Info sur le jeu
PlateformePSVita
ÉditeurUbisoft
DéveloppeurUbisoft Sofia
Date de sortie31 octobre 2012

Assassin's Creed III : Liberation

Le_Moine
Thématique
Époque moderne
30 décembre
2012

Depuis 2009, Assassin's Creed se développe comme une licence cross-média de manière toujours plus importante. La nouvelle console portable de Sony est boudée des éditeurs tiers, mais Ubisoft a tout de suite sauté sur l'occasion pour y développer un Assassin's Creed. Plutôt que de faire un simple portable ou reprendre le héros d'Assassin's Creed 3, Ubisoft nous offre une aventure inédite et un tout nouveau personnage pour son Assassin's Creed III : Liberation. Reste à savoir si le jeu est aussi bon que sa version consoles de salon / PC.

Ouh ! Matez ma métisse

Dans ACIII : Liberation nous incarnons Aveline de Grandpré, une jeune riche métisse vivant à la Nouvelle Orléans. Fille d'un soldat et notable français ayant épousé une esclave africaine, Aveline est une dame qui sait mieux manier l'épée que l'éventail. L'action du jeu se déroule au XVIIIème Siècle quand la Louisiane est devenue le lieu d'intérêt de certains gouverneurs espagnols suite à la défaite de la guerre de Sept Ans. Mais Aveline ne l'entend pas de cette oreille. La belle rejoint la confrérie des Assassins afin de libérer ses amis assassins mais aussi le peuple de Louisiane. Une base historique intéressante et riche, mais qui sera peu exploitée et servira de tâche de fond à une succession de missions. Autant le dire tout de suite, Assassin's Creed III : Liberation ne brille pas par son scénario et son histoire. On est assez loin du développement historique des opus 2 et 3. Une déception d'autant plus que les missions proposées ne sont pas toujours passionnantes et que le personnage d'Aveline manque de détails. Les différents moments de l'intrigue sont plutôt survolés et ne bénéficient pas d'un développement très poussé, la narration semble ainsi décousue et le joueur peut avoir du mal à accrocher à l'aventure. Sachez que le jeu se concentre principalement sur une affaire d'esclaves qui disparaissent. Un scénario très cinématographique qui met en exergue un personnage qui sort des sentiers battus. Les 8 séquences du jeu vous demanderont entre 15 à 20 heures de votre temps, une excellente durée de vie pour un jeu Vita.

Ce qui frappe le plus dès qu'on lance cet Assassin's Creed III : Liberation c'est sa réalisation graphique ! Très joli pour un jeu portable, le titre est encore plus beau que ce que l'on aurait pu imaginer. Pas aussi époustouflant que l'« opus de base », ce qui est logique, mais très bien réalisé ! Certes pas au niveau d'un Uncharted (encore lui), mais les deux zones de jeu sont vastes et modélisées avec soin. L'univers est convaincant et dégage une véritable atmosphère. Paradoxalement la ville peut sembler parfois un peu vide, un défaut qui cache très certainement une contrainte technique. Car oui, la PSVita n'est pas aussi puissante qu'un PC, une Xbox 360 ou une PS3. Terminons en évoquant un alisasing bien visible et qui peut piquer les yeux par moments. Nonobstant, il faut bien avouer que cet Assassin's Creed Libération est très joli. Les couleurs sont belles, diversifiées et réalistes. Loin de l'aspect flashy de certains jeux vidéo actuels. Un excellent boulot d'Ubisoft Sofia !

La technique, est un vilain défaut de ce jeu d'Ubisoft Sofia. Si les bugs sont légion dans la série des Assassin's Creed, ce Liberation les a bien libérés : Personnages qui ne réagissent pas, éléments de décors invisibles, bugs de collision en tout genre, IA à l'Ouest, objectifs qui ont du mal à se valider, cutscenes qui ne se lancent pas... Cet Assassin's Creed Vita aurait bien besoin d'un bon gros correctif ou aurait eu besoin d'un petit report pour corriger tout ça, idée saugrenue...

C'est bien là le plus gros défaut du titre d'Ubisoft. Avec un manque de finition sur la partie technique du jeu, Assassin's Creed III : Liberation manque le coche pour devenir un titre de référence. On rajoutera à ce lot de bugs en tout genre, un framerate qui parfois a un peu de mal à tenir le choc. Rien de bien méchant ni violent, mais cela ne fait pas très plaisir à voir surtout sur la vitrine technologique qu'est la Playstation Vita (reste que ce jeu est techniquement parfait comparé aux ratés Call of Duty Black Ops Declassified ou Resistance Burning Skies).

Vis ta vie d'Assassin

S'il y a bien un argument qui séduit les futurs acheteur de Playstation Vita c'est sa prise en mains plus aboutie et meilleure que sur PSP. Les deux sticks analogiques combinés aux multiples possibilités tactiles rendent la console très intéressante et proche de la maniabilité des jeux sur consoles de salon.

C'est le cas avec cet Assassin's Creed III : Liberation qui propose un gameplay très très proche de ce que l'on connaît sur Xbox 360 ou PS3. La prise en mains est aussi fluide et simple que sur ACIII, les combats sont identiques à ceux que l'on voit sur consoles de salon, bref Ubisoft Sofia n'a pas fait de compromis en développant une version portable de la franchise. On est loin du gameplay brouillon et lourd d'Assassin's Creed : Bloodlines sorti sur PSP.

Dans Assassin's Creed III : Liberation Aveline peut changer de costume pour débloquer des fonctionnalités spécifiques. Ainsi le costume de Dame vous permettra de soudoyer certains ennemis en les séduisant, ce qui permet d'avoir des gardes du corps gratuitement ou arracher les avis de recherche qui mettent en péril sa couverture. Mais Aveline ne pourra courir sur les toits et se battre comme une véritable assassine. Le costume d'esclave est idéal pour se fondre dans la masse et déclencher des émeutes. De même il permet de prendre le large en passant par les toits. Enfin le costume d'Assassin vous rend plus visible aux yeux de tous mais permet d'être plus combative et plus sportive.

Si certaines missions obligeront le port d'un costume précis, la majorité du temps vous en aurez le choix. Malheureusement pour changer d'habits il faudra acheter un vestiaire et y entrer pour se déshabiller. Ces fameux vestiaires sont souvent mal placés par rapport aux objectifs de mission et ne sont pas intégrés dans les commerces vestimentaires que l'on peut acheter. Au final, cette excellente idée de départ qu'est le changement de costume, se révèle être parfois un véritable boulet pour l'évolution dans le jeu. C'est bien dommage.

Cet opus propose également de gérer son commerce d'exportation et importation de produits en tout genre. Des missions qui servent à découvrir la couverture d'Aveline dans la société. Une excellente idée de départ qui se révèle décevante dans le sens où la pratique n'est pas claire du tout. On a beau lire et relire le tutoriel, il est parfois impossible de commercer tant cette partie du jeu est floue. Par contre, une fois la maniabilité de la chose appréhendée, c'est une façon très sympathique et simple de gagner beaucoup d'argent en peu de temps. Bien entendu si vos bateaux arrivent à bon port ! Car sur chaque trajet (aller comme retour) il y a des aléas : tempête, piraterie ou autres événements mystiques qui précipiteront votre équipage à l'océan.

Enfin, le tactile est ici utilisé de manière assez légère. Si l'inventaire (la roue des armes) en demande l'entière utilisation, le reste du jeu peu se faire sans toucher son écran. Une petite déception tant on a pu voir avec certains titres (Uncharted Golden Abyss en tête) que les fonctionnalités tactiles et gyroscopiques de la Playstation Vita peuvent être divinement bien intégrées dans un jeu vidéo.

Terminons d'évoquer le gameplay en soulignant que, comme dans d'anciens Assassin's Creed, Aveline est menée de Bruges à Gand pour rien, ce qui donne lieu à d'incessants et bien lourds allers-retours : Va parler à machin, rapport ceci à trucmuche, retourne voir machin, tu peux acheter ceci, retourne voir machin, rentre chez toi, va voir machin...

Les risques du métier

Assassin's Creed III : Liberation possède également un mode online. Une sorte de Risk version Assassin's Creed. Un choix étonnant à des années lumières du multijoueurs proposé sur consoles de salon ou PC. Il vous faudra étendre votre camp (Assassins ou Abstergo) sur une mapmonde bien fade. Un portage bizarroïde du mode commerce extérieur que comprend le mode solo du jeu. Comme quoi à toujours vouloir mettre du online partout on obtient souvent du grand n'importe quoi inutile et déserté par les joueurs !

Cet Assassin's Creed III : Liberation est une bonne surprise. Ubisoft Sofia a su offrir une véritable aventure inédite aux joueurs de Playstation Vita. L'aura de la licence poussera, à coup sûr, certains joueurs à l'achat. Et heureusement le titre est à la hauteur. Si l'histoire peut sembler moins palpitante et développée que celle d'Ezio ou de Connor, elle reste prenante et a le mérite d'être inédite ! Aveline est un personnage qui ajoute une touche de charme et d'originalité à la série. Elle est aussi la preuve qu'Ubisoft continue sur la lancée des minorités ayant contribuées à l'histoire avec cette fois-ci une fille d'esclave et de soldat voulant sauver son peuple des assaillants espagnols. Si techniquement parlant Assassin's Creed 3 : Libération est encore perfectible le reste du jeu prouve une maîtrise de la console par les développeurs.

7.5
Assassin's Creed III : Liberation

Au final, le résultat de Assassin's Creed III : Libération est de qualité pour une expérience de jeu originale tout en étant dans la continuité de ce que proposent les aventures de Connor avec Assassin's Creed 3. À ne pas rater si vous avez une PSVita et/ou êtes fan de la série d'Ubisoft.
Intérêt historique :
  • +Personnage et histoire inédits
  • +Joli
  • +Gameplay identique aux versions consoles de salon
  • +Durée de vie
  • +L'idée des déguisements
  • -Soucis techniques
  • -Le multijoueur
  • -Contexte historique survolé
  • -Des allers-retours incessants

  • Le_Moine Fan de Rallye et des brunes, Ancien membre d'HistoriaGames
  • « La fin de l’espoir est le commencement de la mort. » De Gaulle
    « If in Doubt, flatout. » Colin McRae