Assassin's Creed Chronicles : China

El Presidente
Thématique
Époque moderne
2 mai
2015
Info sur le jeu
Plateforme
  • PC Windows
  • PlayStation 4
  • Xbox One
ÉditeurUbisoft
Développeur
  • Climax Studios
  • Ubisoft Montréal
Date de sortieAvril 2015

Ces dernières années ont vu naître un nombre important d'excellents jeux de plate-forme en 2D. On pense notamment aux derniers Rayman (Origins et Legends) ou Child of Light ou encore Soldats Inconnus pour citer des jeux Ubisoft, ce qui prouve leur savoir-faire dans ce domaine. On peut également évoquer le récent Apotheon, les Trine, Deadlight, Dust : An Elysian Tail, Mark of the Ninja, et bien entendu une des merveilles vidéoludiques de cette année 2015 : Ori and the Blind Forest. Tous ont la particularité d'offrir un gameplay à la fois classique mais avec leur propre originalité et jouabilité, associé à des graphismes de toute beauté.

Qu'en est-il alors d'Assassin's Creed Chronicles : China, premier épisode d'une trilogie dérivée de la saga des Assassin's Creed qui nous envoie, comme son nom l'indique, en Chine, un pays qu'on aurait bien voulu visiter au sein d'un véritable Assassin's Creed (soit dit en passant bien entendu !). Durant la période des Trois Royaumes par exemple ?

N'est pas Ezio qui veut

Tout d'abord, Assassin's Creed Chronicles : China n'est pas exactement en 2D, mais plutôt en 2.5D. En effet, le jeu utilise par moment la perspective et permet de passer d'un premier plan à un second ou vice versa. C'est ce qui le rend un peu plus original par rapport à ses concurrents. C'est le cas également des graphismes qui sont très jolis avec quelques environnements et des arrières-plan de grande beauté même si les modèles 3D des personnages ne sont pas forcément très inspirés. Le style graphique rappelle fortement l'encre de chine et les estampes chinoises avec quelques effets très réussis pour représenter les giclées de sang, les flammes ou les explosions. Sur ce point, il n'y a rien à redire, les développeurs ont fait un excellent boulot.

D'ailleurs, parlons-en des développeurs. Ce n'est pas Ubisoft qui a développé le jeu mais Climax Studios, connu pour avoir réalisé des portages (Diablo et Warcraft II sur la PlayStation ou Castlevania : Lords of Shadow sur PC) ou certains Silent Hill (dont Shattered Memories). On peut reprocher parfois à Ubisoft d'avoir des dizaines de studios éparpillés à travers le monde pour travailler sur un même Assassin's Creed, mais au moins ils connaissent leur saga. Cette fois-ci, ils ont pris le risque de faire appel à un studio qui n'a aucun lien avec les Assassin's Creed, qui ne possède aucun jeu historique dans son catalogue et qui n'a pas encore réalisé de grands jeux. Alors certes, ils ont bien œuvré en ce qui concerne les graphismes mais est-ce suffisant ? Non malheureusement, comme on va le voir avec le scénario.

Dans Assassin's Creed Chronicles : China, nous évoluons en 1526, en Chine. La Dynastie Ming est en train de s’effondrer tout comme la confrérie chinoise des assassins dont il ne reste qu'un seul membre, une jeune et talentueuse femme, âgée de 21 ans, dénommée Shao Jun. Toute jeune, elle était une concubine de l'Empereur Zhengde jusqu'à sa mort en 1521. À ce moment-là, elle découvrit l'existence des Assassins et décida de les rejoindre. Jiajing, cousin de Zhengde, succéda à l'empereur mort sans héritier direct. Celui-ci se comportait cruellement envers son peuple. Les Assassins se devaient d'intervenir ce qui causa leur perte car Jiajing décida de les traquer jusqu'au dernier, anéantissant la confrérie orientale chinoise. Jun s'enfuya vers l'Italie. Elle y rencontra le légendaire et le meilleur de tous : Ezio Auditore. Puis, des tueurs envoyés par Jiajing réussirent à la débusquer et tentèrent de l'éliminer. Jun les neutralisa facilement avec l'aide d'Ezio, qui la renvoya alors dans son pays pour venger la confrérie. Il lui offrit un précieux coffret qu'elle ne devait ouvrir que si elle était perdue dans sa mission. Vous pouvez découvrir la rencontre entre Ezio et Jun au sein d'un court-métrage réalisé par Ubisoft en 2011 et s'appellant : Assassin's Creed : Embers.

Vous débutez l'aventure en Chine alors que Jun est faite prisonnière et le coffret volé... On vous laisse imaginer la suite, ce qui ne sera pas bien difficile car on ne peut pas dire que le scénario du jeu brille par son suspens, ses surprises ou ses bouleversements car il n'y en a tout simplement pas. Il s'agit d'une bête histoire de vengeance qui ne vous transcendera pas contrairement à un Ori and the Blind Forest ou qui ne vous amusera pas autant qu'un Rayman ou qui n'est pas aussi fun qu'un Apotheon ou Dust. De plus, le jeu n'est disponible qu'en version anglaise sous-titrée en français. Cela n'aide pas forcément les Français ayant du mal avec l'anglais (ou ne l'aimant pas aussi) à se plonger dans l'histoire, les textes défilant bien trop vite. Pour l'immersion, il aurait fallu que Jun parle chinois, cela aurait été plus sympa. Jouer à Assassin's Creed 2 en italien était vraiment génial par exemple.

Cela vous prendra entre 6 et 8 heures pour terminer les 12 séquences du titre, ce qui est la moyenne pour ce genre de jeu. Une fois fini, un mode New Game Plus apparaît avec deux niveaux de difficulté (Normal ou difficile), si vous vous sentez l'âme de recommencer une partie avec les compétences débloquées lors de votre précédente partie.

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To kill or not to kill, that is the question

Passons à la maniabilité. Ce test a été réalisé sur la version PC et c'est un véritable miracle si j'ai pu terminer le jeu en ayant les doigts encore intacts tant les contrôles au clavier sont un désastre hallucinant à voir encore en 2015. Il est impossible de changer les touches du clavier, on nous impose des contrôles qui ne sont pas du tout pensés pour jouer au clavier et qui ne sont en aucun cas intuitif. Par exemple, la touche D permet d'aller vers la droite. Pour le moment tout va bien. Lorsqu'il y a un combat, on a la possibilité de parer le coup de l'ennemi. Pour cela il faut appuyer sur D puis C. Quand il y a qu'un seul ennemi qui fait face à nous, ça passe crème, mais quand il y en a plusieurs qui nous entourent, ça devient quasi impossible car pour parer un coup provenant de notre gauche, il faut appuyer sur Q puis C. Puis encore D plus C pour contrer un coup venant de la droite et ainsi de suite. Plus encore C pour éviter une flèche ou une balle. On ajoute à cela une certaine latence entre le moment où on appuie sur la touche et l'enclenchement de l'action et on est déjà mort. Cela devient de la gymnastique par moment. Je peux vous assurer que ce n'est pas du tout intuitif, surtout quand, dans la plupart des autres jeux, la touche pour parer se situe sur le bouton droit de la souris ou bien, si ce n'est pas le cas, il est toujours possible de changer les contrôles (impossible donc ici). Pour lancer un gadget, c'est encore plus ridicule puisqu'il faut appuyer sur F et bouger la souris pour viser, puis G pour lancer. Dans les jeux modernes, une touche suffit pour viser et lancer un objet... Bref, toute cette rage pour dire qu'il ne faut surtout pas jouer au jeu sur un PC non équipé d'une manette. J'ai à plusieurs reprises lâché le jeu à cause de nombreux fails provoqués par une maniabilité douteuse, mais par conscience professionnelle, il me fallait souffrir pour vous proposer ce test... Espérons que le jeu soit davantage jouable avec une manette.

Heureusement, nous ne sommes pas obligés de combattre tous les ennemis des différents niveaux proposés. À croire que c'est fait exprès et que le jeu nous pousse à l'infiltration. Pour le coup, c'est plutôt bien pensé et on se croirait dans un véritable Assassin's Creed en 2.5D, voire mieux car l'infiltration n'a jamais été vraiment le fort des Assassin's Creed. On peut sauter sur notre victime, épée chinoise en avant, pour le trucider d'un coup. Jun possède une lame secrète, qui sort de sa botte qu'elle utilise pour certaines exécutions furtives. Chose intéressante, il est possible de cacher les corps pour éviter qu'ils soient repérés et que les gardes soient en mode alerte, prêt à tuer tout ce qui bouge.

Comme on a pu le constater, notre héroïne dispose de gadgets qui servent à détourner l'attention des gardes, comme des pétards. Elle peut lancer ses senbons (aiguilles de combat) sur ses ennemis ou sur des cordes pour débloquer un passage.

Si le combat ou l'assassinat ne font pas parties de vos activités favorites, vous préférerez sans doute la furtivité et prendre le chemin où il y a le moins d'ennemis. Utilisez la vision d'aigle pour cela et jeter un œil sur la carte. Les développeurs ont eu la bonne idée de construire des grands niveaux avec divers passages et différentes manières d'y progresser. Certains éléments du décor vous permettent de vous cacher aux yeux des gardes. Ces derniers ont un champ de vision que Jun peut voir et donc contourner par le haut, le bas, le second plan, en utilisant les gadgets...

Le jeu vous encourage de toute façon à suivre la voie que vous voulez entre le combat, l'assassinat et la furtivité. Une fois qu'on a passé une zone délicate, un pop-up vous indique la valeur (Or, Platine, Bronze) de votre passage, en fonction du nombre d'ennemis tués par le combat à l'épée ou par l'assassinat, ou par le nombre de gardes évités par la furtivité. À la fin du niveau, le jeu calcule le nombre de points récoltés permettant, si on possède le bon nombre de points, de débloquer des nouvelles compétences ou de nouveaux mouvements, en améliorer d'autres ou avoir de nouveaux gadgets. Malheureusement, il n'est pas possible de choisir ces compétences, elles nous sont imposées automatiquement, ce qui tend à rendre le jeu linéaire et sans surprise. Enfin au sein des niveaux, vous aurez à résoudre des petites missions secondaires, comme sauver un certain nombre de concubines ou tuer un certain type d'ennemi. Si vous les réussissez, elles vous rapporteront un peu plus de points.

Jeu de plate-forme oblige, Shao Jun prouvera ses talents d'acrobate en escaladant les bâtiments et les parois rocheuses pour progresser dans le niveau et dénicher les meilleurs passages. Certaines séquences, que j'ai particulièrement apprécié, bien que courtes, vous forceront à fuir. Vous devrez alors faire preuve de dextérité et de timing pour éviter l'incendie qui se propage dans le niveau tout en décimant les ennemis qui se trouvent sur votre chemin. À la fin, c'est le temps qu'il vous aura fallu pour finir le niveau qui sera pris en compte pour le comptage des points. Ces séquences où il faut être rapide apporte du dynamisme dans un jeu qui en manque cruellement. Les flammes ajoutent de la tension, ça explose de partout, le rythme y est bien plus élevé que dans les autres séquences. La plupart du temps, le jeu est mou et ennuyeux d'autant plus que la musique n'aide pas à nous émoustiller. Elle est trop peu présente.

Assassin's Creed Chronicles : China propose certes 12 séquences, mais cela ne veut pas dire que vous allez viviter 12 endroits différents. Au contraire, il y a tout au plus 6 variations de monde, renforçant le côté répétitif du titre. On se contente d'aller d'un point A à un point B en zigouillant (ou non) les ennemis sur notre passage. À l'instar d'un Metroid-like, comme Ori and the Blind Forest, il aurait été par exemple intéressant de revenir dans les séquences précédentes et débloquer des passages grâce aux nouvelles compétences acquises tout au long de notre aventure.

Comme tout bon Assassin's Creed qui se respecte, des fragments d'Animus, des coffres et des points de synchronisation sont disséminés dans les niveaux. Les Points Sync permettent, une fois découvert, de déverrouiller la carte du niveau avec les emplacements des items et des objectifs. La base de données de l'Animus est également présente et vous apporte diverses informations sur les protagonistes ou les lieux que vous visitez.

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6.0
Assassin's Creed Chronicles : China

Assassin's Creed Chronicles : China n'est pas un mauvais jeu, son gameplay est plutôt efficace, mais comparé aux jeux de plate-forme sortis ces dernières années, il ne propose rien qui le rend à la fois orignal, fun, excitant ou emballant. On s'y ennuie beaucoup. Le style graphique est certes joli mais bien en deça d'un Ori and the Blind Forest. L'héroïne ne donne pas envie qu'on s'intéresse à son cas et le scénario est terriblement fade et sans surprise.
Intérêt historique :La présence de la base de donnée et l'ambiance chinoise bien retranscrite sauvent la note.
  • +Les séquences de fuite dynamiques
  • +Trois styles de progression
  • +Le style graphique inspiré de l'encre de Chine et les estampes chinoises
  • -Ennuyeux dans la plupart des séquences
  • -Une héroïne pas très charismatique
  • -Répétitif
  • -Scénario classique de la vengeance, aucune surprise

  • Aymdef El Présidente, Rédacteur en chef, Testeur, Chroniqueur, Historien Email | Twitter
  • "L'objet de la guerre n'est pas de mourir pour son pays, mais de faire en sorte que le salaud d'en face meure pour le sien." George S. Patton