Assassin's Creed : Brotherhood : Voyage dans la Cité éternelle

El Presidente
Thématique
Époque moderne, Renaissance italienne
10 juillet
2012
Info sur le jeu
Plateforme
  • PC Windows
  • Mac OS X
  • PlayStation 3
  • Xbox 360
ÉditeurUbisoft
DéveloppeurUbisoft Montréal
Date de sortie
  • Novembre 2010 (PS3, Xbox 360)
  • Mars 2011 (PC)

Sorti une année après Assassin's Creed II, Brotherhood propose de reprendre l'aventure là où le deuxième épisode de la série s'était arrêté, c'est à dire en 1499, au Vatican, à la suite de votre affrontement avec Rodrigo Borgia, le pape Alexandre VI. C'est donc avec joie que l'on suit une nouvelle fois les péripéties de Desmond et surtout d'Ezio Auditore da Firenze, le jeune noble devenu maître assassin, et vous aurez fort à faire face à la famille Borgia. Ici, changement de décor, l'action ne se déroule plus ni à Venise, ni à Florence mais essentiellement à Rome.

Rome, la Ville Éternelle, la ville aux sept Collines...

Qui dit changement de lieu, dit changement d'atmosphère, d'architecture, d'Histoire, de personnalité... et sur ce coup, le studio québécois d'Ubisoft a réussi son coup, tant Rome a été reconstituée avec moultes détails qui raviront certainement les passionnés d'Histoire antique. Pour celles et ceux qui ont eu la chance de visiter Rome, c'est un réel plaisir d'arpenter les rues ou de parcourir les toits de la cité romaine... avec quelques différences dû à la période où nous nous trouvons, qui pourraient en surprendre plus d'un.

Tout d'abord revenons un peu sur l'Histoire et sur la géographie de la ville. Elle a été bâtie, selon la légende, le 21 avril 753 av. J.-.C. par les frères Rémus et Romulus et est dominée par les sept collines : Aventin, Caelius, Capitole, Esquilin, Palatin, Quirinal et Viminal, que l'on retrouve dans le jeu. Rome est traversé par le Tibre et en son centre se trouve l'île Tibérine, C'est dans cet endroit que vous établirez votre base et à la manière d'Assassin's Creed II avec la villa de Monteriggioni, vous pourrez en faire un musée après avoir acheté des tableaux de peintres célèbres.

Durant la période antique, l'Urbs (la ville et le territoire qui lui est associée) a considérablement été développé, mais ce n'est rien par rapport à aujourd'hui. Durant la République et la période impériale, de nombreux bâtiment et monuments ont été construits. C'est un réel plaisir d'en retrouver la plupart dans Brotherhood, certes dans un piteux état pour la plupart d'entre eux. En effet, à la suite du grand tremblement de 1349, des inondations, des incendies et des déprédations pour la récupération des pierres, beaucoup de dégâts ont été causé dans la ville, et cela se ressent lors de notre périple. Ainsi, le jeu d'action-aventure se transforme en jeu de visite virtuelle entre deux missions d'assassinat, avec en plus ici, la possibilité de grimper sur tous les bâtiments et prendre des photos inoubliables... Vous pouvez d'ailleurs retrouver ces photos sur notre forum dans le topic réservé aux monuments historiques de Brotherhood.

Assassin's Creed : Brotherhood  Assassin's Creed : Brotherhood  Assassin's Creed : Brotherhood

Parmi les bâtiments que vous pourrez contempler, citons notamment le Colisée, le célèbre et immense amphithéâtre romain construit entre 80 et 70 av. J.-C. sous les règnes de Vespasien et de Titus. Ce qui impressionne de prime abord, c'est son aspect colossal qui est vraiment bien rendu dans le jeu, ainsi que sa représentation à la pierre près. Il s'agit d'un travail incroyable que les développeurs ont réalisé, d'autant plus qu'ils l'ont représenté par rapport à sa situation de l'époque. En effet, on y trouve des habitations sous les gradins ainsi qu'un ordre religieux. De plus, le Colisée avec le Forum Romanum qui se trouve juste à côté, sont côtoyés par des champs. Il ne manque juste que les vaches, car on sait que, depuis l'abandon du forum au VIIème siècle, ces ruines étaient ensevelies sous terre pour laisser la place à des pâturages à vaches.

En plus du Colisée, on peut découvrir bien d'autre monuments ou bâtiments fonctionnels, tout aussi colossales et bien restitués. Nous avons le Panthéon, dont on peut admirer son intérieur, le majestueux château Saint-Ange, le mausolée d'Hadrien, les nombreux aqueducs, l'incroyable pyramide Sextus inclue dans le mur d'Aurélien... à vous de tous les découvrir. On regrette cependant que les églises se ressemblent toutes car les développeurs ont utilisé le même modèle. Toutefois, il y a quelques rares exceptions, comme les églises jumelles Santa Maria dei Miracoli et Santa Maria di Montesanto ou la Basilique Sainte-Marie d'Aracœli, sur la colline du Capitole.

Ce qui frappe également après avoir joué à Assassin's Creed II et visité Venise et Florence, c'est le changement architectural et d'espace proposé par Rome. La ville éternelle propose un espace très étendu mélangeant zone urbaine et zone rurale et le tout sans temps de chargement. D'ailleurs Rome et ses environs sont trois fois plus grands que Florence. On peut également tout parcourir à dos de cheval, ou bien emprunté les bouches d'égout pour se rendre d'un endroit à un autre. Les bâtiments de Rome changent aussi. Comparer à ceux de Venise et Florence, les maisons romaines semblent plus modestes et moins somptueuses. On trouve tout de même quelques quartiers habités par des individus de haute noblesse notamment près du Quirinal, mais une grande partie de la ville est pauvre avec plusieurs maisons en ruine et un climat d'insécurité y règne notamment à cause des adeptes de Romulus, avec la complicité des Borgia.

Tout comme Assassin's Creed II, Brotherhood vous permettra de rencontrer ou de revoir des personnages historiques, qu'ils soient amis ou ennemis. Vous pourrez notamment revoir Niccolò Machiavelli, grand penseur italien, Caterina Sforza, la princesse de Forli au fort caractère, ou encore Bartolomeo d'Alviano, avec une petite surprise le concernant..., sans oublier bien entendu Leonardo da Vinci. Brotherhood compte moins de personnages historiques que les épisodes précédents, citons tout de même la famille Borgia, constituée de Rodrigo Borgia, sa fille Lucrèce, blonde à forte poitrine, mais surtout son fils César, votre plus grand ennemis, aux mœurs douteuse...

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Band of Brothers

Comme vous le savez déjà, Brotherhood n'est pas le troisième épisode de la série, il s'agit plutôt d'une version 2.5 d'Assassin's Creed II, censé continuer l'aventure d'Ezio, apporter des réponses par rapport à l'Histoire entourant Desmond - qui est toujours aussi capilotracté soi-dit en passant - apporter également des questions... et de l'argent à l'éditeur. Mais cela reste un épisode très intéressant grâce aux nouvelles fonctionnalités qui font leur apparition.

Ezio conserve sa souplesse et sa rapidité et gagne une nouvelle manière de se déplacer avec l'apparition de poulie et de palan, qui, depuis le sol, vous envois directement en haut d'un édifice. C'est toujours utile, mais cela reste bien en-deçà des nouveautés apportées en matière de mouvement par Assassin's Creed II. Par contre les combats gagnent en fluidité et en spectacularité grâce notamment à la réalisation de combos coup d'épée/tir de pistolet, et à l'utilisation de zoom et de ralenti lors des mises à mort. Une nouvelle arme fait également son apparition, l'arbalète, qui se révèle très efficace... un peu trop d'ailleurs.

La première grande nouveauté de cet épisode est l'apparition d'assassins que vous devrez recruter pour les faire combattre à vos côtés. En effet, désormais, Ezio, a pris de l'âge, sa barbe a poussé, et il se voit confier la tête d'une confrérie d'assassins. Arpenter les rues de Rome à la recherche de citoyens et de citoyennes rebelles pour les sauver des mains de l'ennemi et les incorporer à votre guilde. Vous pouvez ensuite les envoyer en mission afin qu'ils glanent de l'expérience. Cette expérience leur permettra de monter en niveau, à la manière d'un jeu de rôle, leur permettant d'avoir un meilleur équipement et d'être plus efficace au combat. Ensuite, si vous vous sentez seul en combat, il suffit d'appeler vos frères d'armes pour qu'ils viennent combattre à vos côtés. Vous pouvez également les appelés pour assassiner un garde qui vous gêne sur votre passage. Sachez également que les missions ne rapportent pas seulement de l'expérience mais aussi de l'argent. Argent qui vous sera très utile tout au long de votre aventure.

En effet, comme on le dit souvent, l'argent est le nerf de la guerre. Et c'est le cas ici aussi. Une de vos tâches sera de rénover Rome, quartier après quartier. Mais avant cela, vous devrez remettre la main sur ces quartiers qui sont sous le contrôle des Borgia (un contrôle symbolisé par une tour). Votre but sera d'assassiner le capitaine de la garde du quartier et d'incendier la tour. Votre mission effectuée, le quartier est de nouveau libre, mais ce n'est pas fini car il vous faudra y investir pour remettre les boutiques, les écuries et les pharmacies en états. En plus de toucher les bénéfices, cela vous permet d'accéder à de nouveaux objets. Vous avez également la possibilité d'investir dans les monuments historiques, mais cela coûte cher, ou dans les aqueducs pour les réparer.

La seconde grande nouveauté de Brotherhood est l'ajout d'un mode multijoueur. Celui-ci est suffisamment efficace pour prolonger la durée de vie du jeu pendant quelques heures. Ce multijoueur se révèle tout aussi fun qu'il est répétitif, car au final il s'agit d'un jeu de chat et de la souris. Parmi les modes proposés, le but sera toujours de traquer ou d'être traqué seul ou en groupe. Vous pouvez incarnez différents personnages : le Barbier, la Courtisane, la Contrebandière, le Bourreau, l'Arlequine, le Marquis… et jouez sur différentes cartes : Rome, Florence, Venise, Sienne, San Donato… à noter que vous avez la possibilité avec Animus Project Update 1.0, qui est gratuit, de jouer sur la carte du Mont Saint-Michel, de jour comme de nuit.

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8.5
Assassin's Creed Brotherhood

Assassin's Creed Brotherhood se révèle être un très bon épisode grâce notamment à ces quelques nouveautés toujours bienvenues (bien que l'on en aurait aimé plus), à sa restitution en 3D de la ville éternelle et des monuments antiques romains, à l'Histoire d'Ezio toujours aussi palpitante, contrairement à celle entourant Desmond, aux combats plus cinématiques et plus immersifs et à ces nombreuses missions secondaires et défis à réaliser qui lui donnent une très bonne durée de vie, d'autant plus qu'il y a maintenant un multijoueur.
Intérêt historique :
  • +Une bonne durée de vie
  • +Une grande liberté
  • +Visiter Rome au début du XVIème siècle à pied, à cheval ou sur les toits
  • +La modélisation des monuments antiques
  • +Le machiavélique César Borgia
  • -Lucrèce Borgia qui ressemble à Barbie
  • -L'histoire entourant Desmond peu intéressante
  • -L'infiltration en deçà par rapport au combat

  • Aymdef El Présidente, Rédacteur en chef, Testeur, Chroniqueur, Historien Email | Twitter
  • "L'objet de la guerre n'est pas de mourir pour son pays, mais de faire en sorte que le salaud d'en face meure pour le sien." George S. Patton