Assassin's Creed Odyssey, une épopée dans une terre légendaire

El Presidente
Thématique
Grèce antique
2 novembre
2018
Info sur le jeu
Plateforme
  • PC Windows
  • PlayStation 4
  • Xbox One
ÉditeurUbisoft
DéveloppeurUbisoft Québec
Date de sortieOctobre 2018

Cela fait déjà une année qu'est sorti Origins, un épisode qui marqua à jamais la saga des Assassin's Creed, et les jeux vidéo historiques en général. Crédité d'une note parfaite sur notre site, il fut une réussite en tout point, tout en révolutionnant une série en perte de vitesse.

Un an plus tard, Ubisoft remet, déjà, le couvert avec Odyssey, un nouvel épisode reprenant dans les grandes lignes le nouveau gameplay mis en place avec Origins, tout en intégrant quelques améliorations par-ci, par-là. Produit en même temps qu'Origins, Odyssey profite d'une année supplémentaire de développement. Est-ce que cela lui permet de faire encore mieux ? Réponse avec notre test !

Un monde ouvert encore plus vaste, une terre mythique et idéalisée

Je ne vais pas présenter une nouvelle fois le genre qui caractérise Odyssey. Je reviens en long et en large à ce sujet dans mon test d'Origins, ainsi que dans mes deux tribunes (Cas de conscience et Faut-il autoriser les quêtes principales dans les Open World ?) dont je vous conseille les lectures pour en savoir plus.

Sachez toutefois que, comme pour Origins, Odyssey s'adresse à un public averti, amateur de ce genre particulier qu'est l'Open Word, avec des mécaniques de gameplay qui ne sont pas à la portée des joueurs impatients. Oui, le jeu propose certaines phases qui peuvent paraître répétitives. Oui, le jeu est moins beau qu'un Battlefield ou un Uncharted (au niveau des textures, de la modélisation des personnages, de la physique...). Oui, le jeu propose quelques quêtes à l'écriture maladroite. Pour apprécier le genre, il faut en accepter les codes et en tenir compte, au risque de connaître des désillusions.

Il est certain que passer d'un jeu “couloirisé” à la Call of Duty, avec une campagne solo se terminant en 6 heures, à un monde ouvert aussi vaste qu'un Odyssey, à la durée de vie frôlant les 100-120 heures, peut paraître déroutant de prime abord. C'est pourquoi il est important de se renseigner avant de vous lancer dans ce genre d'aventure.

Il faut déjà avoir du temps pour y jouer et l'apprécier à sa juste valeur. N'espérez donc pas le finir en une semaine, au risque de le rusher, ou d'avoir des problèmes de sommeil. Et surtout, ne vous laissez pas influencer par un quelconque « influenceur » gagnant sa vie en disant du bien d'un jeu sans forcément le connaître, voir même, et c’est encore pire, sans réellement l'apprécier.

Bref, après ces quelques lignes à usage pédagogique venant d'un grincheux qui perd peu à peu foi en l'humanité, passons à ce pourquoi vous êtes là : le test de cet Odyssey.

Il n'est nullement besoin de vous préciser une nouvelle fois le contexte du jeu, mais pour les pauvres âmes qui ont la malchance de ne pas lire nos articles fréquemment, sachez qu'Odyssey nous plonge dans la Grèce antique, au tout début de la guerre du Péloponnèse, en l'an 431 avant notre ère. C'est d'ailleurs la seule date que l'on nous donne dans le jeu. Cela me permet d'aborder un premier détail qui me pose problème dans Odyssey, mais qui avait déjà été le cas pour Origins, ou encore dans Kingdom Come : Deliverance.

En effet, nous avançons dans cette grande aventure sans notion de temps : les journées et les nuits se succèdent, mais à aucun moment nous savons à quel mois de l’année nous nous trouvons, ni quel jour de la semaine ou en quelle année nous sommes... Il n'y a pas de saisons non plus (bon, ce point-ci n'a malheureusement pas encore été développé dans les jeux de rôle à monde ouvert à ce jour...).

Test d'Assassin's Creed Odyssey  Test d'Assassin's Creed OdysseyOn retrouve Layla pour les passages, très peu nombreux, dans le présent. C'est l'occasion de consulter son ordinateur pour en savoir plus sur la civilisation Isu et ses dernières recherches, et trouver quelques easter-eggs... Bwaah ?

Alors certes, il n'y a aucun saut dans le temps dans Odyssey, ce qui fluidifie notre progression, mais cela donne l'impression de vivre une aventure sur une dizaine de jours seulement. Cela contraste par exemple avec Assassin's Creed II, où l'on savait se situer dans la grande Histoire, avec l'incrustation d'une datation entre les scénettes. Lorsque l'on enchaîne la batailles de Pylos (censée se dérouler en 425 avant notre ère) et celle d'Amphipolis (422 avant notre ère), le tout à quelques heures d'intervalle, ça peut choquer.

Alors que la Basse-Égypte était notre terrain de jeu dans Origins, nous avons ici droit à la Grèce continentale, à la mer Égée, aux Cyclades et à la Crète. Comme Origins, la carte d'Odyssey n'est pas la représentation exacte de la réalité. Au delà des proportions, la position géographique des îles n'a volontairement pas été respectée. Les développeurs ont dû faire des choix de level-design pour nous proposer un monde aussi vaste et varié, tout en étant agréable à parcourir. Sur ce plan, c'est une nouvelle fois une grande réussite pour Ubisoft. Nous avons tout un tas de points d'intérêt et de lieux à découvrir (campement, grotte, tanière d'animaux, forteresse, ruines, tombeau, sites mystérieux...).

Test d'Assassin's Creed Odyssey
Test d'Assassin's Creed Odyssey  Test d'Assassin's Creed OdysseyUne grande variété de paysages proposée dans cet opus.

Après un Origins qui nous avait enchanté avec son univers à la fois crédible et mystique, il semble que l'équipe en charge d'Odyssey se soit orienté vers une autre direction. Le jeu nous propose en effet une vision beaucoup plus idéalisée que véritablement historique et crédible de la Grèce antique.

Par moment, nous sommes proches de l'hommage aux péplums hollywoodiens, comme on peut le constater dès la scène d'ouverture avec la bataille des Thermopyles qui renvoie clairement au film “300”. Nous avons droit à une scène nous plaçant aux commandes de Léonidas, lardant de coups de lance des centaines de Perses. Une scène qui fera plaisir aux bonhommes aux torses velus et aux pectoraux saillants, adeptes de la jupette, qui croient que les Spartiates représentent le summum du « cisgenre mâle blanc hétéro » et que Zack Snyder a représenté la réalité historique même dans son film. Non, ce dernier revendique avant tout du divertissement et clairement pas un film historique !

Test d'Assassin's Creed Odyssey
Test d'Assassin's Creed Odyssey  Test d'Assassin's Creed OdysseyAhou ! Ahou ! Ahou !

Dans Odyssey, on n'est quand même pas dans cette extrême, rassurez-vous. Toutefois, les développeurs ont cherché à mixer à la fois les références aux péplums et une certaine forme d'idéalisation de la Grèce antique avec une reconstitution historique rigoureuse et une modélisation détaillée des monuments les plus célèbres.

Par exemple, sur le l'île de départ, Kephallonia, on peut très bien tomber sur un temple grec... en bois et peint ! Ça nous change de ce que l'on apprend dans les livres d'Histoire, où l'on nous montre habituellement des temples en marbre tout blancs. Dans le jeu, on apprend alors que les premiers temples grecs étaient bâtis en bois. Il y a plein de petits détails historiques du genre qui fourmillent dans le jeu.

Test d'Assassin's Creed OdysseyMagnifique reconstitution d'un temple en bois sur Kephallonia.

Et en même temps, on peut taper dans l'arrière-train des gens et les balancer du haut d'une falaise en mode « THIS IS SPARTAAAA » avec notre coup de pied spécial. Ou bien rencontrer des gens au langage et à la personnalité bien trop moderne. Ou bien se rendre dans des villages pittoresques avec des maisons blanches comme on peut le voir sur les cartes postales de Mykonos.

Cela donne un mélange étrange entre l'Histoire et la carte postale de la Grèce touristique. Un anachronisme volontaire (ou pas) et une certaine idéalisation de ce que pouvait être la Grèce ancienne. Une idéalisation qui est somme toute volontaire et nécessaire à partir du moment où les sources authentiques que l'on possède sur la période sont la plupart du temps archéologiques. Il est difficile de se fier aux auteurs antiques tant ils mêlent des événements militaires et politiques réels racontés parfois avec précision, mais aussi avec beaucoup de mise en scène pour marquer le lecteur et capter son attention, comme ce fut le cas avec Hérodote et ses Histoires.

À partir de ce moment, les développeurs peuvent se permettre quelques libertés tant que celles-ci restent crédibles. Et puis, on est avant tout là pour s'amuser et non avoir un cours d'Histoire. Pour ceux qui aimeraient la seconde option, Ubisoft mettra en ligne, gratuitement pour les possesseurs du jeu, le DLC « Discovery Tour ». Comme ce fut le cas avec Origins, nous aurons alors la possibilité de visiter le jeu à travers les yeux de différents personnages sans avoir de combat, ni de quêtes à effectuer. On aura juste le plaisir de la découverte et d'apprendre des choses sur la Grèce antique.

Graphiquement, Odyssey reste impressionnant pour un jeu à monde ouvert, notamment grâce à la distance d'affichage toujours aussi incroyable qu’il propose. Vu qu'il a été développé en même temps, il y a vraiment très peu de différences avec Origins. Visuellement, ma préférence va envers ce dernier, mais c'est sans doute lié à ma passion pour l'Égypte ancienne. Les personnages sont tout de même légèrement mieux modélisés. La grande force, encore une fois, est la modélisation des différents sites et monuments de la Grèce antique comme l'Acropole d'Athènes, les sanctuaires de Delphes ou d'Olympie, l'Acrocorinthe... Un vrai régal pour les amoureux de la période !

Test d'Assassin's Creed Odyssey  Test d'Assassin's Creed OdysseyLe sanctuaire d'Olympie reproduit presque à l'identique.

Seuls les arbres et les forêts, m'ont un peu gâché mon expérience visuelle. Après avoir été émerveillé avec les paysages forestiers réalisés dans Kingdom Come : Deliverance, ceux d'Odyssey m'ont paru accuser un certain retard. La technologie utilisée pour représenter les arbres n'a pas progressé en dix ans. C'était moins choquant dans Origins, vu qu'il y a davantage de zones désertiques et les palmiers ont moins de feuillage que des chênes, pins ou cyprès. C'est là le prix à payer pour avoir un jeu fluide de bout en bout. Les développeurs sont obligés de faire des sacrifices, en mettant par-ci par-là des textures vieillottes, ou des modèles de végétations périmés, pour nous proposer une expérience agréable sur la plupart des machines, ce qui n'est pas le cas avec KCD, il faut bien le reconnaître.

Test d'Assassin's Creed OdysseyDommage que les arbres viennent nuire à la beauté des paysages.

Un gameplay amélioré et une partie jeu de rôle approfondie

La grande force de cet Odyssey nous vient de son gameplay, clairement renforcé depuis Origins. Autant ce dernier était un pur Action-RPG, autant Odyssey peut se targuer d'être un vrai RPG, si vous jouez dans les difficultés « Difficile » ou « Cauchemar » tout du moins.

En « Facile » et en « Normal », le jeu ne présente que peu d'intérêt (en tout cas pour les habitués du genre), vu que vous n'aurez aucune difficulté à passer au travers des différentes situations, quel que soit votre équipement ou les compétences choisies. En « Difficile », et surtout en « Cauchemar », vous allez devoir faire des choix pour personnaliser votre avatar et optimiser ses aptitudes et son équipement, chose qui n'a jamais été aussi importante dans un Assassin's Creed.

Dans Odyssey, vous pouvez définir votre héros selon trois types de combat : « Guerrier » (Combat au corps à corps), « Chasseur » (Combat à distance) ou « Assassin ». Vous aurez trois arbres de talents avec des aptitudes (passives ou actives) à développer à chaque fois que vous passez au niveau supérieur (le niveau maximum est fixé à 50, en attendant les extensions) ou que vous trouvez les pierres spéciales dans les tombeaux (comme pour Origins).

Alors certes, contrairement à certains jeux de rôle nettement moins “mainstream”, vous ne passerez pas des heures sur votre fiche de personnage pour l'optimiser dans les moindres détails. Le jeu se veut avant tout accessible au plus grand nombre. Mais au début de votre aventure, il vaut mieux privilégier une seule branche pour en maximiser la puissance plutôt que d'être moyen dans les trois branches, au risque de connaître quelques déconvenues face à certaines situations. De toute façon, à la fin, du haut de votre niveau 50, vous aurez réparti tous vos points dans chaque compétences. De plus, vous avez la possibilité à tout moment, contre des drachmes, de récupérer tous vos points d'aptitudes pour les répartir de nouveau.

Test d'Assassin's Creed Odyssey
Test d'Assassin's Creed Odyssey  Test d'Assassin's Creed OdysseyDes menus clairs et pratiques. On est loin de l'époque des premiers Assassin's Creed et de leurs interfaces peu ergonomiques.

Mais il y a plus important que l'attribution de points dans vos compétences. En effet, votre santé, les dégâts que vous infligez avec vos armes ou vos aptitudes, ainsi que votre armure sont définis par différents facteurs : votre niveau bien entendu, mais aussi par vos armes elles-mêmes, vos équipements et les gravures que vous pouvez placer dessus.

Les amoureux du loot (le butin que vous récupérez sur le corps de vos victimes ou dans les coffres) vont être ravis. Odyssey se montre fort généreux et dispose de nombreuses armes et armures divisées en quatre raretés (ordinaire, rare, épique et légendaire). Il y a notamment jusqu'à six types d'armes de corps à corps (lance, épée, massue lourde, lame lourde, dague, bâton de combat) proposant des mouvements différents à chaque fois.

Vous noterez cependant l'absence de bouclier, pourtant apparu avec Origins. Celui-ci a été remplacé par la « Lance de Léonidas » qui est utilisée pour parer les coups et pour les attaques combinées avec votre autre arme à une main ou encore les assassinats.

Il y a aussi désormais un seul type d'arc. Dans Origins, il fallait changer d'arc pour avoir la compétence de tir souhaitée. Cela se révèlait au final rébarbatif, surtout lorsque l'on voit la petite amélioration apportée par Odyssey. Désormais, l'arc fonctionne pour tous les types d'attaque (tir de prédateur, tir multiple, tir dévastateur...), et c'est bien mieux ainsi.

Au niveau de l'armure, vous disposerez désormais de cinq emplacements : casque, buste, bras, ceinture et jambière, qui vont contribuer à personnaliser visuellement votre héros et à améliorer ses statistiques. Il existe des ensembles d'armure qui prodigueront d'importants bonus et renforceront quelques unes de vos aptitudes. Rassembler les divers éléments d'un ensemble d'armure est une aventure en soi, tout comme rechercher des armes légendaires.

Test d'Assassin's Creed OdysseyDe belles armures légendaires vous attendent dans le jeu !

Enfin, vos armes et armures pourront être améliorées chez le forgeron contre des drachmes et des matériaux pour les faire correspondre à votre niveau. Cela peut se révéler très coûteux, et vous allez souvent privilégier les équipements nouvellement découverts afin d’économiser et d’utiliser vos ressources pour autre chose, comme la gravure. En effet, dans Odyssey, vous pouvez appliquer des gravures sur vos armes et armures qui apporteront de nouvelles statistiques comme des dégâts ou de la santé supplémentaires. Ces gravures sont à débloquer durant votre progression en faisant des missions ou en explorant le monde.

Les ressources s'obtiennent dans les coffres, en récompense de mission, en recyclant votre équipement, chez le marchand ou via la récolte, et elles sont d'une importance capitale car en plus d'améliorer votre équipement, elles permettent de renforcer votre navire, l'Adrestia. Celui-ci se récupère au début de l'aventure grâce à un certain Barnabas.

La partie navale a été grandement améliorée dans cet Odyssey par rapport à Origins où c'était un aspect très secondaire et limité. Ici, les phases en mer se révèlent être d'une grande importance puisque votre navire vous permettra de traverser la mer Égée, de vous rendre d'îles en îles, et de combattre divers adversaires sur mer comme c'était le cas dans Assassin's Creed IV : Black Flag, les canons en moins (ils sont remplacés par des tirs de flèches et des lancers de javelots, enflammés ou non, ainsi que par l'éperonnage).

Le gameplay maritime est résolument arcade, se voulant très accessible et surtout fun. Drifter sur les mers n'a jamais été aussi facile. Personnellement, j'ai préféré les combats dans Black Flag, surtout en pleine tempête lorsque la mer s'agitait, c'était impressionnant à l'époque. Dans Odyssey, c'est un peu trop simpliste et le coefficient de “spectacularité” est moindre, bien que la mer soit belle. Heureusement, les chants grecs imaginés par les développeurs pour l’occasion permettent d'apprécier les traversées.

Test d'Assassin's Creed Odyssey  Test d'Assassin's Creed OdysseyNotre navire Adrestia pourra être amélioré en dépensant nos précieuses ressources.

Petite chose assez sympa : il est possible de recruter des lieutenants dotés d'aptitudes spécifiques améliorant les capacités de votre navire. Pour se faire, au lieu de tuer vos ennemis, il suffit de les assommer et de les recruter. Ensuite, nous les retrouverons sur notre navire et ils pourront même nous aider au combat pendant quelques secondes grâce à une aptitude. La recherche de lieutenants aux aptitudes spéciales est un jeu en soi également. Pour repérer leurs aptitudes à la navigation, il faudra faire appel à votre aigle.

Ce dernier se nomme Ikaros et fonctionne de la même manière que Senu dans Origins. En en prenant le contrôle, vous allez pouvoir survoler une zone et y dénicher divers objectifs, mais également repérer les coffres et les ennemis. Il pourra même vous aider en combat et chasser aussi. Contrairement à Senu, on en sait un peu plus sur son origine. Mais ça, on vous laisse le découvrir dans Odyssey, car cet élément de scénario appartient à la partie mythologique fort bien amenée dans cet épisode. Ce serait dommage de divulgâcher la chose.

Test d'Assassin's Creed Odyssey  Test d'Assassin's Creed OdysseyIkaros vous sera très utile tout au long de votre aventure..

Concernant l'exploration, sachez qu'Ubisoft a mis en place deux modes de jeu : un « Mode guidé » qui vous prend par la main et vous indique tout, et un « Mode exploration » plus intéressant qui vous montre moins d'informations. Dans ce mode nettement plus immersif, vous allez devoir suivre les indications de votre mission pour atteindre votre objectif (à l'Est de l'île, près de la statue de Dyonisos, pour prendre un exemple). C’est une bonne idée de la part d'Ubisoft d'avoir proposé ce choix.

Parmi les autres bonnes idées du titre figure également l'intégration des mercenaires. Ceux-ci vivent leur vie dans le monde grec et nous sont inconnus jusqu'à ce qu'on les croise. On peut en repérer un avec Ikaros pour savoir qui il est, ce qu'il possède comme équipement intéressant, son niveau, mais aussi ses forces et ses faiblesses...

De base, ils nous sont inoffensifs, et il est possible de tomber sur des mercenaires ayant des niveaux parfois bien supérieurs au nôtre. Vous ne ferez pas trop le malin si vous tombez sur un mercenaire de niveau 50 alors que vous êtes seulement au niveau 10. Attaquer un mercenaire neutre est un crime qu'il vaut mieux faire à l’abri des regards, comme n'importe quel autre crime dans le jeu (vol, assassinat...).

Test d'Assassin's Creed OdysseyDes mercenaires (casque blanc au dessus de leur tête), avec une petite boule de poil de compagnie, en recherche d'emploi. Un certain Macronos leur a dit de traverser la rue.

En effet, comme dans GTA, vous avez une jauge de prime qui se remplit au fur et à mesure de vos méfaits (si des gens en ont été témoins, du moins). Les étoiles sont alors remplacées par des casques. Lorsqu'un casque devient rouge, un mercenaire d'un niveau similaire au nôtre devient chasseur de prime et se met aussitôt à notre recherche. Le combat s'engage dès que l'on se fait repérer. Plus il y a de casques remplis, plus vous aurez de mercenaires à vos trousses, avec parfois des mercenaires aux niveaux bien plus importants que le vôtre.

Cela rajoute une certaine tension lors des missions car la jauge peut vite se remplir lorsque l'on affronte un camp à découvert. Voir débarquer un mercenaire, un ennemi bien plus fort que la bleusaille de base, représente alors un challenge bienvenu. Il faut pour cela privilégier l'infiltration à l'assaut direct afin d’éviter les confrontations trop difficiles.

Test d'Assassin's Creed OdysseyTalos Poing-de-pierre, le premier chasseur de prime qui vous traquera.

L'équipement et l'expérience lâchés à la suite de la mort du mercenaire sont intéressants toutefois (ils peuvent également être recrutés pour notre navire). Cela vous permet aussi de gravir les échelons. Plus vous vous trouvez haut placé dans la hiérarchie des mercenaires (en en étant vous-même un au final), plus vous bénéficiez d'avantages chez le forgeron ou de bonus dans les récompenses de mission. Encore une fois, combattre les mercenaires représente une aventure en soi. On peut aussi choisir d’en affronter dans une arène.

En plus des mercenaires, vous allez découvrir un culte et les adeptes qui le composent. Sans trop vous en dire, cela remplace les cibles de la vengeance de Bayek que l'on devait assassiner dans Origins. Dans Odyssey, le système a été bien amélioré. Ils vous sont tous inconnus au départ. Il faudra trouver des indices pour savoir qui se cache derrière le masque des sous-fifres, pour ensuite connaître l'identité de leur chef. Il y a en tout 45 cibles à trouver dans le monde grec avec des récompenses à la clé qui nous empêchent de passer outre. Ça en fait des choses à faire, vous me direz, et ce n'est pas fini !

Odyssey instaure un système de « Puissance nationale » et de « Conquête » en lien avec la guerre du Péloponnèse. La Grèce est totalement instable en cette période : les Spartiates, les Athéniens et leurs alliés respectifs se font la guerre et luttent pour le contrôlent des différentes régions qui composent la carte. En tant que mercenaire (Misthios dans le jeu), vous allez pouvoir influer sur la guerre dans le seul but de recevoir une grande récompense. Le choix de la faction n'ayant pas d'importance, vous pouvez changer de camp comme bon vous semble en fonction des récompenses promises.

Ainsi, lorsque vous débarquez dans une région, vous aurez une jauge de « Puissance nationale », vous indiquant la force dominante qu'il faudra combattre. Votre tâche sera d'affaiblir la faction afin de tuer le dirigeant. Ce dernier est imbattable lorsque la jauge est pleine, car il est entouré de soldats d'élite. Affaiblir la région consiste notamment à voler le trésor régional et ainsi priver ces soldats d'élites de leur paie. Ils laisseront alors le dirigeant seul, ce qui fait qu’il sera désormais possible d'assassiner sans souci. Pour cela, vous pourrez également tuer des soldats, brûler le ravitaillement dans les forts, les campements ou chez le dirigeant.

Ensuite, une fois que la jauge de « Puissance nationale » est suffisamment réduite, vous avez la possibilité de rejoindre un champ de bataille et de combattre dans le camp du défenseur ou celui de l'assaillant. Ce second choix est plus judicieux car la récompense est plus élevée. De plus, aider un camp que vous venez d'affaiblir n'est pas très logique.

Votre implication dans la guerre n'est pas une obligation, mis à part dans le cadre des quêtes principales. Il s'agit toutefois d'un moyen fort intéressant pour se remplir les poches, de glaner de l'expérience et d'explorer une région, même si ça rend les choses un peu cocasses. Tuer de l'Athénien ou du Spartiate à la chaîne n'a pas d'influence sur votre renommée. Chaque camp acceptera votre aide, même si vous les avez exterminés dans une région précédente. Peut-être aurait-il était intéressant d'instaurer une autre jauge servant à qualifier l'état de notre allégeance en tant que Pro-Athénien ou Pro-Spartiate. Ainsi, nous aurions eu des réactions adaptées à notre état et des récompenses supplémentaires ou moindres. Dans tous les cas, ça n'a aucune incidence sur votre odyssée. Et c’est bien dommage.

Test d'Assassin's Creed OdysseyLe mode photo est toujours présent.

Une odyssée riche, longue et bouleversante

Comme dit précédemment, la durée de vie du jeu tourne autour de 100-120 heures. Une bonne partie est consacrée aux quêtes principales. Il y en a plusieurs en effet qui se dévoilent au fur et à mesure. Il y en a une dont nous n'allons pas du tout parler car elle est liée à la mythologie du jeu et réserve quelques surprises sympathiques. Une autre vous conduira à traquer les membres d'un culte évoqué plus tôt dans ce test. Et une autre vous proposera de réunir les membres de votre famille, si c'est là ce que vous désirez ardemment.

En effet, vous pourrez choisir votre destiné, via des phases de dialogue. J'émettais mes doutes dans une news annonçant une nouvelle vidéo du jeu où il était question des choix. Souvent les jeux de rôle promettent des choix qui auront une influence au cours de l'aventure. Néanmoins, ces choix influencent surtout la fin, comme dans Deus Ex, Mass Effect ou The Witcher 3. À aucun moment, nos choix ne nous font dévier vers un autre embranchement et un nouvel arc scénaristique, comme ça peut être le cas d'un jeu « made by David Cage ». Dans Odyssey, on constate le même problème et au final, nos choix et la scène finale contrastent fortement avec ce que nous offre le jeu. Il y a neuf fins, mais elles sont trop vite expédiées et peu différentes au final.

Test d'Assassin's Creed OdysseyHérodote, notre père à tous.

En plus des quêtes principales, vous aurez un certain nombre de quêtes secondaires distribuées par une galerie de personnages souvent hauts en couleur. La plupart du temps, ces quêtes sont intéressantes à suivre et nous permettent d'explorer les régions. D'autres permettent de rentrer dans une sorte de romance avec les personnages. Ne vous attendez pas à une grande écriture les concernant. Encore une fois, c'est du RPG "mainstream". On n'est pas là pour lire des centaines de lignes de texte. Il y a d'autres jeux qui le font très bien.

Par contre, on peut tomber sur des quêtes de type “Fedex” inintéressantes et souvent ratées. On dirait que les développeurs ont écrit des lignes de dialogues, puis les ont rassemblés aléatoirement pour créer ces quêtes. Cela donne des situations particulières lors des discussions avec des dialogues qui n'ont pas d'être très liés entre eux. Heureusement, ce n'est pas obligatoire. Néanmoins, le fait que ces quêtes ratées viennent se mélanger à d’autres qui peuvent se révéler intéressantes est regrettable. Avant de les prendre, on ne sait pas trop sur quoi tomber.

Test d'Assassin's Creed OdysseyKassandra, une jolie guerrière à qui on ne la fait pas !

Terminons ce long test, pour aborder – enfin – le personnage que l'on incarne au choix : Alexios ou Kassandra. Le choix n'a, encore une fois, au final aucune incidence sur l'aventure. Il est purement cosmétique. Les gens vous considèrent comme un misthios avant tout, plutôt que comme un homme ou une femme. Il aurait été intéressant d'aborder le cas de la place de la femme dans la Grèce antique, et montrer, pourquoi pas, les différences entre leur traitement à Sparte et Athènes. Mais ça n'a, semble-t-il, pas été pris en compte dans le cahier des charges d'Ubisoft. On aura par exemple la possibilité de faire du pancrace à un moment de notre aventure et en tant que femme. On affrontera quoi qu'il en soit des hommes, sans que les lignes de dialogues en soient bouleversées.

Mis à part ça, on aura l'occasion de rencontrer de très nombreux personnages historiques, bien plus que dans Origins en tout cas : Hérodote en tête qui fait un peu penser à Obi-Wan Kenobi, celui interprété par Sir Alec Guiness, physiquement parlant. Mais il y a aussi Périclès, Socrate, Alcibiade, Thucydide, Sophocle, Euripide...

Test d'Assassin's Creed Odyssey
Test d'Assassin's Creed Odyssey  Test d'Assassin's Creed OdysseyDe grands personnages historiques, et fictifs, nous accompagneront durant notre aventure. Testiklès nous offrira un moment savoureux...

Meilleur qu'Origins ?

À la vue de la note finale, vous vous demanderez peut-être pourquoi Odyssey a une note légèrement inférieure à celle d'Origins ?

Il faut savoir que sur HistoriaGames, nous notons avant tout des jeux historiques, et non des jeux vidéo tout court. En tant que jeu vidéo, Odyssey est supérieur à Origins, mais en tant que jeu vidéo historique, Origins m'a davantage enthousiasmé car la reconstitution proposée de l'Égypte ancienne m'a semblé beaucoup plus pointilleuse et détaillée comme rarement un jeu vidéo historique a pu le faire. Il n'y a qu'à voir tous les métiers représentés, comme ceux liés à la mort, pour s'en rendre compte. Cela a été moins le cas pour Odyssey, mais il a des qualités autres qui en font un excellent jeu vidéo, supérieur à Origins.

9.5
Assassin's Creed : Odyssey

Une épopée dans une terre légendaire
Odyssey est le Assassin's Creed que l'on attendait pour nous emmener dans une Grèce antique au fort accent de péplum. Proposant un gameplay amélioré et surtout mieux maîtrisé que celui d'Origins, Odyssey vous comblera de très très nombreuses heures, grâce à ses histoires intéressantes à suivre et riches en bouleversements, même si l’on aurait aimé que nos choix aient de véritables conséquences sur son déroulement, et non uniquement sur la fin, au demeurant vite expédiée. Désormais, il ne nous reste plus qu'à attendre les prochains DLC et l'année 2020 pour découvrir un nouvel Assassin's Creed... Chez les Romains, en Chine, au Japon, chez les Vikings... qu'importe, on sera au rendez-vous !
Intérêt historique :
Le DLC gratuit « Discovery Tour » justifiera l'achat de cet Assassin's Creed Odyssey si c'est l'Histoire qui vous intéresse seulement. Le jeu de base propose une vision idéalisée de la Grèce antique et a été moins pointilleux sur les détails historiques que ne le fut Origins. L'absence de notion de temps empêche par ailleurs d'apprécier l'enchaînement entre les différents événements historiques. La présence de personnages historiques, souvent hauts en couleur, est fort appréciable.

  • +Open World magnifique et vaste
  • +Grande liberté d'action
  • +Beaucoup de choses à faire
  • +Généreux en loot dont de très belles armures
  • +Personnalisation du personnage complète et satisfaisante
  • +Le système des mercenaires
  • +La traque des cultistes
  • +Une belle galerie de personnages
  • -Des choix ayant au final peu d'influence
  • -Des fins multiples mais vites expédiées et peu différentes
  • -Une navigation sur mer trop arcade
  • -Une végétation à la modélisation datée
  • -Microtransactions toujours présentes
9
Graphisme

Personnellement, j'ai été moins impressionné par rapport à Origins, la faute à une végétation datée qui contraste avec la beauté des paysages, des villes, villages et des monuments.

9.5
Jouabilité

Le monde d'Odyssey est un plaisir à parcourir manette en main. Malgré l'absence du bouclier par rapport à Origins, les combats restent techniques et les bourrins auront bien du mal s'ils ne réfléchissent pas avant de foncer. L'infiltration est toujours un régal, bien que l'IA soit parfois un peu débile.

9
Ambiance

L'ambiance péplum est parfaitement retranscrite. On aimerait que le jeu soit entièrement en langue grecque pour l'immersion, mais on en demande peut-être un peu trop...

9.5
Technique

La note aurait été légèrement inférieur juste avant la sortie, mais un patch est venu corriger les derniers problèmes restants. Le jeu est propre, tournant à 30 FPS quasi constamment sur une PS4 normale. Comme Origins, pour un jeu aussi vaste, c'est un exploit à saluer. Il y a tout de même des temps de chargement un peu longs entre les scénettes.

10
Durée de vie

100 à 120 heures pour tout faire et tout voir ! Qui dit mieux ? Le jeu propose énormément de choses à faire et on ne s'en lasse jamais. Il faut apprécier le genre toutefois.

9
Scénario

De l'épique, de l'émotion, des rires, des larmes... il y a tout ce qu'il faut pour mener une odyssée. On aurait juste aimé que les choix lors d'une des quêtes principales aient plus d'influence sur son déroulement plutôt que sur sa fin trop vite expédiée.


  • Aymdef El Présidente, Rédacteur en chef, Testeur, Chroniqueur, Historien Email | Twitter
  • "L'objet de la guerre n'est pas de mourir pour son pays, mais de faire en sorte que le salaud d'en face meure pour le sien." George S. Patton