetti avec le zoom sur le regard, la tumbleweed qui roule au grès du vent, la fenêtre qui claque, la goutte de sueur qui perle sur le front de votre adversaire. Mais hélas que nenni !

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La mort était encore au rendez-vous

Tout au long de votre aventure, vous récolterez de précieux dollars qui vous permettront d'agrandir votre armurerie en arme de plus en plus efficace. Chacune des armes du jeu possèdent plusieurs niveaux d'efficacité, de fiabilité, de dégâts ou de précision. Vous aurez à faire à des fusils Sharps, des fusil à 6 coups, des pistolets rapide, des Ranger... Bref, une galerie complète d'arme pour être un parfait cowboy.

En parlant d'armes, les combats se révèlent particulièrement jouissif et dynamique même si certains problèmes persistent, comme une IA certes honnête mais beaucoup trop statique, ou bien un système de couverture automatique certes plaisant dans la plupart des cas, mais qui se révèle un peu gênant si on veut foncer dans le tas. À propos de ce système de couverture, il vous suffit de vous placer derrière un élément du décor pour que votre personnage s'y couvre sans avoir besoin d'appuyer sur une touche. il suffit ensuite de bouger votre souris pour trouver un angle de tir. il y a également un autre problème, lié au fait qu'il soit adapté sur console. Il s'agit de la visée automatique. On ne peut pas l'enlever sur PC. Elle est là pour aider manette en main, mais avec une souris précise, on en pas besoin.

Passons maintenant à l'environnement dans lequel on évolue et à sa représentation. Call of Juarez : Bound in Blood propose des environnement très variés à la profondeur de champs très lointaine. Le champ de bataille entouré de forêt près de la rivière, la ville du Far West, le village fantôme, le bar mexicain, le territoire rocheux infesté de Comanches, d'Apaches et de Navajos... Sur ce plan là, on est en territoire connu si on est amateur de film de Western. C'est plutôt réussi d'autant plus que les graphismes, bien que daté de 2009 font toujours leur affaire... enfin pas toujours. On notera parfois des arrières-plans aux textures parfaitement baveuses ou un HDR trop prononcé. Le jeu se révèle très fluide sur n'importe quelle machine d'aujourd'hui et d'il y a quatre ans. Mention spéciale pour la balade en canoë en territoire indien.

Sur le plan du contenu historique, on ne peut pas dire que l'on apprend grand chose avec ce jeu. Il mise d'avantage sur son ambiance que sur le réalisme et le respect historique. Malgré tout, l'intro apporte la touche historique au soft avec le champs de bataille où s'affront Confédérés et Unionistes. On peut noter également le soin apporté aux détails afin d'apporter une cohérence à l'univers et une certaine authenticité. Ainsi, entre deux echauffourés dans un village d'Amérindiens, vous pourrez observer différentes sépultures où le corps du défunt dans son linceuil est placé sur un échafaudage, face au ciel, selon leur rite funéraire. Les villages du Far-West, les mines, la villa mexicaine, les paysages et autres éléments participent également à rendre cette univers crédible, sans rentrer dans la grandiloquence et les gros clichés.

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7.5
Call of Juarez : Bound in Blood

Call of Juarez : Bound in Blood se révèle être un bon petit FPS, bien fun et bien joli, proposé à petit prix aujourd'hui. Pas bien long, ni forcément marquant dans sa trame scénaristique, à cause d'une fin trop mignonne, le jeu propose tout de même des séquences de jeu prenantes et bien mises en scène ainsi que des personnages haut en couleur. Le meilleur épisode de la série ? Oui assurément, en attendant Gunslinger...
Intérêt historique :
  • +Action prenante et fun
  • +Très bien réalisé : aucun bug, très fluide
  • +Univers cohérent et bien retranscrit
  • +Les séquences en territoire indien
  • +Variété des décors
  • -Durée de vie trop courte de la campagne
  • -IA perfectible
  • -Trop politiquement correct
  • -Fin digne d'un dessin animé de Disney

  • Aymdef El Présidente, Rédacteur en chef, Testeur, Chroniqueur, Historien Email | Twitter
  • "L'objet de la guerre n'est pas de mourir pour son pays, mais de faire en sorte que le salaud d'en face meure pour le sien." George S. Patton