Call of Duty : World at War

Fantômas
5 mai
2012
Info sur le jeu
Plateforme
  • PC Windows
  • PlayStation 3
  • Xbox 360
  • Nintendo Wii
  • Nintendo DS
  • PlaySTation 2
ÉditeurActivision
DéveloppeurTreyarch
Date de sortieNovembre 2008

Après avoir entamé un changement d'époque pour Call of Duty 4 : Modern Warfare, la célèbre franchise d'Activions/Infinity Ward a fait un petit retour aux sources, basant son World at War en pleine seconde guerre mondiale. Mais non content de son retour au deuxième conflit mondial, ce cinquième Call of Duty s'est empressé d'innover.

Une guerre ne se remporte pas seule

Tout d'abord, rappelons-le, pour ceux qui vivraient dans une grotte ou sur une ile déserte, que Call of Duty est une série de FPS très connue, rivale de Medal of Honor (EA Games). Il s'agit d'un FPS classique, où le joueur incarne un soldat d'une escouade lors de la seconde guerre mondiale (Call of Duty, United Offensive, Call of Duty 2, Call of Duty 3 et Call of Duty : World at War), de quelques conflits ou opérations de la guerre froide (Black Ops), ou encore du scénario d'une troisième guerre mondiale fictive (les Modern Warfare). Tout au long de ces jeux, il doit accomplir des missions diverses telles que tuer un certain personnage, défendre une position, sauver des prisonniers…

Avec son escouade, il doit faire face à un nombre conséquent d'ennemis à l'armement varié dans des décors différents. Rien de bien folichon en somme. Mais ce qui lui a permit de s'imposer, c'est son incroyable diversité de conflits et d'équipements qui permettent de voyager à peu près partout et de s'amuser à refaire l'histoire (ou à envisager le futur). On n'incarne pas un homme solitaire qui arrive à exterminer seul le troisième Reich à la manière de Medal of Honor (qui franchement est en certains points supérieur à Call of Duty), ici, il faut faire avec son escouade.

“Tora, Tora, Tora” vs “Ennemy at the gates”

Call of Duty : World at War ne déroge pas à la règle précédemment citée, vous êtes membre d'une escouade, et quoi qu'il advienne, vos coéquipiers vous soutiendront. C'est d'ailleurs sur une mission de sauvetage que débute ce jeu. Des membres des Marine Raiders (commandos américains dans le Pacifique) lancent une mission de sauvetage. Rien de bien original, sauf que l'objectif, c'est vous. Oui, avec votre incroyable chance, vous, le soldat Miller, avez été fait prisonnier par les Japonais. Car oui (encore !) je l'ai dit auparavant, ce Call of Duty innove. Après avoir combattu les allemands sur tous les théâtres d'opérations imaginables et possibles, vous voici projetés en plein Pacifique.

Vous y incarnez le soldat Miller, membre d'une escouade des Marine Raiders, dont les protagonistes sont de fortes personnalités. Votre escouade est composée entre autre du sergent Sullivan (qui ne le restera pas très longtemps, disons juste qu'un Jap a eu l'idée de lui chatouiller les côtes à la baïonnette dès la seconde mission), du caporal Roebuck et du soldat Sullivan. Avec ces joyeux lurons, vous serez menés sur Peleliu, sa plage, son terrain d'aviation, ses Japs planqués tous les 5 mètres, puis, à Okinawa où vous participerez à l'assaut sur le château Shuri. Vous incarnerez aussi un membre d'équipage d'un avion (un certain Locke) pour une unique mission à survoler les eaux sombres du Pacifique de nuit, à détruire des navires ennemis puis à participer au sauvetage de marins américains tout en dégommant du zéro (Aichi Val japonais) à la mitrailleuse.

D'un autre côté, la campagne ne vous permet pas de jouer un Américain ou un Britannique en Europe ou en Afrique. Toutefois, vous pourrez incarnez le soldat Dimitri Petrenko, soldat soviet sur le front de l'est (c'est cohérent) accompagné par un personnage qui deviendra vite célèbre dans Black Ops, le sergent Reznov et un simple soldat, Chernov. De ce côté vous commencerez dans une fontaine de Stalingrad, puis vous irez 3 ans dans le futur, combattre à Seelow puis Berlin, capitale du Reich (et de l'Allemagne pour les idiots), avant de finir sur le toit du Reichstag afin d'y planter « quelque chose »  (et même deux choses, l'autre se faisant planter par Reznov et son hachoir sur le toit) pour ne pas spoiler... Tout comme dans les précédents jeux de la série le passage dans la peau d'un tankiste est respecté et vous pourrez donc gouter à la joie qu'ont connu les tankistes russes face aux panzers. Ces deux campagnes sont les occasions rêvées d'innover.

  

BANZAIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !!!!!!!!

Non, les titres de mes chapitres ne sont pas justes des phrases qui me passent par la tête, ils ont un rapport avec ce qui va être dit. Alors pourquoi « Banzaiiiiiiiiiiiii !!! » ? Et bien parce que c'est ce que les japonais ont tendance à hurler (à la manière de Kurt Cobain vociférant des  « RAPE MEEEEEEE » à la fin de la chanson éponyme) lors de leurs charges et embuscades. Et vous y assisterez souvent ! Car qui dit changement de théâtre, dit aussi changement d'ennemis. Fini les Allemands et leurs « ACHTUNGGGGGGGGGGGG », vous devrez dorénavant combattre les Japonais. L'armement des soldats de l'empereur Hiro Hito est respecté, Type 100, Arisaka et autres armes du Soleil Levant pouvant être utilisée par les deux camps.

Mais qui dit changement d'ennemi dit aussi changement de stratégies. Les Allemands et leurs assauts mêlant blindés, aviation et infanterie et combattant à la manière des autres puissances européennes ne seront présents que dans la campagne soviétique. Désormais, il faudra patauger dans les marais et la jungle oppressante où chaque arbre et buisson est une cachette potentielle ! Les Japonais ont un comportement différent de celui des Allemands, nettement plus agressifs, vous charger ne leur fait pas froid aux yeux. Leurs techniques d'embuscades sont plus vicieuses les unes que les autres : caché dans les arbres, dans des trappes sous terre, dans les herbes hautes, le danger est partout. Dès la première mission le ton est donné, un piège fait exploser une grenade près d'un soldat tout en le pendant par les pieds. Dans le même genre, après votre sauvetage, votre escouade découvre un étrange carnage, une dizaine de Japonais sont à terre, comme tués par une force invisible. Malheureusement, à votre approche du charnier, une fusée éclairante est tirée, vous aveuglant. Lorsque votre vision redevient claire vous apercevez les soldats « morts » se levant et massacrant quelques uns de vos frères d'armes.

    

C'est leur pays, leur terre, leur sang !!!!

Du côté soviétique, nous ne sommes pas en reste. Les allemands livrent leurs derniers combats et font de leur mieux pour se défendre (du moins au delà du mode de difficulté normal) les combats ayant lieu sur leur propre terre. Après avoir vu les atrocités allemandes à Stalingrad, l'escouade et ses alliés n'ont qu'une envie, se venger. Ce ne sont pas des enfants de chœur, comme en témoignent les vidéos d'archives permettant de patienter durant les temps de chargements. Ils savent le Reich proche de sa fin et ne tiennent plus compte de leurs pertes. Leur objectif étant la prise de Berlin, les vagues d'hommes se succèdent, avec de lourdes pertes.

L'opération Typhoon, l'opération allemande visant à prendre Moscou en 1941, montre bien la volonté des Russes de sauver leur patrie. Elle mettra hors de combat plus de 400 000 allemands mais aussi plus de 1 200 000 soviétiques ! Dans le jeu on ressent ainsi cette volonté de faire payer aux Allemands les pertes infligées les années précédentes (en reprenant les mots de Reznov, leur faire payer « chaque sacrifice dans le sang »). Vous pourrez ainsi voir les troupes soviétiques charger de front des positions retranchées allemandes (vous êtes en arrière en train de les couvrir au fusil à lunette), massacrer des hommes qui se rendent (à la mitrailleuse, au cocktail Molotov...). Ces hommes avanceront toujours et refuseront de faire marche arrière.

  

J'aime l'odeur du napalm au petit matin

En plus du scénario, le jeu se montre beaucoup plus violent que ses prédécesseurs. Démembrements et décapitations se succèdent à un rythme fou. Cette violence est d'autant plus amplifiée par l'utilisation d'armes comme les cocktails Molotov et le lance-flammes (qui n'est pas une nouveauté puisque déjà présent dans l'extension United Offensive du premier Call of Duty). Avec, vous pourrez nettoyer chaque portion suspecte de la jungle ou de ville en ruines et apercevoir quelques Japs ou Allemands se tortillant de douleurs, la peau brulée. En effet, les soldats ayant été victimes de ces armes finissent avec la peau noircie (brulée), de même que leurs uniformes montrent les dégâts subis. Un petit détail sympathique est à noter : lorsqu'un ennemi utilise un lance-flammes, tirez dans les réservoirs et ce pauvre bougre et ses amis adjacents finiront en feu d'artifice.

Un autre élément pris en compte renforce l'aspect sombre du titre. Il s'agit des choix moraux. Ainsi, vous aurez la possibilité d'achever des blessés (attention aux Japonais, certain se font sauter avec leurs grenades lorsqu'ils sont mourants), d'exécuter les prisonniers (la plupart du temps cela se déroule côté soviétique sous les ordres facultatifs de Reznov) et même de devoir choisir de sauver un seul de vos coéquipiers (je n'en parlerais pas plus pour ne pas spoiler). Comparé aux titres précédents (excepté Modern Warfare), il y a un scénario qui relie les missions tout en ajoutant un aspect affectif. Les protagonistes s'expriment et ont un caractère particulier : Chernov refuse de maltraiter les blessés et les prisonniers alors que Reznov encourage les exactions. A force de combattre à leurs côtés, on s'attache aux membres de notre escouade.

Le gameplay reste semblable aux titres précédents, en guise d'indicateur de santé, l'écran devient rouge lorsque le joueur subit des dégâts. Se mettre à couvert permet de se « soigner », l'absence de barre de vie et cette régénération facilite alors grandement le jeu. Les graphismes, eux, se révèlent bien plus beaux que précédemment. Le jeu est bien mis en scène mais on fini rapidement la campagne (5/6 heures  en normal, une heure de plus en difficile).

Reste le multi-joueurs. Celui-ci permet à 32 joueurs de s'étriper dans l'un des quatre camps disponibles américain, russe, allemand et japonais, avec un armement varié (toutes les armes sont utilisables par tous les camps, il n'y a pas de restrictions hormis celles imposées par les niveaux), des compétences spéciales et les fameuses séries de victimes (limitées encore à trois bonus : radar, bombardement, chiens d'attaque). En jouant en multi, à chaque partie gagnée, action accomplie (kill, défi…), on gagne de l'expérience qui permet d'augmenter son niveau (et son grade) et de débloquer des armes. A partir du niveau 5, on peut personnaliser ses classes (antichar, assaut, sniper…). Notons aussi la possibilité de piloter des chars sur certaines maps.

    

Et l'aspect historique dans tous ça ?

Au niveau historique, l'Histoire est respectée. Les événements d'une même campagne se suivent chronologiquement, bien que leur déroulement ne soit pas franchement exact, de même que la plupart des  protagonistes soient fictifs (comme le général Amsel à Stalingrad). De plus, si on fusionne les deux campagnes, la trame historique n'est plus du tout respectée, la dernière mission étant la prise du Reichstag début mai 1945 alors que l'avant-avant-avant dernière mission (dernière de la campagne du Pacifique) consiste en l'attaque du château Shuri, fin mai 1945 ! Mais n'oublions pas qu'il s'agit de Call of Duty et que le but de ce jeu est avant tout d'amuser (et d'être vendu).

Avant chaque mission, des vidéos d'époque et des reconstitutions sommaires permettent de replacer l'événement, auquel le joueur va prendre part, dans la chronologie de la seconde guerre mondiale, tout en lui apportant des informations comme le rapport de forces ou le déroulement de la bataille en question.

On assiste notamment au débarquement sur Peleliu, aux combats de Seelow puis de Berlin, dans une mise en scène Hollywoodienne. Les armes et uniformes respectent eux aussi ceux utilisés lors du conflit. Mention particulière aux véhicules, qu'ils soient de transports ou d'attaque (chars), ils sont nombreux et diversifiés. On combat aux côtés de T-34, d'Orgues de Staline, de Sherman mais on combat aussi toutes sortes de panzers et chars japonais. Parmi l'armement, on peut noter les PPSH-41, MP40, MP44, MG42, M1 Garand, fusils Arisaka, l'éventail est très complet (mention spéciale au FG42 dont les dégâts sont énormes !).

Notons quelques défauts : certains protagonistes sont immortels (peu gênant), l'IA est souvent peu convaincante et les ennemis sont présents en trop grand nombre (pour plus de véracité historique, les alliés auraient du être plus nombreux). Par exemple, à Berlin, il est indiqué que les soviétiques sont en nette supériorité, toutefois, en cours de partie, cette supériorité n'est visible que rarement (les troupes allemandes toujours plus nombreuses).

    

7.0
Call of Duty : World at War

Quoi qu'il en soit, Call of Duty : World at War permet de passer un bon moment, bien qu'il se trouve être bien trop court en solo toutefois. La mise en scène en béton armé n'arrive cependant pas à nous faire oublier les divers lacunes qui parsèment le titre à commencer par cette IA ridicule.
Intérêt historique :
  • +Les deux campagnes différentes
  • +L'armement
  • +La mise en scène
  • +L'aspect sombre
  • -L'IA
  • -Véracité historique peu présente
  • -Le système de santé
  • -La durée de vie

  • Lyrik Le Vétéran, Testeur, Historien
  • "I'm ashamed of you, dodging that way. They couldn't hit an elephant at this distance" Major général John Sedgwick avant d'être mortellement frappé par une balle sudiste...